dimanche 5 décembre 2010

En songeant à Kertesz

  

Voilà,
hier en visitant l'exposition de Kertesz , je me suis aperçu qu'en 1985, à New York, j'ai sans le savoir, cadré une photo presque comme lui.  Une chose est sûre, la sienne est beaucoup mieux. Une autre photo a particulièrement retenu mon attention : celle intitulée "le peintre d'ombre" datant de 1926 et qui anticipe étrangement l'ombre inscrite sur le mur d'Hiroshima, tout en se révélant graphiquement son exact opposé (l'homme est en bas de l'échelle il ne peint plus, l'échelle est tournée dans la direction inverse) Fascination de certains photographes pour les ombres (Kertesz), les reflets (Friedlander), les surfaces plus ou moins floues ou opaques (Saul Leiter), les déformations (Kertesz encore)

 

mercredi 1 décembre 2010

Dormir pour oublier 2


Voilà
au milieu de l'après-midi, dans le froid, alors que tombe la première neige de l'hiver, un homme contre un mur de la Faculté de Médecine, dort enveloppé dans une couverture isothermique. Cette fine pellicule dorée évoque un sarcophage égyptien, mais aussi les corps accidentés que l'on recouvre. En même temps je ne peux m'empêcher de me rappeler que cet accessoire (mais qui de nos jours ne l'est pas pour tout le monde)  est apparu au moment de la conquête spatiale pour protéger des rayons cosmiques le matériel sophistiqué utilisé par les astronautes américains sur la lune. En quarante ans, surprenant, comme sa valeur et son usage se sont considérablement transformés.

mardi 30 novembre 2010

Quai


Voilà
une sorte de malaise, d'embarras ne m'a pas quitté de la journée. Je me suis demandé si cette longue conversation téléphonique la veille, n'en était pas la cause - sans pour autant saisir ce qui précisément avait pu à ce point m'atteindre ou me déranger dans cet échange. Et puis la matinée passée dans un studio confortable et bien chauffé de la maison de la Radio à écouter ces témoignages d'islandais  que la crise bancaire à plongés dans la misère n'a sûrement pas arrangé les choses. Par la suite je n'ai pu faire que des photos anodines et quelconques. Comme si pour échapper à cette sensation bizarre, il n'y avait d'autre issue que de s'ancrer au réel dans ce qu'il a de plus ordinaire. Mais qui sait si demain cet ordinaire là n'aura pas la consistance d'un rêve évanoui ?

lundi 22 novembre 2010

Vitrine


Voilà
je n'ai jamais osé rentrer dans cette boutique. Mais elle provoque en moi le même transport que les vieux calendriers de l'avent de mon enfance... J'y retrouve un je-ne-sais-quoi de merveilleux et de chaleureux, l'inaccessible confort bourgeois, peut-être... Parfois, aussi, l'envie d'être une de ces figurines au premier plan, et de céder comme je ne sais plus quel poète, à la croyance que les objets inanimés ont une âme...
linked with weekend reflections

