mardi 27 octobre 2015

La Table de Pessoa


Voilà,
un an plus tard, je me souviens de la table de Pessoa
de la douceur de ce séjour, des tendres couleurs de la ville
et du bonheur que ce fut d'être là
linked with my corner of the world

lundi 26 octobre 2015

Six études du "Nu au fond rouge"


Voilà,
je trouvais que "Le Nu au fond rouge" ce merveilleux Picasso exposé au musée de l'Orangerie à Paris pouvait peut-être picasser un peu plus. 
Il m'a semblé que c'était un bon sujet d'étude. 
De tout façon Picasso autorise tout. 
Il est le peintre du XX ème siècle
il a changé les possibilités du regard en lui donnant sa liberté.
Hier d'ailleurs c'était l'anniversaire de sa naissance

  

 

dimanche 25 octobre 2015

Management post moderne, la bonne blague


Voilà,
je suis tombé par hasard sur un site où il est question de "management post-moderne". Rien que le titre évidemment ça a tendance à me faire marrer, mais en y regardant de plus près j'aurais plutôt envie de gerber. Quand Roland Barthes postulait que "toute langue est fasciste" là on est en plein dedans : la langue des communicants, péremptoire et hyper-affirmative, qui décrète que dans le futur "ce sera comme ça et pas autrement". Quand je lis par exemple : "le vrai patron a l'ère post-moderne c'est le projet et les valeurs tout le reste n'est que bavardage. Frugalité oblige ce projet ce sera fromage ou dessert, beurre ou argent du beurre mais pas les deux. Cette ère de la frugalité fera émerger à nouveau le sens du sacré et du vital. Cet art de la frugalité n'a rien à voir avec l'art du sacrifice car le sacrifice est souvent subi alors que la frugalité sera choisie.". Ce terme de Frugalité cher aux patrons d'entreprises, signifie économie sur le dos des salariés. Ne perdons jamais de vue que la Frugalité du salarié c'est ce qui permet au Patron et à l'Actionnaire de se goinfrer. Mais le salarié doit plus que jamais acter sa servitude volontaire. Il doit même y participer avec joie et enthousiasme. Pour cela le discours managerial sort de son chapeau de fumeux concepts comme la Magnification ("l'aptitude du manager à transmettre une vision sublimée du métier ou de la mission"), la Ludification "l'art du manager à insuffler du jeu et du ludique dans les activités professionnelles", et l'Initiation  ("l'aptitude du manager à offrir à l'autre un apprentissage permanent.)
En fait il s'agit toujours comme le pressentait Michel Foucault d'assujettir les populations. A moindre coût et en leur donnant l'illusion qu'ils sont des agents de savoir alors qu'ils n'en sont que les objetsJe lis encore :
"La deuxième grande rupture entre le monde moderne et le monde post-moderne c'est le passage de la durée à l'intensité. Dans le monde moderne ce qui comptait c'était durer car le futur, l'avenir étaient synonymes de progrès, d'espoir. Dans le monde post moderne qui émerge, ce qui compte le plus c'est l'intensité de ce que je vis ici et maintenant. Ce rapport différent au temps est lié au sentiment naissant que le futur et l'avenir ne sont plus forcément synonymes de jours meilleurs. Futur et avenir sont même parfois synonymes de précarité, d'incertitude. C'est cette sensation de potentielle précarité qui donne envie aux gens de vivre le moment présent avec intensité sans tout miser sur des lendemains très incertains. Comment manager des équipes qui ne préparent pas forcément leur avenir ? Manager la durée et manager l'intensité requièrent des leviers tout à fait différents voire opposés pour des managers modernes". Si je comprends bien, cela revient à dire "jouis du présent en ascète. Le travail qui t'est donné est comme une mission divine. Le jeûne est une source d'épanouissement qui te permettra de te transcender dans le Projet. Bien sûr on ne mentionne pas que le projet consiste en l'élaboration de l'Abattoir dans lequel le salarié (le collaborateur) est voué à disparaître inconscient bienheureux et béat. Déjà des communicants et des sociologues gambergent assidûment sur le management post-humain. D'ailleurs, l'homme dans l'image du haut, il aurait pu faire un petit effort, quand même. N'a-t-il pas été écrit quelque part que le travail rend libre. Quoi qu'il en soit bon Dimanche, cette nuit on a dormi une heure de plus. (shared with Friday face off-



