mercredi 13 février 2013

Summer 85



Voilà
J'ai retrouvé celle là, faite il y a longtemps, dans un parc d'attraction lors du premier été new-yorkais. J'étais à deux doigts de la balancer. J'ai eu un peu de mal à la tirer. Mais bon je l'aime bien quand même. La grimace du garçon me plaît. Et puis il y a un parasol, et ce regard jeté hors-cadre. (première publication 13/02/2013 à 23:53

mardi 12 février 2013

Stumbling in the neon groves


Voilà,
des écrans au loin projettent leurs images en haute définition, la lumière bave sur des surfaces dont la transparence froissée fait écran, et comme égaré dans la trouble et déconcertante incertitude des choses, un visage semble se dissiper dans le flou. Froide est la nuit. Quelqu'un erre quelqu'un cherche mais ne souvient plus de ce qui depuis si longtemps l'accapare.

samedi 9 février 2013

Hamlet goes shopping


Voilà
parce que cette silhouette me paraissait étrange, incongrue, j'ai pris cette photo devant Shakespeare &Co qui est un des endroits que je préfère à Paris. Je ne réalise que maintenant avoir vu passer Hamlet sans même m'en être rendu compte. (Linked with the weekend in black and white)

mercredi 6 février 2013

Colle papiers et reflets


Voilà,
sans doute cette image satisfait-elle à la fois mon goût pour les papiers décollés et arrachés, pour les signes provisoires de l'abandon et du délabrement, pour les reflets aussi, les transparences plus ou moins opaques les fenêtres et les menus détails. C'est ici ailleurs aussi bien autrefois que naguère ou maintenant, qu'importe. Juste la fraction de seconde d'un mystère entrevu.

mardi 5 février 2013

La rue sans grâce


Voilà,
Partant de l'avenue du Maine et finissant rue Jean Zay, ce tronçon de la rue Vercingetorix - qui continue ensuite jusqu'à la porte de Vanves après s'être interrompue au niveau de la place de Catalogne  - m'a toujours fasciné. Il n'y a rien, aucun commerce, quelques portes d'entrée d'immeuble, des entrées de service du grand hôtel Pullman, des accès de parking, des murs de briques rouges ou orange. Quant à cette passerelle, elle relie l'école primaire du quartier à une vaste terrasse sans ombre qui lui tient lieu de cour de récréation. Sur les sol en tartan sont tracées les lignes de trois courts de tennis adjacents à un gymnase. Il paraît qu'autrefois, avant la destruction, cette partie de rue, était très commerçante et abritait une multitude d'ateliers d'artisans et d'artistes. Gauguin, y passa même quelques temps avant son dernier voyage pour les Iles. A présent ce n'est plus dans le tissu urbain qu'un lieu de passage de transit où très tôt le matin s'arrêtent les camions de blanchisserie qui chargent des paquets de linge sale de l'hôtel (mais à la réflexion cela pourrait tout aussi bien être autre chose). Sans grâce aucune, cet endroit - sans que je ne me l'explique vraiment - n'en demeure pas moins insolite et mystérieux à mes yeux. Presque fictif. 

lundi 4 février 2013

Un temps à capuche



Voilà,
il y avait eu ça aussi : comme un grand vent de plaine. Pareil à une rumeur, ce frémissement balayant les joncs. Et puis au loin, encore séduisante à cette distance, la ville. Désertes, ses larges avenues froides et humides ruisselaient cependant du morne ennui des dimanches. première publication 4/2/2013 à 00:17)

dimanche 3 février 2013

Plat de pâtes


Voilà,
si les mots ne viennent plus ces derniers temps subsiste encore
dans l'opacité des choses et la rumeur confuse du monde, l'envie d'images.
Celle aussi parfois d'un bon plat de pâtes.
Le point positif dans cette affaire, c'est que d'ici peu 
je retrouverai ma silhouette de jeune homme.