samedi 20 novembre 2010

La photo qui fait parler


Voilà
je ne sais ce qui me lie à cette femme à cet homme et à son ombre. Ces trois figures ne me sont pas étrangères, bien que je ne les connaisse pas. C'est tout de même mon regard qui les a réunies. Ne me serais-je pas attardé, ne resteraient sans que je m'en souvienne que l'homme et son ombre cadrés dans l'image prise par la femme. Mais je crois que c'est cela qui précisément m'a incité à  figer cet instant : une femme photographie un homme et son ombre. Ou peut-être même seulement son ombre. La femme pense-t-elle, que l'ombre est le négatif du corps ? Met elle en relation la silhouette et ce qui s'en projette sur cette espèce de porte ? Comme si l'homme interrogeait son ombre par exemple et constatait qu'il n'était somme toute que cela, ou même qu'il consentait ou se résignait à n'être que cela dans le regard de cette femme. En tout cas, qu'une femme s'intéresse à la fois à un homme et à son ombre, voilà qui m'a intrigué. J'ai passé un certain temps à les épier à une distance raisonnable, mais encore trop lointaine pour obtenir des  informations tangibles. Peut-être l'homme était-il comédien et posait-il pour ajouter des photos à son book ? Ou bien était-ce là femme photographe qui avait proposé  une séance de pose à l'homme qui, ainsi répondait à son désir ? Oui c'est ça sans doute qui me plaisait : l'homme acceptait d'être tout entier dans le regard de cette femme. Et sans doute à ce moment là, ai-je eu envie d'être l'homme dans le regard de cette femme, l'homme dans le désir d'une telle femme. Mais il y a l'ombre. Ce que suggère aussi la photo, c'est que l'homme accepte de s'exposer face à son ombre qui est à la fois une forme d'inscription du corps et d'effacement de l'identité, car une ombre, la photographie d'une ombre ce n'est pas rien, depuis un certain jour d'Aout 1945 où l'une d'entre elles est restée comme une empreinte sur un mur d'Hiroshima. Et si la femme s'intéressait plus à la trace que laisse l'homme qu'à l'homme lui même ? Et si dans ce trio, à cet instant l'homme n'était qu'un pourvoyeur d'ombre ? Peut-être est ce la femme qui pour son projet demande à l'homme de se tourner vers l'ombre : que signifie alors la photo qu'elle cadre ? Qu'est ce qui l'intéresse dans cette relation entre l'homme et son ombre ? Et si l'homme, comme me l'a suggéré une amie, est en train de téléphoner, s'adresse-t-il à la part obscure et indistincte de lui-même ? Mais quoiqu'il en soit, il le fait pour une femme, qui par le truchement de son appareil l'installe dans son regard et donne une forme à son propre fantasme, qui en grec signifie tout à la fois fantôme, spectre, apparition, vision, une forme particulière d'ailleurs, puisque le regard de l'homme en est absent (il lui tourne le dos) et que c'est l'ombre qui fait face à la femme.
Peut-être tout cela suscite-t-il ma curiosité parce qu'au fond ce qui est au principe de cette image est juste l'acte de photographier et la signification de cet acte. D'ailleurs, par essence la photographie qui rend l'absent présent et l'éphémère durable n'a-t-elle pas à voir avec les spectres et les ombres et aussi avec le deuil et la mélancolie ?
Et si en somme, je n'avais pris cette photo simplement parce que je voulais y voir tout autre chose ? (linked with the weekend in black and white




mercredi 10 novembre 2010

Tentative d'explication


Voilà
à la Fondation Cartier-Bresson, où est présentée une exposition de Harry Callahan, passant d'un étage à l'autre je fais des photos avec mon Iphone pour expliquer à ma fille de neuf ans ce qu'il aurait pu faire s'il avait visité cet endroit. C'est une tentative d'explication de l'attrait des motifs géométriques dissimulés dans la réalité qui caractérise le travail de cet artiste. C'est juste pour lui montrer qu'il suffit de regarder un peu attentivement pour en trouver. Elle me répond simplement que oui peut-être, il aurait pu le faire en effet, mais qu'on ne peut vraiment pas en être sûr et que c'est juste moi qui imagine qu'il aurait pu le faire et qu'en vérité il aurait pu tout aussi bien photographier autre chose. Je lui réponds que c'est son point de vue, elle me répond que non c'est sa pensée et que c'est moi le point de vue puisque je prends la photo. Parfois je me demande à quoi ça sert de vouloir expliquer les choses.

lundi 8 novembre 2010

Trompeuse Image

Voilà
il y a ce début de film étrange... des paysans quelque part dans un pays d'Asie du sud-est mangent ou font la sieste dans une clairière. Non loin un zébu est attaché par une corde à un arbre. Si je me souviens bien, il ne se passe rien. On entend les bruits de la nature. Mais voyant cela je pense immédiatement à un autre film où des gens pique-niquent sous des arbres quelque part dans une campagne turque.  Les enfants s'ennuient pendant que les parents tiennent des propos acrimonieux sur quelqu'un d'autre. Seul le grand père semble sympathique... Eux aussi bientôt vont piquer un petit roupillon. Puis sans qu'on ne comprenne comment le zébu parvient à se libérer du lien qui l'entrave et s'échappe. Les enfants du film turc rôdent dans des cimetières pour se distraire. Les souvenirs lointains remontent. L'enfance, la vie au bord de mer, les dimanches après midi chips poulet bien rôti (mmh ce qui est bon c'est quant la peau est noire) les tupperware (c'est tout nouveau) la nappe en plastique posée sur les aiguilles de pins et la couverture militaire qui gratte et sur laquelle on s'allonge après le repas, car bien sûr il est hors de question d'aller se baigner tout se suite, il faut digérer avant d'aller à l'Océan, et puis de tout façon, il faut attendre que la marée soit complètement basse, car c'est quand la mer se retire qu'elle est la plus dangereuse.




