samedi 9 juin 2012

Ombres au plateau

  

Voilà,
plus tard je me souviendrai de ces quelques jours de travail au théâtre de l'Aquarium
pour accompagner et donner à entendre "Les Draps" la jolie pièce d'Amira Khalfallah.
Et je me rappellerai aussi comme il était doux de la regarder, elle, passer de la salle au plateau

jeudi 7 juin 2012

En chemin


Voilà
m'être soustrait de l'univers des casernes et de la consternante proximité d'un artilleur, avoir choisi de travailler dans le théâtre pour si souvent revenir au cours de ma vie professionnelle à la Cartoucherie de Vincennes, voilà qui aura été un peu absurde tout de même, pensais-je hier sur le chemin des cavaliers, me dirigeant vers le théâtre de l'Aquarium... 

mercredi 6 juin 2012

S'oublier

  

Voilà
lorsque les images surgies de la nuit ont une trop effrayante puissance de suggestion, que les rêves tissent de funestes récits qu'on aurait préféré ne jamais connaître, mieux vaut s'oublier dans la paix des formes pures et trouver refuge dans les paysages qu'offre la matière, complexe en ses détails.
shared with  SITAR

lundi 4 juin 2012

Plato's retreat







Song of Innocence
Voilà
Parfois il me semble qu'il n'y a que cela qui vaille la peine d'être saisi. 
Le jeu des ombres et des lumières. 
Que l'essentiel est là et que tout autre sujet n'est qu'anecdote et superflu.

dimanche 3 juin 2012

Cependant le ciel parfois


Voilà
"... Beaucoup dans la Zone devinrent fous errant par les rues dépenaillés, riant et pleurant à la fois. Ils s'abreuvaient au venin des eaux souillées, mangeaient des racines et les herbes des fossés. Ils avaient pour la plupart oublié leur enfance et crachaient sur leur propre face quand ils la croisaient dans un reflet... Certains souvent disparaissaient sans qu'on entendit plus jamais parler d'eux... Une dévorante frénésie de meurtres de viols de dépeçages et de cannibalisme s'était répandue dans la boue noire et écumante des jours sans avenir... Les mots avaient échappé aux pouvoir des poètes, et vêtus de la franche nudité de l'anéantissement absolu et de l'effondrement spirituel, s'en remettant à l'opinion supposée des larves des cafards et des bêtes en décomposition, les taciturnes et les solitaires légiféraient par grognements sur le territoire anéanti de leurs rêves. Mais c'était surtout un temps de meute et de frayeurs, tout bouillonnant de haine parmi les effluves nauséabonds qui flottaient sur la cité réduite en cendres. C'était un temps de désordre et d'abandon, celui des grands achèvements où cependant le ciel parfois se colorait des teintes irisées d'une impossible consolation..." in "L'obituaire du chapitre métropolitain de Jethra"

samedi 2 juin 2012

The billiard room


Voilà,
je me souviens de cette maison et de la salle de billard
et de ce jour où j'ai utilisé pour la première fois un appareil photo que je ne maîtrisais pas encore
et de cette femme qui me prenait alors dans ces bras et m'envoyait des mots d'amour par mail
j'y croyais et je pense encore qu'elle était sincère

mercredi 30 mai 2012

Vohar ou apeursevohar al folie Villette


Ouahlà
/ flou al'bloc rouge / pas blokkk  / structuuur euh d'folie rouge / rouge-caillot / y'a comme un détail qui cloche mon amiral ou c'est c'foutu vaisseau qui décroche / tiens la barre les secours vont arriver / j'appelle ardente / dis amiral les mesures pour la fnêêêêêêêtreeuuuh c'est bien cent-huit sur vingt-cinq ou j'me trompe encore une fosse /non non c'est bien ça / sûr / oui sûr / sûr sûr / bois de croix croix de faire si j'mens j'vais à l'envers / viendra pas l'Ardente, l'est toute pourrie, mon amiral toute partie / lui bougez pas la tête / vous m'entendez / vous pouvez dire votre nom / quelle question / ah oui mon nom oui c'est vrai mon nom bin quoi oulala quelle grosse voix il a en tout cas / Vous me voyez / scchwuy mghhou arecherv ej vosu acerpois tuot fluo et pulsrusie à la fiso ahlalala j'visa muorir acev un truc qui m'chatouille / mais mais non tout va bien respirez respirez / oh putain / vous m'entendez / ouais ouais amiral pas la peine de gueuler comme ça je ne suis pas sourd / j'vosu recios cniq sur cniq / pfff je comprends rien il a l'air d'un retriever sous extasy / rrrhh

