Voilà
ces compositions éphémères croisées par hasard dans le métro (le cadre est fourni), ces traces qui demeurent, je les trouve émouvantes dans leur banalité même parce qu'elles montrent la transformation du réel en un reliquat d'image. Quelque chose en état de perte, qui déjà n'a plus de sens (si tant est que l'on puisse en trouver un à une affiche publicitaire), résiste néanmoins et se donne encore à voir par bribes par fragments, avant de disparaître à jamais, sous d'autres mensonges. Et si c'était la forme de mon histoire que je reconnaissais là ? Comme si ma vie s'inscrivait ainsi : une suite de décollements de déchirures d'arrachages, une figure sans discours d'où rien ne subsiste de durable.
ces compositions éphémères croisées par hasard dans le métro (le cadre est fourni), ces traces qui demeurent, je les trouve émouvantes dans leur banalité même parce qu'elles montrent la transformation du réel en un reliquat d'image. Quelque chose en état de perte, qui déjà n'a plus de sens (si tant est que l'on puisse en trouver un à une affiche publicitaire), résiste néanmoins et se donne encore à voir par bribes par fragments, avant de disparaître à jamais, sous d'autres mensonges. Et si c'était la forme de mon histoire que je reconnaissais là ? Comme si ma vie s'inscrivait ainsi : une suite de décollements de déchirures d'arrachages, une figure sans discours d'où rien ne subsiste de durable.


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"Il y a des régions oniriques tout à fait inconnues, des abîmes marins où ne pénètre aucun rai de lumière. Et le plasma des rêves abyssaux se métamorphose instantanément dès qu'il parvient à la conscience. (...) Nous étions plongés dans des profondeurs où règne une nuit insondable, tombés jusqu'au placenta des images." (Ernst Junger cité par J-B Pontalis)