mardi 22 mars 2011

Patience dans l'usure

Here comes the sun king
Voilà
il se tient là et ne sait trop pourquoi un vague chagrin lui noue la gorge. Les beaux jours arrivent sans pour autant chasser cette indifférence aux événements qui le submerge depuis quelques temps, ni cette lassitude et cet accablement dont il ne peut se soulager. Il se voudrait pierre, caillou, sable ou poussière qu'importe, mais minéral cependant, taillé par l'artisan, jeté sur le chemin, poli par la marée ou dispersé au gré des vents, en tout cas épargné par la douleur et délivré de toute question. Face à la lumière il songe à tout ce qu'il lui faudrait quitter, s'il était un tant soit peu détaché des choses matérielles, à ce qu'il n'a pas su retenir, et aux endroits où de la sorte, il s'est abandonné à la douce caresse du soleil. Il cherche à retrouver cette sensation qu'il éprouvait autrefois en de semblables circonstances, sensation d'éternité et dont il peine à se souvenir, alors que chaque jour qui passe l'en rapproche un peu plus, et que la relative proximité de cette échéance à présent l'inquiète et le désole. 

lundi 21 mars 2011

Soleil soleil


Voilà
aujourd'hui, belle journée ensoleillée. Il paraît que c'est parti pour durer. Étrange printemps qui vient, dans ce pays désormais en guerre, démangé par le prurit du racisme et que ronge un populisme de bas étage. Loin encore, reléguée en quelques heures aux troisième rang dans les titres de l'actualité, la menace atomique demeure toujours. Latente. Mais dit un économiste ce soir à la radio, "la catastrophe qui s'est abattue sur le Japon est une aubaine car sa reconstruction à venir va favoriser la relance économique". Cynisme ou connerie ?
Cette longue déambulation au Jardin des Tuileries et sur les quai de Seine, le spectacle de ces corps s'abandonnant aux premiers rayons du soleil après un long hiver souvent gris et maussade,  la vision de ces amoureux plus très jeunes qui s'embrassent et  se caressent sur les bancs comme des adolescents qui se croient seuls au monde, le regard de la petite fille à l'arrêt du batobus jouant avec une peluche mécanique, et qui soudain s'arrête pour observer une personne promenée sur un fauteuil roulant, l'obstination du dompteur de bulles quai des arts,  la silhouette résignée de l'accordéoniste solitaire, et puis cette longue cordiale et imprévue conversation rue de Seine avec un belle inconnue, comment tout cela me parviendra-t-il dans quelques mois ou même d'ici quelques semaines ? Peut-être alors, rétrospectivement, m'étonnerai-je de cette disponibilité, de cette nonchalance, auxquelles les circonstances ne se prêtent guère et dont je suis de toute façon si peu coutumier. J'ai cependant fait ce que j'avais décidé aux premières heures du jour. Profiter de cette lumière, de cette douceur printanière, et me promener comme un étranger dans ma propre ville, comme si le reste ne me concernait plus. Écrivant cela, je pense à cette phrase de Kafka, dans son journal "2 Aout 1914, après-midi piscine". C'est peut-être aussi ça l'illustration de cette maxime qu'il s'était adressé. "Dans ton combat avec le monde, supplée le monde". Le monde a aussi tellement besoin de joies simples.

vendredi 18 mars 2011

Artima ou "Dans le passé même le futur était mieux "(karl valentin)

Invaders
Voilà
le géniteur, passionné de science-fiction avait conservé ces bandes dessinées idiotes achetées en 1959, 60. Sans doute les avait il lues alors,  c'est à dire au moment  où en Algérie,  en tant qu'engagé volontaire il était venu participer à des "opérations de maintien de l'ordre" comme on disait  en ce temps là.  Dans ces fascicules au format d'un cahier édités par une petite entreprise de Tourcoing, Artima, on trouvait des récits complets en noir et blanc.  Il y avait "Météor"  avec, dessinées par Raoul Giordan des histoires d'explorateurs intergalactiques, missionés par l'Organisation des Planètes Unies afin de civiliser d'autres populations vivant sur des astres lointains.  
A Biscarrosse, entre 1965 et 1969 livré à moi-même pendant que mes parents travaillaient, je profitais du jeudi pour me délecter des périples fertiles en aventures  de Spade, Texas, et de leur commandant à bord de la fusée "Space Girl", le capitaine Spencer qui avait une moustache lui, et un faux air d'Errol Flyn.  Je me rappelle ces grasses matinées dans l'abri tiède et douillet de mon lit. Je voyageais avec ces héros qui traversaient les espaces intersidéraux parce que les moteurs atomiques de leur astronef leur permettaient de franchir la vitesse de la lumière. Spencer était aussi docteur. « Vif, alerte, mais toujours pondéré, il pouvait résoudre un problème en un temps record, trouver un vaccin, en quatre cases, maîtriser une situation d'un claquement de doigts. Lorsqu'il débarquait avec ses compagnons sur une planète, il tentait de s'adresser en slanton, (la langue internationale de la galaxie) à des peuplades  avec lesquelles heureusement il était possible, la plupart du temps, communiquer par télépathie - et j'espérais alors qu'un jour, moi aussi je connaîtrais ce mode de communication -. Les noms étranges de ces aliens me fascinaient tout autant que leur apparence. Il y avaient les Vrocks de l'astéroïde inconnu Lambda, les géants de la planète Diriop naufragés sur un astre nommé Armen, les Nyctalopes de Guria esclaves des Héméralopes, les Chmocks au pouvoir magnétique qui les rend si redoutables, les Syrtiens aux prises avec les hommes-méduses, les narkys et les hommes singes tamias, les pieuvres cosmiques " très intelligentes " de la planète Jouvencia, que nos héros avaient fini par apprivoiser. C'était toujours des histoires néo-colonialistes où, ambassadeurs du progrès et de la civilisation, nos trois terriens à la morale irréprochable, venaient rétablir l'ordre et apporter les bienfaits que seule notre humanité était à même de dispenser. » (Jean-Pierre Dionnet)

Il y avait aussi "Aventures fictions" traduction d'un comic book américain  "Strange Adventures" dont les couvertures me fascinent encore aujourd'hui. Venus de l'espace des Envahisseurs malfaisants, souvent difformes et répugnants, mais capables aussi parfois de se dissimuler sous notre apparence tentaient d'asservir la population terrienne, toujours blanche et plutôt américaine. Je laisse encore Jean-Pierre Dionnet en parler : "De brèves histoires bâties autour d'une chute, apparemment très simples mais cependant jamais simplettes. Toujours la même trame : la Terre en péril, menacée par un ganymédien gazeux (et fou par surcroît) qui collectionne les planètes dans un globe de verre au-dessus de sa cheminée ou bien par un jupitérien débile qui pêche notre belle planète à la ligne ou la coupe en tranches ou l'attire avec un aimant géant. Mais, attention! Il y a chaque fois un brave petit gars bien-de-chez-nous qui trouve le truc et sauve la baraque! Derrière ce thème que de trésors d'invention, d'idées superbes, à peine esquissées (...) L 'efficacité visuelle du récit, de la mise en place, du découpage, du dessin, l'aisance dans la description de figures imaginaires : tout cela n'avait pas d'équivalent chez nous.".

