dimanche 31 octobre 2010

Le Passeport


Voilà
c'est à cause de ce montage-là de Jindrich Styrsky dans une anthologie du surréalisme que je me suis dit que peut-être je pourrais essayer un jour moi aussi après tout oui que je pourrais peut-être oser... Et puis aussi parce qu'une fois, au début où nous nous connaissions, rendant visite à Agnès qui avait gardé la chambre parce qu'elle était un peu malade, j'avais vu des collages qu'elle avait réalisés et qui m'avaient plu bien que cela me parût curieux de réaliser de telles choses qui, dans le milieu où j'avais grandi, semblaient tout à fait saugrenues inutiles et dont la possibilité ne m'avait jamais été offerte. Voilà sans doute pourquoi, quatre ou cinq ans se sont écoulés avant que je ne m'autorise enfin à le faire...

samedi 30 octobre 2010

Attock, un souvenir



Voilà
le temps d'une halte nous nous sommes attardés. Une pluie fine et persistante embuait le paysage, mais il m'a semblé que le lieu et le moment voulaient échapper au cours indifférent des choses et demeurer non pas ensevelis en moi sous d'autres souvenirs, mais survivre au regard que je portais sur eux. Un pont enjambait le fleuve, un camion solitaire le traversait. Les mots fuyaient encore, le ciel avait la couleur de l'eau. Je me tenais donc là (cela n'arriverait plus jamais) sur les bords de l'Indus, paisible et majestueux. Sénèque a dit autrefois  – je l'ignorais alors – que ses eaux tièdes charrient des diamants à travers les déserts.... J'aurais voulu me dissoudre dans la couleur uniforme de ce moment.

vendredi 29 octobre 2010

Comme un Soulages


Voilà,
c'est pas grand chose, mais quand même : une attitude suspicieuse et même vaguement menaçante. La vendeuse, me voyant photographier la pellicule plastique enveloppant une livraison posée devant sa vitrine, sort avec précipitation de son magasin de luminaires et me demande abruptement "c'est pourquoi ?". Tout en continuant de prendre des clichés, je lui demande si elle connaît le peintre Soulages qui a beaucoup travaillé sur le rapport de la lumière et de la couleur noire. Ma question semble la destabiliser, non elle ne connaît pas. Je lui explique que je fais la même chose, et qu'il ne faut pas s'inquiéter. Elle me regarde un instant perplexe, dit "Ah bon" et retourne à son travail, après avoir tout de même esquissé un léger sourire. Ouf, la commerçante a repris le dessus - in extremis.

jeudi 28 octobre 2010

Le Totem



Voilà
certains dimanches, Philippe et Dominique décidaient d'aller rue Berryer en famille visiter le Fonds National d'Art Contemporain, préfiguration du centre Pompidou en construction, situé dans l'hôtel particulier Salomon de Rothschild. Comme ils m'avaient en quelque sorte adopté, j'étais moi aussi de l'expédition. J'avais dix-sept ans et l'art moderne m'était alors à peine moins exotique que les iles Tuvalu et aussi énigmatique que l'aurait été un film tchèque sous titré en hongrois. Je me souviens cependant du choc suscité par les armoires monumentales et inutiles de Louise Nevelson, de ma perplexité et de ma sidération devant ce fascinant bricolage totémique, ces agencements inattendus, qui, en dépit de leur statut d'objet, semblaient me regarder autant que je les observais. Ils m'apparaissaient comme chargés d'une multitude d'histoires secrètes que dissimulait le noir uniforme qui les liait. Je ne pouvais m'empêcher de songer au coffre à jouets de mon enfance qui était en fait une caisse de munitions, à tous ces bois de récupération avec lesquels mon père avait fabriqué des meubles de fortune lorsqu'il ne nous restait plus rien du retour d'Algérie. Il était donc possible de faire quelque chose d'artistique avec peu, avec des rebuts. On pouvait donc donner du sens et de la grandeur à ce qui était pauvre, méprisé, rejeté...
Il m'arrive parfois de retourner au centre Pompidou et de m'attarder devant cette sculpture. Exposée en pleine lumière, elle n'a plus cette aura de mystère que lui conférait son exposition d'autrefois dans la pénombre. Mais chaque fois que je la retrouve son énigme demeure, et je sais que quelque chose de mon histoire y est à jamais associé. Elle me renvoie à toutes ces personnes aimées qui m'ont éveillé, ouvert les yeux, fait grandir, m'ont éloigné de mes démons et donné le goût de la beauté et de la vie. Elle les rend présentes, intensément vivantes et proches. Oui proches surtout. Elle est là, comme une sentinelle qui veille et préserve pour moi ce temps où mon regard sur les choses a commencé de changer.

