samedi 31 août 2013

Tables

 

Voilà,
sur une table, il y avait ses découpages, 
sur l'autre dans une boîte, les reliques de son été, 
cailloux et coquillages.
Un rêve est passé infiniment doux
qui murmurait des histoires d'un autre âge

vendredi 30 août 2013

La clinique des marionnettes


Voilà,
enfant, il ne comprenait pas pourquoi les autres ne voyaient pas la même chose que lui, et il trouvait terrible de vivre sans posséder aucun pouvoir sur les mots. Il pressentait bien qu'il devait y avoir un état où s'approcher possiblement de la vraie vie : celle des étonnements, des émotions éprouvées devant des apparitions ou des formes qui se dessinaient, celle des fugitives extases liées à l'évanescent surgissement d'une fragrance à peine perceptible et qui en une fraction de seconde convoque tout un peuple de fantômes. ... toutes choses qu'il aurait voulu s'approprier pour qu'elle ne s'anéantissent pas dans l'oubli. À présent Alejandro Morrastel fabrique des marionnettes.

mardi 27 août 2013

Gravissant un chemin


Voilà,
en rêve cette nuit je suis revenu là dans la lumière d'un grand midi. J'étais comme dissocié de moi. À peine quelqu'un. Je me voyais marcher ou plutôt voyais mon corps marcher comme s'il était l'autre de moi-même — ce qu'il est d'ailleurs en réalité —. Je me demandais combien de temps encore il pourrait aller celui-là, seul par les chemins. Je n'éprouvais cependant aucune inquiétude, juste une petite gêne à cause de cette pente à gravir et d'un petit caillou dans ma chaussure. Mais au bout de la ruelle je trouverais mon "salut" de cela j'étais persuadé. Peut-être même supposé-je alors, ce petit désagrément en était-il la nécessaire condition. Une phrase tournait en rond dans ma tête : "le bonheur en toi ainsi que le printemps dans l'éclat du bourgeon". L'avais-je autrefois apprise ou bien inventée ? Je ne voulais surtout pas l'oublier. Les grillons chantaient tout près. Au loin les clochettes essaimaient leurs tintements.

lundi 26 août 2013

Comme une cicatrice dans le bleu



Voilà,
les choses si ténues si insignifiantes pour tant d'autres, elles me touchent, moi. Un détail infime suffit à m'émouvoir. Cette fissure aperçue sur un rebord de fenêtre dans ce bleu, par exemple, cet accident, il retient mon attention. Pour quelle raison je l'ignore. Qu'y a-t-il dans cette agencement qui fait que d'une certaine façon je m'y reconnais ? J'y trouve quelque chose d'essentiel que je ne saurai qualifier, et qui recèle une vérité latente que je pressens bien qu'elle me soit dérobée. C'est que je suis ça aussi : le simple, l'idiot du village celui qui regarde le doigt plutôt que la lune qu'on lui montre, c'est moi. Le rêveur égaré dans un monde où tout à valeur d'énigme, c'est moi. L'enfant qui pense être le roi de tous les cailloux c'est encore moi. Ou peut-être ce petit accident est-il l'image-écho d'un geste, d'un simple petit geste auquel il m'arrive encore de penser parfois en dépit des années passées. Je ne devais même pas avoir vingt ans. Assis sur ce strapontin du métro, avais-je l'air triste ? tourmenté ? égaré ? gêné ? Sans m'en être aperçu j'avais été observé, car juste avant de descendre un jeune trisomique auquel je n'avais pas prêté attention — ou bien avais-je craint de croiser son regard ? — était venu caresser gentiment ma tête en me souriant. Surpris, j'ai pris ça comme un témoignage d'affection. Avait-il vu en moi quelque chose que j'ignorais ? Peut-être étais-je à l'époque plus désespéré que révolté.... Oui un jour quelqu'un que je ne connaissais pas est venu me signifier que j'existais, avec son sourire, ses yeux grand ouverts sur le monde — un de ceux qu'on qualifiait autrefois d'idiot parce que les mots ne viennent pas toujours à eux —. Parfois c'est lui qui me montre ce que je dois voir.

dimanche 25 août 2013

Communisme



Voilà,
finalement — et ça, les conditions historiques n'étant pas réunies, Karl Marx ne pouvait évidemment pas l'imaginer — le seul endroit où l'hypothèse communiste a quand même trouvé une forme d'accomplissement (et tant pis si cela contrevient à la subtile pensée d'Alain Badiou) c'est bien durant l'été à la plage.