Ces récits faisaient écho à l'épopée bien réelle de la conquête spatiale et de la course à la lune entre américains et soviétiques. Tous les trois quatre mois, une fusée était lancée, avec à son bord des hommes réalisant des exploits inédits et des prouesses qui pouvaient laisser supposer que oui, un jour peut-être pourrait-on vivre hors de cette terre, voyager dans des fusées, visiter la lune. Que des choses inouïes seraient possibles en l'an 2000.... Mais voilà l'an 2000 est arrivé, et finalement il ne s'est rien passé de bien spectaculaire. Les hommes ne voyagent plus dans l'espace, et la croyance dans l'avenir, s'est dissipée dans une ivresse du présent où l'on tente d'abolir l'idée du temps et les vertiges qu'elle engendre. Comme si on s'efforçait de ne plus penser au futur, dont on sait depuis Tchernobyl qu'il sera forcément radioactif. Et nul besoin non plus d'extraterrestres pour envisager la mort imminente de de l'humanité. L'espèce la plus intelligente de la planète est aussi la plus prédatrice....  La nature hostile, contre laquelle pendant des siècles, elle s'était battue, mais dont elle avait fait une alliée pour assurer sa survie, elle a voulu l'asservir. Et ce rêve prométhéen est devenu un cauchemar. Les puissances qu'elle a déchaînées, se retournent à présent contre l'Humanité. Et l'on peut  désormais affirmer avec certitude, que c'est bien l'instinct de destruction qui a pris le dessus sur toute autre forme d'intelligence. Le temps est probablement proche, où les vieux locataires de la planète que sont les insectes, pourront, en s'alimentant de tout ce que nous aurons laissé à leur disposition, continuer leurs mutations, sans risque d'être écrasés sous nos pas.

jeudi 17 mars 2011

Fukushima

Voilà
Il faut continuer de vivre non seulement avec toutes ces choses que nous avons conscience d'ignorer mais aussi avec toute celles qui nous demeurent inconnues, et dont nous n'avons même pas idée... Il y a tant de risques qu'on ne peut prévoir, tant d'éventualités que nous sommes incapables d'envisager, tant de conjonctions inimaginables, d'événements qui peuvent surgir par accident et rompre la cohérence que nous nous efforçons de donner au monde qui n'en a pas pour autant plus de sens.  Cependant, il y a aussi, tout ce qui est prévisible, envisageable et qu'on se refuse à considérer.

Un jour advient le désastre, ce désastre qui était prévu programmé, mais dont on s'efforçait obstinément de croire qu'il nous épargnerait. Et l'on sait que désormais ce désastre sera notre environnement. C'est dans ce désastre qu'il faudra continuer de vivre, d'aimer de pleurer, de rire aussi. Mais on ne veut pas s'y résigner tout à fait, il faut que l'idée fasse son chemin. Pourtant il est impossible de s'en échapper. Pas d'autre solution que de croire et faire confiance aveuglément. On vit intensément le présent parce qu'il n'est plus possible de faire autrement, tant le futur semble hypothéqué. Noyé sous le flot des informations contradictoires, on reste parce que c'est au cœur de la Catastrophe, s'efforce-t-on de croire, dans les entrailles du chaos, qu'on peut vraiment assigner une valeur à l'espoir. Il se pourrait que quelque chose d'autre arrive. Quelque chose à la mesure de ce qui nous a précipité dans ce désarroi. Pour nous en délivrer. Et quoiqu'il en soit, en dépit de tout, on se prend à espérer, à croire à l'insensé : an miracle.

mercredi 16 mars 2011

Geiger (1979)


Voilà
Toutes ces images qui me hantaient autrefois. 
Comme s'il s'agissait alors d'exorciser une trop probable catastrophe.

mardi 15 mars 2011

les beaux jours reviennent


Voilà
On reste là au soleil, on est amoureuse, le reste n'a plus d'importance. On a l'espérance avec soi, en dépit du monde tel qu'il va ou ne va pas. Un homme vous prend dans ses bras vous murmure des mots doux, vous embrasse dans le cou, et ce simple bonheur pourrait suffire à éloigner un temps les démons et les fantômes. On voudrait que cela dure toujours, mais il y a ces nouvelles de l'autre bout du monde, ces nouvelles atroces, qui jettent comme une ombre sur les premiers beaux jours....
première publication 15/3/2011 à 14:44)

samedi 12 mars 2011

Lost in translation


Voilà
l'Evénement est ce qui crée une rupture dans l'ordre de l'intelligible. Même lorsqu'il est prévisible, l'Evénement advient comme quelque chose qui tout à coup réfute le Réel, notre construction de pensée, qui est faite aussi de leurres, d'illusions de croyances qu'on oppose à la probabilité des faits. Pour vivre, on a besoin de se mentir, du moins par omission. On préfère se penser immortel, plutôt que d'accepter la précarité de notre condition et la mort certaine qui peut surgir à n'importe quel instant. Alors on se convainc que cette mort est forcément lointaine.  On mise sur l'hypothèse optimiste.  Par exemple on fume on sait que c'est dangereux, mais on le fait tout de même, parce que la satisfaction immédiate de notre plaisir, mise sur l'espoir que sûrement d'ici là on aura trouvé une solution au problème du cancer.  C'est exactement ce qui se passe avec le Nucléaire. On sait que c'est dangereux, que le problème des déchets se posera forcément à terme, qu'un tremblement de terre peut avoir raison de ces fiers édifices, mais on s'obstine néanmoins à construire des centrales sur des failles, en espérant que la catastrophe adviendra plus tard, dans bien longtemps, après qu'on ait trouvé d'hypothétiques solutions aux problèmes bien réels qui se posent dès à présent. Mais voilà, un jour c'est là, c'est bien là. Et ce qu'on s'était toujours obstiné à refouler, il faut bien tout à coup le considérer objectivement ; comme un fait. On se souvient soudain que c'est déjà arrivé. Mais ce n'était pas nous. Ce n'est pas arrivé à des gens comme nous. On s'était alors imaginé, que si ça leur était arrivé aux autres, c'est parce que leur organisation sociale, le désordre et la confusion générés par ce type d'organisation était la cause de cette catastrophe. Tchernobyl n'était pas une catastrophe écologique, c'était un dysfonctionnement du communisme. On se souvient qu'on n'avait pas voulu voir, qu'on préférait l'aveuglement à la lucidité, et que ceux qui étaient lucides on les traitait de pessimistes et d'oiseaux de mauvais augure. Mais maintenant on ne regarde plus le ciel ; les oiseaux ne passent plus. On regarde la télévision où repassent en boucle, les images d'un réacteur qui explose. Un nouveau mot va enrichir notre vocabulaire commun. Fukushima, qu'on ne connaissait pas, va rejoindre le patrimoine universel des grandes catastrophes. On n'aura pas tout perdu dans l'affaire.

