jeudi 30 octobre 2014

Pas encore tout à fait revenu


Voilà,
elle va me manquer longtemps la douce quiétude de cette ville baignée de soleil où durant quelques jours il fut si bon de se perdre et, au gré du hasard, se laisser dériver de colline en colline. Toujours la promenade ramenait au fleuve. Il est probable que dans les semaines à venir j'aurais du mal à me détacher des images qui se sont déposées. Tout à coup Paris, en dépit du beau temps, me semble morne sale et triste. Et tellement uniforme. Pas vraiment envie d'être là. (Linked with The weekend in black and white)

mardi 28 octobre 2014

Travaux de Jeunesse


Voilà,
Trente ans après je trouve que finalement ces travaux de jeunesse n'étaient pas tout à fait dénués de qualité 
shared with  friday face off

samedi 25 octobre 2014

Un autre mois d'Octobre


Voilà,
il y a quelques jours, à cause d'un petit projet qui me travaille, j'ai repensé à ce vieux collage du début des années 80. Et à bien d'autres choses. Je n'y peux rien, les souvenirs, je ne vais pas les chercher. C''est à cause des associations d'idées suscitées par de petits événements. Ce passage à la cinémathèque la semaine dernière par exemple. Et certainement que cette vieille photo de groupe où je figure et qui a circulé récemment sur un réseau social, provoquant bien des commentaires y est aussi pour quelques chose. Regardant tous ces visages on est amené à faire un peu le bilan. M'est donc revenu en mémoire cet autre mois d'Octobre durant lequel j'ai passé une quinzaine de jours à Strasbourg pour y jouer au TNS le spectacle "Rêves de Kafka" mis en scène par P. Adrien. Il y eut pendant ce séjour trois disparitions notoires annoncées dans les journaux. Celle de Michaux le 18, - et Michaux, ce n'était pas rien pour moi, il a été mon auteur de chevet pendant ma jeunesse, son œuvre et son nom sont associés à des rencontres qui furent déterminantes dans ma vie professionnelle - : Ensuite il y a eu la disparition de Truffaut le 21 et celle de Pascale Ogier le 25. Trente années ont passé depuis et je ne me sens - du moins mentalement - pas si différent du jeune homme que j'étais alors, même si je n'écoute plus les mêmes disques. Pour ce séjour j'avais emprunté à Philippe le père d'Agnès, son walkman. Agnès était d'ailleurs venue me retrouver. J'écoutais alors en boucle l'album "Tonight" de David Bowie, mais c'est là-bas aussi que j'ai découvert la chanteuse Sade avec le tube "Smooth Operator" si bien qu'à la FNAC de Strasbourg j'avais acheté l'album "Diamond Life". Je me rappelle aussi avoir d'une part retrouvé Anne Scheffler venue depuis Nancy voir le spectacle et que nous avions ensuite fini dans une boîte qui s'appelait "Les Aviateurs" et d'autre part d'un dimanche après-midi où avec Enzo, Catherine Léon Joël et Patricia nous étions allés manger dans un restaurant dans la campagne alentour. il me reste de ce séjour le souvenir de longues promenades sans but par des matins brumeux le long des canaux. J'aimais alors photographier les dessins au pochoir disséminés sur les murs de la ville... Peut-être un jour en mettrai-je en ligne... Ce n'est pas sûr.... Il y a tant à voir et à montrer...
shared with friday face off

vendredi 24 octobre 2014

A kind of King Lear


Voilà,
il me faisait plutôt penser à une sorte de Roi Lear dont la démence eût été peuplée de pigeons qu'au doux St François qui, dit-on, parlait aux oiseaux. Cette complicité avec tous ces rats volants sur lesquels il semblait régner dégageait tant de plumes et de poussière que j'en conçus une vague frayeur. Un instant je craignis la contagion de quelque virus aviaire. Ou de sa folie peut-être.

mercredi 22 octobre 2014

Partir


Voilà,
partir paisible comme on migre vers un autre rêve
sans attente ni regret
mais avec beaucoup d'amour tenant dans un petit bagage
(shared with tagtuesday)

mardi 21 octobre 2014

D'ombre et de pierre


Voilà,
d'ombre et de pierre un songe sans retour où je me suis oublié
j'étais lumière j'étais poussière et tout ce qui tousse entre deux néants
un instant mes pas n'ont plus trouvé leur chemin
vacillante mémoire rends moi le nom qui se refuse le visage qui déjà s'efface

samedi 18 octobre 2014

Selfie


Voilà,
Il y a des jours où je ne peux me voir que comme ça
mal foutu clown bancal de traviole
ce n'est pas quelque chose de nouveau
car c'est un très vieux dessin
(si l'on peut appeler ça un dessin)
mais bon c'est toujours aussi ressemblant
allez !
ça finira bien par s'arranger
par passer
tout passe n'est ce pas
(Shared with friday face off )

mercredi 15 octobre 2014

À chaque fois comme un tour de manège


Voilà
que sans raison particulière, la pensée décide de se saisir de ce cadre, de cet angle de vue. Des centaines de fois auparavant le regard a effleuré cette vision mais sans pour autant songer à s'y attarder. Mais à cet instant, c'est peut-être l'image d'un monde sans grand horizon ni guère de promesse qui se révèle soudain en haut de l'escalator. Pendant qu'il me haussait vers la sortie, je songeais au bonheur que c'était, enfant, d'emprunter celui des Nouvelles Galeries Bordelaises. À chaque fois comme un nouveau tour de manège. 