mercredi 27 octobre 2010

Mains




Voilà,
 1. Extrémité du membre supérieur de l'homme, articulée avec l'avant-bras au niveau du poignet et qui finit à l'extrémité distale des doigts. Caractérisée par sa fonction essentielle, la préhension, permise grâce au pouce, opposable à tous les autres doigts, la main est aussi l'organe essentiel du toucher. / Le dessus, la paume, les cinq doigts de la main. Saluer quelqu'un en lui serrant la main. J'ai votre dossier en main : je m'en occupe. Ouvrage fait à la main, uniquement par un travail manuel. Vote à main levée. Dessin à main levée, fait rapidement, sans poser la main. Il a pris la première arme qui lui est tombée sous la main, qu'il a trouvée. [Ce mot entre dans de nombreuses expressions, où il symbolise l'activité, le pouvoir, la possession, l'échange, etc.] Spéc. Faute de main, qui consiste à toucher le ballon de la main (au football). Loc. adj. Main(s)-libre(s). Téléphone mains-libres, dans lequel récepteur et microphone sont incorporés. 2. ZOOL. Extrémité du membre antérieur des Primates. 3. Symbole de l'autorité, du pouvoir d'une personne, ou cette personne elle-même. Un événement marqué par la main de Dieu. Il a trouvé une main charitable pour lui venir en aide. 4. Aux jeux de cartes, l'initiative. Avoir la main ; passer la main. Avoir une belle main : des cartes favorables. Avoir, faire, être à la main : au baccarat, être le banquier. 5. Manière d'un artiste, d'un créateur. C'est là qu'on reconnaît la main du maître. Se faire la main : s'exercer. Perdre la main : perdre son habileté. Tour de main : mouvement manuel habile d'une personne expérimentée. 6. Petite main : ouvrière de mode débutante, qui a environ 30 mois d'apprentissage. Seconde main : ouvrière qui a accompli entre 36 et 45 mois d'apprentissage. Première main : ouvrière ayant suivi une formation professionnelle de 54 à 60 mois et dont la connaissance du métier est complète. Elle est première main tailleur. 7. Vx. Main chaude : jeu de société dans lequel un joueur, les yeux bandés, tend la main et doit deviner quelle personne lui a donné une tape dans la main. 8. Main à main : exercices d'équilibre de deux artistes qui se tiennent par les mains, l'un portant l'autre. 9. DR. CIV. Main commune : clause par laquelle les époux conviennent, dans leur contrat de mariage, d'administrer conjointement la communauté. 

mardi 26 octobre 2010

Le Flâneur


Voilà
finalement j'ai touché à tout sans jamais vraiment rien saisir. Et ce que j'ai cru saisir m'a échappé je n'ai pas su le retenir. Qu'une fraction de seconde puisse changer le cours d'une vie, j'en ai conscience. Je le crains souvent, je l'espère parfois. Et si je collectionne les fractions de seconde, au bout du compte, de tout cela il ne reste pas grand chose. Quelques empreintes que dépose l'errance du flâneur. Ni tout à fait étranger, ni vraiment de ce monde (il n'a pour moi guère plus de clarté que que le sommeil d'une bête), j'arpente le territoire de mes inquiétudes, je vagabonde parmi des paysages peuplés de questions. Incertain je vais où me guident mes pas, où m'attire le regard. Bon an mal an je vais. Tant que je le peux, je vais...  Il faudra bien finir par se rendre. (Linked with Monday murals)

samedi 25 septembre 2010

Du pareil au même

 