samedi 2 février 2013

Parapluies


Voilà
elles étaient quatre japonaises à visiter Paris par un jour de pluie. Quatre amies partageant le bonheur d'être ensemble dans un pays étranger. Je les ai remarquées sur la place de l'Institut de France où elles ont toutes les quatre en même temps, et à peu près du même endroit, photographié la coupole de l'Académie. Dans ce jour gris et pluvieux, je les ai vues s'éloigner vers l'autre rive du fleuve. Il y avait quelque chose de joyeux et d'enfantin dans leur démarche, Une certaine façon d'aller de l'avant. Au Louvre sans doute. 

mardi 29 janvier 2013

En présence de l'auteur


 
Voilà, 
hier au Reed Hall, rue de Chevreuse, où je suis passé un peu par hasard, Nicolas Pignon brillant et inspiré lit des passages de "L'invisible" et de  "Récit d'un noyé" en présence de l'auteur. Fragile et touchant, Clément Rosset s'excuse ensuite d'écrire d'une certaine façon le même livre depuis "Le réel et son double". Quelque chose d'incertain dans ce corps vieilli, qui parfois cherche longtemps ses mots - "J'écris lentement des textes courts" dit-il. Et son humour, lorsqu'il évoque sa noyade à Majorque "Soudain j'ai eu envie de me reposer au fond de l'eau oubliant que je n'étais pas équipé comme un poisson", et aussi la douleur éprouvée lorsqu'on ne peut pas boire d'eau : "certain savent que j'aime le vin, mais le verre d'eau que l'on peut enfin boire quand on en a été sevré, vaut tous les bourgognes. Après, à la librairie Tschann, lorsque l'organisatrice qu'il ne reconnaît pas tout à fait lui donne rendez-vous au prochain livre, il répond par une longue citation dont je ne me souviens pas mot pour mot mais qui semble de Shakespeare, où il laisse entendre qu'il ne sera bientôt plus de ce monde. Plus tard encore, alors que le libraire aimerait bien fermer, cette auteure (durant la lecture, elle était assise près de moi et sentait très bon) qui, après lui avoir lui un passage d'un livre qu'elle a publié et qu'elle lui offre ensuite finit par lui demander s'il ne pourrait pas lui consacrer une préface pour son prochain ouvrage. Son embarras et sa fatigue soudain en évoquant le temps qui manque et les tâches qui s'accumulent.

lundi 28 janvier 2013

Mousses et brindilles


Voilà,
devant cet agencement fortuit de brindilles de feuilles et de mousses que le vent et le froid ont ainsi momentanément fixées sur la pierre mouillée, une inexplicable émotion et l'envie d'en garder la trace. Non pour reproduire le visible, mais pour rendre visible ce qui ordinairement passe inaperçu. Et puis aussi, ces petites graines ailées de conifères, gisant-là comme des papillons morts, mais qui en profonde mémoire voltigent toujours dans de furtifs paysages d'enfance.

dimanche 27 janvier 2013

jeudi 24 janvier 2013

Voyage fantôme


Gray (1992)

Voilà,
je me souviens la neige et le froid
cette locomotive fantomatique figée dans le paysage
la désolation de cette localité autrefois prospère
et le nombre d'alcolos qu'on y croisait
l'entreprise un peu folle qui nous avait menés là
les sinistres néons du foyer des jeunes travailleurs
le vieux billard électrique au bar du théâtre
qui faisait
"baaad caaats !!!!"
quand on claquait une partie
Sara Mandiano dans le juke-box
Anne à qui je venais rendre visite parfois
pendant qu'elle fabriquait ses costumes dans les combles du théâtre
pour causer tout en frottant à la mine de plomb 
des feuilles de papier Canson posées à même le vieux parquet 
afin d'en relever les empreintes 
à la façon de Max Ernst
les visages et les rires
oui tout ça oui qui revient
ce n'est pourtant plus un temps à neige

