lundi 21 mai 2012

La poisse


Voilà,
qu'un aussi ridicule incident, touchant un os - quoi un os ! un misérable osselet qui a survécu à l'évolution on se demande encore pourquoi -, provoque autant de désagrément, suscite un tel embarras dans l'exécution de la moindre tâche quotidienne, rende périlleux ce qui est ordinairement banal, mobilise autant d'énergie afin de contrer la douleur, transforme en périple le moindre déplacement et réduise non seulement ma démarche à celle d'un grand invalide mais aussi certains importants projets à néant, voilà qui s'avère non seulement humiliant mais aussi grotesque et fatigant. Quand cela finira-t-il donc cette poisse, toute cette poisse ? Contraint donc, de rester toute la journée immobilisé, ce qui avec ce froid et cette pluie de Novembre au cœur du printemps rendrait la chose un peu plus supportable, ne serait-ce le mécanique rugissement des marteaux-piqueurs qui vacarment sans discontinuer en contrebas dans la rue. Et si mon sort demeure encore pour le moment plus enviable que celui des ouvriers qui les manipulent,  je me refuse cependant à rester coincé ici, dussé-je encore marcher comme un petit vieux et grimacer à chaque pas.

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