vendredi 23 octobre 2015

L'enjôlement délicieux de la vie


Voilà,
médite cela mon gars "Oh qui dira pourquoi il y a sur terre des soirs de printemps et de si jolis yeux à regarder, et des sourires de jeunes filles, et des bouffées de parfum que les jardins vous envoient quand les nuits d'avril tombent, et tout cet enjôlement délicieux de la vie, puisque c'est pour aboutir ironiquement aux séparations aux décrépitudes et à la mort" (Pierre Loti). Bon n'empêche qu'on peut quand même passer des bons moments allongés sur une pelouse, hein, on n'est pas non plus obligé de voir tout en noir. D'ailleurs je me souviens de ce jour, comme d'un jour de bonheur. C'était il y a un an. (Linked to The Weekend in Black and White)

Encore une fois mon idiotie


Voilà 
ce que je fais n'a peut être de sens que pour moi. J'essaye simplement de trouver de nouvelles formes avec les images. Oh pas des formes qui changent le monde non, juste des formes qui puissent me satisfaire ou compenser une indéfinissable insatisfaction relative à d'autres domaines de l'existence, juste des images que je puisse investir à ma façon pour suppléer à ce que le langage ne peut m'offrir ou du moins à ce que je suis incapable de trouver comme possibilités de renouvellement dans le langage et dans l'usage de celui-ci. Je me suis aperçu qu'en certaines circonstances je ne parvenais pas à être dans une relation juste à ce dernier. Que les mots ne venaient pas à moi comme je le souhaitais, et qu'il m'était difficile d'être compris. Je peux, avec les images faire ce que je ne peux avec les mots. Être un idiot par exemple. Ça fait du bien d'être un idiot. Si je faisais l'idiot avec le langage je serais une sorte de clown inquiétant pour les autres. Peut-être même aurait-on la tentation de m'enfermer. Il m'est arrivé parfois de faire l'idiot devant des gens. Ils prenaient peur, ma conviction les inquiétait. Les enfants pleuraient ou bien, dérangés, surpris ou honteux pour moi, allaient s'enfermer dans leur chambre. Des adultes trouvaient odieux ma façon de me moquer. "Je ne me moque pas" disais-je, "je suis aussi vraiment cela". Mais comme dans une conversation je peux parler de Zinoviev citer Cioran aussi bien que Kafka ou Jankélévitch, que je peux parler de rugby ou d'art contemporain de cuisine et pourquoi pas du management post-moderne (une nouvelle entourloupe) ainsi que de tout un tas d'autres trucs plus ou moins intéressants qui peuvent me faire passer pour un être social, raisonnable même, eh bien on ne me croit pas. Non on ne me croit pas quand je dis que je suis un idiot, que du moins une grande part de moi est idiote. D'ailleurs je voudrais pouvoir l'être de plus en plus. Oui c'est ce que je fais avec ces images en les triturant en les tordant en les arrachant de ce qu'elles sont supposées représenter, en les détournant en les griffant, les salissant etc... Là au moins j'ai la folie douce, je ne dérange personne. Parfois j'ai peur, je pleure tout seul dans mon poing, juste parce que le ciel est gris, que des gens ayant parcouru des milliers de kms pour fuir l'horreur ont le courage que je n'ai pas. Parfois j'enrage qu'une fois parvenu au lieu où ils ont espéré trouver la paix et l'hospitalité ils ne rencontrent que la bêtise et la méchanceté des hommes. Parfois je ris parce que le sourire d'un enfant illumine ma journée. Parfois je songe qu'une vie autre se glisse douce et silencieuse dans les reflets de ce monde : miroirs vitrines flaques d'eau...

