Voilà,
à Chomérac petit bourg de l'Ardèche, j'ai, au soir, d'une journée intense en émotions, pris un verre sur une petite place de village très sympathique, où s'agitaient des joueurs de pétanque. Non loin se trouvait cette fresque réalisée par le collectif "haut les murs" donnant à voir une fort bucolique scène de genre sous une arcade inexistante.
Ce paysage idyllique de fiction, j'aurais voulu m'y trouver et y prendre ma part. J'aurais aimé m'agiter parmi ces enfants absorbés dans leur partie, tout à la joie de l'instant présent.
Au lieu de quoi, je me tenais en terrasse, dans la réalité d'une soirée chaude, vaguement méditatif, m'attardant au spectacle de ces boulistes très concernés par leur affaire. J'étais encore bouleversé par ces échanges avec les détenus d'une maison d'arrêt où j'étais venu jouer le matin même, en particulier par le récit d'un kurde d'une trentaine d'années qui dans un français parfait avait déroulé son histoire dont l'implacable enchaînement des faits avait la funeste dimension d'une tragédie antique.
Je ne sais pas si j'en parlerai un jour. Il faudrait trouver le temps, les mots justes, le courage et la force. L'actuelle canicule absorbe toute mon énergie.

I love that mural! I can only imagine the effect that conversation with the Kurdish inmate had on you. And yet you made me feel it.
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