mardi 14 octobre 2014

L'Éblouissement


Voilà
Juste cet étrange moment dans la lumière du matin
un léger vertige un soudain éblouissement 
une fugitive sensation d'irréalité
à quelques secondes près j'aurais aussi bien pu ne pas y être
 

dimanche 12 octobre 2014

Passage du Cochon


Voilà,
celle-là, pas du tout d'actualité mais je m'en fous, je l'ai prise il y a plus de deux ans à Paris, rue Beaubourg, lors du nouvel an chinois. C'est curieux elle m'intrigue et continue de me charmer en dépit de son imperfection. Elle a ce caractère fugitif et familièrement étrange d'une image de rêve. 

jeudi 9 octobre 2014

Kangourous


Voilà
comment c'est arrivé. C'était mon seul jour de libre de la semaine. J'étais en avance pour mon rendez-vous chez l'ostéopathe. Je me suis donc promené sur la dalle. Cette fois ci, (est-ce parce que je n'étais pas venu depuis longtemps ?) cet endroit au cœur du quinzième arrondissement m'a soudain paru bizarre. Architecture urbaine des années soixante-dix. Grands immeubles. Espaces verts qui n'en sont pas vraiment. Végétation assez pauvre. Tout semble plutôt artificiel. Et puis il y a eu ça : cette déconcertante association, entre le lampadaire et ces peluches derrière la vitre. J'avais en poche ce livre de Simenon où il est beaucoup question de fenêtres et dont il ne me restait plus que quelques pages à lire. La résolution de l'histoire me paraissait incertaine. Je crois que pour une raison qui m'échappe je la redoutais. J'ai essayé d'imaginer à quoi ressemblait l'enfant qui vivait dans cette chambre. J'ai déclenché. première publication 9/10/2014 à 00:10

mardi 7 octobre 2014

S'adapter

 
Voilà,

"on s'adapte vois-tu à ce temps qui se truque

on naît avec le cœur dessiné au minium

comme les durs de durs se pointillent la nuque

pour annoncer la cible et pour jouer l'homme"

 

samedi 4 octobre 2014

64, Rue de Clignancourt


Voilà,
c'est la devanture de "The Lords of Barbès", rue de Clignancourt. Je l'ai prise il y a quelques semaines. Elle me plaît beaucoup. Après un rendez-vous dans le coin, comme il faisait beau et que j'avais du temps, j'en ai profité pour musarder un peu dans ce quartier où je venais souvent il y a quelques années. J'étais vaguement étourdi à cause des médicaments et sujet à une solide crise d'aquabonisme. Un peu dans l'humeur de la chanson qui me trotte en tête depuis la fin des vacances. Je ne sais pas si tout cela tenait à l'affligeant spectacle offert par nos dirigeants et la classe politique de ce pays, ou à d'autres tourments plus intimes, mais une envie de grand large avant qu'il ne soit trop tard,  de paysages et d'horizons nouveau m'a une fois de plus saisi... (Linked with weekend reflections)

mercredi 1 octobre 2014

Dormir pour oublier (16)

Voilà,
il y a juste ce petit détail, ce mot inscrit tout en haut de l'image et ce gisant en dessous camouflé enfoui dans son duvet, enfoncé dans le sommeil qui est comme une répétition générale de la mort. "Les clés du temps, du corps de l'espace de l'altérité, tout ce qui fait qu'un homme tient debout, ces clés ont été perdues, si jamais elles ont été possédées" (Xavier Emmanuelli)

mardi 30 septembre 2014

Une pensée pour Jean-Jacques Pauvert


Voilà,
Jean-Jacques Pauvert est mort le 27 septembre dernier à l'âge de 88 ans. Quand il en avait 19, il rédigea un manifeste dans lequel il clamait "Nous n'avons pas le respect des cadavres. Nous voulons vivre. Est-ce si difficile ? Le monde sera bientôt aux mains des polices secrètes et des directeurs de conscience. Tout sera engagé. Tout servira. Mais nous ? nous ne voulons servir à rien." Il n'a pas servi à rien. Ce fut un grand éditeur qui fit beaucoup pour la diffusion de la littérature érotique, des œuvres du Marquis de Sade en particulier mais aussi beaucoup d'autres, bravant la censure au risque de nombreux procès. Mais son intérêt ne s'arrêtait pas là, c'est lui qui le premier a édité "La désobéissance civile" de Henry-David Thoreau en France, mais aussi ce merveilleux livre de Jean Carrière "L'épervier de Maheux", et sorti de l'oubli Darien, Raymond Roussel, Oskar Panizza, René de Solier, autant d'auteurs rares et singuliers. Je me souviens aussi que dans les bacs des libraires du quartier latin on trouvait les livres de sa collection "Libertés" avec leur couverture couleur kraft et leur titres en gros caractères noirs. Tant d'ouvrages publiés parmi lesquels beaucoup ont agrémenté et enrichi ma jeunesse. J'avoue qu'à l'époque il m'est arrivé d'en voler quelques uns.

dimanche 28 septembre 2014

Le Poème de Saramago


Voilà,
il y a ce poème de Saramago qui résonne étrangement
"Je découpe mon ombre sur le mur
je lui donne vie chaleur et mouvement,
deux couches de couleur et de souffrance,
Ce qu'il faut de faim, le son, la soif.