mercredi 21 octobre 2015

Une brève histoire du Comment et du Pourquoi


Voilà,
depuis quelques semaines je ne sais plus comment me débrouiller des mots, des images, ensemble et séparément. Comme si cette entreprise était devenue un piège que je me suis tendu à moi-même.  Voulant me rassembler je me suis encore plus éparpillé. Bah oui. Était-il judicieux d'écrire certaines choses de tenter certaines formes au risque d'être mécompris, mal interprété ? Je n'ai pas toujours su trouver la juste distance entre ce que je me proposais d'écrire ou de montrer et certains événements, certaines circonstances. En fait les mots eussent-ils été prononcés de ma bouche, énoncés par ma voix, la réception en aurait été différente, atténuée et sûrement plus conforme à mes intentions. C'est la voix, la présence qui crée l'exacte mesure du propos. Parfois aussi j'ai cédé à la nécessité de m'exprimer, indifférent à qui pouvait me lire. Juste pour tenir certains monstres à l'écart. Mais agir ainsi en faisait naître d'autres, cependant que ne rien faire m'aurait, inévitablement, condamné à être dévoré par ceux qui existaient déjà. J'essaie depuis des années de les apprivoiser mais je sens bien maintenant qu'ils se font de plus en plus nombreux et menaçants. "Tes simagrées, tes misérables clowneries ne nous amusent plus" semblent-t-il me dire "trouve autre chose à présent". Je comprends, mais il est tout de même bien tard pour m'essayer à la musique. Ce qui est pénible dans cette affaire c'est que je les distingue à peine. Leur présence a quelque chose de très fantômatique. Peut-être au fond ne sont ils pas si redoutables que cela et que la peur que j'en ai ne tient qu'à l'idée que je m'en fais. "Change ! Change ! Distrais nous encore ! Mais autrement ! autrement !" murmurent-ils dans leur étrange langue que je comprends néanmoins parfaitement (ça donne à peu près "Tak ĝţů zĵaï øxflų ouj stőŋdt, króź Tount") Oui, après tout il est possible que je ne m'adresse qu'à eux, qu'ils soient mes seuls vrais spectateurs, mes seuls partenaires et moi toujours l'enfant solitaire qui s'invente des histoires et des jeux pour se retrancher du monde qu'il ne comprend pas. À moins que je ne sois moi-même tous ces monstres et qu'une muette et secrète injonction ne me contraigne à traduire ce que je crois comprendre d'eux, l'injonction se révélant alors la forme la plus accomplie de la monstruosité.

mardi 20 octobre 2015

Sourire en attendant


Voilà,
je fais de minuscules rêves dans d'étroits sommeils. Des rêves qui pourraient tenir sous l'ongle. Des rêves nains avec des noms de filles. Parfois je sors me promener, et puis hop ! je passe dans l'ordre de la métaphore où les phrases sont bronzées, sentent le monoï et l'ambre solaire. Alors ça va mieux, le présent n'est plus qu'un déchet du passé. Les questions font leur petite bonne femme de chemin, mais sans moi, sans moi. J'ai bien d'autres affaires à traiter. Sourire, par exemple. Sourire en attendant les États généraux du Vide et regarder ailleurs où je ne suis plus.

lundi 19 octobre 2015

Mon Corps


Voilà,
"mon corps, en fait, est toujours ailleurs, il est lié à tous les ailleurs du monde, et à vrai dire il est ailleurs que dans le monde. Car c'est autour de lui que les choses sont disposées, c’est par rapport à lui – et par rapport à lui comme par rapport à un souverain – qu’il y a un dessus, un dessous, une droite, une gauche, un avant, un arrière, un proche, un lointain. Le corps est le point zéro du monde, là où les chemins et les espaces viennent se croiser le corps n’est nulle part; il est au cœur du monde ce petit noyau utopique à partir duquel je rêve, je parle, j’avance, j’imagine, je perçois les choses en leur place et je les nie aussi par le pouvoir indéfini des utopies que j’imagine". (Michel Foucault in "Le corps utopique" 1966)
shared with art for fun friday