vendredi 11 mars 2011

Fillette, Londres


Voilà
parce que j’étais très troublé par cette poupée aussi grande qu’elle et dont l’habit suggérait un uniforme de déporté, j’ai demandé à la fillette si je pouvais la photographier. Évidemment les conditions de l’observation peuvent parfois modifier la nature du sujet observé, et aussitôt elle a pris la pose. Peut-être s’est elle sentie contrainte, obligée de répondre à ma demande. Qui sait si dans ce visage qui me scrute encore à présent il n’y a pas de l’effroi, du reproche. 
Je garde de ce séjour, le souvenir de longues déambulations dans les quartiers les plus excentrés de Londres. La plupart des magasins étaient fermés, abandonnés. C’était un temps de crise, la misère menaçait certaines franges des classes moyennes. Une atmosphère morne, maussade se répandait un peu partout. La nuit dans la rue, ce qu’on n'appelait pas encore des SDF s’assemblaient sur les bouches d’aération pour y dormir. C’était l’époque des premiers punks, du no future, on sentait qu'un changement était dans l'air, mais chez les copains qui m'hébergeaient on écoutait plutôt Van der Graaf Generator (on était même allé les voir en concert dans une école d'art) ou Renaissance. Quant à moi j'avais vingt ans je ne savais pas trop quelle orientation donner à ma vie. Toujours est-il que Didier F. que je connaissais depuis peu, m’avait chargé de lui ramener une cellule Shure pour sa chaîne HiFi car c’était alors beaucoup moins cher en Angleterre. (shared with the weekend in black and white)

mardi 8 mars 2011

Le Début d'une Histoire


Voilà
ils se sont donnés rendez-vous là, en début d'après midi (c'est elle qui a choisi l'endroit) ils ont pris un verre ou un café. Ensuite  plutôt que d'aller à l'expo comme ils l'avaient initialement prévu, ils vont passer l'après-midi à marcher dans les rues de Paris, depuis les Halles jusqu'à République et le quai de Valmy. Ils ne se sont rencontrés qu'une ou deux fois auparavant, et un mois s'est écoulé depuis leur précédente rencontre. Mais entretemps, de nombreux mails ont été échangés qui laissent supposer qu'ils sont loin d'être indifférents l'un à l'autre. Puis ils font une longue halte dans un restaurant  au bord du canal, où il vont manger. C'est là qu'il se décide à lui dire ce qu'il ressent pour elle, cette attirance confuse. Timidement il  prend un instant sa main. Il se sent aussitôt un peu ridicule et embarrassé de tant d'audace. Cela fait longtemps qu'une telle chose ne lui est pas arrivée. Peut-être est ce prématuré. Il la sent réticente, et n'insiste pas. Alors ils continuent de se parler. Ils ne voient pas le temps passer,  ils ressortent, elle lui propose de marcher encore, elle dit qu'elle aime ça marcher, lui aussi il aime. Ils retournent vers la rive gauche où, après s'être longtemps attablés pour un dernier verre dans un café rue Mazarine, ils finissent par se séparer tard, devant l'église St Germain des Près, celle où, lui dit-elle, sa sœur a fait un très beau mariage.... C'est alors qu'elle l'embrasse... Ils s'embrassent un certain temps... Elle lui dit je ne te sens pas avec moi... Comment peut elle dire cela ? Pourquoi dit elle cela ? Il est bien là, il est bien, avec elle.  Pourquoi dit-elle cela ? Il a un peu peur. Quelque chose de vraiment étrange est en train d'arriver.... Un grand désordre se prépare. Il se prend déjà à espérer et croire à des choses impossibles, mais il ne sait pas encore ce qu'elle a en tête.... Longtemps il vont rester proches.... Et parfois il lui semble que s'engager en elle c'est avancer dans le futur ....Mais comme dit la chanson, la vie sépare ceux qui s'aiment....

dimanche 6 mars 2011

Un vacillement bref


Voilà
c'est un vacillement bref, puis un accablement furtif, à quoi succède une douce confusion. La pièce semble soudain ne plus correspondre à l'idée qu'il s'en faisait quelques secondes auparavant. Plus rien n'est en perspective. Marcher à tâtons vers la fenêtre, voilà l'objectif, mais les quelques mètres qui l'en séparent, lui semblent incroyablement longs autant qu'incertains. S'en tenir à la stupeur, ne pas céder à l'effroi. Étendre la main vers le dossier de la chaise, s'appuyer sur le rebord de la table, retrouver de l'épaisseur, de la densité malgré le tremblement des jambes qui rend incongrue toute tentative supplémentaire de déplacement. Ne pas laisser se former en soi l'image d'un oursin qui grossit dans la gorge jusqu'à atteindre le volume d'un poing serré, respirer calmement, convoquer une histoire drôle, une anecdote absurde un sketch stupide vu sur you tube ah oui tiens le congrès des phobiques anonymes c'est très bien ça bonne idée, adopter une attitude résolument positive et comme dit le formateur du stage "4322 entretiens difficiles" recommandé par la direction pour le cursus cadre, être assertif, jouer cartes sur table, se libérer d'une croyance dépréciative (pas question de céder à la panique comme la dernière fois) dire gentiment mais fermement "non" sans se sentir coupable, désamorcer le conflit. "Non l'Angoisse  toi qui tentes de m'ét(r)eindre, tu ne m'auras pas, vois-tu, je ne suis pas d'accord". Affirmer clairement sereinement sa position sans agressivité ni soumission ni ironie comme c'est écrit dans le fascicule, s'en tenir aux faits rien qu'aux faits, sortir de son système de référence, ne pas se laisser submerger par l'émotion, oui voilà putain ça passe, ça passe, mais c'est quoi là  ce bourdonnement dans l'oreille ?

mardi 1 mars 2011

Le Diable



Voilà
hier, au théâtre du Rond Point, projection du film d'Olivier Meyrou, "l'avocat du diable", en présence de Richard Delgenes avocat commis d'office pour défendre Monique Ollier la compagne de Fourniret, violeur et tueur en série. L'effroi suscité par ces pages écrites de la main de Fourniret d'une calligraphie précise, propre, élégante même. Phrases concises, claires, où il détaille par le menu ses crimes. Ou bien, billets glissés pendant l'audience dans lesquels il demande des piles pour son transistor, alors qu'un avocat de la partie civile parle de l'une des jeunes filles violées. Evocation aussi des familles des victimes. Où l'on apprend que certains pères de familles avaient eux même eu des relations incestueuses avec leur filles. Autre anecdote encore : à un des parents de victime qui s'est adressé à lui de façon véhémente, Fourniret ne répond pas immédiatement. Mais plus tard, s'adressant à lui il dit "Monsieur pour votre fille vous pouvez imaginer le pire".
Souvent, me promenant dans la rue, je me demande combien de détraqués, de pervers, de violeurs de types qui battent leur femmes, de meurtriers en puissance ou en acte on peut croiser sans même savoir ....  Je n'ignore pas non plus qu'un tortionnaire peut aussi faire de la broderie.