Je reste de côté à la voir répéter
Les gestes et les mots qui sont moi
Figure dédoublée et mélange
De vérité vêtue de mensonge

Sur la vie des autres se projette
Ce jeu à deux dimensions
Où rien ne se prouve par des raisons
Tel un arc bandé sans la flèche.

Une autre vie viendra qui m'absoudra
De la demi humanité qui perdure
Dans cette ombre privée d'épaisseur,
Dans l'épaisseur sans forme qui la résoudra"

jeudi 25 septembre 2014

Envie d'espace


Voilà,
parfois j'aimerais faire comme Laura ou comme Bill qui photographient si bien la nature, ou comme Gracie qui envoie des photos de sa ville et de la campagne alentour. J'ai fouillé dans les boîtes et retrouvé de vieux négatifs. Ce paysage de Corse qui m'avait sidéré. C'était en 1986. Revenant de Rome, j'avais embarqué à Livourne dans un ferry à destination de Bastia. Je m'étais installé quelques jours dans un hôtel et avais loué un scooter pour me promener sur les routes. Le jour où j'ai pris cette photo je me souviens que, devant ce panorama, un papillon s'est posé sur mon sac à dos. Je me suis beaucoup baladé cet été là. Châteaudouble avec Nathalie et Steph, puis Prague dans une voiture qui avait traversé l'Ukraine après la catastrophe de Tchernobyl, Rome chez Gabriella puis la Corse et ensuite la vallée des merveilles à la frontière franco-italienne, et de nouveau Chateaudouble, le dernier été autant d'endroits dont on a appris plus tard qu'ils avaient été très irradiés. Cela dit avec toutes les explosions nucléaires qu'il y a eu depuis que je suis né j'ai eu de toute façon ma dose, et je ne suis pas le seul. Pour ce qui est du temps présent je suis fatigué des paysages urbains et de cette ville devenue déprimante à force d'être mon seul horizon. J'ai envie de grand air, d'espace....

mardi 23 septembre 2014

Après-midi lecture


Voilà,
un nouveau Frédéric Pajak, J'ai vu ça en passant devant ma librairie, et j'ai craqué. Cet auteur que j'ai découvert il y a quatre ans, est devenu depuis une sorte de compagnon. Du coup au lieu de travailler, j'ai passé l'après-midi à bouquiner. J'ai beau vouloir arrêter d'acheter des livres à cause du manque de place, ceux là, en plus d'être pertinents, poétiques, subtils et émouvants sont aussi des beaux livres. J'espère que plus tard ma fille les lira. Les dessins qu'il réalise lui-même, et ce rapport qu'il établit avec ses textes, sa façon de mêler sa biographie à celle des auteurs qu'il évoque, son aptitude à être à la fois didactique et sensible, tout cela me touche particulièrement. À chaque fois j'apprends plein de choses. C'est un regard vraiment singulier sur la littérature, sur les auteurs qu'il aime. C'est donc le troisième tome de la série "Le manifeste incertain" qui achève un cycle biographique sur Walter Benjamin et en inaugure un autre consacré à Ezra Pound. 

lundi 22 septembre 2014

Le Belvédère de Châteaudouble


Voilà,
je me suis aperçu que si je parle parfois de Châteaudouble, je n'en ai en fait jamais donné une vue d'ensemble. Ici on ne voit que la partie qu'on appelle le belvédère. Celle photo a été prise dans le courant des années soixante-dix une fin d'après midi alors que la brume gagnait les gorges en contrebas, vraisemblablement depuis le cimetière ou la tour sarrazine qui surplombent le village. On y aperçoit distinctement  une partie de la maison de Philippe et Dominique avec les deux fenêtres rectangulaires tout en haut qui sont celles du grenier que j'ai évoqué dans un autre billet. C'est la barrière de ce belvédère qu'enjambait Cigaloux dont j'ai parlé il y a longtemps lorsque je le vis la première fois en train de faire le pitre. De cet endroit on ne voit pas la merveilleuse maison de Gérard qui se trouve quasiment à la verticale de l'endroit où a été pris ce cliché. Il faut pour cela redescendre. 

 

C'est à cela que ressemblait la maison de Gérard lorsqu'il en fit l'acquisition. Au fil des ans il la transforma, ajoutant au bâtiment d'origine une dépendance bâtie au flanc du rocher. L'intérieur y est merveilleux. C'est une des maisons les plus étonnantes qu'il m'ait été donné de visiter, peuplée d'objets ramenés de différents voyages. Il existe même une pièce simplement constituée d'un matelas dont la fenêtre donne directement sur le vide. Les trois ouvertures que l'on aperçoit sur la photo dissimulent une terrasse couverte où sont disposées d'immenses jarres en terre cuite. Celles-ci sont plus grandes que les ouvertures. Elles y ont été d'abord posées puis les murs et le toit ont ensuite été construits...

vendredi 19 septembre 2014

Objets


Voilà,
toutes ces choses auxquelles je ne prête qu'une attention distraite... qui encombrent la bibliothèque, empêchent d'accéder aux livres qu'on n'ouvre plus désormais que très rarement. Dessins inachevés, carte d'invitation pour des goûters d'enfants, photo d'identité (c'était quand déjà ?) qui traîne... Pourtant, ce galet dessiné, une part de moi y a fait sa demeure. Et ces dessins de ma fille au dessus, me sont tout aussi précieux. Je tiens à ces objets, à ces traces. Leur présence me rassure. Fétiches, dieux tutélaires, je ne sais, ils me relient à une période qui fut pour moi bien étrange. Ensemble, ainsi rassemblés ils composent quelque chose qui me ressemble assez fidèlement et constitue une sorte de portrait. Pourtant un jour j'en serai séparé. Ils me survivront un moment et par la suite peut-être finiront éparpillés ou jetés faute de place ou de sens pour qui, de les avoir un temps recueillis, s'en sera trouvé fort encombré.