Oui là maintenant alors que dehors l'automne devient froid et pluvieux, moi je rajeunis et retourne vers les étés de mon enfance, vers cette parenthèse enchantée de Biscarrosse. J'avais alors l'âge que vient d'avoir ma fille aujourd'hui, et déjà tant de souvenirs, de paysages et de frayeurs en moi. Et là c'était la paix, la joie solaire et l'éternité retrouvée, celle de la mer alliée au soleil. Pourtant regardant cette image, je sais aussi ce qu'elle a de trompeur. Mon père déteste sa mère, il la trouve pénible et égoïste. Il lui reproche secrètement de l'avoir abandonné quand il était enfant. Il déteste les pique-nique le dimanche, il préfèrerait faire ses maquettes dans son coin à la maison, et sa sieste aussi. La photo semble témoigner d'un moment idyllique, mais cette image c'est disons 1/125 ème de seconde. Elle ne peut raconter cette image, ce que le père dit quand il regarde les actualités à la télévision, et qui commence à susciter en moi bien des questions et des doutes, ces choses effrayantes et morbides, ni que cette femme, ma grand-mère donc était drôle et fantasque, et que c'était sa façon à elle d'enfouir un souvenir atroce. Pourtant c'est elle qui semble un peu boudeuse sur le cliché.  

samedi 6 novembre 2010

見性 (kensho)


Voilà
par une paisible et douce fin d'après-midi d'automne, marcher silencieux sur des tapis de feuilles jaunies. S'abandonner, dans un périmètre peuplé d'absences, au tendre éclat de la lumière. Un instant, pour que cette fugitive sensation de ne faire qu'un avec le monde, ne disparaisse tout à fait, lui faire confiance. 
  
Pour désigner cet état les japonais ont le mot kenshō (見性 littéralement « voir la nature » en japonais). C'est un concept important du bouddhisme Zen et Chán. ... On peut le traduire par éveil, illumination ou conscience de soi.
(from the archives) 

dimanche 31 octobre 2010

Le Passeport


Voilà
c'est à cause de ce montage-là de Jindrich Styrsky dans une anthologie du surréalisme que je me suis dit que peut-être je pourrais essayer un jour moi aussi après tout oui que je pourrais peut-être oser... Et puis aussi parce qu'une fois, au début où nous nous connaissions, rendant visite à Agnès qui avait gardé la chambre parce qu'elle était un peu malade, j'avais vu des collages qu'elle avait réalisés et qui m'avaient plu bien que cela me parût curieux de réaliser de telles choses qui, dans le milieu où j'avais grandi, semblaient tout à fait saugrenues inutiles et dont la possibilité ne m'avait jamais été offerte. Voilà sans doute pourquoi, quatre ou cinq ans se sont écoulés avant que je ne m'autorise enfin à le faire...

samedi 30 octobre 2010

Attock, un souvenir



Voilà
le temps d'une halte nous nous sommes attardés. Une pluie fine et persistante embuait le paysage, mais il m'a semblé que le lieu et le moment voulaient échapper au cours indifférent des choses et demeurer non pas ensevelis en moi sous d'autres souvenirs, mais survivre au regard que je portais sur eux. Un pont enjambait le fleuve, un camion solitaire le traversait. Les mots fuyaient encore, le ciel avait la couleur de l'eau. Je me tenais donc là (cela n'arriverait plus jamais) sur les bords de l'Indus, paisible et majestueux. Sénèque a dit autrefois  – je l'ignorais alors – que ses eaux tièdes charrient des diamants à travers les déserts.... J'aurais voulu me dissoudre dans la couleur uniforme de ce moment.

vendredi 29 octobre 2010

Comme un Soulages


Voilà,
c'est pas grand chose, mais quand même : une attitude suspicieuse et même vaguement menaçante. La vendeuse, me voyant photographier la pellicule plastique enveloppant une livraison posée devant sa vitrine, sort avec précipitation de son magasin de luminaires et me demande abruptement "c'est pourquoi ?". Tout en continuant de prendre des clichés, je lui demande si elle connaît le peintre Soulages qui a beaucoup travaillé sur le rapport de la lumière et de la couleur noire. Ma question semble la destabiliser, non elle ne connaît pas. Je lui explique que je fais la même chose, et qu'il ne faut pas s'inquiéter. Elle me regarde un instant perplexe, dit "Ah bon" et retourne à son travail, après avoir tout de même esquissé un léger sourire. Ouf, la commerçante a repris le dessus - in extremis.