lundi 28 février 2011

Catalogue Dinky Toys


Voilà
il ne comprend pas. Se lever le matin devient pénible, difficile presque. Il lui faut s'appuyer, procéder avec lenteur, prudence. Veiller à maintenir l'équilibre. Des douleurs nouvelles et incompréhensibles sont apparues. C'est arrivé sournoisement sans qu'il y ait prêté garde. Il ne se reconnaît plus. S'étonne se questionne. Cet invisible ennemi a-t-il un nom ? Est ce une maladie ? Cela n'aura-t-il qu'un temps ou bien certaines forces commenceraient elles vraiment à prendre congé? Il faut se résoudre donc, acquiescer si ce n'est à la dégradation, du moins au déclin. Pourtant il est encore là l'enfant qui rêvait autrefois sur les catalogues Dinky Toys. Le semi-remorque argenté, il joue encore avec, la nuit, dans un autre corps une autre époque. La Caravelle et la Panhard traversent des paysages qui n'existent plus, des paysages où la circulation était rare, mais qui le hantent parfois la nuit, évocateurs d'une paix désirée qui n'a jamais eu lieu.  Il peut encore ressentir le plaisir tactile qu'il éprouvait alors à manipuler ces jouets ; l'odeur de la caisse en bois où il les entreposait, son cerveau peut la lui restituer avec une effarante précision. Benoît Moristel a tous les âges de sa vie, mais le corps à présent ne sait plus trop bien articuler ces années vécues. Il ne se sent pas vieux,  non, juste encombré. Trop d'histoires confuses entendues sans qu'il fut alors capable de les appréhender, de choses vues qu'un trop jeune regard n'était en mesure de supporter. Très vite il a su que toute la beauté du monde jamais ne pourrait suffire à cacher la laideur et la cruauté des hommes. Et pourtant il s'accroche. Tiens bon la rampe bonhomme, le pire est à venir.

dimanche 27 février 2011

Station St Germain

 
Voilà
devant le distributeur automatique de confiseries de boissons et de junk food de la station St Germain des Près, un homme a disposé par terre avec soin sur un carré de tissu, des fruits exotiques et un vase contenant une rose. Je crois deviner de sa part le désir affirmé de "présenter", au sens de faire un présent, une offrande. Peut-être cela est il du à l'environnement puisqu'ici la poésie nous est offerte tout le long du quai dans des vitrines où le voyageur, en attendant l'arrivée de sa rame, peut y découvrir des recueils de poèmes du monde entier. On sent là une tentative d'harmonie, un effort de goût une envie de manifester quelque chose qui serait comme l'expression d'un art de (sur)vivre.  Une petite barquette en plastique nous invite à déposer quelques pièces non seulement pour son besoin et peut-être aussi - mais là je m'abandonne au démon de l'interprétation - pour récompenser cette volonté de ne pas rompre l'équilibre "écologique" ni le standing de cette station. Sortant de la librairie "la Hune" où pendant une bonne heure j'ai erré à travers les rayonnages,  effrayé  par le nombre d'ouvrages que je ne lirai jamais, mais aussi par le constat résigné de ma propre solitude, me voilà soudain saisi par la vision d'une détresse sans commune mesure avec la mienne. Est ce pour m'exonérer de cet auto-apitoiement, pour m'acquitter de cette photo, où pour une toute autre et informulable raison que j'ai versé mon obole à l'homme endormi sur son banc ? Sur le chemin du retour, alors que je songeais à tout autre chose m'est revenue cette phrase  (d'une chanson  ?) "At  least it can't be said in every dream home a nightmare... »
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mardi 22 février 2011

Dans ma tasse


Voilà,
je ne prenais alors des images que dans le simple but de les partager avec celle auprès de qui je ne pouvais être. Je voulais qu'elle puisse voir ce qui passait par mon regard. Nous vivions alors sous les mêmes latitudes, et rêvions de donner forme humaine un jour peut-être à ce qui nous liait. Mais l'un et l'autre étions pareillement désarmés devant la complexité des choses, et sans doute peu disposés à succomber à leur tyrannie. C'était le temps de tous les possibles. Mais il y avait aussi cette entreprise qu'elle menait alors et qui, à ce jour, n'a pas encore abouti, et dont je me demande parfois si elle n'a d'autre raison d'être que celle de la retrancher du monde. Les années passent, elle avance agençant ses idées en un texte qui prend des dimensions monstrueuses – et c'est comme polir une même statue, sans jamais la montrer. Mais ce travail donne un sens à son existence. Elle a assigné un lieu à sa pensée, donné un cadre à son errance. Où qu'elle aille, elle voyage avec la même idée. Elle vit loin désormais. Je me souviens que parfois, lorsqu'un désaccord surgissait entre nous, elle s'exclamait "tu penses que je suis folle ?". Je ne comprenais pas. Jamais cette idée ne m'avait traversé. Mais je crois qu'un autre le lui avait dit autrefois. Et peut-être un temps, avait-elle réellement pensé qu'il avait raison. Est-ce pour cela qu'elle s'enferme en elle-même ? Elle rêve de grand large. elle est partie loin. Elle vit à présent sur une île où peu de gens lui ressemblent. Mais lorsqu'il nous arrive de converser, au téléphone il me semble, qu'en dépit de l'endroit non pas où elle se trouve mais où elle se cherche encore, le souci demeure toujours le même. Comment finir ce projet, dont sans doute au fur et à mesure qu'elle le développe, elle réalise à quel point il devient insensé.  Parce qu'il prend trop de place.  Parce qu'elle ne pourra jamais y mettre tout son être, toute sa complexité. Parce qu'il l'isole du monde. Parce qu'elle se perd en lui et qu'il occulte bien des rêves et l'éloigne en même temps de la réalité. (Linked with weekend reflections - T stands for tuesday

lundi 21 février 2011

Encore une histoire de tatouage

Voilà
le tatouage était généralement au poignet :  un moineau portant au bec une cerise. Par ce signe inscrit sur la chair de sa femme, le marin parti en mer faisait passer un message aux hommes restés à terre : elle était mariée (qui plus est à un marin) et mieux valait ne pas s'en approcher. Le Gilbert,  lui, la mer c'était pas vraiment son truc il était plutôt du genre marcheur. D'ailleurs il avait fait son armée dans les chasseurs alpins, Il faisait partie de ceux qui ont fait leur armée. Et surtout des connards qui en parlent avec nostalgie. Pour ma part ayant passé les seize première années de ma vie trimballé dans les casernes  par un géniteur sous-off, et une génitrice élevée sous les glorieux étendards de la coloniale, plus militariste encore que son époux de guerrier, et fermement convaincue de la mission civilisatrice de l'armée française, la camaraderie troufionnesque, les concours de branlette dans les chambrées, les joies des grandes manœuvres, le prestige de l'uniforme, toutes ces conneries on ne peut pas dire que ça ait particulièrement suscité mon enthousiasme. D'ailleurs le service je ne l'ai pas fait mais c'est une autre histoire. Gilbert, donc. Je me suis toujours demandé comment avec sa tronche et l'indigence de sa conversation il pouvait séduire autant les femmes. J'ai beau savoir que ce n'est pas là l'essentiel de l'affaire, cette histoire m'a toujours laissé perplexe. Les femmes il avait un certain ascendant dessus , ça oui. Il pouvait même les rendre folles à ce qu'on m'a raconté. Est ce pour ça que la mère de ses enfants d'ailleurs, a fini à la cabane bambou, chez les dingues gorgée de neuroleptiques, ou est ce qu'elle avait des prédispositions pour ça ? Cela dit, on ne doit pas vraiment fréquenter les mêmes, mais là n'est pas la question. Ce qui m'étonne encore le plus à ce jour c'est son instinct de propriété, si puissant, qu'il parvient à convaincre les  femmes qui lui succombent de se faire tatouer son propre nom sur leur corps. J'ai une amie d'enfance comme ça qui l'a fait. Elle avait des livres de Ronald Laing dans sa bibliothèque, passé quelques années sur un divan à réfléchir sur les nœuds familiaux complexes qui entravaient son devenir, elles pouvait parler des heures sur Gilles Clément le paysagiste, enfin elle ne me paraissait pas stupide, et bien elle a "Gilbert" tatoué entre ses omoplates. c'est dingue non ? Le tatouage d'accord pourquoi pas, mais pas dans le genre plaque d'immatriculation. Ça rappelle de mauvais souvenirs. Tant qu'à faire, on veut du style. Elle par exemple:




