mardi 14 juillet 2026

Regarder passer le défilé

 

Voilà,
ce quatorze juillet 1983 je m'étais tout de même bien régalé. J'avais fait une pellicule entière. J'aimais bien le principe de la série. J'en ai beaucoup publié des photos de ce jour-là sur ce blog. Celle-ci n'était pas encore apparue. J'aime beaucoup la tronche du type avec son programme à la main. Ce qui me réjouissait c'était les différents axes de regards. Ceux qui voient venir, ceux qui voient ce qui est passé, les suspicieux qui se méfient du photographe mais qui ne quitteraient pas leur place pour ne pas la perdre. C'est fou tout de même cette fascination des gens pour les défilés militaires.
Si tu tapes, cher lecteur, sur la rubrique "spectateurs", eh bien oui, tu retrouveras parmi d'autres, toutes les photos de cette mémorable matinée. Et si tu cliques sur ce lien tu verras comme j'étais joli garçon (mais je ne le savais pas à l'époque et cela n'a qu'un relatif intérêt aujourd'hui). Je venais de passer un mois en Algérie, sur les traces de mon enfance, j'avais un peu d'argent devant moi, j'étais aimé, je savais que bientôt je partirai en Provence pour finir l'été, l'âge que j'ai aujourd'hui me paraissait une échéance improbable. Bref j'étais jeune, pas forcément insouciant, mais quand même assez souvent désinvolte. Aujourd'hui le monde brûle, et malgré les faits, l'on ne parvient pas tout à fait à ce faire à cette idée. La langue japonaise possède  un mot pour exprimer ce que je ressens : yaruzenai : comprendre tout ce qui ne va pas, mais ne pas pouvoir faire grand-chose pour améliorer la situation, et garder ce sentiment à l’intérieur de soi. 

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