samedi 24 août 2013

Ne pas oublier

oui bien sûr comme William Blake contempler le monde dans un grain de sable, le ciel dans une fleur sauvage tenir l'infini dans la paume de la main et l'éternité dans un heure, mais aussi garder (comme autrefois dans les boîtes en fer blanc les billes les cailloux les bois flottés et autres menues babioles) garder le plus longtemps possible en soi tous ces moments tendres et paisibles - ces heureux moments d'abandon dérobés à l'inquiétude du lendemain - qui les dissipaient elle et lui dans un temps sans mesure rendant soudain la réalité si futile. Ils croyaient ainsi se vouer l'un à l'autre corps et âme avec l'illusion de se donner tout entier alors qu'ils se donnaient tout juste un peu de répit, mais c'était bon si bon de croire à ce doux mensonge s'imaginer sans âge espérer une autre vie possible c'est fini tout ça maintenant songe-t-il les jours sont comptés il a vieilli il tremble désormais Augustin Claverie à l'idée de quitter ce rivage sans avoir épongé tous ses vieux chagrins... Linked with skywatch friday

vendredi 23 août 2013

Le Lecteur

Fontarrabie Août 2013

Voilà,
Il était en train de lire je l'ai pris en photo il avait choisi le bon endroit, ce parc, en contrebas de la vieille ville à Fontarrabie. Lorsqu'il a demandé quelques minutes plus tard si je parlais français, j'ai répondu oui j'allais pas faire semblant je savais ce qu'il attendait. Il avait dormi dans le parc il avait besoin de quelques pièces. Il affirmait venir de Copenhague et comptait rejoindre Lisbonne en stop. On a un peu parlé. Je lui ai demandé si c'était un bon livre. "L'origine des espèces" de Darwin, en français lui semblait un peu austère. J'ai pensé que c'était un drôle d'ouvrage à lire en voyage, mais bon il y en a bien qui emportent Houellebecq au Kerala. Je lui ai laissé quatre euros en pièces je n'avais pas grand chose. Moi aussi il y a fort longtemps j'ai connu ces errances dormi dans des parcs sur des plages sur les terrasses de maisons fermées avec des pancartes où était écrit "chien méchant". J'ai même une fois petit-déjeuné à Monaco d'une pizza volée, J'étais beau à l'époque mais je l'ignorais. Je devais être assez con aussi mais sans trop vraiment m'en apercevoir. La vie a continué et rien ne s'est passé comme je pouvais l'espérer ni l'imaginer alors. Quoiqu'il en soit j'ai limité les dégâts je tiens, je tiens encore je tiens...

jeudi 22 août 2013

Veille de départ

Fontarrabie 2013

Voilà
C'est toujours comme ça,
Sans doute pour ne plus avoir à y penser
La veille du départ j'ai toujours envié d'être déjà en train de partir
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dimanche 18 août 2013

Inventaire


Voilà
qu'on en vient à dresser l'inventaire des choses auxquelles il faudra bientôt renoncer et qui s'ajoutent à tout ce que désormais on est incapable de faire. Il faut apprendre à se quitter sans amertume ni regret. C'est une discipline difficile pour qui ne s'est jamais tout à fait trouvé et bien trop souvent égaré. 

jeudi 15 août 2013

C'est un bien grand mystère que tout cela


Voilà, 
on voudrait pouvoir dire, nommer seulement on ne trouve pas de mots. Et l'on se tourne vers le ciel immense, immense mais trop petit cependant pour contenir l'émotion qui submerge et ce vertige au dedans de soi. On cherche à comprendre, à donner un sens à tout ceci qui n'en a pas plus que le reste, qui n'est qu'affaire de circonstance, juste un heureux hasard. Tout cela aurait pu tout aussi bien ne jamais advenir. Et c'est ça précisément qui rend d'autant plus fragile et précieux ce moment auquel on n'était pas préparé, et où pourtant on ne s'est jamais senti aussi proche de l'éternité.

mercredi 14 août 2013

Léger soudain



Voilà,
nul besoin de mots
rien que la couleur du cuivre sur la peau
la note juste et qui dure
et cette apaisante sensation d'être simplement à sa place
accordé au vol soyeux du papillon

mardi 13 août 2013

Marianne


Voilà,
comme elle m'apparaît aujourd'hui 
la République Française
moche, en lambeaux pas très belle à voir
première publication 13/8/2013 à 00:02
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lundi 12 août 2013

Dormir pour oublier (12)

Paris, Boulevard des Invalides Juin 2013
Voilà,
j'avais dans une précédente publication, évoqué à demi-mots la vision, Boulevard des Invalides, non loin de l'Institut des jeunes aveugles, de cet homme échoué entre le trottoir et le couloir de bus, à hauteur des gaz d'échappement  donc, mais dans la verdure cependant, au pied d'un arbre. Le Paris dépeuplé du mois d'Août, rend cette misère plus flagrante encore, plus inadmissible. Des êtres que depuis longtemps plus personne n'appelle par leur prénom gisent asphaltisés dans l'indifférence générale. Sans doute est-ce moins coûteux pour la société de les laisser ainsi mourir que de leur venir en aide. Sinon serait il possible de voir ça ?