mercredi 23 janvier 2013

Muerte y reencarnation en un cowboy


Voilà,
la question pour ma part n'est plus de savoir si c'est bien ou pas bien... Deux mecs passent d'abord les 20 premières minutes à piétiner des guitares électriques saturées, ou bien à faire semblant de se bagarrer dessus ou encore, vautrés sur l'une d'elles et enlacés dans un même vêtement, à se frotter la bite l'un contre l'autre... Oui pourquoi pas, ça fait beaucoup de bruit et ça occupe l'espace et le temps, mais c'est tout de même un peu long. Parfois, ils esquissent quelques pas de danse avec des cagoules à clochettes enfilées sur la tête et c'est assez drôle. Même si on souhaiterait bien être à leur place pour faire ce genre de conneries - je parle de la danse - on peut tout de même demeurer perplexe sur la nécessité de toute cette agitation. Ils aiment bien montrer leurs queues, ces acteurs, courir en se tripotant comme des bambins, se tirer joyeusement l'élastique, s'enfiler de petites olifants sur la quéquette en soufflant dessus, se mettre des chapeaux de cow-boys et chanter un air de country music en dansant à poil. C'est kitsch régressif et pulsionnel. Oui peut-être que c'est ça la seule réponse au monde tel qu'il est... Retourner au stade anal, ricaner pour ne pas nommer de grandes catastrophes qui ne tarderont pas à succéder à la lente déréliction du monde occidental. A un moment un homme, la langue ficelée tente d'articuler un discours qu'on ne comprend évidemment pas. Me revient alors cet échange dans "Fin de partie" de Beckett : " Est ce qu'on ne serait pas en train de signifier quelque chose par hasard ? Nous signifier ! Ah la bonne blague !". Mais voilà, cette pièce qui en son temps dénonçait déjà l'arbitraire de la représentation se joue aujourd'hui à guichets fermés dans un théâtre national, et Beckett est devenu un auteur du patrimoine. Revenons au spectacle de Rodrigo Garcia : vers la fin de la représentation les deux comédiens allongés sur des transats philosophent sur le rire ("Si nous rions de la façon dont nous rions, c'est qu'à l'évidence nous ne sommes pas heureux") et sur les relations entre hommes et femmes inéluctablement voués à toujours se séparer. Tout ça en présence d'animaux, en l'occurrence des poussins dont les pépiements sont amplifiés et un chat disposés dans une même boîte transparente, mais cependant séparés par une paroi. Et ce sont eux qui, d'une certaine façon incarnent la dimension dramatique, qui dans la tragédie classique échoit au chœur. La scène du théâtre est leur cosmos. Ils sont jetés dans un monde incompréhensible et chaotique dont ils ne saisissent pas les enjeux et où ils n'ont même pas la parole pour questionner. Pris en otage vulnérables et sans défense, mais néanmoins protégé de l'extérieur dans leur caisse en plexiglass, leur effroi n'est pas feint, et l'inquiétude que l'on éprouve avec eux, est semblable à celle que l'on peut ressentir à l'égard de ce monde désormais réduit à un divertissement obscène cruel et grotesque, et qu'un flot continu d'informations aussi mensongères qu'infantilisantes convertit en fiction. 

lundi 21 janvier 2013

Let's dance


Voilà,
Une heure après au même endroit tout avait été déblayé.
et même les silhouettes de Cyd et Fred avaient disparu
C'eût été tout de même dommage de ne pas s'attarder
(linked with monday murals
 

dimanche 20 janvier 2013

Saules Cortot


Voilà,
aujourd'hui quand même c'était difficile de ne pas échapper à la tentation. La neige n'est pas si fréquente à Paris. Les bus ne circulaient plus, les rares voitures - c'était dimanche - roulaient prudemment, et Montmartre, en dépit des touristes, ressemblait à un village.
Silence, lenteur...
Toute action entreprise à pas mesurés

samedi 19 janvier 2013

Exorcisme

Voilà,
s'inventer des apparitions, agencer d'improbables espaces, reconfigurer les traces d'un rêve dissipé et pour un instant du moins, annuler cette réalité-là, conjurer la sinistre, pitoyable et pathétique vision que sournoisement ce jour gris aura - de façon durable c'est certain - imprimé dans la mémoire : le visage si peu ressemblant à ce qu'il était, transformé en une obscène caricature. Puis il y eut le couvercle. Les écrous. Le sceau. Et à la fin les témoins assemblés, applaudissant soudain l'artiste pour sa dernière sortie.

jeudi 17 janvier 2013

Avec le noir, tu te soulages toujours ?

