samedi 20 mars 2010

Pointe-à-Pître



Voilà,
de ce matin gris, et pluvieux, quoique doux peut-être (je ne sais pas je ne suis pas encore sorti), d'où j'écris ces lignes, je songe à cet autre, chaud et ensoleillé, dans lequel j'avançais, léger, malgré une vague tristesse, que je ne parvenais à dissiper (mais je n'avais d'autre choix que de m'en accommoder). Je l'avais vu apparaître au loin ce paquebot, et l'avais longtemps regardé glisser lent et majestueux dans la lumière radieuse du jour naissant. L'embarcadère était désert, ces passagers en croisière n'étaient attendus que par les taxis et les guides qui commençaient à s'approcher des quais discutant entre eux avec nonchalance. Pour eux c'était la routine, sans doute. Je crois m'être alors souvenu que moi aussi dans un temps qui me semble aujourd'hui comme rapporté d'une autre vie, j'avais été l'un de ces passagers accoudé au bastingage qui voit grandir ce qui n'est d'abord qu'un lointain rivage, et peu à peu prend forme et réalité au fur et à mesure qu'on s'en approche. Je n'ai que des souvenirs confus, du voyage en Méditerranée lorsque nous avions abordé l'Algérie, mais une sensation intense de bonheur, de rupture avec le cours des choses, de légèreté, de vacance persiste néanmoins : l'insouciance, l'absence d'inquiétude, l'ennui léger du désoeuvrement ou des occupations futiles, le tout rythmé par l'heure des repas, oui je l'avais retrouvé bien des années après, cet état, lorsque partis de Travenmude  en Allemagne, nous étions allés à Helsinki afin d'y jouer le spectacle de Didier. Je crois que j'ai pris cette photo, parce que je désirais intensément être sur ce bateau. En y réfléchissant je réalise qu'il m'arrive quelquefois, et peut-être même assez souvent, lorsqu'il s'agit de paysages, d'appuyer sur le déclencheur, parce que je désire simplement être et peut-être même demeurer dans ce que je vois.  

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