mercredi 17 septembre 2014

Un temps à ne pas travailler


Voilà,
le ciel était si beau si doux ce matin, un temps à musarder. J'ai pensé à ce vieux refrain de Claude Bolling, chanté par Les parisiennes, ce vieux refrain de l'enfance et du temps des jupes plissées. Le soir au retour dans le métro, où l'on annonce en anglais, en allemand en japonais et en chinois, qu'il y a des pickpockets, mais seulement en allemand en anglais et en japonais qu'il faut faire attention à la marche en descendant, les chinois peuvent bien se casser la gueule on s'en fout, dans le métro donc, il y avait ces deux filles connectées au même smartphone écoutant au casque la même musique. L'une l'utilisait aussi pour jouer à un jeu, pendant que l'autre réalisait des montages photos sur sa tablette.

mardi 16 septembre 2014

Saletés et Moisissures


Voilà,
"j'ai franchi le portail en pensant que le grand Léonard avait raison quand il disait que les tâches de moisissure sont parfois plus riches en enseignement que les œuvres d'un grand maître." Cette phrase de Sigismund Krzyzanovsky, me semble correspondre à la sensation que je peux souvent éprouver au gré de mes errances, et plus encore à ce que j'ai ressenti au sortir de la prison Sainte-Anne d'Avignon après l'exposition "La disparition des lucioles". Non que les œuvres présentées y fussent de mauvaise qualité - bien au contraire - mais, souvent la puissance du lieu, son histoire, ce qui suintait de ces murs sales, où subsistaient encore les traces de tous ceux qui y avaient été incarcérés, les rendaient presque anecdotiques. Dans le confinement et la crasse de ces cellules, la présence des fantômes plus prégnante, plus dense excédait souvent celle des œuvres exposées.


samedi 13 septembre 2014

Encore un lapin


Voilà, 
je sais que c'est Jean-Pierre Léaud, je ne pense pas que ce soit dans un film de Truffaut, plutôt Godard, vraisemblablement "Masculin/Féminin" qui demande "tu connais la différence entre la blennoragie et la myxomatose ?" la myxomatose est une maladie de lapin la blennoragie une maladie de la pine. C'est sûr je ne suis pas très inspiré et, quant à la tenue de ce blog, assez désinvolte ces temps derniers, mais bon, j'ai malgré tout encore quelques souvenirs n'est-ce-pas - des souvenirs ou plutôt des réminiscences ?- et puis enfin je suis quand même parvenu à la légender ma photo...
(shared with art for fun friday

mercredi 10 septembre 2014

The end of reflection (Splash!!!)


Voilà,
je l'avais dit que c'était une histoire à suivre.
Comme pour Roland Barthes qui - parce qu'il réfléchissait probablement en traversant une rue - s'est fait renverser par une camionnette de blanchisseur, la vie d'un pigeon qui pense trop est non seulement semée d'embûches mais aussi peuplée de dangers. Dommage pigeon! Tu ne connaîtras pas le monde nouveau. RadioPigeon la radio qui roucoule ne t'a pas prévenu ? Dans ce monde nouveau, tel est le sort réservé à ceux qui perdent leur temps à gamberger. 

mardi 9 septembre 2014

Reflected buildings with a pigeon reflecting on existence


Voilà
ce qu'avait entendu dire le pigeon un jour sur les antennes de RadioPigeon "Il se se passe des choses formidables dans notre société, parce qu'on est dans un moment de refondation. Mais ce qui manque ce sont des intellectuels pour repenser la société qui vient. La démocratie est un ensemble d'expériences de vie qu'on devrait mettre au jour, mais au lieu de ça c'est la défiance qui s'exprime. On est dans une crise institutionnelle, car la constitution ne protège plus les citoyens contre les gouvernants, ni ne permet la communication entre la société et l'État. Il faut changer de paradigme comme au XVIII ème siècle où l'on est passé du mot sujet au mot citoyen". Tout ça semblait très pertinent mais comment faire s'interrogeait le pigeon qui toutefois n'était pas sûr d'avoir vraiment bien tout comprendu. La suite au prochain numéro.

dimanche 7 septembre 2014

Se faire cirer les pompes


Voilà,
je sais il y aura toujours une sinistre buse pour m'objecter qu'il n'y a pas de sot métier, qu'en période de crise, même payés en dessous du Smic, les jeunes tout autant que les vieux ne peuvent se permettre de refuser des petits jobs, et que les activités de service sont nécessaires et créent du lien, n'empêche, il y a des visions qui ont quelque chose d'obscène. La tronche confite (que bien évidemment je m'oblige à flouter) de ce brillant connard si fier dans son petit costume qui fait cirer ses pompes par cette jeune femme, ainsi que le panneau d'affichage derrière avec son slogan à la con présentant cette offre comme une attraction supplémentaire du CNIT de la Défense en disent long sur le cynisme la bêtise et l'arrogance qui prévalent de nos jours dans le monde des affaires.
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vendredi 5 septembre 2014