Voilà
d'une certaine façon l'abstraction délivre de l'hystérie du sens, de la manie de l'interprétation. Ainsi travaillée l'image se suffit à elle même. Elle ne raconte rien, elle indique  simplement qu'il y a toujours quelque chose de caché sous les apparences, et que ce qui se dissimule n'est ni jamais vraiment semblable, ni tout à fait différent et aussi que le lieu et le moment sont les vrais révélateurs de cet écart qui va du pareil au même.

vendredi 10 septembre 2010

Comment ça va avec la douleur ?


Voilà,
impossible de faire comme si ça n'existait pas. 
"La douleur retentit comme la voix dans un logis sans meubles ni tentures" 
(Alphonse Daudet)
shared with friday face off 

jeudi 9 septembre 2010

Le violon d'Ingres



Voilà
hier dans la rue, j'ai aperçu une fille qui s'était fait tatouer les ouïes d'un violoncelle dans le dos. Un temps j'ai suivi ce vivant hommage au "Violon d'Ingres" la célèbre photo de Man Ray, car son tatouage, et surtout sa volonté de l'exhiber me fascinaient. Je me suis demandé quel genre de fille ça pouvait être, ce qu'elle avait en tête, quelle sexualité pouvait être la sienne, enfin des trucs comme ça qui m'ont occupé un moment. Et puis j'ai pensé aussi à cette plaisanterie que m'avait racontée un musicien  à propos du violoncelle : c'est le contraire du loto, c'est pas facile, c'est cher et ça rapporte rien. Pour finir j'ai dépassé la fille. Elle était plus intéressante de dos. Par contre son copain m'a semblé assez joli garçon....

mercredi 8 septembre 2010

Soir de Septembre



Voilà
les jours commencent à raccourcir, l'air fraichit, les averses cessent d'être tièdes. Douce mélancolie des premiers soirs de Septembre. Pourtant quelque chose de l'été demeure ; les arbres sont encore verts dans la ville. Mais le pas des passants se fait plus vif et les mines soucieuses. On revient a l'ordinaire des jours, aux tâches quotidiennes, au temps imparti. Et l'inquiétude d'être un homme ou une femme de ce temps se lit sur les visages fermés.  A quoi songent ils ? Aux impôts, aux traites à payer, aux enfants qui grandissent dans un monde qui ne les accueille pas, aux résolutions prises ? Les journaux parlent de la crise, de la vie chère, des inégalités croissantes, des injustices de plus en plus criantes. Certains peut-être s'étonnent d'être encore capables de supporter ça.  Qui parmi eux a manifesté ?  La vie continue cependant, car il faut bien vivre malgré tout... Les vieux, les malades et les hypocondres espèrent quand même revoir un autre été. Les écoliers étudient leur nouvel emploi du temps.
Ce soir à la cinémathèque on donne un Lubitsch....

mardi 7 septembre 2010

Théorème de Whitney


Voilà
l’image était le lieu la surface où avec une insistance indéfinie semblait devoir s’inscrire et prendre forme la trace du manque. Ainsi converti dans la répétition, la reconduction du même à chaque fois légèrement différencié, le manque se déployait dans des textures paradoxales, des spatialités soudaines, fugitives, faites de trous, de béances, de zones de fracture, de turbulence et de recomposition, qui donnaient l'illusion que l'image pouvait s'ouvrir pour dévoiler une profondeur cachée, un secret enfoui. Ce n'était pourtant que la transcription graphique du théorème de Whitney : "Quitte à modifier arbitrairement une surface sur un plan (ou une autre surface), on peut toujours supposer que l’ensemble de ses points singuliers est une courbe lisse qui ne présente que des plis et des fronces". Néanmoins quelque chose d’obscur paraissait faire signe, s'offrir à l'interprétation. La contemplation de ces effets de surface l'apaisait, pour un temps du moins. Cependant, il lui fallait périodiquement recommencer, comme si à chaque fois il s'était retrouvé renvoyé à une zone aveugle dont il s’efforçait de cerner les contours. 