Paris, Hôpital Cochin Aout 2010
Dans un monde où l'humain se réduit à une variable d'ajustement au service de l'économie, où l'hôpital n'est plus un service social mais doit répondre à des critères de rentabilité, où le droit d'asile est sans cesse bafoué, où les enfants même ne sont plus protégés, ces existences comptent désormais pour rien. Oubliées elles sont devenues des choses désormais inutiles et gênantes comme ces "encombrants"déposés sur les trottoirs parce qu'on ne sait plus qu'en faire.

samedi 10 août 2013

Cachés

Hôtel de Ville, Paris 2011
 
Voilà,
on ne reconnaîtra personne sur la photo. Ce n'est pas plus mal d'ailleurs puisque je n'y connais personne. On ne pourra pas me faire de procès. Elle me plaît cette photo à cause des irisations de la lumière. Mais pas que (comme on dit aujourd'hui). "Bulle" est devenu une métaphore boursière : bulles spéculatives bulle internet, bulle immobilière. Voilà, c'est ça notre époque, on regarde avec insouciance les bulles on trouve ça joli et on attend que ça explose. Au moins l'Occident a-t-il le privilège de la métaphore. Sous d'autres latitudes les grenades et les obus explosent dans les foules.

vendredi 9 août 2013

Tourisme à Paris

Voilà,
Comme toujours pendant la semaine qui suit le premier week-end du mois d'Août, il y a peu de circulation dans Paris déserté et on en a profité pour faire une longue promenade en vélo avec ma fille. On a d'abord roulé jusqu'au bois de Boulogne où on a passé un bon moment sur des routes et des allées sans croiser grand monde. Puis on a fait le tour des lacs. C'est là que j'ai photographié ces gens faisant des étirements au bord de l'eau.


Sur le chemin du retour on s'est arrêté chez Yamazaki, le salon de thé japonais situé chaussée de la Muette, près de la station de métro. J'y avais déjà fait une halte il y a trois ans, à la même période après une visite au musée Marmottan. J'avais envie de savourer de nouveau cet excellent granité au thé vert et l'anko (cette pâte de haricot rouge si prisée au Japon) que j'avais alors goûté. Ma fille a pour sa part opté pour celui parfumé à la banane verte. Comme c'était copieusement servi, nous sommes restés attablé assez longtemps. A la table d'à côté était assise une jeune bourgeoise du quartier, un diamant autour du cou, des bagues du même acabit et un jean savamment déchiré qu'elle avait dû acheter ainsi, et dont les trous valaient sans doute plus cher que tout ce que je portais sur moi. L'accompagnaient deux enfants insupportables, les siens sans doute, qu'elle gavait de macarons pour les calmer. A un moment j'ai aussi vu passer une vieille femme avec un sweat du même rouge que son pantalon et sur lequel il y avait le tracé du circuit du grand prix de formule 1 de Monaco auquel je rêvais enfant de pouvoir un jour assister. Je n'ai pas pensé à shooter. Ensuite j'ai tenu à montrer à Constance la rue Berton en contrebas de la Rue Raynouard où se trouve un immeuble que l'on voit sur la première photo construit par Perret, l'architecte du Havre, et de l'église du Raincy (entre autres) la première bâtie en béton. Il y a surtout la maison de Balzac, qui s'enfuyait par la rue Berton quand ses débiteurs venaient le harceler par l'entrée de la rue Raynouard . Cette ruelle pavée n'a vraisemblablement pas beaucoup changé depuis l'époque où il y vivait. La pierre que l'on voit à gauche sur la deuxième photo marquait autrefois la limite entre les communes d'Auteuil et de Passy, et nous n'avons pu nous empêcher de reprendre de concert le refrain du vieux pastiche de rap des Inconnus "Auteuil Neuilly Passy c'est pas du gâteau / Auteuil Neuilly Passy tel est notre ghetto".

 

Passant un peu plus tard par le pont de Grenelle, inévitable détour sur l'île aux cygnes et son étroite allée ombragée que j'aime particulièrement, afin que Constance la découvre. Et là, surprise, j'ai aperçu l'homme que j'avais photographié il y a quelques temps, celui qui se promène avec sa procession de camions, et à propos duquel j'avais imaginé une petite fable. Il avait le même T-Shirt que Charlie, celui qu'il faut trouver au milieu d'une foule. Tout en reproduisant avec sa bouche le bruit d'un moteur il traînait ainsi son attelage en tête duquel roulait un tracteur "piloté" par un ours en peluche. Nous avons échangé quelques mots. Il affirme posséder 88 000 camions chez lui. Comme je lui faisais alors fait remarquer qu'il devait disposer d'une vaste maison, il m'a répondu qu'en effet elle était très grande et qu'il l'avait lui-même bâtie en Haute-Savoie avec des copains. Il prétend être chauffeur routier et profiter de ses livraisons pour amener ses camions-jouets à Paris. Il aurait aussi participé quatre fois au rallye Paris/Dakar dans la catégorie camion. Bien sûr je n'ai aucune raison de ne pas le croire, tant de choses bizarres peuvent advenir. Mais quand même...

 

Il semblerait toutefois que l'homme ne raconte pas tout à fait les mêmes choses aux uns et aux autres. Je viens de retrouver l'article  "le routier et les petits camions" le concernant. Je l'avais lu il y a quelques mois par hasard sur le photoblog de Passante Pensante. Je constate qu'apparemment sa collection s'est beaucoup enrichie en quelques mois... 
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mercredi 7 août 2013