dimanche 18 octobre 2015

Optimisme


Voilà
Une sorte d'oppression accable son coeur ; c'est con il parait que l'optimisme réduit de 40% les risques cardio vasculaires

vendredi 16 octobre 2015

Ressemblance


Voilà,
aujourd'hui encore je m'étonne de la ressemblance du jeune homme au premier plan, contemplant une sculpture de John De Andrea, avec l'acteur Jean-Hugues Anglade. Et si c'était lui après tout. La photo a été prise il y a si longtemps, au début des années 80 sans doute. (linked to The Weekend in Black and White)

jeudi 15 octobre 2015

Deux vies


Voilà,
"nous avons tous deux vies : La vraie, celle que nous rêvons dans l'enfance, que nous continuons de rêver adultes, sur fond de brouillard ; la fausse, celle que nous partageons avec les autres, la vie pratique, la vie utile, celle où l'on finit dans un cercueil" (Fernando Pessoa)

samedi 10 octobre 2015

Le Pub


Voilà,
ce soir je suis allé trainer au pub. Je voulais voir le match des All Blacks contre les Tonga
Ça m'a un peu changé les idées. J'ai quand même pas mal bu, 
mais pas autant que des jeunes femmes qui étaient à côté de moi
Elles avaient une sacrée descente.

vendredi 9 octobre 2015

Hôtel dans l'Aubrac


Voilà,
je me souviens de cet hôtel dans l'Aubrac, sur la route des crêtes je crois, entre Aurillac et Salers. 
Quand j'avais voulu y dormir c'était complet
je m'étais dit alors qu'il faudrait que j'y retourne un jour.
Ces temps-ci j'aimerais bien me mettre au vert là-bas
mais je ne sais plus ou c'est

mercredi 7 octobre 2015

L'Entrée de l'Administration


Voilà,
parce que la musique exige une part de sacrifice, le directeur du Philarmonique a demandé aux choristes de plus de cinquante ans de signer deux closes spéciales ajoutées au contrat où il est stipulé qu'ils devront accepter d'être supprimés et qu'ensuite leur cendres seront dispersées en un lieu choisi par le chef de chœur. Sébastien Loureiro se demande à présent comment résilier ces deux clauses tout en restant en bon terme avec le chef de chœur qu'il apprécie beaucoup et grâce auquel il a eu le droit d'attacher son vélo à l'entrée du bâtiment administratif. Linked with the weekend in black and white - Rain'sTADD  -

mardi 6 octobre 2015

Histoire de Portes


Voilà,
j'avais passé l'après-midi dans un centre culturel où des gens que je ne connaissais que très vaguement constituaient le personnel d'accueil. Chacun des employés portait une chemise dont le motif s'avérait être l'exacte reproduction d'une toile accrochée aux cimaises. Je m'étais enthousiasmé pour cette idée, d'autant que l'une d'entre elles me plaisait particulièrement. Mais son possesseur semblait se méfier de moi. Sans doute craignait-il que je veuille la lui dérober. Au fur et à mesure que j'avançais dans l'espace d'exposition les salles devenaient de plus en plus désertes et vétustes. Puis je me retrouvai dans ce qu'il me semblait être une prison désaffectée, mais peut-être après tout n'était-ce qu'une installation, l'œuvre d'un plasticien. Les lourdes portes des cellules auxquelles avaient été assignés des noms de femmes conversaient entre elles. Chantal la bleue laissait entendre qu'autrefois elle avait été enfermée dans le regard et le désir d'un homme. "Alors ?" avait demandé la verte Emmanuelle. "Oh rien de particulier, pour moi c'est vite devenu insupportable", avait répondu Chantal "heureusement ça l'a rendu malade et il a fini par en mourir".

lundi 5 octobre 2015

Le Livre dans le train


Voilà,
c'est comme ça la dernière fois que j'ai pris le train j'ai commencé un nouveau livre 
il n'était pas très bon ou peut-être que c'était moi je ne sais pas.

