mardi 24 février 2015

Le jour où le Sporting a battu Gil Vicente 2 à 0


Voilà,
Il n'y avait pas grand monde dans les rues de Lisbonne ce matin-là. Je ne sais s'il en est toujours ainsi, le dimanche. Ou si la fraîcheur en était la cause ou bien encore le début du carême. Ma fille et moi avons traversé le Tage juste pour voir à quoi ressemblait la ville depuis la rive opposée. On a traîné un long moment sur les quais abandonnés de Cacilhas. Parfois je ne pouvais m'empêcher de songer à cette horrible vidéo mise en ligne par Èva que j'ai, quelques jours auparavant, en partie regardée, sans trop comprendre dans un premier temps de quoi il s'agissait, si c'était une fiction ou pas. Réalisant soudain ce qui allait suivre, j'avais laissé tombé. Je pensais à ces temps pas si lointain où la réalité n'était pas encore devenue cette vaste pornographie que propage Internet. Des choses étaient encore cachées. Je me demandais pourquoi j'avais si peur de voir ou de regarder certaines fictions séquences ou documentaires relatant une réalité crue alors que les images fixes me semblent plus supportables. Et parce que dans la nuit j'avais cherché des informations sur l'origine des langues ibériques, me traversaient aussi de vagues considérations sur le déclin des civilisations, les mouvements migratoires, le délitement actuel de l'Europe, les menaces terroristes et les déclarations de guerre des Islamistes radicaux contre "les peuples de la croix". Parfois je claquais quelques photos, et puis comme je sais faire plusieurs choses à la fois, je plaisantais avec ma fille si heureuse de découvrir Lisbonne. D'ailleurs le grand projet du jour n'était pas de flâner sur ces berges ni même d'aller voir de plus près la statue du "Christ Rei". Non le grand projet était d'aller, à l'estadio José Alvalade XXI assister comme promis en fin d'après-midi à un match opposant le Sporting du Portugal contre Gil Vicente l'équipe de la ville de Barcelos qui porte tout de même le nom d'un poète classique portugais du XVème siècle. Oui c'est comme ça, ma fille aime le foot. Dans le très beau film "La vérification" que j'ai vu récemment dans le cadre d'une rétrospective qui lui est consacrée, le réalisateur soviétique Alexeï Guerman, fait un éloge appuyé du football au cours d'une conversation entre deux résistants communistes à l'occupation nazie. L'un d'eux dit  même que "c'est un sport très intelligent et subtil". Sur le moment j'avais trouvé cette séquence vraiment surprenante.

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