mercredi 25 mars 2015

Titanik bar


Voilà,
en regardant "Damnation" le film de Bela Tàrr dont les plans sont souvent très longs, il m'a semblé que tous ces cinéastes de la lenteur (comme lui, Angelopoulos, Nuri Bilge Ceylan, Tarkovski ou Antonioni) passés maîtres dans l'art du plan-séquence, parvenaient – mais pour des raisons totalement opposées à celles que suggère Kafka – à obtenir le résultat que redoutait l'auteur de "La Métamorphose". "Je suis de ces êtres chez qui prime la vueécrivait-il "Or le cinéma perturbe la vision. La rapidité des mouvements et la succession précipitée des images vous condamnent à une vision superficielle de façon continue. Ce n'est pas le regard qui saisit les images, ce sont elles qui vous saisissent le regard. Elles submergent la conscience". En fait, j'ai plutôt l'impression que plutôt que de submerger la conscience "la succession précipitée des images" dont il parle a plutôt tendance à l'annihiler complètement. C'est sans doute la raison pour laquelle elle est à ce point utilisée dans les publicités et les films d'action, et qu'au contraire c'est la lenteur qui saisit le regard et submerge la conscience. Lorsque je vois un film d'Angelopoulos, par exemple, il me semble que je me dilue dans le récit, que mon imaginaire est devenu une matière de ce film et qu'en effet ma conscience est "totalement submergée".

2 commentaires:

  1. That shot from the film (which I have never seen) is full of possibilities. But I agree, quick cutting is a poor substitute for communication.

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  2. Tout est vrai et son contraire aussi. Question de moment, de lieu, de circonstance. Il y a si peu de règles!
    Par exemple un coup de foudre est rapide et donne pourtant tellement plus qu'un long discours. "Liebe auf dem ersten Blick in der Sprache der Auteur der Verwandlung.

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