vendredi 5 juillet 2013

La fête foraine des Tuileries


Voilà,
dans la grisaille de ce matin je me suis une fois de plus rappelé que j'aime l'ambiance des lieux désertés ou désaffectés, mais aussi les espaces vides ou à peine fréquentés, les manèges fermés, les fêtes foraines au petit matin, les plages qui attendent d'être envahies, ou que les baigneurs ont quittées, les lieux de grande activité avant ou après les heures d'ouverture... J'aime ce léger décalage qui dès lors donne un tout autre sens aux choses, et en retenir des images qui me semblent dès lors peuplées de fantômes. D'ailleurs la photographie, est par nature fantomatique. Il suffit de songer à toutes ces clichés d'Atget, pris à la chambre et qui nécessitaient un si long temps de pause, que les corps en mouvements, les passants les calèches et les voitures n'avaient pas le temps de s'y inscrire. Mais toute cette vie n'ayant pas laissé de trace visible hante néanmoins ces images, et ce qui n'y est pas apparu, toute cette activité spectrale y demeure peut-être plus essentiel encore que ce qui est resté à voir.

3 commentaires:

  1. Cette photo est très, très belle. L'infime et humble mouvement qui effleure un immobile gigantesque, à la fois menaçant et dérisoire. Et le cadrage, l'impeccable composition. Quant à notre présence décalée, solitaire, dans des lieux voués à une communauté, je me sens en communion avec tes propos. Cela me rappelle l'un des bonheurs les plus purs de mon existence le temps où mon oncle était intendant d'un vieux lycée : quel espace merveilleux d'exploration, l'été, avec cousins et cousines ! Pour cette raison je grogne intérieurement (sûrement à tort) contre les reconstitutions et autres son et lumière dans les vieux châteaux. Un côté "poésie des ruines" assez inavouable aujourd'hui. Le rapport de ce "décalage" avec la photo est lumineux : je n'y avais pas songé. Fan aussi d'Atget (et autres). Merci pour tout cela kwarkito.

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