dimanche 4 octobre 2015

S'éclipser au plus vite


Voilà,
cela se passe en un temps où les téléphones portables n'existent pas encore. Comme un touriste il se promène avec nonchalance dans les rues de Paris, s'attarde sur les quais où il n'y a pas grand monde, puis regagne le confortable appartement qu'on lui a prêté rive gauche, non loin de l'île St Louis. Il y somnole vaguement, mais plus longuement qu'il ne se l'était imaginé. Au réveil il s'aperçoit qu'il est en retard et c'est d'un pas précipité qu'il se rend au café du coin, vétuste mais si typique d'une époque révolue avec son vrai zinc et ses tables en bois. Il y retrouve l'homme avec lequel il avait rendez-vous une demi-heure auparavant. Rangeant dans sa poche intérieure de veston les notes sur lesquelles il travaillait, ce dernier lui confie qu'il commençait à s'inquiéter. "Mais ce n'est pas grave", ajoute-t-il avec un grand sourire levant son verre de bière, " j'en ai profité pour faire mes comptes". Alors que Benoît Carmenère consulte la carte des consommations, quatre vieilles dames entrent et décorent aussitôt le café de guirlandes lumineuses et multicolores qu'elles ont emportées dans des sacs en plastique. L'une d'elles lorsqu'on l'allume, diffuse même des chants d'oiseaux et c'est vraiment du plus bel effet. Peu à peu le lieu se peuple de vieillards. On pose des bocks sur les tables et les sous-verres se transforment en autant de questions, de la musique d'accordéon se propage dans l'établissement. Déjà deux vieilles femmes commencent à danser ensemble. Benoît Carmenère se demande quel prétexte invoquer pour s'éclipser au plus vite. Il voudrait éviter la situation où il se sentirait dans l'obligation d'inviter une aïeule pour quelque valse musette. Il n'a jamais appris. L'homme qui lui fait face a soudain terriblement vieilli. Ne serait-il pas en train de se décomposer ?

samedi 3 octobre 2015

Rue Liancourt


Voilà,
Il suffit parfois d'une porte cochère mal fermée pour découvrir à deux pas de chez soi une cour paisible qui soudain vous fait oublier la ville alentour 

mercredi 30 septembre 2015

Le Vestiaire


Voilà,
l'Entreprise, partenaire de l'équipe de France de Rugby a trouvé bon, à l'occasion de la coupe du Monde qui se déroule en Angleterre d'orner une partie de son hall d'accueil d'une fresque en trompe-l'œil suggérant un vestiaire. Difficile ce matin-là de ne pas succomber à la tentation d'une image d'un cadre dans le cadre et d'un petit clin d'œil à Edward Hopper.

mardi 29 septembre 2015

Tandis que la direction traçait des plans


Voilà
"en fait, nous — sans doute parlé-je ici au nom de beaucoup d'autres — n'avons appris à nous connaître nous-mêmes qu'en reprenant, lettre par lettre, les instructions que nous donnait la Direction suprême, et nous avons découvert de la même façon que, sans la Direction, ni nos connaissances scolaires, ni notre entendement, n'auraient été suffisants pour nous permettre de remplir les modestes fonctions que nous occupions au sein du tout. Dans le bureau de la Direction — où se trouvait-il, qui l'occupait? Aucune des personnes que j'ai interrogées ne le savait —, dans ce bureau, toutes les pensées et tous les vœux humains tournaient dans un sens, et tous les objectifs et toutes les réalisations humaines tournaient dans l'autre". Mais tandis que la Direction traçait des plans, le reflet des mondes divins tombait par la fenêtre sur ses mains. (Franz Kafka)
shared with weekend reflection

lundi 28 septembre 2015

Deux visages


Voilà,
malgré tout, malgré les idées noires
 il m'est arrivé cette semaine d'apercevoir de la couleur sur les murs
(this post is linked to Monday Mural)