  

Voilà,
hier au Franprix en faisant mes courses je n'ai pas pu m'empêcher.
Encore une fois, je me suis laissé happer par cette scintillante surface
le jeu de la lumière sur les plis
les nuances de noir les tâches...
Menus détails encore.

mercredi 16 janvier 2013

Menus détails


Voilà,
A jamais tributaire de ces éphémères paysages d'ombres et de reflets que la réalité semblait parfois lui offrir et au devant desquels il allait, il essayait de se persuader que le bonheur pouvait se trouver là, dans les menus détails, le bref éblouissement d'une perspective inversée ou déformée, la surface incertaine d'une transparence qu'une simple averse rend soudain granuleuse, l'énigme inexplicable d'un lieu et d'un moment où il avait aussi peu de raison d'être que de n'y être pas.

lundi 14 janvier 2013

Attendre que vienne un rêve peut-être

Esplanade de La Défense, sous la grande Arche (Mars 2010)
Voilà,
Je n'y avais pas prêté une attention particulière, à première vue, mais finalement elle me plaît bien maintenant, cette image, je lui trouve un certain charme dans le genre urbain. Mais d'après Kafka: "On photographie les choses pour se les chasser de l'esprit". Et il ajoute : "mes histoires sont une façon de fermer les yeux". Je tente l'expérience : tel qu'il est sur la photo ci-dessus, le paysage ne se laisse pas tout à fait oublier. Si je ferme les yeux deviendra-t-il une histoire ?

dimanche 13 janvier 2013

Triste dimanche


Voilà,
Il aimait les chevaux. Celui-là, nous étions allés le voir ensemble près de chez lui, un jour de printemps 2009. C'était un homme de la terre et une âme de poète. Il a trop tôt quitté ce monde aujourd'hui. Quoi dire ? Une grande tristesse, oui une grande tristesse. Je ne peux pas faire comme si ça n'avait pas eu lieu. Je me souviens qu'il avait imaginé à quoi pourrait, lorsque sa fille aurait dix-huit ans et viendrait avec ses copines, ressembler cette maison qu'il avait en partie rebâtie de ses mains... Eh bien non, il ne verra pas ça. C'est tellement absurde. Au moins ne laissera-t-il pas sans rien ceux qu'ils a aimés. C'est bien de t'avoir croisé et un peu connu... Chevauche en paix Didier Agostini ...

samedi 12 janvier 2013

Trace couleur et passage

  

Voilà,
rien que ça.
la couleur dans le gris uniforme de l'hiver
juste ça
sujet aboli oublié

mercredi 9 janvier 2013

Couples la nuit et dessins sur un mur

Pochoirs de Miss Tic à l'entrée d'un hôtel
Voilà,
après une soirée dans un lounge d'hôtel très huppé où, échoué au milieu d'une bohème chic essentiellement composée de lesbiennes pour la plupart cloutées et tatouées, mais néanmoins élégantes et parfois même assez sophistiquées, il m'avait été donné d'entendre une lecture de textes poétiques et militants de l'avant-garde new-yorkaise des années 90, en buvant, dans l'accueillante mollesse d'un confortable et profond canapé, un champagne léger et plutôt fruité, et aussitôt achevées les civilités d'usage, les échanges creux, les conversations superficielles et faussement érudites qui succèdent en général à de tels événements, je m'étais, une fois dehors, laissé doucement dériver dans la nuit froide vers des quartiers plus populaires, aux alentours de la Place Clichy . Soudain, à la porte de ce qui m'avait alors semblé une pension bon marché, ce jeune couple dans cette lumière particulière entre deux pochoirs de Miss Tic avait immédiatement retenu mon attention.

dimanche 6 janvier 2013

Non mais maintenant seulement rester là

Rue Pernelle, Paris
Voilà,
certaines photos renvoient à d'autres : même motif même scène, corps fatigués, abandonnés, corps en partie cachés. Et les pigeons aussi, déjà vus, petits vautours guettant la charogne. Figures de la misère dans des boîtes, des cartons ... De plus en plus nombreuses à peupler le paysage urbain de leur déchéance. "Un instant je vois le ciel, les différents ciels, puis ils se font visages, agonies, les différentes amours, bonheurs aussi, il y en eu aussi, malheureusement. Bonheurs, quels bonheurs, mais quelles morts, quelles amours, je l'ai su c'était trop tard (...) Non mais maintenant seulement rester là (...) et voir le ciel un peu longuement, mais non, hoquets et spasmes, mer d'une enfance, d'autres ciels, un autre corps (Samuel Beckett in "Pour finir encore" éditions de minuit)