Évolution


Voilà,
3,2 millions d'années séparent ces deux silhouettes. Peu de choses somme toute au regard des 185 millions d'années passées sur terre par les dinosaures. Mais la rencontre entre la jeune visiteuse et la représentation de Lucy l'australopithèque me touche et me perturbe. La conscience le langage l'élaboration symbolique, la volonté de transformer le monde - qui sont paraît-il, avec - entre autres je résume quand même un peu - la cruauté et le besoin de s'inventer des dieux, ce qui distingue l'Homme des autres espèces - en quoi étaient-ils donc si nécessaires à la Nature ? On peut quand même bien se poser la question, non ? Et quel avenir y a-t-il pour une forme d'intelligence aux pulsions devenues si destructrices tant à l'encontre de ses semblables que de son milieu naturel ? Cette silhouette des aubes de l'humanité rappelle aussi qu'en ces temps l'espérance de vie était si faible que la terre n'était peuplée que d'enfants et de ce qu'on appelle aujourd'hui des adolescents... Nos ancêtres qui ont fabriqué des outils en silex, chassé des bêtes sauvages et laissé leurs empreintes sur les parois des cavernes avaient donc l'âge de ceux qui aujourd'hui demeurent vautrés devant la télévision ou leurs consoles de jeux en se goinfrant de coca et de corn flakes... Bon, eh bien je crois que pour ce soir, j'ai donné mon maximum.

mardi 2 septembre 2014

Musée Soulages


Voilà,
cet été je n'aurais pas visité le musée Soulages à Rodez
comme je l'avais un temps projeté.
Mais bon il m'arrivera encore souvent de penser à lui au hasard des rues, ou dans les supermarchés
enfin chaque fois que je verrais du noir travaillé par la lumière

samedi 30 août 2014

Savoir nager


Voilà
"Je sais nager comme les autres, seulement, j'ai une meilleure mémoire que les autres, je n'ai pas oublié le je-ne-sais-pas-nager de jadis. Mais comme je ne l'ai pas oublié, savoir nager ne m'aide en rien et je ne peux donc pas nager". (Franz Kafka) linked with skywatch friday

vendredi 29 août 2014

La machine à café


Voilà,
ça y est il est réapparu le spectre de la machine à café. Tu frémis à la perspective de devoir retrouver cet endroit que tu n'aime pas. Tu te sens tellement étranger et si peu adapté à ce monde. Pourtant il te faut continuer cette mascarade. Te reviennent en mémoire ces lignes de Der Nister (tu ne te souviens plus dans lequel de ses livres) autrefois notées dans un carnet "Notre temps est passé nos acteurs se sont éparpillés de par le monde et se sont vendus comme clowns chez d'autres afin de gagner leur pain dans un monde désolé et annihilé". 

mardi 26 août 2014

Avant de repartir



Voilà,
il fallait bien que ça finisse, le répit... Allez, bye-bye l'été, bye-bye la glandouille, les grasses matinées, les siestes, et les conversations sous les étoiles... Les bains de mer, les enfants qui ne se connaissent pas et qui très vite font bande à part... Cette année, durant ces quelques semaines de relâche, j'ai eu de la chance, j'étais en bonne(s) compagnie(s)... Et puis aussi où il ne pleuvait pas... Et comme elle était heureuse ma fille... J'ai essayé d'oublier le cours ordinaire des choses, j'y suis parfois parvenu, mais c'est tout de même difficile quand le monde alentour est si confus, incertain, tellement lourd de menaces et que même les clowns se suicident. L'été on fait l'autruche, mais, c'est souvent l'été que les grands bouleversements se profilent. Maintes fois à la fin de l'été, je me demande, "Y aura-t-il un autre été ?, je veux dire un été où la dose d'inquiétude est supportable. J'ai beaucoup rêvé autrefois, lorsque j'étais en classe, et j'ai naïvement cru aux illustrations qui me laissaient imaginer un monde stable et pérenne qui sans doute correspondait à mon désir de paix et de stabilité. Ce n'est peut-être pas la tonalité de cette image, mais elle me plaît bien avec son palmier kitsch, son vieux beau tenant sa canette, l'entrepôt au fond, ce joli cul en premier plan, le ballon des vacances, et les traînées persistantes des avions dans le ciel. Un peu caustique peut-être, mais bon, il faut s'armer pour la rentrée. De toute façon, ces gens parlaient très fort et disaient beaucoup de conneries. Quoiqu'il en soit, c'est la dernière image des vacances.

jeudi 21 août 2014

Autour du monde



Voilà
il devait avoir une dizaine d'années lorsque la mère l'avait abonné à une collection intitulée "Autour du monde" constituée de petits fascicules qu'il recevait chaque mois, accompagnés de planches de photos en couleurs qu'il fallait coller à un emplacement numéroté. Le premier livret reçu concernait la Jamaïque. La photo de couverture représentait une barque de pêcheur flottant sur une eau si translucide que la barque semblait posée dans le vide. Un jour, dans le métro, parmi tous ces visages tristes, résignés et comme privés d'humanité, il y repense comme à une promesse jamais tenue...  À cette époque, il vivait entre lacs et océan et sans doute imaginait-il qu'il en serait toujours ainsi. Et du futur, il espérait vraisemblablement autre chose que ce présent morne et répétitif où il se sent désormais englué comme une mouche dans un pot de miel.