dimanche 27 mai 2012

A l'écart

Rue Monsieur le Prince
Voilà
dématérialisés en quelque sorte - par effets de flous, contrastes intensifiés, répétition d'une même transformation - les objets les espaces sont, dans certains clichés traités uniquement comme surfaces, à la fois ambigues et incertaines. Ces tentatives qui suggèrent moins un point de vue qu'une vision, visent à mettre ainsi le réel non plus à distance, mais à l'écart, et optent pour une photo sans ligne sans contour et au-delà de tout plan focal.

jeudi 24 mai 2012

Journey

Chamonix, Mont Blanc
Voilà
partir de là-bas....

TGV
.... passer par là....

Paris, Gare de Lyon
... revenir ici.
Dur.
(Linked with skywatch friday)

mercredi 23 mai 2012

Bucolique

Voilà,
tant de paix de beauté et d'harmonie fait monter les larmes aux yeux. C'est un calme trompeur que celui de ces paysages souverains. On en oublierait presque la Menace toujours présente . Dans ce pays l'on ne peut jamais se trouver à plus de 200 kms d'une centrale nucléaire. (Linked with skywatch friday)

mardi 22 mai 2012

Triptyque

  


Voilà
j'ai pris ces trois photos à deux endroits différents dans un laps de temps relativement court, celui d'un trajet claudiquant me ramenant chez moi, tard hier soir. Celle du milieu a été faite en dernier, et aussitôt envisagée comme devant être encadrée par les deux autres afin de former un triptyque. Je les ai traitées dès mon retour. Je n'ai aucune idée de la raison de cette agencement. J'essaie de me formuler à moi-même sa signification secrète, sa nécessité, mais cela reste confus. Il fallait cependant que cela soit. J'avais envie de voir cela, comme ça, et qui était sans aucun rapport avec les heures agréables surprenantes et détendues qui avaient précédé au Zimmer. Vouloir voir "ça" dénote cependant un état d'esprit à défaut d'un réel point de vue. Comme s'il s'agissait de baliser mes jours. Oui je balise - baliser c'est aussi un terme d'argot pour dire qu'on a peur, non ? - Est-ce de me sentir fragile et incertain à moi-même, si souvent déconcerté non seulement par ce qui m'échappe mais encore par ce que je crois saisir du Réel, que je m'accroche de la sorte à ces repères de plus en plus ténus et m'enchante de la vison de détails ? Pourtant parfois, il me semble que je n'y suis pour rien, que c'est le monde qui vient à ma rencontre. Peut-être ma vie s'est elle fondée sur cette illusion : j'étais enfant, tranquillement emmitouflé, abrité ; je sentais l'air sec et froid au dehors ; le monde bougeait et j'étais immobile tout à ma contemplation ; le monde bougeait lentement ; je n'avais rien d'autre à faire que regarder le monde ; je croyais que le monde s'offrait à moi comme un spectacle. Je ne comprenais pas que j'étais dans une poussette et que c'est moi qui était transporté dans ce monde. Les plus beaux voyages sont ceux que j'ai imaginés ou suscités, ceux qui m'ont traversé. Peut-être ne suis que cela, rien que cela, juste une vibration dans l'écho de cette sensation, lointaine, l'âme de l'enfant livré aux rémanences :-)

lundi 21 mai 2012

La poisse



Voilà,
qu'un aussi ridicule incident, touchant un os - quoi un os ! un misérable osselet qui a survécu à l'évolution on se demande encore pourquoi -, provoque autant de désagrément, suscite un tel embarras dans l'exécution de la moindre tâche quotidienne, rende périlleux ce qui est ordinairement banal, mobilise autant d'énergie afin de contrer la douleur, transforme en périple le moindre déplacement et réduise non seulement ma démarche à celle d'un grand invalide mais aussi certains importants projets à néant, voilà qui s'avère non seulement humiliant mais aussi grotesque et fatigant. Quand cela finira-t-il donc cette poisse, toute cette poisse ? Contraint donc, de rester toute la journée immobilisé, ce qui avec ce froid et cette pluie de Novembre au cœur du printemps rendrait la chose un peu plus supportable, ne serait-ce le mécanique rugissement des marteaux-piqueurs qui vacarment sans discontinuer en contrebas dans la rue. Et si mon sort demeure encore pour le moment plus enviable que celui des ouvriers qui les manipulent,  je me refuse cependant à rester coincé ici, dussé-je encore marcher comme un petit vieux et grimacer à chaque pas.