En attendant



Skater sur l'esplanade du palais de Tokyo
Voilà,
selon St Augustin il n'y a pas trois temps qui seraient le passé, le présent et l'avenir. Il y a le présent du passé qui est la mémoire, le présent du présent qui est la perception, et le présent de l'avenir qui serait l'attente. Donc hier en début de soirée, il fallait, pour donner un sens au présent du présent occuper le présent de l'avenir. car mon ami Pascal qui m'avait filé rendez-vous au pied du palais de Tokyo, (un des endroits les plus nazes de Paris ou les skaters viennent faire leurs gammes) était, comme souvent, en retard. Il fallait bien s'occuper, compenser la sensation de perte de temps. J'ai donc pris quelques photos. Quelqu'un a dit qu'on photographie toujours plus ou moins au futur antérieur ou au passé antérieur — je ne sais plus et puis d'ailleurs je m'en fous —. Quoi qu'il en soit, mon présent du passé est comme une vieille passoire et j'ai de la fuite dans les idées. Évidemment je regrette maintenant de ne pas en avoir fait d'autres lors du très sympathique dîner avec nos filles respectives dans l'arrière cour du conservatoire Rachmaninoff où la cantine russe a disposé quelques tables pour les beaux jours.

mardi 6 août 2013

Le bon vermifuge Lune



Voilà,
tous ces objets qui nous survivent c'est tout de même étrange dis-tu
c'est vrai mais du moins n'a-t-on pas besoin de leur consentement pour les photographier.
J'aime ce visage effrayé qui dément le slogan publicitaire
première publication 06/8/2013 à 12:57
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lundi 5 août 2013

Fleurettes et pilier


Voilà,
bien sûr il y a les vitraux conçus par Soulages, le tympan aussi, particulièrement ouvragé et saisissant, mais ça on peut trouver sur le web tout un tas de documents sur ce sujet on tape Sainte Foy Conques par exemple et il y aura forcément des images et sûrement des tas de choses intéressantes racontées à ce propos. Bien sûr, il y a la sérénité qui se dégage de ce village, sorte de Mont St Michel terrestre, mais moi ce qui m'a le plus ému ce sont les petites plantes sauvages, les fleurs de rien qui s'accrochent aux murs extérieurs de l'abbatiale, c'est ça que je voudrais devenir si une autre vie m'était donnée. Non seulement elles me bouleversent mais si je me laissais un tant soit peu aller, elles pourraient me faire croire en Dieu. Oui parfois j'ai cette tentation là, croire - peut-être la sénilité me gagne-t-elle ou bien est-ce une carence en vitamines.... A Conques je me suis même surpris à poser les mains sur un des piliers oui celui-là


Je voulais ressentir l'énergie du lieu. C'est un peu con dit comme ça, mais il y a forcément beaucoup de force dans un pilier, il y a quelque chose qui vibre qui passe dans le corps, ça je l'ai bien senti. Sûr, je n'ai pas été touché par la grâce comme Claudel près d'un pilier de Notre-Dame de Paris pas de bol on peut toujours rêver... J'aimerais bien une extase mystique ou un truc dans ce genre quelque chose d'un peu cosmique quoi ... Pas un astéroïde qui me tomberait sur la tronche ou la foudre non plutôt un truc qui te mette en harmonie qui te fasse parler aux abeilles aux fleurs aux oiseaux après tu es en empathie avec les fougères et les mousses un truc qui te rende l'agonie plus douce quoi

samedi 3 août 2013

Avoir l'œil

 
Voilà,
et si l'œil soudain venait à manquer, le seul que j'ai eu et avec lequel j'ai tenté tant bien que mal de me constituer un regard, sans pour autant être sûr qu'il soit juste et me restitue vraiment la réalité, que ferais-je alors, que serais-je sans lui ? Je voudrais toujours être dans le mystère des choses naissantes et des apparitions.

vendredi 2 août 2013

Repent-Ye

Fifth avenue presbyterian church New-York City (1994)
Voilà,
les prosélytes m'ont toujours particulièrement gonflé. Et je trouve qu'il faut être con à bouffer du foin pour se tenir là, debout à un coin de rue avec une pancarte et nous annoncer non seulement que Jésus va revenir, mais qu'en plus il faut se repentir. Je me souviens en 1988 de l'épisode Jimmy Swaggart un télévangéliste donnant des leçons de morale à tout-va et qui s'était fait gaulé avec deux putes dans un parking. Cet événement faisait les grands titres de la presse et de la télévision, et la retransmission de la messe faisant suite à son arrestation (évidemment il avait été remis en liberté conditionnelle moyennant un bon paquet de dollars) constituait l'événement du week-end. Que Gilles de Rais, pût obtenir, avant d'être exécuté, l'absolution de ses fautes par la foule rassemblée dans l'église de Nantes, me paraissait déjà étrange, mais bon c'était au moyen-âge, mais là, à New-York dans le dernier quart du vingtième siècle, voir sur l'écran l'image de cet homme au moment où, en pleurs, il avouait être un pêcheur, parvenir à faire s'agenouiller une foule de crétins rassemblés dans une "église" semblable à une salle de spectacle (aux Etats-Unis, même la religion relève de l'entertainment), pour obtenir son pardon, m'avait stupéfait. Tant de crédulité laissait pantois. Pourtant, lors de mon premier passage à New-York, (hélas j'avais oublié de prendre mon appareil, mais je me souviens de toutes les photos que je n'ai pas prises ce jour-là), le hasard, au cœur du mois d'Août, m'avait conduit vers Central Park dans un rassemblement de "Jesus freaks", comme ils s'appelaient eux-mêmes, et j'avais pu alors mesurer le degré d'abêtissement collectif à quoi peut mener la religion. Mais à mes yeux d'européen cela évoquait plutôt un regroupement d'originaux de doux-dingues - le nombre de gens croisés cet après-midi là me disant "smile man, Jesus loves you" relevait du comique de répétition, et j'en avais conservé le souvenir d'un événement certes insolite mais ne prêtant pas plus à conséquence, qu'une convention de jumeaux dans une bourgade de province. Bien sûr, par la suite les années Bush Jr, ont montré le poids de la religion dans la société américaine et les ravages de sa vision réductrice et binaire (le bien/le mal) jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Je me demande souvent si cette obsession du péché qui hante ce peuple ne tient pas au fait que cette nation s'est constituée sur le génocide des populations indiennes, et à la crainte que ce dieu honoré sur chaque dollar ne lui fasse un jour payer cette faute originelle. (linked with  the weekend in black and white)