samedi 5 janvier 2013

Au spectacle

Obsèques de Tino Rossi, 29 septembre 1983
Voilà,
dès le premier quart d'heure, j'avais compris que ces acteurs gesticulant sur le plateau ne m'emporteraient pas très loin, et que j'aurais du mal à m'intéresser à l'histoire qu'ils interprétaient. Sans doute n'était-ce pas totalement leur faute, je n'étais guère disponible : sans que je puisse me l'expliquer le souvenir de cette photo prise il y a longtemps occupait mon esprit et j'essayais mentalement de la recomposer. Ce visage et cette solitude m'avaient alors beaucoup ému. Oui je me souvenais de ce type serrant son petit sac contre son cœur et je m'étais alors demandé ce que représentait pour lui Tino Rossi cette idole d'un temps pour moi lointain que l'on enterrait. C'était vraisemblablement sa jeunesse et tout un cortège de souvenirs qu'il voyait défiler, et je me rappelle avoir alors supposé qu'un jour viendrait où peut-être je photographierais en de semblables circonstances des rockers croulants et pathétiques, fans de Johnny Hallyday ou d'Eddy Mitchell dont les chansons paraîtraient alors aussi kitsch et désuètes à des jeunes gens de vingt ans que celles de Tino, mais cette perspective m'avait alors paru lointaine. Ainsi pendant qu'une histoire semblait prendre forme au pied des gradins, c'est à cela que je songeais, mais aussi à quelqu'un avec qui j'ai quelquefois passé des soirées de camaraderie et qui lutte à présent contre la mort sur un lit d'hôpital. Toutes ces réminiscences ces réflexions se mélangeaient aux scènes qui se constituaient sous mes yeux, élaborant une soupe mentale à laquelle s'ajoutait pour épicer le tout, le souvenir de quelques conneries proférées en d'autres lieux d'autres temps par le vieux soldat qui continue de me hanter et de se décomposer dans ma mémoire, bref, j'étais incapable de me concentrer sur ce que je voyais. Mon corps au milieu du public, ma pensée loin, dans une autre temporalité, aux prises avec le muet tumulte des images et des idées, là et pas là, distrait donc, je me sentais un peu comme cet enfant photographié ce jour de septembre à mille lieux de l'événement auquel il avait été malgré lui convoqué pour en devenir l'involontaire et dissipé spectateur...

Obsèques de Tino Rossi, Rue Royale

mercredi 2 janvier 2013

La patience

 

Voilà
c'était l'hiver dernier dans un quartier où je ne viens jamais le soir. Il y avait cette fille avec de jolies jambes qui semblait attendre quelqu'un. Elle devait être d'un grand calme et d'une grande patience. Elle est restée longtemps immobile sous la pluie. Moi dans ces cas là mes pieds s'ennuient très vite. Un instant j'ai songé guetter celui ou celle qui viendrait à sa rencontre. Finalement j'ai renoncé préférant traîner dans le coin. C'était un bon soir, un soir à photos. Oui j'en ai profité pour en faire quelques autres dans les parages. Je n'ai pas tout montré encore...
shared with  digital whisper

lundi 31 décembre 2012

L'année en train d'arriver


Voilà
l'année qui est en train d'arriver en une année passera  
moi je suis en train de m'y préparer, c'est ça la nouvelle (Lucio Dalla)

dimanche 30 décembre 2012

Pochoir sur un mur de Paris

Impasse St Claude près de la Rue de Turenne, Paris
Voilà,
Bye-bye 2012.
Ne laissera pas un souvenir impérissable

samedi 29 décembre 2012

Passage d'un spectre


Voilà
d'un pas léger il semble glisser parmi les décombres
d'une ville fantôme désormais soumise
à l'effroyable et sinistre contagion des ténèbres
et l'accompagne pourtant cette obsédante sensation
que chante encore oui chante encore
un oiseau quelque part

mercredi 26 décembre 2012

En songeant à Saul Leiter....



