mardi 24 avril 2012

Le Fenestron de la cuisine


Voilà
j'aimais particulièrement ce lieu. La petite cour au seuil de la maison. Le fenestron de la cuisine. La paisible harmonie de ce coin d'ombre et de fraîcheur où s'épanouissaient des plantes aromatiques.  J'y découvrais la simple beauté des choses, et cela rassurait celui qui n'avait grandi que dans la laideur et le mauvais goût prétentieux. On y prenait parfois l’apéritif, on y mangeait aussi de temps à autre. Souvent il y avait quelqu’un derrière la fenêtre, (parce que c’est là que se trouve l’évier) quelqu’un en train de laver la salade par exemple. J’ai passé beaucoup d’étés dans cette maison. C’était une maison de famille, une famille dont j’ai longtemps fait partie, et qui de cœur est toujours restée la mienne. Mais comme dit la chanson, et comme on le voit à la fin de E.T., la vie sépare ceux qui s’aiment. Parfois, tellement je me sentais chez moi, j'imaginais que nous aurions pu grandir ensemble tous les quatre avec L. et D. qui étaient comme des sœurs pour moi, et A. qui devint bien plus qu’une sœur. Je m'inventais une vie passée autre songeant aux jeux qui auraient pu être alors les nôtres... J’avais dix sept ans la première fois où je suis venu... Ce fut un merveilleux été, autant qu'un total changement de paradigme. Il y a eu ça dans ma vie, la joie solaire de cet été là. Et de nouveau je songe à Dominique qui avait accueilli tous ces jeunes gens turbulents, imprévisibles et parfois inconséquents que nous étions alors. Agnès, Laurence, Delphine, Pierre, Barbara et son chat Tibulle, Suzan, Anthony, ceux de passage Jérôme et Amélie...

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