Je ne la connais pas. Une polonaise je crois. Je ne me souviens même plus de son petit nom. On a du échanger quelques mots, pas plus... Elle suivait un cours "Programmer dans un environnement client/serveur DOM-AJAX-PHP". Elle avait l'air plus douée que moi. Un jour j'ai remarqué son tatouage. J'ai mis l'Iphone sur silencieux, et hop, ni vu ni connu dans la boîte. Ce qui me plaît là-dedans, c'est l'écotone, l'effet de lisière suscité  par le tatouage qui relie doucement  deux milieux séparés et unis à la fois et vous guide d'une zone extime (le dos les reins) à une zone plus intime, privée... A part ça, j'aime aussi le format polaroïd SX 70. J'adorais ça dans les années 80...

dimanche 20 février 2011

Exposition




Voilà
à l'exposition "Peur sur la ville", un jeune type  - c'est du moins c'est ce que je suppose au timbre de sa voix, et malgré sa calvitie - demande à la femme d'une quarantaine d'années qu'il accompagne,  ce que c'est que l'OAS. Comme elle n'en sait rien, son regard se tourne  alors vers moi et, tout de même surpris par cette ignorance, je me permets de l'informer. Seulement voilà, en même temps que je parle, je me fais vraiment l'impression d'être d'une autre époque. Pourtant ce n'est pas si loin tout ça. Ces idées sont encore bien présentes dans le sud, en Languedoc, en Provence par exemple ; la haine de certains français vis à vis des maghrébins, elle sort de là... Il me remercie de mes explications puis, avant de prendre congé me fait remarquer que je ressemble à Albert Dupontel. Je trouve ça plutôt flatteur. D'habitude c'est Bigard.

mercredi 9 février 2011

Les Folles

Djelfa, place du marché (1983)

Voilà
parfois des silhouettes plus ou moins voilées, ou des corps enguenillés traversaient la place en poussant des cris stridents, se tapant la tête ou se frappant la poitrine. Il arrivait aussi qu'elles se déplacent par petits groupes de trois ou quatre criant de concert. Il demandait alors à sa mère ce qui était arrivé à ces femmes, pourquoi elles hurlaient de la sorte. Ce sont des folles, lui répondait elle laconiquement. Des folles.... Les folles.... Folle, avant d'être un adjectif avait d'abord été pour lui un nom commun désignant une déploration déchirante et gesticulante, un corps caché dissimulé sous des tissus et qui, de façon imprévisible s'avance dans le désordre de la douleur, éructant une langue rauque pour invectiver le ciel et aussi tout ce qui vient à sa rencontre et capable, du moins le craignait-il alors, de bondir et brutaliser l'enfant qu'il était. Il y avait quelque chose d'effrayant dans cette puissance désespérée — chagrin et colère mêlés — qui lacérait le silence intérieur où, quelle que fut l'heure du jour, il avait coutume de se réfugier lorsque la réalité lui semblait par trop incompréhensible, et qu'il croyait de la sorte tenir à distance le danger toujours présent. C'était la violente incarnation du malheur qui s'approchait comme une menace. Un malheur dont il ignorait la cause mais qui le prenait aussi à témoin, sans qu'il ne sache pourquoi, et qui parfois malgré la distance, paraissait le toucher. Il y avait sans doute du vrai dans cette impression car il sentait aussitôt la main de sa mère se crisper sur la sienne, et comme s'il s'agissait de s'arracher à l'envoûtement possible qu'elle aussi peut-être redoutait, elle l'entraînait précipitant le pas. Folles mais qu'est ce que cela voulait dire ?  Naissait-on comme ça ? Cela n'arrivait-il qu'aux femmes ? Y avait-il un lien avec ce qui se passait ici ?   Était-ce dû à la rudesse du climat à quelque chose qu'on attrapait dans l'air ? En rapport avec l'odeur des gens d'ici ? La nourriture ? Ce n'est que bien des années plus tard qu'il envisagea que peut-être elles avaient perdu un fils un frère un mari, tué par les français, et que là précisément, dans cette souffrance se trouvait la cause possible sinon probable de leur errance.
première publication 9/2/2011 à 13:11

lundi 7 février 2011

Sillages


Voilà
dans la froide clarté du matin les avions traversent le ciel pur, laissant dans leur sillage de longues trainées orangées, qui, plus tard, s'éparpilleront en vagues nuages avant de se dissiper dans l'azur. C'est un émerveillement très enfantin qui me fait saisir cet instant, comme autrefois lorsque, allongé sur la plage, je me tournais vers le ciel, plein d'étonnement pour le spectacle des ces lignes devenant peu à peu étendues. A présent, c'est une sorte de gratitude qui me fait lever les yeux. En dépit des chagrins passés des douleurs présentes et de la fatigue que le corps ne parvient à comprendre, je suis content d'être ici, d'être au monde d'avoir jusqu'à présent vécu ce que j'ai vécu. D'ici quelques semaines je retrouverai peut-être le plaisir de travailler tôt dans le salon baigné de lumière. C'est encore l'hiver mais une journée ensoleillée s'annonce, et qui sait? un printemps précoce. Les jours rallongent, il me semble que l'avenir à nouveau se déploie devant moi.  Je me surprends à espérer,  à croire même en des jours meilleurs. Mais aussitôt je ne puis m'empêcher de redouter que ce bref instant d'optimisme ne se retourne contre moi. (Linked with skywatch friday)

dimanche 6 février 2011

Hommage à Frank Horvat

On n'entendait qu'eux
Voilà
c'était un temps heureux, mon premier séjour à New York, qui était exactement comme dans le film "Recherche Suzanne désespérément", l'année où l'on a joué "Rêves de Kafka" au Pepsico Summerfare Festival. On trouvait alors que "L'ère du vide" de Gille Lipovetski était un livre représentatif de notre époque. Je me souviens de cette phrase : "Le narcissisme est un nouveau stade de l’individualisme au moment où le capitalisme autoritaire cède le pas à un capitalisme hédoniste et permissif. Il inaugure la postmodernité, l’ultime phase de l’homo aequalis." Un quart de siècle après, ça laisse songeur... (Linked with the weekend in black and white)