Voilà,
en songeant à Saul Leiter
on finit par être rattrapé par Francis Bacon





Du café chez Félicie au, avenue du maine au Café "La Palette" en face des Beaux-Arts (Paris 6)
(shared with weekend reflection)

dimanche 23 décembre 2012

Tour Montparnasse


Voilà,
le Boulevard Edgar Quinet et la Tour Montparnasse il y a quelques jours par un soir de semi-brume un peu pluvieux, semblables à des illuminations de Noël. Hier, en feuilletant le recueil de Brassaï "Paris la nuit", j'ai découvert cette photo où il est question "d'un coin peu connu du quartier Montparnasse, le tunnel sinistre par où, sous le chemin de fer, le boulevard Edgar Quinet débouche sur l'Avenue du Maine. J'aimerais retrouver des vieux plans et d'autres photos anciennes pour voir quelle configuration pouvait alors avoir le quartier.

samedi 22 décembre 2012

RER, ligne C Pont de l'Alma

Ligne C, pont de l'Alma (Décembre 2008)

Voilà
chaque fois que je passe sur ce tronçon, affleure le souvenir imprécis d'un livre lu dans mes premières années parisiennes alors que je sortais à peine de l'enfance. Il racontait les errances de trois jeunes collégiens dans le Paris des années trente. Il me semble que dans un chapitre il était question de cette voie ferrée qui longe la Seine non loin de la tour Eiffel. J'ai racheté ce livre il y a quelques années, me promettant de le relire, mais je crois que je ne le ferai jamais. Tant d'autres qui attendent d'être ouverts. Je l'ai néanmoins parcouru sans pour autant y trouver les lignes qui m'avaient ému. Peut-être après tout ai-je confondu ou inventé. À moins qu'il ne s'agisse d'un autre ouvrage du même auteur - au demeurant plutôt mineur et dont le style date terriblement - qui lui aussi aurait évoqué les vagabondages d'autres jeunes gens. Tout cela d'ailleurs n'a vraiment plus d'importance, à bien y songer. Allez qu'il aille au diable aux champs à Cuges ou bien ailleurs rejoindre ses ruines et qu'il ne nous emmerde plus l'encombré. Pas même la peine de lui coller un vieux clébard pour la compagnie de toute façon il est sorti du cadre. Ses souvenirs ne sont plus les miens. Et quant à moi - pour peu que ces trois lettres aient encore un sens, une réalité, et que quelque chose en subsiste - je n'y suis déjà plus pour personne.

vendredi 21 décembre 2012

Matière brute


   

Voilà,
face au mur. 
Une sorte de vertige, d'abdication inquiète.
Tous ces chemins ténébreux qu'il aura fallu 
- souvent à son corps défendant -
emprunter quoi qu'il en coûte

jeudi 20 décembre 2012

La petite licorne bleue

Métro parisien Décembre 2012
Voilà,
un jour dans le métro un préposé à l'arrachage des affiches publicitaires était venu décoller toutes celles qui avaient été les mois précédents superposées sur un même emplacement. Aussitôt des voyageurs parmi ceux qui attendaient sur le quai s'étaient rassemblés autour de son espace de travail délimité par des bandelettes plastifiées bicolores orange et blanc, et bien évidemment chacun avait sorti qui son appareil photo qui son smartphone. Ainsi le travailleur, sans doute modestement rétribué, était-il devenu, et cela simplement parce que son activité s'effectuait aux yeux de tous, une sorte de performer bien malgré lui. L'intérêt que ces témoins portaient pour les images hasardeuses suscitées par ces arrachages successifs, m'avait alors surpris. Ce qui autrefois, avec les décollement de Raymond Hains ou de Jacques Villeglé  avait été raillé comme relevant d'une avant-garde fumiste et facile accédait désormais, au rang d'œuvre d'art populaire et reproductible, confirmant l'intuition de Marcel Duchamp selon laquelle c'est le regard de l'observateur qui confère à un objet son statut. Mais plus encore, j'avais été frappé par l'exigence que ces curieux avaient alors manifesté vis-à-vis du travailleur. Car lorsque celui-ci arrachait - trop promptement à leur goût - les morceaux d'affiches qu'il entassait ensuite en vrac sur le quai, les empêchant ainsi de fixer l'image qu'ils avaient un trop bref instant entrevue, les spectateurs n'hésitaient pas à exprimer à haute voix et sans aucune gêne leur désapprobation et leur déception. Ainsi s'arrogeaient-ils de la sorte un droit sur le geste du travailleur se muant donc à la fois en contremaîtres, en consommateurs exigeants et capricieux, en metteurs en scène d'un acte qu'ils n'avaient aucunement initié, et en voyeurs consentants et complice du spectacle de l'exploitation. C'est à cela que je repensais hier après avoir croisé la petite licorne bleue dans un couloir de correspondance.