dimanche 20 mai 2012

Murs de Paris

  

Voilà
"Je me suis dit que Paris où les murs et les quais, l'asphalte, les collections et les décombres, les grilles et les squares, les passages et les kiosques nous apprennent une langue si singulière devait nécessairement être le lieu où, dans la solitude qui nous étreint, absorbés que nous sommes dans ce monde d'objets, nos relations avec les êtres atteignent la profondeur d'un sommeil où les attend l'image de rêve qui leur révèle leur vrai visage" Walter Benjamin (Linked with Monday Murals)

jeudi 17 mai 2012

Marc'O


Voilà
ce soir à la cinémathèque, présenté par Bulle Ogier dans le cycle qui lui est consacré, a été projeté l'excellent film de Sébastien Juy, "L'archipel du cas 'O" sur Marc'O, metteur en scène de théâtre, réalisateur, performer, agitateur d'idées et de formes, découvreur de talents (Kalfon, Bulle Ogier, Pierre Clémenti, Catherine Ringer). Agé de 85 ans, il a gardé la jeunesse et le sourire de ceux qui sont restés dans l'enfance de l'art. A travers ses compagnonnages et ses aventures artistiques, on découvre que cet homme est une figure majeure que sa radicalité a toujours plus ou moins maintenu dans les marges de la notoriété - mais comme dit Godard, ce sont les marges qui font tenir les pages -. Je ne développerai pas les éléments biographiques que relate le lien wikipédia. Dans le film il parle aussi brièvement de ses années d'enfance où, parce que son père travaillait pour Michelin à l'étranger, il s'est retrouvé en Allemagne en 1934 pendant l'accession des nazis au pouvoir et en Tchécoslovaquie en 1938 lors de l'invasion allemande. Il évoque aussi, lors de la présentation du film d'Isidore Isou qu'il a produit et qu'il présente hors compétition au festival grâce à l'entremise de Cocteau (on comprend implicitement qu'il dispose d'un certain capital social et économique sur lequel il est assez discret) sa rencontre avec un petit groupe de lycéens passionnés par le lettrisme au nombre desquels se trouve Debord, à qui il recommande de monter à Paris s'il veut mener à bien ses projets d'écriture. Son activité au centre américain est un peu abordée (je me souviens d'un excellent documentaire sonore rediffusé sur France Culture il y a quelques mois racontant l'extraordinaire effervescence artistique de ce lieu dans les années soixante soixante dix, et dont il fut l'un des des protagonistes - et c'est dommage qu'il n'existe aucun livre sur ce sujet). Le documentaire est constitué de nombreux extraits de ses films en particulier "Les idoles" qui fut un événement majeur de la scène parisienne en 1967. Il parle aussi de Maurice Girodias dont le lien Wikipedia ne dit pas qu'en plus de ses activités d'éditeur il fut le créateur d'un des tous premiers café théâtre de Paris. En 67 Marc'O se trouve en Italie, où dans une ville de province, il veut organiser un happening dans un théâtre. Suite à l'interdiction du préfet, le théâtre est occupé pendant trois mois. C'est la préfiguration de ce que l'histoire contemporaine italienne, appelle "le mai rampant". On voit aussi une photo de lui à Rome en compagnie de Dany Cohn Bendit avec lequel il a un projet de film auquel Godard devait être associé et qui finalement ne verra pas le jour. Plus récemment il a participé au mouvement social de 1995 avec son "laboratoire d'études pratiques sur le changement".  Pour ma part je garde un souvenir assez intense de la première de son spectacle "Le triangle frappe encore" en 1976 ou 77 salle Gémier du théâtre de Chaillot, où il y avait entre autres Bulle Ogier, Clémenti, Louis Navarre, Raphaelle Devins... et du chahut qui avait suivi sa réception. je me rappelle du décor métallisé et d'une écriture totalement déconstruite qui rompait avec ce que j'avais jusqu'alors entendu au théâtre. 