jeudi 28 octobre 2010

Le Totem



Voilà
certains dimanches, Philippe et Dominique décidaient d'aller rue Berryer en famille visiter le Fonds National d'Art Contemporain, préfiguration du centre Pompidou en construction, situé dans l'hôtel particulier Salomon de Rothschild. Comme ils m'avaient en quelque sorte adopté, j'étais moi aussi de l'expédition. J'avais dix-sept ans et l'art moderne m'était alors à peine moins exotique que les iles Tuvalu et aussi énigmatique que l'aurait été un film tchèque sous titré en hongrois. Je me souviens cependant du choc suscité par les armoires monumentales et inutiles de Louise Nevelson, de ma perplexité et de ma sidération devant ce fascinant bricolage totémique, ces agencements inattendus, qui, en dépit de leur statut d'objet, semblaient me regarder autant que je les observais. Ils m'apparaissaient comme chargés d'une multitude d'histoires secrètes que dissimulait le noir uniforme qui les liait. Je ne pouvais m'empêcher de songer au coffre à jouets de mon enfance qui était en fait une caisse de munitions, à tous ces bois de récupération avec lesquels mon père avait fabriqué des meubles de fortune lorsqu'il ne nous restait plus rien du retour d'Algérie. Il était donc possible de faire quelque chose d'artistique avec peu, avec des rebuts. On pouvait donc donner du sens et de la grandeur à ce qui était pauvre, méprisé, rejeté...
Il m'arrive parfois de retourner au centre Pompidou et de m'attarder devant cette sculpture. Exposée en pleine lumière, elle n'a plus cette aura de mystère que lui conférait son exposition d'autrefois dans la pénombre. Mais chaque fois que je la retrouve son énigme demeure, et je sais que quelque chose de mon histoire y est à jamais associé. Elle me renvoie à toutes ces personnes aimées qui m'ont éveillé, ouvert les yeux, fait grandir, m'ont éloigné de mes démons et donné le goût de la beauté et de la vie. Elle les rend présentes, intensément vivantes et proches. Oui proches surtout. Elle est là, comme une sentinelle qui veille et préserve pour moi ce temps où mon regard sur les choses a commencé de changer.

mercredi 27 octobre 2010

Mains




Voilà,
 1. Extrémité du membre supérieur de l'homme, articulée avec l'avant-bras au niveau du poignet et qui finit à l'extrémité distale des doigts. Caractérisée par sa fonction essentielle, la préhension, permise grâce au pouce, opposable à tous les autres doigts, la main est aussi l'organe essentiel du toucher. / Le dessus, la paume, les cinq doigts de la main. Saluer quelqu'un en lui serrant la main. J'ai votre dossier en main : je m'en occupe. Ouvrage fait à la main, uniquement par un travail manuel. Vote à main levée. Dessin à main levée, fait rapidement, sans poser la main. Il a pris la première arme qui lui est tombée sous la main, qu'il a trouvée. [Ce mot entre dans de nombreuses expressions, où il symbolise l'activité, le pouvoir, la possession, l'échange, etc.] Spéc. Faute de main, qui consiste à toucher le ballon de la main (au football). Loc. adj. Main(s)-libre(s). Téléphone mains-libres, dans lequel récepteur et microphone sont incorporés. 2. ZOOL. Extrémité du membre antérieur des Primates. 3. Symbole de l'autorité, du pouvoir d'une personne, ou cette personne elle-même. Un événement marqué par la main de Dieu. Il a trouvé une main charitable pour lui venir en aide. 4. Aux jeux de cartes, l'initiative. Avoir la main ; passer la main. Avoir une belle main : des cartes favorables. Avoir, faire, être à la main : au baccarat, être le banquier. 5. Manière d'un artiste, d'un créateur. C'est là qu'on reconnaît la main du maître. Se faire la main : s'exercer. Perdre la main : perdre son habileté. Tour de main : mouvement manuel habile d'une personne expérimentée. 6. Petite main : ouvrière de mode débutante, qui a environ 30 mois d'apprentissage. Seconde main : ouvrière qui a accompli entre 36 et 45 mois d'apprentissage. Première main : ouvrière ayant suivi une formation professionnelle de 54 à 60 mois et dont la connaissance du métier est complète. Elle est première main tailleur. 7. Vx. Main chaude : jeu de société dans lequel un joueur, les yeux bandés, tend la main et doit deviner quelle personne lui a donné une tape dans la main. 8. Main à main : exercices d'équilibre de deux artistes qui se tiennent par les mains, l'un portant l'autre. 9. DR. CIV. Main commune : clause par laquelle les époux conviennent, dans leur contrat de mariage, d'administrer conjointement la communauté. 