mardi 18 décembre 2012

Pas comme prévu



Voilà
rien ne se passait vraiment comme prévu je ne parvenais pas à m'expliquer cette soudaine passion pour le souffre euh le surf ni ma présence dans cet accoutrement en la circonstance ridicule parmi ces silhouettes muettes ambassadrices d'un souvenir impossible à reconstituer La brusque fugitive et monstrueuse apparition rompit le silence et l'envoûtement où me tenait le songe Une fraction de seconde plus tard j'émergeai de ma torpeur tout pantelant sur la berge de mon lit la main crispée contre mon cœur. 
Shared with - Rain'sTADD

lundi 17 décembre 2012

Impromptu ce soir

L'escalier du Centre Culturel Tchèque à Paris
Voilà
sortie impromptue ce soir. Peut-être parce que je lui ai envoyé ce lien il y a trois jours, Pascal me propose d'assister au centre culturel Tchèque rue Bonaparte à la projection d'un film de 1967 : "La fin de l'agent W4C par l'intermédiaire du chien de Monsieur Foustka" réalisé par Vaclav Vorlicek. Le film est excellent, loufoque, d'une insolence désinvolte et d'un humour souvent absurde. On sent aussi toute cette effervescence du printemps tchèque, celui du "socialisme à visage humain" que l'on croyait alors possible à l'ombre de l'URSS. J'en ai aussi profité pour m'attarder à la très intéressante exposition "Industria" de Vaclav Jiracek dans ces mêmes murs. Puis je suis aller musarder dans le quartier pour y faire quelques photos

 

Malgré la bonne humeur que j'ai éprouvée tout au long du film, je me suis retrouvé assez mélancolique une fois dehors. Je crois que j'ai de plus en plus de mal avec les illuminations, avec Noël, tout ça... Sans doute ai-je de plus en plus de mal avec moi aussi, mais ça c'est une autre histoire. Ces deux-là, prises à quelques secondes et à quelques mètres d'intervalle, m'ont semblé faire la paire. L'une devant l'église St Germain-des-prés, l'autre dans une des vitrines de la nouvelle librairie La Hune ....

dimanche 16 décembre 2012

A Strasbourg St Denis


Voilà,
elle avait l'air de l'aimer fort son indien, la petite japonaise. En tout cas de se sentir bien auprès de lui. Parfois elle s'assoupissait quelques secondes sur son épaule, puis elle relevait la tête, et c'était comme si elle le regardait avec reconnaissance. Je me demandais ce qu'il avait bien pu lui faire ou plus exactement comment. Lui, paraissait ne pas s'en rendre compte. Mais peut-être feignait-il de ne pas s'en apercevoir. Les mâles sont parfois si vaniteux. Et puis à Strasbourg St Denis, soudain son visage s'est effacé.

samedi 15 décembre 2012

Lignes, cercles, rectangles et trapèzes


Voilà,
je suis content de cette photo néo-constructiviste prise à l'entrée de la fort intéressante exposition Jesse Fernandez que propose la maison de l'Amérique latine à Paris. D'ailleurs les illustrations et les couvertures de livres qui y sont présentées valent aussi le détour. Et en plus c'est gratuit. Oui je sais, manifester une telle satisfaction pour une malheureuse photo peut bien paraître narcissique mais après tout, quiconque s'autorise d'un point de vue sur quoi que ce soit affirme une semblable posture. Donc je me réjouis, ne serait ce que pour la fraction de seconde où les circonstances m'ont permis d'entrevoir la possibilité de ce cadre. Et puis parlant de mon plaisir, j'aborde ce que je connais le moins mal, même si, quel que soit l'objectif à atteindre (pour l'écriture) ou utilisé (pour la photo), je serai, pour reprendre la jolie formule de Doisneau, toujours condamné "à l'imparfait du subjectif". Bref, sous cet angle j'ai perçu qu'il y avait de la géométrie, des lignes de forces, des répartitions de surfaces des formes que je trouvais séduisantes pour l'œil et une fois encore je n'ai pas pu résister.