samedi 5 février 2011

Beach resort


Voilà
même dans la plus grande détresse ils faisaient encore preuve de cynisme. Le monde les avait abandonnés, ils trouvaient cela injuste. Un temps ils avaient cru que tout était possible, les drogues, les femmes les hommes, l'argent flambé, le jeu, les plaisirs extrêmes, les nuits speedball au Palace, les seringues partagées sur des plateaux d'argent, c'était ça la vie intense avec la sensation vague que l'Empire s'écroulait doucement, et que tout était permis qu'il y avait quand même le temps de jouir d'une vie qui n'exigeait pas de postérité à quoi bon et puis l'effroi avait fait sa soudaine irruption dans leur existence, et certains fortunés dans leur infortune s'étaient dits que quitte à crever mieux valait le faire au soleil, alors ils étaient partis très vite sachant que le temps leur était désormais compté. Tant qu'ils pourraient ils continueraient de baiser  - car n'est ce pas la seule activité qui nous délivre de la pensée du néant ? - et ils ne s'en privaient pas contaminant sans scrupule de très jeunes garçons, des filles à peine pubères qu'ils payaient parfois, ce n'était plus leur problème puisque désormais songeaient-ils un grand temps de peste était revenu et qu'ils savaient eux que tout se paye en monnaie  de singe... Mais la bête était vorace et pressée avançant sans discernement. Bientôt l'on vit errer sur les plages paradisiaques de Boracay, Bali Goa, et tant d'autres, des corps décharnés, couverts de tâches, que l'on retrouvait parfois inertes et sans vie au pied d'un palmier, ou dans la chaleur moîte d'un bungalow comme ces baleines et ces dauphins qui viennent s'échouer parfois sur le rivage....

jeudi 3 février 2011

Une ombre sur un paysage de Provence


Voilà
c'est l'ombre d'un homme qui voyage. Elle se reflète sur la vitre du wagon qui le transporte et se fond dans le paysage qu'il traverse sans même y prêter attention. Tout au long du trajet,  son regard se tourne exclusivement vers les nombreux journaux qu'il consulte. Il semble vraiment lire intégralement chacun d'entre eux. Pourtant dehors la lumière est belle, c'est autre chose décembre dans le sud. Sa concentration toutefois me fascine. J'aimerais bien lui demander quel est son métier ou son activité, mais je n'ose pas. (Je me souviens avoir pris avec mon téléphone, un cliché relativement semblable à celui-ci, et l'avoir envoyé par MMS à une certaine personne, afin de lui offrir dans l'instant un regard sur ce présent où je l'aurais souhaitée proche, tout contre moi) 

mardi 1 février 2011

De l'inconvénients de certains concepts

Voilà
un philosophe ce matin à la radio dit "les pessimistes post-modernes voient un monde liquéfié, les optimistes post-modernes un monde déterritorialisé". Les Africains qui pour fuir la misère, se noient après s'être entassés sur une embarcation de fortune sont ils des optimistes forcenés ou d'incurables pessimistes? Et d'abord, sont ils vraiment post-modernes ?

lundi 31 janvier 2011

Un dessin retrouvé


Voilà
en classant des photos, je retrouve un dessin au feutre datant de 2007. C'est une peinture de Gauguin que ma fille a reproduite. Elle dessinait beaucoup à l'époque, elle ne le fait presque plus aujourd'hui et je le regrette un peu, mais elle a tant d'autres choses à apprendre et découvrir. Elle occupait le salon, où ses feuilles et ses crayons étaient éparpillés au sol. J'aimais la regarder travailler, voir apparaître le motif sur la feuille.... C'était un temps  d'apparitions et d'étonnements.... Pour elle bien sûr, mais pour moi surtout... J'aimais l'intensité de cette époque que je n'arrive pas à retrouver ces temps-ci...

mardi 25 janvier 2011

Carquefou

 
Voilà
un de ces lieux impersonnels où l'on peut tout à coup se sentir terriblement seul et démuni. Trente balles de taxi depuis la gare de Nantes, pour arriver à Carquefou dans un hôtel en travaux, qui sent l'enduit et la peinture et dont les couloirs recouverts de bâches en plastique ne sont pas très accueillants. La chambre est conforme  au standard idéal conçu pour ce genre d'endroit : des murs blancs légèrement crépis, une large fenêtre donnant sur un paysage de zone commerciale, un écran plat de télévision, un lit vaste et même un canapé. Sinon les inévitables bouches d'aération et la penderie  à l'entrée où je n'accrocherai rien. Le restaurant abominablement triste, avec ses murs verdâtres décorés de photos de bananes, cerises et fraises géantes qui dans ce contexte en deviennent presque effrayantes, exsude une impression de lassitude et de morosité que confirme le pas nonchalant des garçons de salle et leur peu d'empressement à passer les commandes. Ils ont néanmoins l'œil goguenard car non loin de moi dîne un couple de belges d'une cinquantaine d'années qui semble beaucoup les amuser. Lui, en s'alimentant, consulte son ordinateur, sans vraiment regarder sa femme qui, parce que son mari ne l'écoute même pas, interpelle de temps à autre le serveur pour formuler ses appréciations sur la qualité du plat qu'elle consomme ou du liquide qu'elle ingurgite. J'essaie de vivre ce moment comme une expérience, mais la médiocrité de mon repas, en constitue déjà une que mon estomac pourrait bien me reprocher d'ici quelques heures. J'essaie de trouver du réconfort dans cette pensée de Jules Renard :  "la vie est courte écrivait-il mais l'ennui l'allonge cependant et aucune vie n'est assez courte pour que l'ennui n'y trouve sa place.

lundi 24 janvier 2011

Transaction

Voilà
il ne comprend toujours pas l'intérêt ni le sens de cette transaction. Ni pourquoi il a été convié à y assister. Sa présence a été en quelque sorte requise, mais toute suggestion d'aide ou de solution qu'il avait pu préalablement proposer,  s'est heurtée à un aimable mais ferme refus. Il lui semble que tout s'est fait dans la précipitation et avec une certaine incohérence. Comme si, plutôt que de réfléchir au problème il s'était agi de s'en débarrasser au plus vite. Là de ce point de vue c'est assez réussi ça n'a pas duré plus d'un quart d'heure. 
Jean-Louis Meunier a l'impression vague qu'il y a eu plus de perte que de gain dans cette opération. Des chiffres ont été avancés bon les chiffres ce n'est pas vraiment son affaire mais tout de même. Il voit les litiges qui ne tarderont pas à se profiler. Certains nomment pessimisme, ce que lui appelle plutôt lucidité inutile de revenir sur cette affaire.
Plus tard dans la rue, incapable de dissiper son malaise il n'ose regarder l'ami qui lui a demandé de l'accompagner. Lui si clairvoyant parfois sur les problèmes des autres ne s'aveugle-t-il pas sur les siens propres ?
Une peine indéfinissable le submerge. Il fait froid, le ciel est bas. Après tout à lui aussi il est arrivé d'être inconséquent persuadé cependant que son intuition était juste. Mais bon, son ami a tout à la fois le privilège de la jeunesse et celui des héritiers ; le monde lui appartient.
Il souhaiterait juste que cet ami lui accorde un peu d'attention et le serre dans ses bras. Mais l'ami, celui là même qui lui avait fait une fois reproché d'être trop souvent dans la plainte, dit qu'il se sent faible et fatigué, et demande que l'on ralentisse le pas. Alors il ralentit le pas, lui aussi. Un douloureux secret le ronge mais qu'importe. il ne peut se débarrasser de cette peur. il voudrait que quelqu'un l'entende, mais il n'y a personne. C'est étrange, d'ici peu le monde continuera sans lui, il ne sera plus là, le monde existera, mais plus lui, des gens peut-être parleront de lui, diront des mots qu'il a prononcés, mais lui sera cendre ou pourriture il n'a pas décidé, il ne marchera plus sur ce parquet, n'allumera plus la lumière, ne redisposera plus les coussins sur le divan, ne saisira plus les livres dans la bibliothèque, et l'ami qui se sent aujourd'hui fatigué, marchera vers son avenir... Mais se souviendra-t-il des jours autrefois partagés, avec autant d'intensité que celle qui le saisit aujourd'hui ?