mardi 26 octobre 2010

Le Flâneur


Voilà
finalement j'ai touché à tout sans jamais vraiment rien saisir. Et ce que j'ai cru saisir m'a échappé je n'ai pas su le retenir. Qu'une fraction de seconde puisse changer le cours d'une vie, j'en ai conscience. Je le crains souvent, je l'espère parfois. Et si je collectionne les fractions de seconde, au bout du compte, de tout cela il ne reste pas grand chose. Quelques empreintes que dépose l'errance du flâneur. Ni tout à fait étranger, ni vraiment de ce monde (il n'a pour moi guère plus de clarté que que le sommeil d'une bête), j'arpente le territoire de mes inquiétudes, je vagabonde parmi des paysages peuplés de questions. Incertain je vais où me guident mes pas, où m'attire le regard. Bon an mal an je vais. Tant que je le peux, je vais...  Il faudra bien finir par se rendre. (Linked with Monday murals)

samedi 25 septembre 2010

Du pareil au même

 

Voilà
d'une certaine façon l'abstraction délivre de l'hystérie du sens, de la manie de l'interprétation. Ainsi travaillée l'image se suffit à elle même. Elle ne raconte rien, elle indique  simplement qu'il y a toujours quelque chose de caché sous les apparences, et que ce qui se dissimule n'est ni jamais vraiment semblable, ni tout à fait différent et aussi que le lieu et le moment sont les vrais révélateurs de cet écart qui va du pareil au même.

vendredi 10 septembre 2010

Comment ça va avec la douleur ?


Voilà,
impossible de faire comme si ça n'existait pas. 
"La douleur retentit comme la voix dans un logis sans meubles ni tentures" 
(Alphonse Daudet)
shared with friday face off 

jeudi 9 septembre 2010

Le violon d'Ingres



Voilà
hier dans la rue, j'ai aperçu une fille qui s'était fait tatouer les ouïes d'un violoncelle dans le dos. Un temps j'ai suivi ce vivant hommage au "Violon d'Ingres" la célèbre photo de Man Ray, car son tatouage, et surtout sa volonté de l'exhiber me fascinaient. Je me suis demandé quel genre de fille ça pouvait être, ce qu'elle avait en tête, quelle sexualité pouvait être la sienne, enfin des trucs comme ça qui m'ont occupé un moment. Et puis j'ai pensé aussi à cette plaisanterie que m'avait racontée un musicien  à propos du violoncelle : c'est le contraire du loto, c'est pas facile, c'est cher et ça rapporte rien. Pour finir j'ai dépassé la fille. Elle était plus intéressante de dos. Par contre son copain m'a semblé assez joli garçon....

mercredi 8 septembre 2010

Soir de Septembre



Voilà
les jours commencent à raccourcir, l'air fraichit, les averses cessent d'être tièdes. Douce mélancolie des premiers soirs de Septembre. Pourtant quelque chose de l'été demeure ; les arbres sont encore verts dans la ville. Mais le pas des passants se fait plus vif et les mines soucieuses. On revient a l'ordinaire des jours, aux tâches quotidiennes, au temps imparti. Et l'inquiétude d'être un homme ou une femme de ce temps se lit sur les visages fermés.  A quoi songent ils ? Aux impôts, aux traites à payer, aux enfants qui grandissent dans un monde qui ne les accueille pas, aux résolutions prises ? Les journaux parlent de la crise, de la vie chère, des inégalités croissantes, des injustices de plus en plus criantes. Certains peut-être s'étonnent d'être encore capables de supporter ça.  Qui parmi eux a manifesté ?  La vie continue cependant, car il faut bien vivre malgré tout... Les vieux, les malades et les hypocondres espèrent quand même revoir un autre été. Les écoliers étudient leur nouvel emploi du temps.
Ce soir à la cinémathèque on donne un Lubitsch....