Pareil dans les toilettes de l'INALCO où j'ai soudain été ému par cette absence de perspective et ces motifs isolés, dispersés sur un espace plan. Pour ceux que la géométrie intéresse je recommande ce lien.

vendredi 14 décembre 2012

Le spot


Voilà,
ça entrait ça sortait il y avait du va et vient dans ce pub assez rupin, ils étaient tous beaux plutôt bien habillés, entre gens de bonne compagnie, blancs quoi, ravis de chanter ensemble en se dandinant épaule contre épaule, en faisant tou tou tou - tou - tou tou, sur "every kind of people" un tube de Robert Palmer des filles splendides embrassaient des garçons mignons qui avaient l'air de bons copains qui peut-être se suçaient à l'occasion, chacun semblait heureux épanoui, on se balançait des œillades en-veux-tu en voilà quelques gusses avaient une vague altercation mais tout rentrait dans l'ordre très vite et finissait en sourires et en accolades parce que, n'est ce pas, c'était juste "un conflit de basse intensité", comme disaient les stratèges de l'époque ; un mec à pilosité subnasale était content de faire, en buvant, de l'œil à une jolie femme accompagnée, qui néanmoins trinquait à sa santé et cette petite tâche de mousse déposée sur sa moustache après une bonne rasade, laissait supposer qu'ils n'en resteraient pas là puisqu'elle semblait trouver ça drôle, et qu'ils le tireraient peut-être aussi leur coup et pourquoi pas à trois... Un rêveur solitaire, adossé à un mur de bois ambré contemplait les seins d'une jolie serveuse rousse fermement bustée qui ne trouvait rien à y redire, bref il y avait de la libido dans l'air. Les années quatre-vingts allaient commencer ça serait nouveau et intéressant on deviendrait postmoderne on pourrait à l'envi disserter sur l'ère du vide en buvant de la bière comme le feraient quelques penseurs à la mode, et à la télévision un vieil artiste populaire se découvrant soudain une vocation politique et visionnaire proclamerait "vive la crise"  et proposerait des solutions à la con pour un futur qui ne ressemblerait en rien à ce qu'il est devenu (quoique le faux flash d'information du début est assez proche de ce que l'on connaît aujourd'hui)
Relire ce numéro spécial de Libération paru à l'occasion de cette émission de télévision donne idée de la fatuité des journalistes et des penseurs en vogue de l'Epoque ... Ce spot pour la bière qui fait aimer la bière, repassait en boucle dans toutes les salles de cinéma  et l'on se disait que pourquoi pas ça serait pas mal si la réalité pouvait ressembler à cela mais on ne voyait pas grandir les minots de banlieue, on ne connaissait pas encore le virus aux quatre lettres flippantes (je me souviens d'un article avant que l'épidémie ne se propage qui dans le journal "nouveau et intéressant" titrait "le virus c'est dieu) dieu donc demeurait pour un temps encore tapi dans le corps du singe, Kaboul n'était pas encore un champ de ruines, L'URSS faisait toujours peur, Mitterrand serait bientôt élu en promettant la rupture avec le capitalisme, avant de se résoudre au tournant de la Rigueur et quelqu'un qui m'emporterait plus tard vers d'autres mondes venait à peine d'entrer dans celui-ci.... On se tirait des lignes dans les chiottes du Palace où des filles défoncées baisaient aux yeux de tous, où tu pouvais danser toute la nuit sur de la disco à côté de Béjart sans trop penser à la folie meurtrière qui déchirait Beyrouth, c'était le temps de l'inconscience et de mes premiers collages ...
première publication 14/12/2012 à 00:44

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