jeudi 26 août 2010

Au fond d'une vieille boîte

       
 
Voilà
retrouvées, en faisant le ménage, des petites maquettes que j'avais fabriquées, autrefois, avec des figurines, des bouts d'objets, des fils de fer, dans des boîtiers polaroïds, et que j'avais complètement oubliées... la bonne surprise de la journée...

mercredi 25 août 2010

D'une époque lointaine


Voilà
... il me semblait alors par l'artifice de la xérographie, qui, gommant les contours et les aspérité du collage, lui conférait presque l'aspect d'une photo, restituer ainsi un cliché de la pensée, d'un état de ma pensée, nomade, flottante, indécise. Et si le sens m'échappait, j'avais néanmoins l'illusion d'en retenir le caractère énigmatique, la trace indéchiffrable, comme d'un rêve figé dans son ambre.  Je faisais cela en amateur. Plutôt que de fabriquer des photos souvenirs comme il est fréquent de le faire pour se remémorer certains endroits où l'on a pu passer, je tentais de photographier l'envers, l'oubli, la part enfouie, enfuie du souvenir... Je cherchais à donner une forme à cette sensation d'abandon qui me hantait depuis toujours, à convoquer les fantômes qui rôdaient en moi. Les morceaux assemblés constituaient ainsi une histoire secrète dont j'étais l'auteur — mais un auteur égaré dans dans les limbes d'un récit auquel les mots ne pouvaient accéder. Je le constate à présent, sans toutefois comprendre comment a bien pu se former cette sorte de parade, mais à chaque fois, qu'il s'est agi d'atténuer une certaine douleur de dissiper un certain chagrin, c'est dans les images que j'ai cherché la voie de la consolation.
shared with art for fun friday -

mardi 27 juillet 2010

vendredi 16 juillet 2010

ice tea + abana



Voilà
S'apprêter à manger ice tea et abana sans compagnie au restaurant turc. Soudain une irrépressible sensation de solitude.  Déroutante quoique familière cependant, éprouvée maintes fois déjà depuis tant d'années, en de semblables circonstances : étés solitaires sur les routes d'Europe, vagabondages en terre étrangère à la recherche d'une bonne photo ou bien errances sans but ici simplement à Paris, avec le vague espoir de croiser un regard inconnu et amical... Et toujours ce sentiment d'être sans racine, sans lien, sans appartenance au point que tout devient incompréhensible et dénué de sens (cette phrase cette pensée, comme une antienne trop souvent répétée). Il semblait pourtant raisonnable de supposer qu'avec les années cela  passerait. Eh bien non, ça ne passe pas. Au fur et à mesure que le temps s'écoule, plus pénibles et perturbantes ces irruptions ; ça continue donc, ça insiste, c'est là comme une lettre anonyme, une dette non honorée un vieux chagrin que rien ne tarit.

mardi 13 juillet 2010

Sur un mur de métro


Voilà
ces compositions éphémères croisées par hasard dans le métro (le cadre est fourni), ces traces qui demeurent, je les trouve émouvantes dans leur banalité même parce qu'elles montrent la transformation du réel en un reliquat d'image. Quelque chose en état de perte, qui déjà n'a plus de sens (si tant est que l'on puisse en trouver un à une affiche publicitaire), résiste néanmoins et se donne encore à voir par bribes par fragments, avant de disparaître à jamais, sous d'autres mensonges. Et si c'était la forme de mon histoire que je reconnaissais là ? Comme si ma vie s'inscrivait ainsi : une suite de décollements de déchirures d'arrachages, une figure sans discours d'où rien ne subsiste de durable.