mardi 30 juillet 2013

Grande-Synthe


Voilà,
Nous étions partis vers le Nord, et pour moi, c'était un truc vraiment étrange et nouveau de prendre cette direction en plein été, et même tout simplement de prendre cette direction. Cette jeune femme allait me présenter à sa famille, apparemment elle y tenait. Auparavant nous avions passé quelques jours à Leffrinckoucke. Il me paraît aussi improbable désormais de retourner à Leffrinckoucke qu'à Karachi, (je me demande si ce n'est pas la première fois que je mets autant de K dans une phrase en français), mais bon j'ai bel et bien passé quelques jours à Leffrinckoucke. Un après-midi nous sommes allés faire un tour à la Grande-Synthe dans la zone industrielle de Dunkerque où j'ai pris ce cliché. J'aimais bien sa façon de s'habiller en ce temps. Ce pantalon d'été à bretelles lui donnait un genre bohème qui lui allait à ravir. Elle avait le corps d'un petit Fragonard et la tête de Bibi Fricotin. Nous avions peu de choses en commun au fond, sauf un intérêt partagé pour le rugby, et que nous travaillions dans des secteurs d'activité voisins. On s'entendait pas mal alors. Comme deux bons copains. Au fond, c'est comme ça qu'on devrait toujours s'aimer, comme deux bon copains, ça serait tellement plus simple. En tout cas je me souviens avec bonheur de ces fois où nous partions ensemble en voyage. Elle était très organisée. Oui, ce sont des doux souvenirs. Et puis peu à peu on a fini par ne plus se comprendre au point qu'aujourd'hui, il est impossible de se parler sans un certain embarras. Tant de choses que nous n'avons su nous dire et qui ont suppuré. Pourtant cette femme, sans doute plus qu'aucune autre, a fait de moi — à mon corps défendant — un autre homme, et de cela je lui serai toujours reconnaissant. Bien sûr, à l'époque où j'ai pris cette photo, je ne l'imaginais même pas. Mais ça c'est une autre histoire.... 

dimanche 28 juillet 2013

Après la pluie

Vallée du Lot à Entraygues sur Truyère
Voilà,
Après la nuit d'orages, la température est un peu retombée. Me promenant je retrouve des odeurs des sensations éprouvées dans le Gers, il y a longtemps. Je ne me suis rarement senti aussi bien dans des paysages que depuis ces quatre derniers jours. Cette nature me correspond tout à fait et la vallée du Lot m'émerveille. Et je n'ai encore rien dit du choc éprouvé dans le village de Conques... Je noterai tout cela un peu plus tard quand je disposerai d'une machine qui fonctionne...

mercredi 24 juillet 2013

Examen



Voilà,
en terrasse au buffet de la gare de Béziers entre deux trains. Les grillons stridulent dans les platanes. Je me souviens avoir été là il y a presque (...)ante années jour pour jour. Et d'un certain danger auquel j'ai alors échappé — mais j'étais déjà un être très méfiant —. Je ne pensais pas à cette époque atteindre l'âge que j'ai à présent, et si j'imaginais le vingt-et-unième siècle c'était bien autrement. Plus proche des bandes dessinées de mon enfance, vraisemblablement. Je me rêvais voyageur. C'est assez comique quand je songe à l'angoisse qui me saisit à la constitution d'une simple valise. Je crois que si je rencontrais le jeune homme que j'étais à ce moment-là j'aurais envie de lui coller une grande beigne. Le souvenir d'avoir été celui-là me file encore la honte. Depuis, des paysages m'ont traversé j'en ai traversé d'autres, des êtres rencontrés m'ont changé — pas suffisamment à mon goût (il est difficile de se quitter tout à fait et ce blog d'une certaine façon en témoigne). J'ai toujours autant de doutes, peut-être d'une autre nature. En dépit de mon pessimisme et même si ce qu'est devenu ce monde ne me réjouit guère, j'aime la vie. Parfois une grande angoisse me saisit quand je pense a tout ce que l'Espèce a entrepris pour la rendre plus fragile. Hier soir, à Avignon, dans la foule des festivaliers, la fugitive vision d'un rougeoiement embrasant le ciel nocturne m'a presque transi, malgré la lourde chaleur qui sévit sur la région. Oui il faut vivre avec cette menace et dans son déni entretenu par les médias les gouvernants et les puissances industrielles, comme si rien n'avait changé depuis Tchernobyl et Fukushima, comme si ce qui est arrivé ailleurs n'était pas possible ici. Mais Il faut vivre cependant, pour la part de rêve de mystère et de fantaisie que certains — parfois sans même en avoir conscience — portent en eux, comme un don de la providence —  et qu'une simple rencontre peut soudain révéler.