mercredi 16 mai 2012

Marcheurs

Paris, Jardin du Luxembourg Mars 2012
Voilà
début mars, il y eut quelques beaux jours. Depuis, le printemps tarde à s'installer. Aujourd'hui malgré le soleil, il fait plutôt frisquet. Mais peut-être que c'en est fini des printemps radieux, des étés resplendissants. Donc, je m'aperçois que j'ai gardé pendant deux mois cette photo disons "au chaud". Je ne sais pas si ces gens s'entraînaient pour un trekking à venir, mais pendant quelques secondes - car ils allaient d'un bon pas - ils m'ont laissé supposer que même marcher pouvait s'envisager comme une expédition. Avaient-ils une "feuille de route" ? Cette vieille expression militaire (que ne l'ai-je entendu dans mon enfance) fait depuis quelques années florès dans le monde de l'entreprise et des affaires. Sans doute l'exigence de voir chacun dans son travail marcher comme un bon petit soldat. 

mardi 15 mai 2012

Village Bercy


Voilà
je n'ai pas vraiment connu le village Bercy du temps de sa splendeur. Je le regardais de loin, depuis le métro, lorsqu'il m'arrivait de passer par là. J'avais la vague envie de m'y promener, mais je ne me suis finalement jamais aventuré dans la halle aux vins. Je pensais que c'était réservé aux professionnels et qu'on ne pouvait y accéder comme ça. Les chats qui vivaient là, dit-on, étaient saouls à force de laper les gouttes des tonneaux. Je sais qu'il a existé un livre de photos, avec une préface de Blondin que j'ai autrefois feuilleté en librairie, mais il a aussi disparu de la circulation. De vieux amis qui auraient pu être mes parents, m'ont évoqué des repas en plein air, là-bas, bien arrosés, où, quand venaient les beaux jours, on mangeait de l'entrecôte charolaise cuite au barbecue. Lorsque j'y suis finalement allé pour y faire quelques clichés, la démolition était imminente et c'était déjà un village fantôme. Plus personne n'y travaillait. Je me rends assez souvent par là maintenant. Il y a la cinémathèque que j'ai découverte vers 2007, je crois que c'était à l'occasion de la rétrospective Monicelli, et puis le jardin que j'aime bien, et où l'on a gardé les platanes quelques maisons, et des traces des rues pavées. Hier Pascal m'a laissé un message pour me rappeler que le cycle Bulle Ogier avait commencé. (Linked with the weekend in Black and white)

samedi 12 mai 2012

Mais la plage elle-même


Voilà
dans le rêve j'étais devenu non plus le promeneur avançant paisible sur cette plage d'autrefois, mais la plage elle-même déserte et balayée par le vent. Rien que pensée livrée à l'étendue, sans contrainte ni limite mais aussi souffle embruns et lumière. Non loin sur une terrasse, joyeux et turbulents, des enfants me racontaient en buvant un chocolat chaud, et leurs voix dans la douceur de cette fin d'après-midi mentionnaient des jeux d'un autre siècle.... (linked with the weekend in black and white)

vendredi 11 mai 2012

S'abstraire

Le Gosier 2010
Voilà
c'est un lointain souvenir d'une journée d'errance. Dans l'implacable lumière où je tentais de poser un regard autre sur toute chose qui s'offrait à moi, il arrivait que la rassurante géométrie d'un jeu d'ombres et de couleurs retint mon attention. La nuit je pliais dépliais et repliais les images du jour glanées au hasard dans le désordre et la confusion où j'avais été jeté. Les aboiements des chiens dans la nuit lourde et poisseuse, le chant des coqs au petit matin ravivaient le sentiment de tristesse et de solitude qui ne me lâchait pas.

jeudi 10 mai 2012

Saveurs du soleil


Voilà,
les thés dont les saveurs sont associées au soleil et au retour des beaux jours. Façon de croire, en se raccrochant aux petits rituels intimes, à la permanence de certaines choses, même si les faits confirment que le chaos gagne de plus en plus et de toutes parts. Il est possible que ces menus plaisirs, deviennent eux aussi un luxe qu'il ne sera bientôt plus possible de s'offrir.

mardi 8 mai 2012

La foule

La foule


Voilà
ce soir de liesse où, moins par envie que par désœuvrement, Jérôme Grolleau était venu se mêler à la foule sans toutefois y trouver les amis qu'il était supposé rejoindre, un couple perdu de vue depuis longtemps et croisé là par hasard avait alors ravivé ce chagrin qui - c'était probable vu le peu qu'il lui restait à vivre - continuerait de l'accompagner jusqu'à la fin de ses jours

lundi 7 mai 2012

"Le changement c'est maintenant"