jeudi 20 janvier 2011

Des trains des avions

Voilà
des trains se croisent dans la nuit à toute vitesse, des avions aussi. A l'intérieur, les corps ont pour la plupart la même posture. Inconfortablement assis on tente de trouver une parade à ce confinement subi qu'impose le voyage banalisé. Certains essayent de dormir mais ce n'est jamais la bonne position. D'autres se concentrent sur leur travail, le regard rivé à l'écran pendant que les doigts affolent le clavier. On peut aussi épouiller son ennui avec les nouvelles du jour... Ou bien le regard vague, écouteurs sur les oreilles, se laisser glisser dans la rêverie et les souvenirs que charrient les refrains. Le front appuyé au hublot ou a la vitre il arrive aussi que le regard se dilue dans le paysage, s'émerveille d'un moelleux tapis de nuages dont on voudrait tant croire encore que là est la demeure des anges... Toutes ces vies en transit dans des habitacles pressurisés, toujours plus affairées à combler ce rien qui, avec ses accumulations de codes de chiffres de signes inutiles et d'informations déjà obsolètes, palpite entre ses deux néants. Un rien si précieux cependant auquel un simple regard un geste attentif une voix oubliée qui ressurgit, une lettre qu'on n'attendait plus peuvent donner comme une illusion d'éternité...

jeudi 13 janvier 2011

Ispe

               
Voilà
il y a des endroits comme ça où l'on se souvient n'avoir fait qu'un avec le monde. Il y eut une période dans ma vie, où la petite baie d'Ispe sur le commune de Biscarrosse au bord du lac de Sanguinet représentait un modèle d'équilibre, de paix et d'harmonie, l'équivalent de la note bleue pour les musiciens. Lorsque j'y suis revenu, bien des années plus tard, j'ai retrouvé ce même sentiment de plénitude et de sérénité, d'abandon à la douceur des choses. Et c'était bon de partager le simple bonheur d'être là avec un être aimé. Le grand bâtiment au fond était un hôtel restaurant qui s'appelait "la caravelle" je crois. Peut-être y suis-je allé  prendre une fois, avec mes parents qui ne sortaient guère ou des amis de mes parents, un apéritif. Cet hôtel représentait alors pour moi, le comble du luxe. Hors saison, il m'apparaissait comme un lieu de villégiature propice à la réflexion. Je n'y suis jamais allé. Parfois, je me dis que c'est là que j'aimerais que soient dispersées mes cendres. Dans ce paradis de l'enfance. (Linked with Skywatch friday - one word sunday

mercredi 12 janvier 2011

Le Bout du voyage


Voilà
un jour, vers la fin de sa vie, Franz Kafka rencontre dans un parc une petite fille qui pleure parce qu'elle a perdu sa poupée. Pour la consoler, Kafka, lui raconte que sa poupée a décidé s'entreprendre un long voyage pour découvrir le monde, et que s'il le sait, c'est parce qu'elle le lui a écrit. Le lendemain, il retrouve la petite fille avec la lettre que la poupée lui a envoyé, et lui en fait la lecture, car elle ne sait pas lire. Et tous les jours suivants il revient, avec à chaque fois une autre lettre donnant des détails sur la nouvelle vie de la fugueuse. Comme au bout de quelques jours il faut bien conclure, ce qui devait arriver arrive. La poupée finit bien sûr par rencontrer un prince charmant et se marie avec lui. Ainsi rassurée la petite fille en oublie son chagrin. (Linked with the weekend in black and white)

mardi 11 janvier 2011

Bords de Seine

Paris, Janvier 2005
Voilà
j'aime Paris. J'aime les bords de Seine. J'adore me promener dans cette ville. Il y existe certains endroits où je me sens toujours comme un touriste, comme un visiteur. J'aime aussi regarder les gens se photographier. J'imagine ce qui a pu les amener là, ce qui les lie. Cette photo que j'ai prise en janvier 2005, (j'étais heureux alors, je me refaisais la cerise après une période difficile), m'en rappelle une autre, prise par un grand photographe, mais je ne sais plus lequel. Il m'arrive parfois d'essayer de reproduire des cadrages, plus ou moins consciemment. Au fond je crois que je suis un promeneur. Il faudrait que je me décide enfin à lire des livres d'André Dhôtel.
Linked with skywatch friday

dimanche 9 janvier 2011

Old Navy


Voilà 
en repassant un soir devant l'Old Navy Bd St Germain, me sont revenus les souvenirs de ces années lointaines où il m'arrivait d'aller chercher des cigarettes au milieu de la nuit, quand il n'y avait plus de tabac pour rouler. Je me suis rappelé de ces heures vagues faites de dérives solitaires où je me récitais à moi même des poèmes de Franck Venaille que je connaissais par cœur, de ces errances et de ces états incertains de cette sensation de naufrage qui m'envahissait parfois sur une banquette au fond du café. A l'époque il y avait Jean-Pierre, Laurence, Olivier les voyages en Angleterre les petites pyramides bleues et les monstres verts, les textes de Michaux, le fantôme d'Adamov et cette vague impression qui ne me lâchait pas : tout n'était qu'affaire de circonstances, et une vie de toute façon ça ne tenait pas à grand chose... Un mauvais trip, une distraction, un horaire qu'on change et l'affaire pouvait prendre une tout autre dimension.