lundi 12 juillet 2010

dimanche 11 juillet 2010

L'école


Voilà
le hasard des rencontres.... quelqu'un que je ne connaissais pas, mais dont la présence a éclairé tout un après-midi, prononce le nom de ce village... Et aussitôt me reviennent ces années lointaines, où l'avenir s'ouvrait comme une promesse. J'avais alors l'âge de ma fille. Le premier été passé là-bas, sachant que j'allais vivre toute l'année au bord de la mer fut riche en sensations.... Je découvrais un paysage, des cousins une grand-mère fantasque un oncle et une tante qui venaient nous rendre visite depuis Bordeaux... la vie tout à coup semblait si facile si légère si différente de ce qu'elle avait pu être auparavant... C’est mon école. Je n’y ai passé qu’un an mais quelle belle année. J’ai été terriblement heureux là-bas. J’ai eu la chance de rencontrer Madame Ferris qui fut mon institutrice. Je l’aimais beaucoup. La cour de récréation était constituée de sable recouvert d’aiguilles de pins. C’était l’époque ou Henri Salvador chantait  « zorro est arrivé ». Je connaissais cette chanson par cœur. Cette année là Winston Churchill est mort, j’ai dépensé mon premier argent de poche. En face de l’école il y avait une chapelle en planche de pins à moitié écroulée. C’est cette année là aussi que l’église de Biscarrosse plage a été inaugurée et même si les soirs de novembre quand le ciel est bas et gris incitaient parfois à la mélancolie, c'était un émerveillement de grandir près de l'océan, au milieu des pins, au sein d'une population accueillante. Tout était paisible, harmonieux. Les gens étaient chaleureux, amicaux...  

vendredi 4 juin 2010

Buttes-Chaumont



Voilà
avant qu'il ne soit réaménagé par Haussmann et Adolphe Alphand (grand ordonnateur des promenades parisiennes) et rebaptisé du nom de Butte-Chaumont, ce promontoire s'appelait autrefois Chauve-Mont. C'est là qu'au XVIIIème siècle se dressait le gibet de potence de la justice royale. En contrebas, avant que ne soit dessiné le parc, le lieu était devenu, après 1789, une décharge avant d'accueillir au début du XIX ème siècle des établissements d'équarrissage et des dépotoirs de vidange. 
Le jardin à l'anglaise bâti à cet emplacement imite un paysage de montagne : rochers, falaises, torrents, cascades, grotte, alpages, belvédères.
Aux beaux jours, la population du nord de Paris vient profiter de ces pelouses pentues pour se prélasser au soleil. Le plus haut point du parc abrite ce temple de Sybille construit en 1869 par l’architecte Gabriel Davioudpremière publication 4/06/2010 à 12:31
 
 
 

mercredi 28 avril 2010

Le trou d'eau du Clos


Voilà
je me souviens  du Clos où l'eau était si froide, mais où il faisait si bon s'attarder. Je m'en souviens mais je n'ai plus de sensation, que des images, qui restent. Cela me semble si loin. Tous ces voyages ces dépaysements me semblent comme autant d'histoires dont je me demande parfois si elles me sont vraiment arrivées.

mardi 27 avril 2010

Les idées sombres


Voilà
ce qui peut-être importe le plus pour le moment c'est l'appréhension plutôt que la compréhension. Pourtant j'aimerais pouvoir mieux me formuler ce qui fonde actuellement ce travail. Je sais ce que je fuis, j'ignore ce que je cherche, je m'étonne parfois de ce que je trouve. J'ai transformé mon I-phone en carnet de croquis. Hier soir, j'ai réalisé ça, qui me convient. Les idées sombres....

samedi 24 avril 2010

L'Épitaphe de Paul Klee


Voilà
"Çi bas je ne suis guère saisissable, car j'habite aussi bien chez les morts que chez ceux qui ne sont pas nés encore, un peu plus proche de la création que de coutume, bien loin d'en être jamais assez proche". C'est la merveilleuse épitaphe que se réservait Paul Klee première publication 24/04/2010 à 11:17)

dimanche 18 avril 2010

Forum de l'Emploi



Voilà
de nouveau l'inquiétude. Comment trouver de nouvelles pistes qui mèneraient vers des horizons insoupçonnés?... D'où viendra la surprise l'étonnement? Travailler oui, mais pas dans l'asservissement... (shared with Signs2)

