lundi 12 juillet 2021

Les gars de Ménilmontant


Voilà, 
ces silhouettes  étaient assez repérables sur les murs de Paris, à la fin du siècle dernier. En fait Jérôme Mesnager, leur auteur, compte parmi les pionniers des arts de la rue. Son premier pochoir, date de 1983. J'ignorais l'existence de cette grande fresque réalisée en 1995 rue de Ménilmontant, quartier où je me rends assez rarement mais dont le nom évoque irrésistiblement une de des plus belles chansons de Trénet et aussi Maurice Chevalier qui en fut originaire . (Linked with Monday murals - July in Paris)
 

samedi 10 juillet 2021

Message personnel


Voilà,
Je tourne autour de ce nom qui m'échappe et fut un temps familier. Je ne l’associe à rien de physique. Un pseudonyme m’avait-il alors semblé. Une étrangeté onomastique à présent dissipée, insaisissable. Ce nom accompagnait des appréciations souvent bienveillantes, envers certains articles de ce blog, parfois même excessivement élogieuses, ce qui me déconcertait. À cette époque, j’ai même suggéré une rencontre dans le vrai monde, avec celui qui se désignait ainsi  — mais comment  ? — puisqu’il semblait que nous habitions à quelques encablures. Je sentais toutefois une vague réticence chaque fois que j'évoquais cette perspective. Celui que désignait le nom-désormais-introuvable s’était mis en relation avec moi parce que nous avions vu les trois mêmes fins nuages dont j’avais publié une photo sur une de mes publications. Il m'avait alors écrit que lui aussi les avait aperçus au même moment depuis sa voiture et avait attiré sur eux l'attention de ceux qui l'accompagnaient. Il écrivait des poèmes que je ne comprenais pas toujours. Un jour il a fermé son blog. Ses commentaires sont toujours là, mais signés "unknown". Le prénom je crois se composait de deux syllabes le nom d’une seule. Est ce parce qu’il avait une sonorité étrange que je ne puis m’en rappeler. Il est sur le bout de la langue et très profond dans l’oreille. Je le sens qui rôde dans une région limbique. C’est une sensation désagréable. L’épaisseur flottante d’une feuille de papier à cigarette dans une épaisse nuée de flou. Mais tout ça sous la voute crânienne. La densité spectrale du nom perdu se répand et pèse sur la mémoire. Le nom se tient informulé au seuil de l’oubli. Il tressaille dans l’incertain. Je guette son surgissement. Je ne sais comment fouiller ni sonder pour le tirer de ce néant ou il s’est enfoui. J’en viens a reprocher à celui que ce nom désignait, de s’être ainsi anonymisé, volatilisé de s'être réduit à cette béance. 
(…)
Husker Dü qui est un nom de groupe de hard rock s'est soudain cristallisé, prend toute la place. Je n’ai jamais écouté ce groupe, mais son nom s’est enkysté dans ma mémoire. Mais c’est autre chose que je cherche. Husker Dü est-il un brouillage ou bien le sésame pour retrouver ce qui ne veut ni se dire ni se représenter, et qui torture à présent les méninges.
(...)
Allen oui il y avait allen, ça y est. Tout à coup cela ressurgit de l’oubli. Il manque l’autre segment. Mais il y avait allen j’en suis certain. Pourquoi en nommant Husker Dü je retrouve le chemin ? Leoz ! C’était Allen Leoz. C’est revenu.
(…)
Le texte qui précède, relate brièvement les détours inconscients pour que le nom se reformule. Pourtant je n’en suis pas pour autant soulagé. À cause de l’inquiétude, du désarroi, et surtout de la sensation d’impuissance liée à l’incapacité de retrouver sur le champ ce qui s’était dérobé. Ces derniers temps je redoute le désordre mental, la confusion, l’égarement. Les mots ne viennent  plus,  les pensées se désagrègent. Je repense à Baudelaire qui à la fin de sa vie ne savait  plus que dire "Crénom". Je repense au metteur en scène Philippe Adrien devenu sénile, lui qui, lacanisé à mort, ne cessait de se passionner pour tout ce qui avait trait à l'inconscient. Qu’est devenu Allen Leoz ?
 Qui se cachait derrière ces quatre syllabes énigmatiques ? Il était prof de maths je crois.