samedi 26 septembre 2015

La Péniche Rosa Bonheur


Voilà,
c'était en juillet dernier, un dimanche, je n'avais pas trop envie d'être à Paris. On s'était donnés rendez-vous là pour évoquer le tournage de la rentrée qui se ferait avec des moyens de fortune bien sûr. Tout cela me paraissait loin, improbable. Depuis quelque temps déjà, je vis au jour le jour, comme en sursis. Je n'arrive plus à me projeter dans le futur. C'est là que je me suis dis qu'il fallait que j'aille vraiment ailleurs sinon je deviendrais vraiment dingue. J'ai pris un avion dans un état de panique sans pareil pour me dépayser. Mais on voyage toujours avec soi. Des semaines on passé depuis cette photo des bords de Seine. Le projet a bel et bien été réalisé. J'ai traversé toute cette histoire en somnambule comme si au fond tout cela ne me concernait pas. Je leur ai laissé me prendre ce qu'ils voulaient. Je promenais le costume, la silhouette, puisque cela semblait leur faire plaisir. Après tout ne s'agissait-il pas de donner forme à une absence ? (The week-end in black and white

vendredi 25 septembre 2015

Le petit théâtre des opérations


Voilà,
hier matin, j'ai bricolé cette image avec des petits objets, des jouets de ma fille, devant des trucs que j'ai dessinés il y a quelques mois. C'est juste une tentative. J'ai improvisé ça sans vraiment m'en rendre compte. Il n'y avait pas d'intention préétablie. Le résultat m'a surpris. Comme c'est nouveau et différent de ce que j'ai coutume de faire, pour le moment je trouve ça intéressant. Peut-être que je changerai d'avis....

mercredi 23 septembre 2015

Variation sur "Le cri" (1)


Voilà,
encore une de ces images fabriquées cet été. Sinon peu de choses à dire. Les mots me désertent. Je m'assèche. Je suis juste content d'apprendre ce soir que "Delivrance" de John Boorman et "Tampopo" de Juzo Itami ressortent demain sur les écrans, et j'espère que je trouverai le temps de les revoir.
shared with art for fun friday

mardi 22 septembre 2015

Le Métier

 

Voilà, 
il y a des bouts de conversation qu'on entend parfois par hasard et qui réjouissent, comme par exemple : "ouais cocotte mais tu peux pas commencer juriste pouf pouf comme ça !". Sinon, l'ami Pierre qui sur ce blog a commenté quelques photos début Août, en a commencé un. C'est là. Je le recommande vivement, il raconte bien les histoires. (Linked with our world tuesday)

lundi 21 septembre 2015

En attendant le tram



Voilà,
sur le moment j'ai eu l'impression de faire une photo américaine. Cet homme tellement élégant, tellement classieux m'en rappelait d'autres, vus sur des clichés des années cinquante ou soixante pris aux USA. D'ailleurs, à ce propos, il faudrait que je me préoccupe de trouver comment je vais m'habiller tout à l'heure pour faire le monsieur qui donne des trucs et astuces et doit répondre aux questions.

dimanche 20 septembre 2015

La Coupe du Monde de Rugby


Voilà,
elle a enfin commencé, la coupe du monde de Rugby, ce jeu viril où l'engagement est souvent rude, – ce qui n'empêche pas la tendresse parfois -–. La victoire, hier des "cherry blossoms" japonais contre les redoutables Springboks sud-africains est, par ailleurs, la meilleure chose qui soit arrivée depuis longtemps pour l'intérêt de ce jeu.

samedi 19 septembre 2015

Cache-Misère


Voilà,
on a fait une belle palissade en bois peint avec des dessins d'enfants

 

juste pour cacher la misère
à trois stations de tramway de la Basilique St Denis
à une station du Stade de France