mardi 7 septembre 2010

Théorème de Whitney


Voilà
l’image était le lieu la surface où avec une insistance indéfinie semblait devoir s’inscrire et prendre forme la trace du manque. Ainsi converti dans la répétition, la reconduction du même à chaque fois légèrement différencié, le manque se déployait dans des textures paradoxales, des spatialités soudaines, fugitives, faites de trous, de béances, de zones de fracture, de turbulence et de recomposition, qui donnaient l'illusion que l'image pouvait s'ouvrir pour dévoiler une profondeur cachée, un secret enfoui. Ce n'était pourtant que la transcription graphique du théorème de Whitney : "Quitte à modifier arbitrairement une surface sur un plan (ou une autre surface), on peut toujours supposer que l’ensemble de ses points singuliers est une courbe lisse qui ne présente que des plis et des fronces". Néanmoins quelque chose d’obscur paraissait faire signe, s'offrir à l'interprétation. La contemplation de ces effets de surface l'apaisait, pour un temps du moins. Cependant, il lui fallait périodiquement recommencer, comme si à chaque fois il s'était retrouvé renvoyé à une zone aveugle dont il s’efforçait de cerner les contours. 

mercredi 25 août 2010

D'une époque lointaine


Voilà
... il me semblait alors par l'artifice de la xérographie, qui, gommant les contours et les aspérité du collage, lui conférait presque l'aspect d'une photo, restituer ainsi un cliché de la pensée, d'un état de ma pensée, nomade, flottante, indécise. Et si le sens m'échappait, j'avais néanmoins l'illusion d'en retenir le caractère énigmatique, la trace indéchiffrable, comme d'un rêve figé dans son ambre.  Je faisais cela en amateur, et plutôt que de fabriquer des photos souvenirs comme il est fréquent de le faire pour se remémorer certains endroits où l'on a pu passer, je tentais de photographier l'envers, l'oubli, la part enfouie, enfuie du souvenir... Je cherchais à donner une forme à cette sensation d'abandon qui me hantait depuis toujours, à convoquer les fantômes qui rôdaient en moi. Les morceaux assemblés constituaient ainsi une histoire secrète dont j'étais l'auteur, mais un auteur égaré dans dans les limbes d'un récit auquel les mots ne pouvaient accéder. Je le constate à présent, sans toutefois comprendre  comment a bien pu se former cette sorte de parade, mais à chaque fois, qu'il s'est agi d'atténuer une certaine douleur de dissiper un certain chagrin, c'est dans les images que j'ai cherché la voie de la consolation.
shared with art for fun friday

mardi 27 juillet 2010

vendredi 16 juillet 2010

ice tea + abana



Voilà
S'apprêter à manger ice tea et abana sans compagnie au restaurant turc. Soudain une irrépressible sensation de solitude.  Déroutante quoique familière cependant, éprouvée maintes fois déjà depuis tant d'années, en de semblables circonstances : étés solitaires sur les routes d'Europe, vagabondages en terre étrangère à la recherche d'une bonne photo ou bien errances sans but ici simplement à Paris, avec le vague espoir de croiser un regard inconnu et amical... Et toujours ce sentiment d'être sans racine, sans lien, sans appartenance au point que tout devient incompréhensible et dénué de sens (cette phrase cette pensée, comme une antienne trop souvent répétée). Il semblait pourtant raisonnable de supposer qu'avec les années cela  passerait. Eh bien non, ça ne passe pas. Au fur et à mesure que le temps s'écoule, plus pénibles et perturbantes ces irruptions ; ça continue donc, ça insiste, c'est là comme une lettre anonyme, une dette non honorée un vieux chagrin que rien ne tarit.

mardi 13 juillet 2010

Sur un mur de métro


Voilà
ces compositions éphémères croisées par hasard dans le métro (le cadre est fourni), ces traces qui demeurent, je les trouve émouvantes dans leur banalité même parce qu'elles montrent la transformation du réel en un reliquat d'image. Quelque chose en état de perte, qui déjà n'a plus de sens (si tant est que l'on puisse en trouver un à une affiche publicitaire), résiste néanmoins et se donne encore à voir par bribes par fragments, avant de disparaître à jamais, sous d'autres mensonges. Et si c'était la forme de mon histoire que je reconnaissais là ? Comme si ma vie s'inscrivait ainsi : une suite de décollements de déchirures d'arrachages, une figure sans discours d'où rien ne subsiste de durable.