mercredi 14 avril 2010

L'Autre


Voilà
impossible désormais m'a-t-on dit de trouver l'Autre. Ce n'est pas une découverte de divan, ni un brusque accès de mélancolie, Ce bouquet de verveine acidulée et aromatique, qui évoquait la citronnelle, subtilement mêlé à des odeurs de poivre noir, de cardamome, de carvi, de cumin et de noix de muscade et où le santal, le patchouli venaient adoucir le piquant de ces épices, n'existe plus, paraît il. Pour moi, ce sont des noels et des hivers de jeunesse qui disparaissent comme les vieilles tôles peintes, et les jeux d'autrefois... Avec quel bonheur j'avais, il y a quelque temps, retrouvé l'émoi suscité par  ce subtil mélange. Je me souviens m'être dit alors que tous les bonheurs passés n'avaient de sens que parce qu'à cet instant là j'étais dans les bras de celle qui me l'avait offert.... (shared with sunday postcards )

vendredi 9 avril 2010

Il s'imaginait matière


Voilà,
il s'imaginait matière. Il était plomb, graphite. Il était la pointe du crayon qui repose sur la table, où sommeille encore le dessin à venir. Mais ce rêve est d'un autre temps songeait-il en glissant le doigt sur la surface de l'écran tactile. Il ne faisait somme toute que traiter une information. Mais le geste générait des formes. Au point où il en était cela seul importait. Et besogneux comme un insecte toujours il recommençait, creusant la fatigue pour y enfouir ses questions. Un autre jour ne tarderait pas à poindre.

lundi 5 avril 2010

Le forsythia est en fleurs


Voilà
le forsythia est en fleurs. Il fait parfois beau, parfois il pleut. Le printemps semble commencer, mais c'est un printemps lourd qui pèse le poids d'une absence. L'autre jour comme souvent, je suis passé par St Germain des près, et j'ai pensé à un certain baiser échangé là devant l'arrêt du 95, un 8 mars au soir, et à tout ce qui s'en est suivi.

samedi 3 avril 2010

Café Florian



Voilà
il y a eu Venise.... les heures passées à déambuler dans les rues les musées les églises, le temps versatile et la lumière changeante, et ce Spritz bu ensemble une fin d'après midi sur le Campo Santa Margarita, après avoir visité les Frari, notre étonnement partagé à la Basilique San Marco, et son sourire sur les marches de la Salute, le petit Motherwell de la Fondation Guggenheim... le café Florian... Et le reste qui doit demeurer secret, serti dans la mémoire, et ne peut plus se partager...

vendredi 2 avril 2010

Reliques


Voilà,
peut-être somme toute ne restera-t-il rien que cela, de tous ces mots, de toutes ces pensées accumulées durant les sept premières semaines de l'année qui furent si pénibles et éprouvantes : oui pas grand chose, quelques misérables traces d'un texte jeté au rebut, qui ne valait pas plus que ça, et peut-être même dont le sujet n'avait après tout qu'un intérêt limité. Les photos, les images m'ont une fois de plus aidé, non pas à nommer, non pas à dire, mais à désigner, d'une façon détournée, ce qui me tourmentait, à désigner et en même temps exorciser le démon qui tentait de s'emparer de moi.

jeudi 1 avril 2010

Comme on passe le temps


Voilà,
je me distrais en réalisant des photos rétro d'objets contemporains. Quelle étrange époque que celle où il est possible de mêler des temporalités différentes, de reproduire avec la technologie d'aujourd'hui, le grain du passé mais aussi de restaurer, afin de la rendre plus propre plus présentable justement, une image du passé en la débarrassant des scories dues à l'usure du temps. Je m'étonne chaque jour de cette réalité dans laquelle j'avance, où tant de choses surprenantes arrivent, mais qui cependant est si différente de ce que nous pouvions, il y a seulement quarante ans, imaginer du futur. Nous vivons dans un confort précaire en nous voilant la face, nous essayons pour les plus chanceux d'entre nous, de jouir du présent qui ne cesse de nous solliciter, pour éviter de songer à ce qui nous guette, et qui peut-être est déjà arrivé sans même que nous ne nous en soyons aperçus : la fin, "la fin du rire et des doux mensonges". Pourtant sur des sites de rencontres, protégés par des pseudonymes des inconnus s'écrivent la nuit, essayant de deviner, si à travers les mots échangés, des espaces peuvent s'ouvrir à eux. Des hommes, des femmes, cherchent à atteindre celui ou celle que peut-être ensuite ils pourront toucher, serrer, étreindre, embrasser, auxquels avec un peu de chance ils pourront s'abandonner dans la joie le plaisir l'extase, avec qui peut-être il se reproduiront, oui des hommes des femmes, espèrent, par le truchement des machines communicantes, entrevoir un signe favorable, une possibilité de bonheur, qui les arracherait pour de bon à l'insupportable routine où ils se sentent englués.