 Rue Suger, Paris 2012
Voilà,
juste espérer que notre nouveau président n'en est pas arrivé là juste pour prouver à son ex-femme qu'il était capable de réussir là où elle avait échoué

vendredi 4 mai 2012

Ce matin, de ma fenêtre


Voilà
le ciel de Paris plus doux que celui d'Alep. Le ciel indifférent, mais si apaisant après une nuit d'insomnie et de questions. Ces voix apeurées au téléphone, lointaines qui bégaient leur colère et leur effroi alors que la terreur autrefois envisagée comme possible se fait désormais de plus en plus probable, palpable... Un autre jour commence. Il faudra faire comme si de rien n'était, le passer avec des salariés qui attendent de moi des réponses que je ne suis pas toujours en mesure de leur donner... J'envie parfois leur capacité à supporter ce qu'ils endurent, et qui est pourtant sans commune mesure et bien douillet au regard des épreuves que traversent d'autres peuples. Sans doute sont ils mieux adaptés aux temps que nous vivons. Et puis l'illusion du confort de la stabilité, leur mois de vacances assuré, la nécessité de rembourser leur crédit et la croyance en la pérennité de ce monde et de ce système les rend peut-être à la fois plus robustes et plus aptes à accepter l'aliénation. Nous partageons brièvement un moment d'échange. Il me donnent à voir des choses d'eux qu'ils ne soupçonnent même pas et qui ont parfois la beauté et l'intensité d'une "petite étoile qui danse". Et puis chacun retourne à ses histoires. 
"Toutes ces vies... toutes ces vies" murmure Nina dans la douceur de la nuit. Les gens sérieux écoutent ce poème avec une condescendance amusée. Treplev voudrait devenir invisible, disparaître. Il sent bien qu'il n'a pas sa place dans ce monde parmi eux et qu'il ne la trouvera pas. Sans doute, est il de tous ces personnages de "La mouette" celui qui a le plus conscience des temps tourmentés où ils vont s'abîmer. Je crains souvent que nous ne soyons à leur image.

mardi 1 mai 2012

Revendication

Défilé du 1er Mai 2012 Bd St Michel
Voilà,
il n'y avait pas que des revendications collectives lors de ce 1er mai 2012. J'ai trouvé, à la fois drôle, touchant et d'une certaine façon, courageux ce jeune homme déplorant sa solitude en brandissant sa pancarte. Il m'a semblé tout droit sorti d'un dessin de Sempé. Un moment, je me suis demandé s'il ne jouait pas dans un film de fiction, si quelqu'un n'était pas en train de le filmer, mais je n'ai rien aperçu de tel pour confirmer cette hypothèse. Était il vraiment en quête d'amour ? Était-ce juste un gag, un pari ? Quoiqu'il en soit, le rose de son pull-over - mais c'est un point de vue de daltonien - m'a paru assez audacieux.

1er Mai, Bd St Michel, près de la Place de la Sorbonne
Il y avait aussi cette sculptrice de bulles. Toutes les promesses électorales n'ont probablement guère plus de consistance que ces dernières.  Mais elles ne prennent pas aussi bien la lumière. 

dimanche 29 avril 2012

Rassemblement de Bercy

Rassemblement socialiste à Bercy
Voilà,
toujours autant de mal à me mêler à la foule, à participer à sa liesse, à partager les enthousiasmes populaires, les espérances et les exaltations collectives. Toujours je me tiens en bordure, en lisière, circonspect voire méfiant. J'aimerais bien parfois, me départir de ce scepticisme qui relève moins d'un principe que de ma nature profonde. Mais c'est là probablement une des manifestations de mon inaptitude quasi-ontologique à croire. Quoiqu'il en soit, il m'est arrivé d'être ému ce jour là, par la foule, par sa générosité naïve. Si j'avais du mal à m'y intégrer tout-à-fait je pouvais cependant me reconnaître dans cette multitude. Pas le cas, en ce qui concerne ceux de l'autre bord, avec leur morgue, leur mépris de l'autre, et les relents nauséeux qu'exhalent de leur discours.

