lundi 8 novembre 2010

trompeuse image

Voilà
il y a ce début de film étrange... des paysans quelque part dans un pays d'Asie du sud-est mangent ou font la sieste dans une clairière. Non loin un zébu est attaché par une corde à un arbre. Si je me souviens bien, il ne se passe rien. On entend les bruits de la nature. Mais voyant cela je pense immédiatement à un autre film où des gens pique-niquent sous des arbres quelque part dans une campagne turque.  Les enfants s'ennuient pendant que les parents tiennent des propos acrimonieux sur quelqu'un d'autre. Seul le grand père semble sympathique... Eux aussi bientôt vont piquer un petit roupillon. Puis sans qu'on ne comprenne comment le zébu parvient à se libérer du lien qui l'entrave et s'échappe. Les enfants du film turc rôdent dans des cimetières pour se distraire. Les souvenirs lointains remontent. L'enfance, la vie au bord de mer, les dimanches après midi chips poulet bien rôti (mmh ce qui est bon c'est quant la peau est noire) les tupperware (c'est tout nouveau) la nappe en plastique posée sur les aiguilles de pins  et la couverture militaire qui gratte et sur laquelle on s'allonge après le repas, car bien sûr il est hors de question d'aller se baigner tout se suite, il faut digérer avant d'aller à l'Océan, et puis de tout façon, il faut attendre que la marée soit complètement basse, car c'est quand la mer se retire qu'elle est la plus dangereuse.




Oui là maintenant alors que dehors l'automne devient froid et pluvieux, moi je rajeunis et retourne vers les étés de mon enfance, vers cette parenthèse enchantée de Biscarrosse. J'avais alors l'âge que vient d'avoir ma fille aujourd'hui, et déjà tant de souvenirs, de paysages et de frayeurs en moi. Et là c'était la paix,  la joie solaire et l'éternité retrouvée, celle de la mer alliée au soleil. Pourtant regardant cette image, je sais aussi ce qu'elle a de trompeur. Mon père déteste sa mère, il la trouve pénible et égoïste. Il lui reproche secrètement de l'avoir abandonné quand il était enfant. Il déteste les pique-nique le dimanche, il préfèrerait faire ses maquettes dans son coin à la maison, et sa sieste aussi. La photo semble témoigner d'un moment idyllique, mais cette image c'est disons 1/125 ème de seconde. Elle ne peut raconter cette image, ce que le père dit quand il regarde les actualités à la télévision, ces choses effrayantes et morbides,  ni que cette femme, ma grand-mère donc était drôle et fantasque, et que c'était sa façon à elle d'enfouir un souvenir atroce. Pourtant c'est elle qui semble un peu boudeuse sur le cliché.  

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