lundi 12 juillet 2010

dimanche 11 juillet 2010

L'école


Voilà
le hasard des rencontres.... quelqu'un que je ne connaissais pas, mais dont la présence a éclairé tout un après-midi, prononce le nom de ce village... Et aussitôt me reviennent ces années lointaines, où l'avenir s'ouvrait comme une promesse. J'avais alors l'âge de ma fille. Le premier été passé là-bas, sachant que j'allais vivre toute l'année au bord de la mer fut riche en sensations.... Je découvrais un paysage, des cousins une grand-mère fantasque un oncle et une tante qui venaient nous rendre visite depuis Bordeaux... la vie tout à coup semblait si facile si légère si différente de ce qu'elle avait pu être auparavant... C’est mon école. Je n’y ai passé qu’un an mais quelle belle année. J’ai été terriblement heureux là-bas. J’ai eu la chance de rencontrer Madame Ferris qui fut mon institutrice. Je l’aimais beaucoup. La cour de récréation était constituée de sable recouvert d’aiguilles de pins. C’était l’époque ou Henri Salvador chantait  « zorro est arrivé ». Je connaissais cette chanson par cœur. Cette année là Winston Churchill est mort, j’ai dépensé mon premier argent de poche. En face de l’école il y avait une chapelle en planche de pins à moitié écroulée. C’est cette année là aussi que l’église de Biscarrosse plage a été inaugurée et même si les soirs de novembre quand le ciel est bas et gris incitaient parfois à la mélancolie, c'était un émerveillement de grandir près de l'océan, au milieu des pins, au sein d'une population accueillante. Tout était paisible, harmonieux. Les gens étaient chaleureux, amicaux...  

vendredi 4 juin 2010

Buttes-Chaumont



Voilà
avant qu'il ne soit réaménagé par Haussmann et Adolphe Alphand (grand ordonnateur des promenades parisiennes) et rebaptisé du nom de Butte-Chaumont, ce promontoire s'appelait autrefois Chauve-Mont. C'est là qu'au XVIIIème siècle se dressait le gibet de potence de la justice royale. En contrebas, avant que ne soit dessiné le parc, le lieu était devenu, après 1789, une décharge avant d'accueillir au début du XIX ème siècle des établissements d'équarrissage et des dépotoirs de vidange. 
Le jardin à l'anglaise bâti à cet emplacement imite un paysage de montagne : rochers, falaises, torrents, cascades, grotte, alpages, belvédères.
Aux beaux jours, la population du nord de Paris vient profiter de ces pelouses pentues pour se prélasser au soleil. Le plus haut point du parc abrite ce temple de Sybille construit en 1869 par l’architecte Gabriel Davioudpremière publication 4/06/2010 à 12:31
 
 
 

mercredi 28 avril 2010

Le trou d'eau du Clos


Voilà
je me souviens  du Clos où l'eau était si froide, mais où il faisait si bon s'attarder. Je m'en souviens mais je n'ai plus de sensation, que des images, qui restent. Cela me semble si loin. Tous ces voyages ces dépaysements me semblent comme autant d'histoires dont je me demande parfois si elles me sont vraiment arrivées.

mardi 27 avril 2010

Les idées sombres


Voilà
ce qui peut-être importe le plus pour le moment c'est l'appréhension plutôt que la compréhension. Pourtant j'aimerais pouvoir mieux me formuler ce qui fonde actuellement ce travail. Je sais ce que je fuis, j'ignore ce que je cherche, je m'étonne parfois de ce que je trouve. J'ai transformé mon I-phone en carnet de croquis. Hier soir, j'ai réalisé ça, qui me convient. Les idées sombres....

samedi 24 avril 2010

L'Épitaphe de Paul Klee


Voilà
"Çi bas je ne suis guère saisissable, car j'habite aussi bien chez les morts que chez ceux qui ne sont pas nés encore, un peu plus proche de la création que de coutume, bien loin d'en être jamais assez proche". C'est la merveilleuse épitaphe que se réservait Paul Klee première publication 24/04/2010 à 11:17)

dimanche 18 avril 2010

Forum de l'Emploi



Voilà
de nouveau l'inquiétude. Comment trouver de nouvelles pistes qui mèneraient vers des horizons insoupçonnés?... D'où viendra la surprise l'étonnement? Travailler oui, mais pas dans l'asservissement... (shared with Signs2)