samedi 28 avril 2012

Chanter dans le vent glacé

Le commerce de l'eau
Voilà,
il pleut presque tous les jours depuis trois semaines. Quand il ne pleut pas, il fait froid, il y a du vent des nuages et le soleil est rare. Ça, la campagne électorale nauséabonde, les contrariétés de la vie quotidienne (celle entre autre ne plus pouvoir se chauffer), les perspectives guère réjouissantes engendrées par la crise financière et les désastres industriels et écologiques que l'on ne pourra plus dissimuler très longtemps, tout cela rend maussade et mélancolique. Pourtant j'entends un oiseau chanter au dehors. Comme s'il chantait obstinément envers et contre tout. Bien sûr je prête à ce volatile des intentions qu'il n'a probablement pas. Hier dans le bus, passant non loin de la rue Christine j'ai repensé à une certain moment sous une porte cochère et à ce mail reçu quelques heures après, avec en pièce jointe une chanson qu'alors je ne connaissais pas. C'était au temps des brioches tressées de la rue Caulaincourt. Maintenant voici venu celui des brioches stressantes du franprix du coin.
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jeudi 26 avril 2012

Triste anniversaire


Voilà,
26 ans après on en est encore là, avec un sarcophage en béton qui n'est toujours pas achevé, et le premier sarcophage qui fuit de toute part. Quant aux nouvelles de Fukushima elles ne sont guère plus rassurantes. On va doucement vers le pire, dans l'indifférence générale et l'aveuglement au désastre somme toute plus confortables qu'un changement de paradigme. Et comme ils sont toujours d'une actualité brûlante, les aphorismes de Cioran "Nous savons maintenant que nous galopons vers des horizons d'apoplexie, vers l'âge d'or de l'effroi. Si l'histoire avait un but, notre sort à nous autres qui n'avons rien accompli, comme il serait lamentable. Mais dans le non-sens général, nous dressons, roulures inefficaces, canailles fières d'avoir eu raison. Plus d'un signe annonce l'hégémonie du délire Nous voici maintenant à la fin des tristesses prudentes et des anomalies prévues".

mercredi 25 avril 2012

En lisant Frédéric Pajak

Le jardin devant la maison de Lestiou
Voilà
dans "L'humour" l'excellent livre de Frédéric Pajak et Yves Tenret consacré à Joyce sont évoqués dans les pages relatant la période parisienne de l'écrivain irlandais, André Spire, Ludmila Savitzky, John Rodker. Tout ces noms sont pour moi liés à Dominique, qui avait connu ces personnes dont elle parlait quelquefois. André Spire, poète aujourd'hui méconnu, quoique ma fille doive ces jours-ci apprendre un de ses poèmes à l'école, avait habité une maison à Avaray tout près de Lestiou dans le Loir et Cher où Dominique a été inhumée auprès de sa mère, voilà déjà deux mois. Je l'ai vue cette demeure d'Avaray, tout au bord de la Loire. Ce devait être autrefois un endroit merveilleux. Et puis, édifiée sur l'autre rive, la centrale nucléaire de St Laurent des eaux a transformé une vue bucolique en paysage industriel. Des lignes à hautes tension ont été tendues passant à proximité de cette maison où je suis allé avec Dominique rendre visite à Marie-Brunette la fille du poète, une de ses amies d'enfance. La mère de Dominique, Marianne était l'une des deux filles de Ludmilla Savitzky, (l'autre fut connue plus tard comme auteur, journaliste et même scénariste sous le nom de Nicole Vedrès). Ludmilla, en son temps très réputée dans le Paris litteraire de l'entre deux guerre, fut la traductrice de Joyce, Pound, TS Eliot, Virginia Woolf, Isherwood, mais aussi d'un certain John Rodker, sur lequel je reviendrai plus tard. Marianne donc épousa un héritier de la lignée Chautemps, un médecin dont elle eut deux enfants Dominique et Jean-Louis qui devint par la suite et demeure aujourd'hui encore un saxophoniste de Jazz réputé. Ce docteur Jacques (je crois) Chautemps (je l'appris bien des années plus tard) fut le médecin qui accompagna et tenta de soigner Roger Gilbert-Lecomte avant que de le faire hospitaliser à l'hopital Broussais, là même où quelques années auparavant était mort Paul Verlaine. Après son divorce elle épousa donc John Rodker. Je ne sais trop à quelle époque et sans doute était il plus âgé qu'elle. Elle n'eut pas d'enfant avec lui. John Rodker né en 1884 avait été au début du siècle membre d'un groupe d'écrivains et de peintres anglo-juifs réunis sous le nom de "Whitechapel boys". Il créa dans les années vingt, une maison d'éditon "Ovid press" qui publia entre autres Ezra Pound et T.S. Eliot. ainsi que des dessins et des reproductions de peintures du groupe Vorticiste, les futuristes anglais. Ses activités éditoriales le conduisirent à cette époque à de fréquents séjours à Paris. Il contribua à la deuxième édition de "Ulysse" de Joyce qui le tenait au nombre de ses amis. Il fut un de ceux qu'il appelait ses douze apôtres, qui participèrent à une apologie collective du work in Progress de Finnegan's Wake sous le titre "Our Exagmination round His Factification for Incamination of Work in Progress". Entre autres contributeurs il y avait Samuel Beckett et William Carlos Williams. Leur traductrice commune Ludmilla Savitzky avait prêté un appartement à Joyce et sa famille quand ils débarquèrent à Paris en 1920. C'est donc sa fille qu'il épousa bien des années plus tard. Dans les années trente Rodker créa the Imago Publishing Company et contribua avec l'aide d'Anna Freud à la traduction et à la publication des œuvres complètes de Freud en langue anglaise. Je me souviens que Dominique parlait avec beaucoup d'émotion de sa grand-mère Lud qui fut quelqu'un de très important pour elle. Pour en finir avec l'évocation de John Rodker, celui-ci avait, avec une certaine Sonia Cohen eu dans sa jeunesse une fille nommée Joan dont il ne s'occupa guère je crois. Lors d'un séjour à Londres, vraisemblablement en 74 ou 75 nous eûmes avec Agnès l'occasion de rencontrer cette dame, alors âgée d'une soixantaine d'années, qui nous fit un charmant accueil dans sa maison de Kensington. Elle nous invita même au théâtre à une représentation de "Travesties" de Tom Stoppard. C'est une curieuse coïncidence dans l'agencement de  tous ces souvenirs : la pièce raconte sur le mode comique la rencontre improbable à Zurich en 1917 de Joyce, Lénine et Tzara qui s'y trouvaient alors tous trois en exil.