mardi 19 août 2014

Tranquillité


Voilà,
Il y a parfois des moments de grâce où le paysage se révèle 
comme un témoignage de tendresse et d'amitié que l'existence paraît vous accorder
première publication 19/08/2014 à 09:45

samedi 16 août 2014

Ébloui, moi aussi


Voilà,
dans un univers parallèle je voudrais être l'homme qui se tient sur son balcon 
ou bien l'arbre agrippé à la roche ou la fenêtre qui ouvre sur le large.
Ce paysage qui a ébloui un jour de ton enfance et que tu n'avais jamais revu
merci de me l'avoir offert en partage
 

vendredi 15 août 2014

La FIn du Trajet


Voilà,
Il s'en est fallu de peu que cela finisse vraiment mal.
Une vague honte et la sensation d'avoir été tout le long complètement à côté de la plaque.
Quelques heures auparavant ii y avait eu ce doux nuage dans le ciel

mardi 12 août 2014

L'Accablement


Voilà
et puis un autre jour tu te retrouves au milieu de nulle part obligé de poser pied à terre. La côte est trop raide. Même un plaisir d'enfance t'est à présent interdit. Et il y a ça. L'accablante pesanteur du paysage. Cette sensation d'irréalité de ta propre existence. Une poignée de secondes suffirait à la résumer. Est-ce la même vie ou une autre ? Ça non plus tu ne saurais le dire. Bien des choses t'échappent désormais. Tout te semble dès lors dénué d'intérêt, sinon les nuages, éternels nomades. Dans la pesanteur de cet instant tout paraît à jamais figé, abandonné. Rien d'étonnant à ce que sous ces latitudes tant de pendus pèsent aux poutres des granges. (shared with skywatch friday)

samedi 9 août 2014

L'Offrande


Voilà,
un jour la vie t'aura offert ce paysage. Tu auras songé au miracle d'être là, à la chance qui t'a souri un jour. Aux mots qui ne peuvent plus se dire, à ce qui se dévoile et à tout ce qui demeure caché et incompréhensible. Et au bonheur précaire de marcher encore et de rêver.

vendredi 8 août 2014

Doigts


Voilà,
en dépit de leurs ongles forcément trop longs
(ben oui c'est la vitrine d'une onglerie)
je trouvais néanmoins assez excitante la vision de tous ces doigts accumulés

mercredi 6 août 2014

Azzurro...


Voilà
entre mer et azur dériver paisible et indolent sur un matelas pneumatique se laisser légèrement secouer et bercer par le doux clapotis des vagues goûter la saveur d'une parcelle d'éternité dans la splendeur de l'été méditerranéen ne plus penser à rien oublier le monde s'oublier soi-même ...

mardi 5 août 2014

Joies post-modernes


Voilà,
un jour il y a eu ça
cette image paradoxale de la communication 
"je suis en compagnie de ceux qui m'accompagnent mais j'ai aussi besoin d'être avec ceux qui sont loin"
l'ère du vide : rester à tout prix connecté
joignable, identifiable.
Les joies de l'homme post-moderne.
Il est à craindre que par la force des choses je ne sois guère différent.
Difficile d'échapper à l'aliénation 