(Partagé sur blackandwhiteweekend)

vendredi 18 septembre 2015

À votre place



Voilà,
"dites-moi, cela ne vous est il jamais arrivé ? Vous êtes couché dans la nuit, vous fixez le plafond dans le noir, paralysé de terreur et de douleur et soudain, quelque part à l'étage un enfant pleure, et pleure à votre place. Ne vous est il jamais arrivé qu'au théâtre, des hommes meurent, se battent et chantent à votre place ? Ne vous est il jamais arrivé de voir à l'horizon un oiseau qui vole à votre place, les ailes déployées, tranquille, heureux, disparaissant au loin pour ne jamais revenir ? N'avez vous jamais trouvé une route dont les pavés peuvent supporter précisément autant de pas qu'il vous en faut pour vous libérer de la douleur ?" (Milena Jesenskà) première publication 18/9/2015 à 00:12

jeudi 17 septembre 2015

Un peu d'anthropologie


Voilà,
"À Chuuk, archipel des îles Carolines, la perfection des lèvres vaginales dit-on fait la beauté d'une fille. A la nuit tombée, les garçons de cette petite île micronésienne se glissent en cachette, à l'intérieur de la maison des femmes endormies, et soulèvent leurs jupes afin de comparer leurs différents attributs. C'est un jeu auquel les filles se prêtent de bonne grâce en faisant semblant de dormir, car l'enjeu ‑ avec une demande en mariage à la clé ‑ est élevé. Les coutumes sexuelles maritales à Chuuk sont aussi centrées autour d'un autre détail anatomique féminin. Pratique bien connue dans tout te Pacifique Sud, le "marteau chuukais" consiste à frapper le pénis de l'homme contre le clitoris de la femme. Cette activité, parfois une fin en soi, permet aux polynésiennes d'atteindre ainsi l'orgasme". (Arte TV).

mercredi 16 septembre 2015

mardi 15 septembre 2015

Soudaine averse


Voilà,
tout à coup au milieu de la rue de Rivoli, sous les rafales de pluie, il a pensé au poème de Verlaine : lI pleure dans mon cœur /  Comme il pleut sur la ville / Quelle est cette langueur / Qui pénètre mon cœur ? etc... Bien sûr lui en connaissait la raison, il n'avait pas trop de questions à se poser, ou bien d'autres, inutiles. Comment avait-il pu à ce point manquer de clairvoyance ? Certains propos qu'il avait pu tenir, des choses qu'il avait écrites avaient-elles suscité des mécompréhensions ? Avait il transgressé une loi tacite informulée ? Quelque chose a un moment avait du lui échapper, un détail auquel il n'avait pas accordé assez d'importance peut-être. La pluie redoubla de violence, il se précipita sous les arcades pour y trouver un abri.

lundi 14 septembre 2015

De l'Offre et de la Demande


Voilà,
Rien à dire.
Pas les mots.
N'a pas su trouver les mots.
Les mots justes.
N'a pas su au moment où il le fallait.
Dire les choses comme il le fallait.
N'était pas l'homme de la situation.
Hagard, abasourdi cherche à refaire le chemin.
Se perd, hésite se cogne.
Ne reconnaît plus la place
N'a plus sa place.
Ne fait pas l'affaire
Congédié 
C'est ainsi
C'est comme ça 
C'est la loi du marché

dimanche 13 septembre 2015

Taxidermie


Voilà,
je me souviens très bien du cours de mes pensées lorsque je me suis arrêté devant cette vitrine. Je me faisais quelques injonctions à caractère plus ou moins philosophique essayant de me convaincre que je devais être à la fois détaché de moi et immensément relié au monde, en me donnant chaque commencement comme une fin en soi, qu'il fallait "s'efforcer de s'estranger" comme le disait je crois le si nostalgique Du Bellay, mais bon, je me suis laissé distraire par tous ces rats dans leur vitrine, figés en une sorte d'immobile chorégraphie, et je suis revenu à ma vieille manie j'ai pris la photo. Ce matin je l'ai mise en ligne pour The Weekend in Black and White.  Et puis j'ai décidé qu'aujourd'hui serait un jour de jeûne.

samedi 12 septembre 2015

Un Revenant


Voilà,
tout à coup elle le reconnaît. À des milliers de kilomètres de l'endroit où pour son malheur elle l'a croisé une seule et unique fois, de nouveau il fait irruption dans sa vie. Elle ne s'y attendait pas, elle n'était pas préparée à cela. Son ventre brûle. Elle voudrait crier elle voudrait vomir. Et c'est tout le paysage qui soudain chavire dans la lumière.

