dimanche 27 février 2011

Station St Germain

 
Voilà
devant le distributeur automatique de confiseries de boissons et de junk food de la station St Germain des Près, un homme a disposé par terre avec soin sur un carré de tissu, des fruits exotiques et un vase contenant une rose. Je crois deviner de sa part le désir affirmé de "présenter", au sens de faire un présent, une offrande. Peut-être cela est il du à l'environnement puisqu'ici la poésie nous est offerte tout le long du quai dans des vitrines où le voyageur, en attendant l'arrivée de sa rame,  peut y découvrir des recueils de poèmes du monde entier. On sent là une tentative d'harmonie, un effort de goût une envie de manifester quelque chose qui serait comme l'expression d'un art de (sur)vivre.  Une petite barquette en plastique nous invite à déposer quelques pièces non seulement pour son besoin et peut-être aussi - mais là je m'abandonne au démon de l'interprétation - pour récompenser cette volonté de ne pas rompre l'équilibre "écologique" ni le standing  de cette station. Sortant de la librairie "la Hune" où pendant une bonne heure j'ai erré à travers les rayonnages,  effrayé  par le nombre d'ouvrages que je ne lirai jamais, mais aussi par le constat résigné de ma propre solitude, me voilà soudain saisi par la vision d'une détresse sans commune mesure avec la mienne. Est ce pour m'exonérer de cet auto-apitoiement, pour m'acquitter de cette photo, où pour une toute autre et informulable raison que j'ai versé mon obole à l'homme endormi sur son banc ? Sur le chemin du retour, alors que je songeais à tout autre chose m'est revenue cette phrase  (d'une chanson  ?) "At  least it can't be said in every dream home a nightmare... »

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