mercredi 14 avril 2010

L'Autre


Voilà
impossible désormais m'a-t-on dit de trouver l'Autre. Ce n'est pas une découverte de divan, ni un brusque accès de mélancolie, Ce bouquet de verveine acidulée et aromatique, qui évoquait la citronnelle, subtilement mêlé à des odeurs de poivre noir, de cardamome, de carvi, de cumin et de noix de muscade et où le santal, le patchouli venaient adoucir le piquant de ces épices, n'existe plus, paraît il. Pour moi, ce sont des noels et des hivers de jeunesse qui disparaissent comme les vieilles tôles peintes, et les jeux d'autrefois... Avec quel bonheur j'avais, il y a quelque temps, retrouvé l'émoi suscité par  ce subtil mélange. Je me souviens m'être dit alors que tous les bonheurs passés n'avaient de sens que parce qu'à cet instant là j'étais dans les bras de celle qui me l'avait offert.... (shared with sunday postcards )

vendredi 9 avril 2010

Il s'imaginait matière


Voilà,
il s'imaginait matière. Il était plomb, graphite. Il était la pointe du crayon qui repose sur la table, où sommeille encore le dessin à venir. Mais ce rêve est d'un autre temps songeait-il en glissant le doigt sur la surface de l'écran tactile. Il ne faisait somme toute que traiter une information. Mais le geste générait des formes. Au point où il en était cela seul importait. Et besogneux comme un insecte toujours il recommençait, creusant la fatigue pour y enfouir ses questions. Un autre jour ne tarderait pas à poindre.

lundi 5 avril 2010

Le forsythia est en fleurs


Voilà
le forsythia est en fleurs. Il fait parfois beau, parfois il pleut. Le printemps semble commencer, mais c'est un printemps lourd qui pèse le poids d'une absence. L'autre jour comme souvent, je suis passé par St Germain des près, et j'ai pensé à un certain baiser échangé là devant l'arrêt du 95, un 8 mars au soir, et à tout ce qui s'en est suivi.

samedi 3 avril 2010

Café Florian



Voilà
il y a eu Venise.... les heures passées à déambuler dans les rues les musées les églises, le temps versatile et la lumière changeante, et ce Spritz bu ensemble une fin d'après midi sur le Campo Santa Margarita, après avoir visité les Frari, notre étonnement partagé à la Basilique San Marco, et son sourire sur les marches de la Salute, le petit Motherwell de la Fondation Guggenheim... le café Florian... Et le reste qui doit demeurer secret, serti dans la mémoire, et ne peut plus se partager...

vendredi 2 avril 2010

Reliques


Voilà,
peut-être somme toute ne restera-t-il rien que cela, de tous ces mots, de toutes ces pensées accumulées durant les sept premières semaines de l'année qui furent si pénibles et éprouvantes : oui pas grand chose, quelques misérables traces d'un texte jeté au rebut, qui ne valait pas plus que ça, et peut-être même dont le sujet n'avait après tout qu'un intérêt limité. Les photos, les images m'ont une fois de plus aidé, non pas à nommer, non pas à dire, mais à désigner, d'une façon détournée, ce qui me tourmentait, à désigner et en même temps exorciser le démon qui tentait de s'emparer de moi.

jeudi 1 avril 2010

Comme on passe le temps


Voilà,
je me distrais en réalisant des photos rétro d'objets contemporains. Quelle étrange époque que celle où il est possible de mêler des temporalités différentes, de reproduire avec la technologie d'aujourd'hui, le grain du passé mais aussi de restaurer, afin de la rendre plus propre plus présentable justement, une image du passé en la débarrassant des scories dues à l'usure du temps. Je m'étonne chaque jour de cette réalité dans laquelle j'avance, où tant de choses surprenantes arrivent, mais qui cependant est si différente de ce que nous pouvions, il y a seulement quarante ans, imaginer du futur. Nous vivons dans un confort précaire en nous voilant la face, nous essayons pour les plus chanceux d'entre nous, de jouir du présent qui ne cesse de nous solliciter, pour éviter de songer à ce qui nous guette, et qui peut-être est déjà arrivé sans même que nous ne nous en soyons aperçus : la fin, "la fin du rire et des doux mensonges". Pourtant sur des sites de rencontres, protégés par des pseudonymes des inconnus s'écrivent la nuit, essayant de deviner, si à travers les mots échangés, des espaces peuvent s'ouvrir à eux. Des hommes, des femmes, cherchent à atteindre celui ou celle que peut-être ensuite ils pourront toucher, serrer, étreindre, embrasser, auxquels avec un peu de chance ils pourront s'abandonner dans la joie le plaisir l'extase, avec qui peut-être il se reproduiront, oui des hommes des femmes, espèrent, par le truchement des machines communicantes, entrevoir un signe favorable, une possibilité de bonheur, qui les arracherait pour de bon à l'insupportable routine où ils se sentent englués.

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