dimanche 21 juillet 2013

La découverte de l'été



Voilà
Le "glacial" la boisson rafraîchissante de cet été si particulier. Désormais chaque fois qu'il fera chaud et que j'aurai soif je me souviendrai de la première fois que j'en aurais bu. Où et avec qui. Et de celui-ci quelques jours après sur une terrasse en solitaire...
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samedi 20 juillet 2013

La Vague

 Métro parisien Station Plaisance (1982)
 
Voilà
toutes les paroles qui manquent ou se déchirent dans le silence la confusion des pensées incohérentes des peurs anciennes quelque chose a été arraché autrefois ne restent que les terreurs qui ne peuvent se dire qu'il est si douloureux de nommer parfois il lui semble qu'elle ne parviendra jamais à échapper à l'effroi qui l'envahit si souvent pourtant son rire il y a son rire si délicieux réconfortant même pour qui ne sait pas oui son rire

vendredi 19 juillet 2013

Le Grenier de Châteaudouble


Voilà
beaucoup de souvenirs me rattachent à cet endroit. Il m’est souvent arrivé de rêvasser dans ce grenier qui me liait à une histoire qui n’était pas la mienne. Longtemps je me suis senti chez moi ici. C’est là que j’ai ressenti ce que signifiait « luxe calme et volupté. »  La dernière fois où je suis venu j’ai passé des heures à feuilleter des vieux numéros de France Observateur, l’ancêtre du nouvel Obs, et des vieilles revues d’art. Il y faisait un peu chaud mais c’était bien. Je crois que c’est ici, que Michel Vinaver a écrit «Par dessus bord», il me semble avoir entendu dire qu'il avait beaucoup aimé ce grenier mais je n’en suis pas sûr, je recompose peut- être. Je réalise tout à coup que cela fait quarante ans que j'y suis venu pour la première fois. Quarante ans... Qui ont passé comme un battement de paupières. Il faudra que je demande à Delphine et Agnès si elle ont toujours des photos de cet été là. Notre bel été ... Je crois avoir connu le bonheur en cet endroit, et qu'une part de ce qui me constitue s'est fondée là. Il ne reste que l'image... Les sensations d'alors sont profondément enfouies mais persistent comme l'écho d'un lointain son de cloche. D'ailleurs je me souviens que le carillon de l'église du village sonnait tous les quarts d'heure. (Linked with the weekend in black and white)

jeudi 18 juillet 2013

Une autre sirène


Sculpture de Kiki Smith Exposition "Papesses" Avignon 2013
Voilà,

Une autre sirène aperçue cet après-midi, dans la fraîcheur de l'exposition "Papesses" à la fondation Lambert d'Avignon. Hâvre de paix contrastant avec le cirque ininterrompu de la rue, où il n'est pas possible de faire dix pas sans être sollicité par quelqu'un vous incitant à venir assister à un spectacle. Une certaine mélancolie gagne peu à peu sans que je ne sache trop pourquoi. Peut-être cette sensation pénible éprouvée hier en présence d'universitaires parlant du théâtre politique dans la cour de la maison Jean Vilar. Tout en dénonçant les travers de la marchandisation de la société, en déplorant l'état du monde culturel présent, en fustigeant la démission de l'Etat du champ culturel, ils affichent en privé, une sorte de mépris, du moins de dédain pour tout ce qui ne leur ressemble pas et ne relève pas de leur champ d'études. Ils manifestent sans même peut-être en avoir totalement conscience l'arrogance et les attributs de ceux qui se considèrent comme appartenant à une élite. Ils ont des idées arrêtées sur ce qui est juste et ne l'est pas. À aucun moment le paradoxe de leur discours et la contradiction dans laquelle ils se trouvent ne semblent les effleurer. Car enfin, ce festival pour pouvoir cette année soutenir des productions africaines ne s'est il pas trouvé contraint de solliciter l'argent de la société Total, parce qu'aucun theatre public ne voulait prendre le risque de la coproduction. Et puis aussi le sentiment que que l'histoire est passée et ne repassera plus, et que le grand rêve d'un théâtre populaire et intelligent imaginé par Vilar sombre à l'endroit même où il a été conçu. Mais bon, comme dit Roland, on ne peut pas reprocher à un homme de soixante ans de prendre du ventre...