samedi 2 août 2014

Un Siècle

Piscine Joséphine Baker, Été 2012
 
Voilà,
"2 Août 14. La Russie déclare la guerre à l'Allemagne. Après-midi piscine" Franz Kafka, in Journal. J'aimerais pour ma part pouvoir m'en tenir à cette apparente désinvolture, à cette indifférence feinte, ou à cette distance je ne sais. Mais nous vivons dans un monde qui a bien changé. Difficile d'échapper aux images de massacre et à la toute puissance de l'actualité quand sur les réseaux sociaux, à la télévision dans les journaux, on parle tant de ça plutôt que des marronniers habituels de l'été. Oui on en parle quand même. Je trouve aussi des courriers dans ma boîte-mail, comme celui-ci, accompagné de ce commentaire d'une amie : "Tristement affligeant, Je vous communique le témoignage de Salma, enseignante de Français à Gaza. Bel été à vous et profitons de la chance que nous avons de vivre en paix". Je ne connais pas cette femme, j'ai même eu un doute sur la véracité de ce courrier (il y a tant de hoaxes et de désinformation de part et d'autre) mais cette lettre me bouleverse et je la tiens pour un témoignage vraisemblable :
Chers amis,
Je suis désolée de vous dire, «  Je n'ai plus d'espoir ».
Oui, je n’ai plus d’espoir :
Quand on arrive au point de donner le nombre de morts sans donner leurs noms alors qu’on a décidé de ne pas le faire au début de l’offensive, je n’ai plus d’espoir !
Quand on passe notre vie entre la radio et les sites internet d’information, quand l’électricité vient nous rendre visite bien sûr, là, je n’ai plus d’espoir ! 
Quand l’armée «  la plus morale au monde » bombarde partout dans la bande de Gaza et qu’on ne sait plus si les frappes sont près ou loin de chez nous,  je n’ai plus d’espoir !
Quand cette armée bombarde les hôpitaux, les écoles et les mosquées, je n’ai plus d’espoir !
Quand l’armée israélienne bombarde tout, les gens même les paramédicaux, les pierres, les terres, les animaux et les arbres,  je n’ai plus d’espoir !
Quand mon fils ne peut pas dormir plus de 4h, parce qu’il a peur de nous perdre (il croit bien qu’en gardant les yeux ouverts, il nous protège et nous garde.), je n’ai plus d’espoir !
Quand mon fils m’embrasse et me demande de le prendre entre mes bras et de bien le serrer une dizaine de fois par jour, je n’ai plus d’espoir !
Quand je cours vers le téléphone pour avoir des nouvelles des autres, sciemment, mes parents lorsqu’il y a un/ des bombardement/s près de chez eux, je n’ai plus d’espoir !
Quand le mois de Ramadan, le mois le plus joyeux et généreux de l’année, devient le mois le plus morne, je n’ai plus d’espoir !
Quand mon fils a peur qu’une roquette tombe dans sa chambre et détruise tous ses jouets, je n’ai plus d’espoir !
Quand il sait qu’une de ses meilleures amies a perdu son papa et qu’à cause des bombardements il ne peut pas sortir lui dire, «  on est tristes pour toi, on est tous, autour de toi, ne t’inquiète pas ! », je n’ai plus d’espoir !
Quand j’imagine que les musulmans, partout dans le monde, vont fêter la fête de l’Aïd normalement sans penser à ce qui nous arrive,  je n’ai plus d’espoir !
Quand on perd un de nos proches lors d’un bombardement et qu’on se dit, «  heureusement, on en a perdu un, il y a d’autres familles qui  en ont perdu beaucoup plus !! » Oui, je n’ai plus d’espoir !
Quand nos cœurs pleurent plus que nos yeux, je n’ai plus d’espoir !
Quand on croit fort à l’idée que les morts ont plus de chances parce qu’ils ne vont plus souffrir, je n’ai plus d’espoir !
Quand on parle de la mort comme si c’était un choix et que chacun dit, «  Je n’ai pas peur de la mort, mais ce qui me fait peur, c’est de perdre tous les membres de la famille et de survivre, je veux mourir avec les autres ! », je n’ai plus d’espoir !
Quand on sait que l’armée israélienne bombarde un quartier tout près des frontières et qu’on a peur qu’un nouveau génocide arrive, je n’ai plus d’espoir !
Quand le père Moussallam dit, « S'ils détruisent vos mosquée, appelez à la prière dans nos églises. » et que les barbares ne bombardent pas seulement les mosquées, mais aussi les églises, je n’ai plus d’espoir !
Quand les criminels tuent la beauté de ma ville et l’innocence de nos enfants et qu’ils disent que c’est le droit à la défense, je n’ai plus d’espoir !
Quand on est dans un pays occupé depuis 68 ans, mais qu’on n’a pas le droit de résister, d’exister, je n’ai plus d’espoir !
Quand ce monde parle de la liberté, de la démocratie et de la fraternité et qu’il les interdit aux autres, je n’ai plus d’espoir !
Quand les pays arabes (nos frères !!!!) nous jettent au feu et vont à la mosquée pour prier et s’approcher de Dieu qui n’accepte pas ce qu’ils font, je n’ai plus d’espoir !
Quand on attend une bonne nouvelle, l’arrêt de tous ces massacres, mais que ces nouvelles deviennent des rêves, je n’ai plus d’espoir !
Quand l’odeur de la mort se rapproche de nous, je n’ai plus d’espoir !
Chers amis,
Je suis très désolée, malgré votre soutien concret et moral, vos manifestations, vos messages très doux et vos sentiments, je n’ai plus d’espoir !

Salma AHMED ELAMASSIE
      A GAZA                                                                                          le 25 juillet 2014


Oui, il se passe des choses horribles sur cette bande de Gaza large de 10 km et longue de 40, là-bas en Palestine, cette terre promise où Kafka à la fin de sa vie rêvait d'aller pour y ouvrir un restaurant avec Dora Diamant. Je pense à tous ces enfants qui ont eu le malheur de naître là, d'appartenir à un peuple aussi méprisé par le monde arabe que le sont les roms dans les pays européens.... J'ai autrefois vécu en zone de guerre - mais moi c'était "peanuts", ridicule à côté de ce qu'ils endurent - et je sais ce que ça laisse comme cicatrices. Je n'ose imaginer ce que sera la suite de leur vie. Des hommes et des femmes brisées, cassése qui sans doute ne pourront, pour la plupart, trouver de force que dans la haine et le désir de vengeance. Voilà ce que le cynisme et la bêtise de ces dirigeants fanatiques de l'État d'Israël invoquant une fois de plus la Shoah pour justifier ce qu'il faut bien appeler des crimes de guerre, va provoquer : le conflit sans possibilité de négociation pour des dizaines et des dizaines d'années encore. Leur comportement aveugle et le sentiment d'impunité dont ils semblent jouir attisent non seulement les braises d'un antisémitisme toujours latent partout dans le monde, mais sont aussi en train de faire exploser la société israélienne qui se reconnaît de moins en moins dans cet état, où une poignée d'extrémistes religieux et d'ultranationalistes font la pluie et le beau temps à la Knesset. Je ne sais ce qu'il sera advenu quand ces lignes paraîtront. Peut-être une autre catastrophe aura-t-elle, au cœur de l'été, chassé celle-ci. Oui, c'est l'été en Europe et on cherche à oublier les soucis, à se couper du monde pour ne pas voir. On voudrait être futile comme en ce temps où l'on proclamait la fin de l'histoire. Aujourd'hui pourtant, même les plus optimistes parmi ceux qui croient au modèle dans lequel nous vivons, commencent à pressentir que les choses ne vont pas à aller en s'arrangeant et que l'horizon du pire est notre plus  vraisemblable perspective. Oui le monde change. Le chaos devient sa forme de stabilité. Mais bon, en attendant, on prend le soleil. 

