jeudi 20 janvier 2011

Des trains des avions

Voilà
des trains se croisent dans la nuit à toute vitesse, des avions aussi. A l'intérieur, les corps ont pour la plupart la même posture. Inconfortablement assis on tente de trouver une parade à ce confinement subi qu'impose le voyage banalisé. Certains essayent de dormir mais ce n'est jamais la bonne position. D'autres se concentrent sur leur travail, le regard rivé à l'écran pendant que les doigts affolent le clavier. On peut aussi épouiller son ennui avec les nouvelles du jour... Ou bien le regard vague, écouteurs sur les oreilles, se laisser glisser dans la rêverie et les souvenirs que charrient les refrains. Le front appuyé au hublot ou a la vitre il arrive aussi que le regard se dilue dans le paysage, s'émerveille d'un moelleux tapis de nuages dont on voudrait tant croire encore que là est la demeure des anges... Toutes ces vies en transit dans des habitacles pressurisés, toujours plus affairées à combler ce rien qui, avec ses accumulations de codes de chiffres de signes inutiles et d'informations déjà obsolètes, palpite entre ses deux néants. Un rien si précieux cependant auquel un simple regard un geste attentif une voix oubliée qui ressurgit, une lettre qu'on n'attendait plus peuvent donner comme une illusion d'éternité...

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