jeudi 6 janvier 2011

Paradise

Murree, Penjab (1991)
Voilà
bien des années après j'essaie de retrouver ce qui m'a incité à vouloir retenir cette image, dont sans doute je ne me souviendrais plus si je n'avais à ce moment appuyé sur le déclencheur. Le mot "paradis" sans doute. Des milliers de cinémas de par le monde doivent s'appeler ainsi. Il y a ce très beau film "cinéma paradiso".... Que le cinéma soit lié à une certaine idée du Paradis, et que l'entrée du paradis puisse n'être que cela, un modeste bâtiment de planches avec un toit en tôle ondulée, au bout d'un chemin de terre qu'il faut gravir pour y accéder, c'est cela sans doute qui m'a touché. Que l'image d'une femme plutôt laide, à mon goût, maladroitement peinte, selon mes critères, orne cette entrée, voilà aussi un autre élément qui a du retenir mon attention. Ici donc, c'est le paradis. c'est écrit.  L'image ne dit pas autre chose. Si peut-être. Elle dit aussi à quelle distance je me tiens du paradis. Que je suis incapable de m'en approcher plus. Je suis un étranger. Ici plus qu'ailleurs. (Linked with the weekend in black and white)

mardi 4 janvier 2011

Reflections



Voilà
dans le livre VII de la République, Platon imagine, enchaînés dans une caverne souterraine où il leur est impossible de se mouvoir, des hommes qui, n'ayant jamais vu directement la lumière du jour, n'en connaissent que le faible éclat qui parvient à pénétrer jusqu'à eux.  Comme ils tournent le dos à l'entrée de leur prison ils ne leur est possible d'apercevoir seulement que leurs ombres et celles, projetées, d'objets au loin derrière eux. Le monde où je vis, dans lequel je me déplace est tout à l'opposé. C'est un monde composé d'une multitude de surfaces lisses, de miroirs, de transparences où s'accumulent et se juxtaposent reflets illusions et déformations. Ces surimpressions soudaines mélangeant corps, objets et paysages dans un complexité où s'enchâssent différents points de vue et profondeurs de champs, aperçues l'espace d'un instant, rendent tangibles la sensation de vertige qui me saisit lors de mes vagabondages et me laisse parfois totalement désemparé.

lundi 3 janvier 2011

Ça n'est pas sûr que ça aille mieux en le disant


Voilà
eh bien les mots manquent, c'est comme ça. Ou alors ils affluent en désordre, par bribes. A moins que ça ne soit la pensée oui la pensée qui n'accède plus aux mots, qui n'en trouve plus le chemin. Enfin toujours est il que les récits résistent et que les histoires ne veulent pas advenir, ne peuvent se construire. D'ailleurs je ne rêve même plus. Autrefois mes nuits étaient fertiles pourtant. Ça serait bien une histoire raconter une histoire... Même sèche, plutôt sèche, de peu de mots. Une histoire qui surgirait de ce dessin. C'est un vieux dessin il a été fait il y a cinq ans parmi d'autres dans une sorte d'urgence rageuse. C'était à la campagne. Chez l'Imbécile, sur le pas de sa porte. Il faisait très beau. J'ai pris des photos des photos je me souviens, parce que malgré le beau temps il y avait quelque chose d'un peu triste, ennuyeux. Le paysage sans doute. Il y en a comme ça, des paysages, avec de l'espace, de l'horizon, mais on a  quand même l'impression qu'on ne peut pas en sortir, que c'est sans issue. Alors on s'accroche à un relief, une lumière sur un pan de mur d'une grange abandonnée. Enfin, c'est ce que je fais dans ces cas là. Je parle d'une ou plusieurs photos que je ne montre pas. C'est le dessin que je montre, qu'est ce qu'il a ce dessin ?

vendredi 31 décembre 2010

Faut pas compliquer



Voilà,
de cette année qui, à bien des égards, ne fut pas très simple, je retiens cependant ces moments joyeux partagés avec Constance, à entonner "yo yo yo la vie est belle faut pas compliquer",  devant la vidéo d'Awilo Logomba sur You Tube. Ce morceau je l'ai entendu pour la première fois, diffusé à plein pots dans un bus de la Guadeloupe où tous les chauffeurs se prennent pour des DJ 's. Je trainais une vague tristesse que le soleil et la végétation luxuriante au cœur de cet hiver rendaient moins amère, cherchant dans le dépaysement un point de vue susceptible de donner une forme à ce qui m'échappait. Je sillonnais l'île en voyeur, c'est à dire comme un voyageur sans âge, cherchant dans le transport dans le déplacement la surprise et l'étonnement que je ne trouvais plus en moi. C'est finalement, immobile,  entre deux lieux, dans un moment de rien, attendant que le bus démarre, que quelque chose est venu vers moi, qui se donnait à entendre plutôt que voir.

lundi 27 décembre 2010

Shakespeare & Co


Voilà,
c'est comme un abri comme un refuge, c'est le lieu du temps suspendu. Là flottent des rêves d'enfance, remplis de désirs de grandeur, de vies parallèles, de voyages intérieurs. Parfois la pensée vagabonde. Entre les pages d'un livre on se fraye un chemin de contrebande vers des contrées oubliées, et l'on se souvient de ces pactes secrets autrefois contractés avec une part disparue de soi-même, quand on s'imaginait devenir plus tard écrivain, aventurier, trafiquant d'illusions.... (Shared with happy tuesday - pictorial tuesday - travel tuesday - my corner of the world - wordless wednesday -)
27/12/2010 15:34

dimanche 26 décembre 2010

Marguerite de Châteaudouble


Voilà,
je n'ai jamais photographié Marguerite qui battait la campagne aux alentours de Châteaudouble. D'ailleurs, je ne l'ai aperçue qu'une seule fois, un matin, très tôt.  Elle marchait sur la route avec ses chiens et ses chèvres. Je n'en menais pas large car on la disait imprévisible. Je me souviens de long cheveux très blancs, sur un visage qui paraissait plutôt jeune pour son âge. Son corps menu, sec, semblait énergique et vigoureux, du moins c'est ce que suggérait sa démarche. Elle devait avoir autour de soixante dix ans.
Marguerite était très sauvage. Elle vivait à l'écart du village dans une ancienne citerne avec ses bêtes, et devait se nourrir frugalement. On la disait très riche, car, lorsque les militaires avaient occupé le grand plan de Canjuers pour en faire un champ de manœuvres, les gens du village avaient placé à la  banque l'argent que la vente de ses terres avait rapporté. Mais à ce que j'ai cru comprendre, elle n'y touchait jamais, tout cela devait lui paraître totalement étranger. Je crois que c'est cette expropriation qui l'avait rendue plus ou moins folle. Elle se promenait dans la campagne à des heures matinales où on ne la voyait guère, la nuit aussi, et elle attachait à certains endroits des sacs plastiques, sur lesquels étaient cousus des cartons recouverts de textes sans ponctuation, mélanges de délire mystique et d'invectives adressées au monde en général, à l'armée, aux chasseurs mais aussi à certaines personnalités du village. Parfois aussi elle découpait des articles de journaux, qu'elle assemblait avec des jouets trouvés, fabriquait des croix de bric et de broc ou disposait aux pieds de certains arbres, de la nourriture (des fruits des fromages)  pour d'hypothétiques pèlerins. Ainsi délimitait-elle son territoire, le peuplant de ses pensées de ses colères de ses visions et de ses prières.
C'est un vague souvenir de crèche provençale qui me fait songer à elle qui aurait bien mérité un santon à son effigie. (linked with the weekend in black and white)

jeudi 23 décembre 2010

Quelqu'un était venu


Voilà
il marchait seul dans la nuit froide, sans but réel, juste pour le plaisir de ressentir ce moment et cet endroit qui ne se représenteraient jamais plus, tels quels. Quelqu'un était venu. Si longtemps qu'ils ne s'étaient vus. Avait il fait les gestes qu'il fallait, ou s'était il tenu trop en retrait ? Avait il d'ailleurs été vraiment là ? Il l'avait regardée avec attendrissement, l'esprit peut-être encore encombré de trop de pourquoi. Il aurait juste aimé la serrer fort dans ses bras, en silence... 

Publications les plus consultėes cette année