lundi 15 juillet 2013

Sirènes


Voilà
ta tête bascule ton cœur se crispe la frayeur jaillit dans ta poitrine durant une seconde tu passes de vie à trépas c'est juste un mauvais rêve et tu penses (mais pourquoi donc ?) aux sirènes du Bowery. Le caillou autrefois trouvé sur le bord du chemin, gardé longtemps comme un fétiche un talisman comme s'il était le gardien de tes rêves d'enfant tu le retrouves dans une boîte en fer blanc mais c'est aux sirènes du Bowery que tu songes pourtant. La femme au sourire avenant qui ne fit que passer, belle et longue de corps, disparue dans un froissement de feuilles mortes tu peines à présent à t'en souvenir, mais pas des sirènes du Bowery (Linked with the weekend in black and white)

dimanche 14 juillet 2013

Clifton Beach



Voilà,
C'est la première excursion que j'ai faite au Pakistan. A Clifton Beach, où je ne retournerai vraisemblablement jamais, au bord de la mer d'Oman, non loin de Karachi, sur une plage qui sentait plutôt le crottin que l'iode. Les gens ne s'y baignaient pas, se promenant simplement sur la grève ou bien roulant à moto, ou se laissant balader à dos de chameau. Sans doute était ce un vendredi, jour de repos, car l'ambiance semblait familiale et détendue. J'étais d'humeur étrange, surpris de me retrouver ici, qui n'était pas vraiment prévu dans mon itinéraire, en compagnie de C. venue me chercher le matin même à l'aéroport, et qui détonnait particulièrement dans le paysage. A peine avais-je débarqué qu'elle s'était empressée de récriminer contre le chauffeur de taxi dont elle avait loué les services pour la journée. Il y a quelques années j'ai appris qu'une immense marée noire qu'on n'a évidemment pas évoquée sous nos latitudes avait depuis ravagé cette côté.
(From the archives)

vendredi 12 juillet 2013

Étrange apparition



Voilà
Hier soir une étrange et belle apparition. Un peu de beauté faisait plaisir à voir dans ce qui est devenu une obscène foire du spectacle vivant bien loin désormais, aux antipodes même de ce qui a suscité l'initiative de ce festival. Les temps changent, la laideur la bêtise et la vulgarité gagnent inexorablement du terrain.
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jeudi 11 juillet 2013

Accès interdit


Voilà,
je crois que ce genre de fontaine existe à des centaines voire des milliers d'exemplaire dans le monde, il me semble en avoir vue une semblable mise en ligne par Gracie sur son blog qui atteste qu'il existe presque la même à l'autre bout du monde, et une autre aussi chez Rob. Je rêve de quelque chose comme ça pour la chaude journée qui s'annonce. 
 À part ça on m'a encore dit que je ressemblais à Pierre Desproges. J'espérais tout de même être moins laid que ça. Je peux bien sûr me consoler en me disant que c'est toujours mieux que de ressembler à Le Pen. Peut-être faudrait-il que je fasse un check-up un de ces jours, tout de même. première publication 11/7/2013 à 9:16

mardi 9 juillet 2013

Festival



Voilà,
Ce que je vois de ma fenêtre. Si longtemps que je n'étais pas venu. Quand j'avais vingt ans il me semblait que c'était un luxe inouï que de loger ici pendant le festival au pied du palais des papes. C'est en tout cas très confortable et pratique. Je m'étonne d'être là. Reviennent d'anciennes sensations. Et d'autres si nouvelles et inattendues. La vie est parfois bien étrange. Oui bien étrange. Tous mes âges se mélangent. Quelques temps encore, faire comme si rien ne guettait. Même si parfois elle est bien inquiétante la rumeur de ce monde, 

lundi 8 juillet 2013

Peu de Possessions


Voilà,
en ce temps-là j'avais peu de possessions. La vie m'était plus légère, j'allais et je venais. L'appartement n'était alors qu'un lieu de passage, et ressemblait à une résidence de vacances. C'est terrible ce que l'on peut bien accumuler au cours des ans et comme il est difficile de se débarrasser  de ce qui finit par encombrer.

samedi 6 juillet 2013

D'un baiser volé dans la foule


Voilà,
en regardant ces deux là s'embrasser au milieu de la foule elle se demande si parfois ils échangent des paroles tendres, des mots d'amour. Sans doute ont-ils encore l'âge et la naïveté de dire qu'ils s'aiment. Pour sa part, elle est éprise d'un homme qui se tait. Elle sait un peu de son histoire par ce qu'il a bien voulu lui en dire (car il est assez secret), et il lui semble bien avoir compris qu'il ne peut plus. Que certains mots ont pour longtemps (ou peut-être à jamais) disparu de son vocabulaire. Pourtant il est doux, attentif avec elle, lui prodigue des tendresses que peu d'autres ont eu à son égard, et d'une certaine façon lui révèle son corps autrement qu'elle ne le connaissait. Parfois il répond aux messages qu'elle lui adresse quand elle ne peut s'empêcher de partager ce qu'elle éprouve et lui dire combien elle tient à lui. Il prend acte, répond de façon très douce et élégante, avec infiniment de tact, exprimant son regret de ne pouvoir dire plus ou mieux et son incapacité à donner les réponses qu'elle souhaiterait peut-être. Elle suppose qu'il a cru autrefois, mais que des douleurs sont encore à vif, qu'il n'est pas encore dans la paix des cicatrices. Mais au fond elle sait que c'est lui qui a raison. Tant d'espérances, d'espoirs insensés d'histoires d'amour commencées dans l'ivresse du sublime et qui s'achèvent tristement en mesquines et souvent sordides tractations dans le bureau d'un juge avec des histoires compliquées d'argent et de garde d'enfants souvent transformés en otage, tout cela bien sûr n'incite guère à filer des métaphores amoureuses. Alors elle s'en veut de céder parfois à cette sorte de sentimentalisme si peu conforme aux usages de ce temps. Mais qu'importe, s'il ne peut lui promettre quoi que ce soit, elle goûte avec délice le présent qu'il lui offre. Après tout Léonore Cortese regarde avec amour et bienveillance cet homme meurtri. Et la façade de rires qu'il s'est bâtie pour se protéger la touche au-delà de toute mesure. Maintenant il commence à la présenter à ses amis. Parfois elle craint de se sentir comme une intruse parmi eux. Saura-t-elle faire bonne figure, mériter sa confiance et ne pas le décevoir ? Il suffit parfois de si peu. Un détail, une maladresse, un mot compris de travers, un silence embarrassant...