vendredi 11 septembre 2015

Autoportrait en vert


Voilà,
il ne faut surtout pas que j'oublie de prendre mes médicaments.
(Ah tiens, c'est le 11 Septembre !)

jeudi 10 septembre 2015

Du sale du brut et du sauvage


Voilà,
ces deux derniers mois ont été occupés à différentes tentatives formelles qui pour la plupart n'ont pas été mises en ligne. Des esquisses et des ébauches pour me désennuyer du réel, pour fuir ses représentations en les transformant, comme je l'ai, à chaque fois avec des moyens différents, souvent fait en utilisant les outils de l'époque, xérographies et cibachromes par exemple dans les années 80, puis ensuite infographie. Je cherche une autres façon de produire des images digitales. Plus brute, plus sauvage plus irrationnelle. Une nécessité ces temps-ci. Je supporte de moins en moins ce qui est normé, ce qui s'attache à la règle, ce qui relève de la loi. Le "bon goût" m'ennuie. Bien sûr, souvent j'aimerais révéler des images plus harmonieuses plus belles plus paisibles. Vivrais-je en pleine nature, sans doute alors me tournerais-je vers les fleurs les sous-bois et les paysages, comme je l'ai fait lors de mon bref passage à Madère, ou comme hier avec la photo du cottage. Mais je vis en France, un pays qui peu à peu se replie sur lui-même, se rétrécit, où des politiciens jeunes fustigent l'art contemporain et plus généralement la culture vivante, un pays où l'on inscrit des graffiti racistes et antisémites sur une sculpture d'Anish Kapoor, où la Ministre de la Culture est aussi inculte que notre président, et l'affirme sans complexe, où la pensée petite-bourgeoise, conservatrice, réactionnaire revient en force répandant les pensées les plus nauséabondes dans l'espace public. Voilà aussi pourquoi j'élabore ces images : pour canaliser la colère et parce que la concentration nécessaire m'évite de céder à la mélancolie et aux larmes. D'autre part si j'affirme ostensiblement le traficotage auquel je me livre, il n'a cependant rien à voir avec la pernicieuse et hypocrite manipulation des images si souvent opérée par les médias sous couvert d'information. shared with friday face off

mercredi 9 septembre 2015

Un Rêve de campagne


Voilà,
en ville — dans le quartier riche, il est vrai — en bordure de Saint James Park, où il y a longtemps j'enviais le sort des canards qui y vivent au point de désirer être l'un d'entre eux, ce rêve de campagne. Au moins lors de mon dernier séjour, ai-je retrouvé un lieu tout à fait conforme à mon souvenir. Un peu de pérennité rassure. Sans doute ce cadre a-t-il été pris des milliers de fois, mais qu'importe, on a parfois envie de représentations paisibles, et ce petit cottage est tout à fait charmant. On y prendrait bien le thé avec zeu Queen, qui aujourd'hui même, a battu le record de longévité de son arrière-arrière grand-mère la reine Victoria. God save the cottage. (linked with my corner of the world)

mardi 8 septembre 2015

Audioguide


Voilà,
je me penchais sur un souvenir confus avec la sensation persistante d'être observé. L'espace me semblait d'une consistance vaguement gélatineuse, mais je n'aurais su préciser s'il s'agissait de l'espace du souvenir ou bien de celui dans lequel je me déplaçais, tant l'un semblait souvent se fondre dans l'autre. Trois femmes en contrebas passaient à intervalles réguliers accompagnées d'un adolescent qui me rappelait vaguement quelqu'un, un camarade de classe d'autrefois ou peut-être un sportif. Ma silhouette reflétée sur la vitre renvoyait l'image d'un homme du début du vingtième siècle. Plus rien ne ressemblait à rien. Je ne retrouvais pas le sens de certains mots que je voyais écrits, et lorsque je tentais d'articuler des phrases aucun son ne sortait de ma bouche. Je me sentais comme sous l'emprise d'une légère ivresse, pas si désagréable que ça, mais dont je redoutais cependant qu'elle ne me quittât jamais.

Publications les plus consultėes cette année