jeudi 31 juillet 2014

Lapin câlin


Voilà,
juste une envie de collage (ça fait longtemps que je n'en ai pas fait) et d'image futile
Méfie-toi lapin câlin, le chasseur n'est pas loin

lundi 28 juillet 2014

Ce Visage aperçu


Voilà,
je ne sais pas si j'ai volé ce portrait ou s'il m'a été offert. Il y avait tant de tristesse d'accablement et de dignité sur ce visage aperçu dans un train de banlieue. Cette femme me semblait si terriblement perdue ici. Je me suis demandé comment elle avait pu se retrouver là. Peut-être mariée jeune au bled et ramenée sans bien comprendre ce qui lui arrivait par un époux qui travaillait en France. Un destin vraisemblablement qu'elle n'avait pas choisi. Était-elle parvenue à bien élever ses enfants dans ce pays où toujours elle et les siens seraient quoi qu'il arrive, irrémédiablement étrangers ? Peut-être avait elle un garçon en prison auquel elle avait du rendre visite dans la journée, peut-être une fille menant une vie inquiétante pour elle. L'homme à ses côtés ne lui adressait pas la parole et semblait tout autant harassé par l'existence. Je pensais à tout ce qu'elle avait pu subir d'opprobre, de mépris, d'humiliations dans la rue, les administrations, les magasins, chez elle aussi peut-être, à la peur qui devait l'accompagner trop souvent, aux fins de mois difficiles, à la résignation tenant dans une expression "Inch'Allah, c'est comme ça Dieu l'a voulu". Y avait-il eu un peu de place pour le bonheur dans sa vie, et que pouvait elle bien encore espérer de son séjour ici ? 

samedi 26 juillet 2014

Le Flot ininterrompu

 
Voilà,
ce qui rend tout cela insupportable m'explique Jean-Benoît Ribier c'est l'obscénité de ce flot ininterrompu de nouvelles, les unes intimes les autres extimes. Tout ce mélange exacerbe un sentiment d'absurdité d'exaspération de découragement même, face aux échos du siècle naissant. Ces informations reçues, sans relation les unes aux autres, plongent au cœur de l'incohérence, induisent cette sensation panique de bête prise au piège, empêtrée dans les rêts d'un filet dont elle ne peut se défaire. Et puis il y a tous ces noms ces prénoms Eva a besoin d'aide car elle ne parvient pas à supprimer deux adresses IP dans le cache DNS, Aurélien nous apprend que des amis palestiniens viennent de lui annoncer la mort sous les bombardement de membres de leurs famille à Gaza, Stéphanie fête son retour à Paris par une angine magistrale et dit-elle "toussote à l'aveugle entre les piles de cartons qui obstruent des fenêtres mais elle est très contente d'être de retour", Flore trouve que le snack de Blagnac c'est tout de même quelque chose, Gilles songe qu'il serait temps de prendre une mutuelle, Emilio veut savoir qui est à Paris le premier août, Coralie encourage à donner son sang, Luc trouve que la bouffe à Djakarta est dégueulasse, un message des économistes attérés annonce que le sixième cycle de négociation du TAFTA (traité transatlantique) est sur le poinrt de s'achever sans davantage d'informations substantielles de la part des parties négociantes, Mona continue son incessante autopromotion narcissique pour les courts-métrages où elle apparaît, Erwan annonce qu'il va écrire sur Radiohead (le groupe), Marine nous envoie areuh areuh des photos de son bébé, Pierre incite à regarder un documentaire sur la fraude fiscale, Jean-Guilhem continue de poster des vidéos de cantatrices inconnues, Francis regrette que Mélanchon prenne sa retraite, Alex publie la photo d'une tres belle femme pour annoncer son décès soudain, et il y a toujours des gens assez sots pour cliquer "j'aime". Anne cherche un plan Corse entre le 9 et le 15 août car elle rame sur les réseaux, (c'est con parce que Astou nous informe qu'une chambre double à Londres dans une maison en zone 2 est disponible du 6 au 26 pour 100 £ la semaine tous frais compris). Des tas de personnes que je connais à peine aiment les photos d'individus que je ne connais guère plus, des clichés de photos de street art qui se fondent dans le paysage, sont partagées, d'autres nouvelles aussi telles que la croissance de 4,13 % pour le marché du livre au Brésil, un article de revue à propos des plasticiens qui cherchent un statut, et Souad nous montre sa valise presque pleine pour les vacances, Claude-Bernard appelle à signer une pétition de soutien pour la protection internationale du peuple palestinien, pendant qu'Aletaia poste des photos d'une manifestation de soutien aux chrétiens d'Irak, Damien depuis New-York honore la dignité des Pays-Bas face au terrorisme et à la barbarie, David nous dit qu'il s'en va chaque soir, tel un enfant qui s'émerveille devant les beautés de la nature, compter les vers luisants dans son jardin, et moi j'ai juste envie de pleurer parce que je ne parviens même plus à comprendre où je suis ni cette sensation de solitude et d'abandon, ni cette peur et cette incapacité de quitter la prison que je me suis contruite ouais t'aurais pas un plan là, j'ai envie d'herbe, de la bonne tu sais pas où je pourrais en trouver ?
- ben non, pourquoi tu me demandes ça à moi ?

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