mardi 30 mars 2010

Quelque chose insiste


Voilà,
quelque chose insiste là, que je dois laisser venir. Je ne sais pas trop quoi penser de toute cette affaire. Je fais parfois comme si cela ne me concernait pas comme si cela n'avait pas grande importance je m'abandonne au processus advienne que pourra mais tout de même. Il faudrait peut-être que je m'aère, que j'aille faire un tour dehors. Mais il pleut. Ça giboule. Oui, oui ça giboule. On est encore en mars normal ça giboule. Je suis totalement sidéré par ces formes. Stupéfait que ça puisse exister, se reproduire presque malgré moi. Il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps tout de même parce que sinon je vais être mûr pour la cabane-bambou. Une petite sieste alors ...Une petite sieste oui ça ne me ferait pas de mal. C'est ça dormir, et comme dit l'autre rêver peut-être...

samedi 27 mars 2010

Once in a lifetime

  

Voilà,
ces images me font toujours penser à "Remain in light", l'album des Talking heads, que je passais alors en boucle. Ce fut la bande-son de la plupart des collages que je fabriquais alors. Epoque étrange, celle de l'implantation des SS 20 soviétiques tournées vers l'Europe occidentale, celle des années Palace, de Laurie Anderson, du journal Actuel nouvelle formule "nouveau et intéressant", de la lumière froide des néons, des clips et des vidéos expérimentales, des lofts au design post industriel, époque du speed de l'individualisme forcené coïncidant avec l'apparition du walkman, époque aussi de la chandelle brulée par les deux bouts...

jeudi 25 mars 2010

mon hâvre ma caverne



Voilà
traces ce sont traces de ces moments où la pensée ne sait à quoi vraiment se prendre, moments d'attente, de suspens, de vagabondage mental, moments où l'esprit cherche à s'occuper où au contraire se libérer de ce qui l'obsède, moments de fuite, de répit, de repli.... Et ces moments deviennent contrées qui au fur et à mesure qu'elles m'apparaissent me semblent familières. De l'image matricielle, de l'information traitée comme une matière, triturée, malaxée, surgit la forme pure de paysages abstraits, qu'il me semble avoir déjà visités, en rêve peut-être ou dans ces états de suggestion suscités autrefois par certaines drogues.... Et s'il m'arrive ces derniers temps, de chercher parfois un endroit ou trouver le repos, c'est à l'envers des apparences, que je trouve mon havre ma caverne....

mercredi 24 mars 2010

L'intruse



Voilà,
je me passerais bien de sa présence. Je la trouve très insistante ces derniers temps, cela ne me plaît pas du tout. Mais c'est ainsi, il faut s'y habituer. Désormais, elle rôdera de plus en plus souvent dans les parages. De plus en plus de noms, de numéros de téléphone disparaîtront de mon carnet d'adresses...

mardi 23 mars 2010

Grande Arche


Voilà,
la froide et stérile rigueur de ces lignes et de ces volumes se suffit à elle-même. L'indifférence minérale de ce bâtiment devenu une abstraction, la fonctionnalité vaine de cet escalier qui débouche sur une esplanade, au delà de laquelle se déploie un paysage absurde et désordonné, produisent un composé de sècheresse et de méchanceté, une sorte d'injonction muette qui signifie nettement que notre place n'est pas ici. (Baudoin de Bodinat "La vie sur terre")

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