vendredi 5 juillet 2013

La fête foraine des Tuileries



Voilà,
dans la grisaille de ce matin je me suis une fois de plus rappelé que j'aime l'ambiance des lieux désertés ou désaffectés, mais aussi les espaces vides ou à peine fréquentés, les manèges fermés, les fêtes foraines au petit matin, les plages qui attendent d'être envahies, ou que les baigneurs ont quittées, les lieux de grande activité avant ou après les heures d'ouverture... J'aime ce léger décalage qui dès lors donne un tout autre sens aux choses, et en retenir des images qui me semblent dès lors peuplées de fantômes. D'ailleurs la photographie, est par nature fantomatique. Il suffit de songer à toutes ces clichés d'Atget, pris à la chambre et qui nécessitaient un si long temps de pause, que les corps en mouvements, les passants les calèches et les voitures n'avaient pas le temps de s'y inscrire. Mais toute cette vie n'ayant pas laissé de trace visible hante néanmoins ces images, et ce qui n'y est pas apparu, — toute cette activité spectrale — y demeure peut-être plus essentiel encore, que ce qui est resté imprimé pour se donner à voir.

mercredi 3 juillet 2013

Kafka


Voilà,
il y a 130 ans, naissait Franz Kafka. C'était un être d'une grande douceur, "il était timide, scrupuleux, paisible et bon mais il écrivait des livres cruels et douloureux (...) Sa connaissance du monde était insolite, lui qui à lui seul était un monde insolite et profond (...) C'était un homme et un artiste doué d'une conscience si aiguisée qu'il entendait même là où les autres, les sourds se sentent en sûreté" (Milena Jesenska)

lundi 1 juillet 2013

Eros and Venus


Voilà,
en 1985 à New-York, Eros et Venus étaient en grève.
c'était 732 ,8th Avenue, entre 45me et 46me rues
Plus bas, Christopher St, la rue des bars gays avait été rebaptisée "le cañon de la mort"
Il faisait terriblement chaud sur la ville cet été là.
(linked with the weekend in black and white)

dimanche 30 juin 2013

L'empreinte


Voilà,
c'était un matin vraiment lumineux.
Un instant on s'est surpris à croire.
Un rêve est passé, il avait la douceur de l'été.
 Son empreinte sur le mur plutôt que son récit. 

vendredi 28 juin 2013

Son corps du moins


Voilà
il était ici, enfin son corps du moins, étonnamment léger et dans un étourdissement qui me donnait la sensation de frôler la réalité avec autant d'inconsistance qu'un spectre. Il ne se sentait plus tout à fait de ce monde, que je n'étais d'ailleurs pas en mesure de vraiment regarder, tout juste d'apercevoir, car la vue, eh bien oui elle se brouille peu à peu la vue. C'était comme le retour d'une sensation autrefois éprouvée - était-il alors déjà marcheur ou encore nourrisson ? - celle de me sentir non pas dans la réalité, mais seulement à proximité, comme effleuré par elle, et sans angoisse cependant car tout ce qui lui était alors donné de voir avait - comment dire ? - valeur d'offrande, n'était pas encore altéré par la conscience que les êtres et les choses (d'ailleurs en ce temps souvent confondus) sont périssables. Il supposait qu'il y avait sûrement à creuser de ce côté là que je devais chercher à prolonger cet état le faire durer faire intensément durer ce moment semblable à une brèche ouvrant sur un possible au-delà ou un en-deça peu importe. Je fixais cette cour et il voulait que cette vision fût à jamais inscrite dans sa mémoire, non comme un lieu permettant le passage de la rue à l'endroit où se trouvait mon corps traversé de pensées, mais comme un laisser-passer autorisant l'accès à un autre oui on peut le dire comme ça espace-temps. Il voulait se fondre, non, me dissiper, s'estomper, s'escamper m'indifférencier dans une autre dimension où n'auraient plus cours les soucis qui accablent depuis quelques semaines. Il s'entraînait ainsi à paisiblement mourir, et somme toute je trouvais que c'était là une façon profitable et très sage d'occuper mon temps et sa fatigue. Et soudain il y eut une femme. La vision devint plus nette. Un homme avec sa part d'ombre apparut ensuite. Et la lumière aussitôt s'en trouva légèrement changée.


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