samedi 24 août 2013

Ne pas oublier

oui bien sûr comme William Blake contempler le monde dans un grain de sable, le ciel dans une fleur sauvage tenir l'infini dans la paume de la main et l'éternité dans un heure, mais aussi garder (comme autrefois dans les boîtes en fer blanc les billes les cailloux les bois flottés et autres menues babioles) garder le plus longtemps possible en soi tous ces moments tendres et paisibles - ces heureux moments d'abandon dérobés à l'inquiétude du lendemain - qui les dissipaient elle et lui dans un temps sans mesure rendant soudain la réalité si futile. Ils croyaient ainsi se vouer l'un à l'autre corps et âme avec l'illusion de se donner tout entier alors qu'ils se donnaient tout juste un peu de répit, mais c'était bon si bon de croire à ce doux mensonge s'imaginer sans âge espérer une autre vie possible c'est fini tout ça maintenant songe-t-il les jours sont comptés il a vieilli il tremble désormais Augustin Claverie à l'idée de quitter ce rivage sans avoir épongé tous ses vieux chagrins...

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