dimanche 25 octobre 2015

Management post moderne, la bonne blague


Voilà,
je suis tombé par hasard sur un site où il est question de "management post-moderne". Rien que le titre évidemment ça a tendance à me faire marrer, mais en y regardant de plus près j'aurais plutôt envie de gerber. Quand Roland Barthes postulait que "toute langue est fasciste" là on est en plein dedans : la langue des communicants, péremptoire et hyper-affirmative, qui décrète que dans le futur "ce sera comme ça et pas autrement". Quand je lis par exemple : "le vrai patron a l'ère post-moderne c'est le projet et les valeurs tout le reste n'est que bavardage. Frugalité oblige ce projet ce sera fromage ou dessert, beurre ou argent du beurre mais pas les deux. Cette ère de la frugalité fera émerger à nouveau le sens du sacré et du vital. Cet art de la frugalité n'a rien à voir avec l'art du sacrifice car le sacrifice est souvent subi alors que la frugalité sera choisie.". Ce terme de Frugalité cher aux patrons d'entreprises, signifie économie sur le dos des salariés. Ne perdons jamais de vue que la Frugalité du salarié c'est ce qui permet au Patron et à l'Actionnaire de se goinfrer. Mais le salarié doit plus que jamais acter sa servitude volontaire. Il doit même y participer avec joie et enthousiasme. Pour cela le discours managerial sort de son chapeau de fumeux concepts comme la Magnification ("l'aptitude du manager à transmettre une vison sublimée du métier ou de la mission"), la Ludification "l'art du manager à insuffler du jeu et du ludique dans les activités professionnelles", et l'Initiation  ("l'aptitude du manager à offrir à l'autre un apprentissage permanent.)
En fait il s'agit toujours comme le pressentait Michel Foucault d'assujettir les populations. A moindre coût et en leur donnant l'illusion qu'ils sont des agents de savoir alors qu'ils n'en sont que les objetsJe lis encore :
"La deuxième grande rupture entre le monde moderne et le monde post-moderne c'est le passage de la durée à l'intensité. Dans le monde moderne ce qui comptait c'était durer car le futur, l'avenir étaient synonymes de progrès, d'espoir. Dans le monde post moderne qui émerge, ce qui compte le plus c'est l'intensité de ce que je vis ici et maintenant. Ce rapport différent au temps est lié au sentiment naissant que le futur et l'avenir ne sont plus forcément synonymes de jours meilleurs. Futur et avenir sont même parfois synonymes de précarité, d'incertitude. C'est cette sensation de potentielle précarité qui donne envie aux gens de vivre le moment présent avec intensité sans tout miser sur des lendemains très incertains. Comment manager des équipes qui ne préparent pas forcément leur avenir ? Manager la durée et manager l'intensité requièrent des leviers tout à fait différents voire opposés pour des managers modernes". Si je comprends bien, cela revient à dire "jouis du présent en ascète. Le travail qui t'est donné est comme une mission divine. Le jeûne est une source d'épanouissement qui te permettra de te transcender dans le Projet. Bien sûr on ne mentionne pas que le projet consiste en l'élaboration de l'Abattoir dans lequel le salarié (le collaborateur) est voué à disparaître inconscient bienheureux et béat. Déjà des communicants et des sociologues gambergent assidûment sur le management post-humain. D'ailleurs, l'homme dans l'image du haut, il aurait pu faire un petit effort, quand même. N'a-t-il pas été écrit quelque part que le travail rend libre. Quoiqu'il en soit bon Dimanche, cette nuit on a dormi une heure de plus.



3 commentaires:

  1. Me resulta muy agradable ver las esplendidas fotografías
    que muestras últimamente, con un gran nivel de imaginación,
    rediseñando lo cotidiano de una manera sorprendente y atractiva,
    como es el caso de esta gran foto, creando un rico lenguaje
    visual.., recordando al realismo italiano. Magnifico!!!!!

    Abrazos.

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  2. Las mismas ideas dichas con distintas palabras, podría ser un discurso de Calvino, para que rebelarse si existe la predestinación.
    Por cierto la foto estupenda.

    Un abrazo

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