Agnès et Dominique à Lestiou (Avril 1986)

mardi 24 avril 2012

Le Fenestron de la cuisine


Voilà
j'aimais particulièrement ce lieu. La petite cour au seuil de la maison. Le fenestron de la cuisine. La paisible harmonie de ce coin d'ombre et de fraîcheur où s'épanouissaient des plantes aromatiques.  J'y découvrais la simple beauté des choses, et cela rassurait celui qui n'avait grandi que dans la laideur et le mauvais goût prétentieux. On y prenait parfois l’apéritif, on y mangeait aussi de temps à autre. Souvent il y avait quelqu’un derrière la fenêtre, (parce que c’est là que se trouve l’évier) quelqu’un en train de laver la salade par exemple. J’ai passé beaucoup d’étés dans cette maison. C’était une maison de famille, une famille dont j’ai longtemps fait partie, et qui de cœur est toujours restée la mienne. Mais comme dit la chanson, et comme on le voit à la fin de E.T., la vie sépare ceux qui s’aiment. Parfois, tellement je me sentais chez moi, j'imaginais que nous aurions pu grandir ensemble tous les quatre avec L. et D. qui étaient comme des sœurs pour moi, et A. qui devint bien plus qu’une sœur. Je m'inventais une vie passée autre songeant aux jeux qui auraient pu être alors les nôtres... J’avais dix sept ans la première fois où je suis venu... Ce fut un merveilleux été, autant qu'un total changement de paradigme. Il y a eu ça dans ma vie, la joie solaire de cet été là. Et de nouveau je songe à Dominique qui avait accueilli tous ces jeunes gens turbulents, imprévisibles et parfois inconséquents que nous étions alors. Agnès, Laurence, Delphine, Pierre, Barbara et son chat Tibulle, Suzan, Anthony, ceux de passage Jérôme et Amélie... (linked with the weekend in black and white)

jeudi 19 avril 2012

Totale régression


Voilà
oui, totale régression lecture et petits gâteaux au lit
(mais de bonnes lectures, à déguster comme une gourmandise)
Faire le moins de miettes possible.

Publications les plus consultėes cette année