mercredi 7 juillet 2021

Oz Café


Voilà,
hier, j'ai assisté à la cinémathèque à la projection du film "Wake in fright" de Ted Kotcheff. Réalisé en 1970, le film raconte l'histoire d'un jeune instituteur qui fait escale dans une petite ville minière avant de partir en vacances à Sydney. Le soir, il joue son argent et se saoule. Son séjour se prolonge alors, au beau milieu de l'enfer. 
Le film est ainsi présenté dans le programme :"Une des bombes de l’Ozploitation, Wake in Fright dresse un portrait terrifiant de l’Outback australien, arrière-pays dominé par une communauté machiste, abreuvée de bière et de sang. Entre documentaire ethnographique et fiction ahurissante, le film de Ted Kotcheff – futur réalisateur de Rambo – montre une masculinité toxique qui trouve son apogée dans une effroyable chasse au kangourou. Des scènes filmées par des chasseurs professionnels agréés et fortement alcoolisés. Après des heures d’une traque cruelle, l’équipe du film, épuisée et au bord du malaise, met fin au massacre, prétextant une panne technique. Perdu pendant près de quarante ans, miraculeusement retrouvé dans un laboratoire de Pittsburgh en 2002, Wake in Fright, "le film le plus terrifiant jamais réalisé sur l’Australie", selon Nick Cave, est devenu un classique underground des années soixante-dix. Celui qui laissa "sans voix " Martin Scorsese. Une pépite de sueur et de poussière, à l’origine du cinéma moderne australien.".  
C'est en effet un film assez rude et par moment très éprouvant en raison du climat malsain qui parcourt le film. Il inaugure cycle "Ozploitation" qui se déroule jusqu'à fin Juillet, en attendant une rétrospecticve à la rentrée, consacrée à Philipp Noyce, l'auteur de l'effrayant "Calme blanc", que je me souviens avoir vu à sa sortie, au cinéma l'Entrepôt. D'autre part, il a été annoncé une année australienne à Paris dont je me réjouis, mais je ne connais pas encore le détail des manifestations prévues. J'espère de tout cœur qu'une quatrième vague de Covid ne viendra pas contrarier cette perspective. Quoi qu'il en soit, l'Oz café qui jouxte la gare de Denfert-Rochereau a quant à lui réouvert. Et pour ce qui me concerne, je vais regarder à la télévision le premier test match opposant les jeunes rugbymen français aux australiens.
(Linked with Signs2)

dimanche 4 juillet 2021

Du côté de Belleville

Voilà,
aux grandes fresques commandées par des municipalités, je préfère ces tentatives clandestines, souvent étranges, au graphisme parfois déconcertant. J'ai remarqué celle-ci du côté de Belleville, en Avril dernier, un jour où j'étais venu chez ma camarade AdC (dont je ne comprends jamais les projets mais ce n'est pas grave) enregistrer des textes de Chris Marker, l'auteur d'un des films qui m'a le plus marqué, "La jetée". Je me rappelle que vers midi, nous étions allés pique-niquer au parc de Belleville avec Hélène, une de ses amies qui habite dans le voisinage. Un timide soleil, ne parvenait à réchauffer ce jour un peu trop frisquet.
(Linked with Monday murals)

samedi 3 juillet 2021

Il y a cinquante ans

 
Voilà
cinquante ans, jour pour jour, qu'au 17 rue Beautreillis, à Paris, on retrouvait dans une baignoire le corps inanimé de Jim Morrison. Il y a une dizaine d'années, Sam Bernett a révélé que, la nuit précédant l'annonce officielle du décès, il avait découvert le chanteur des Doors, sans vie, dans les toilettes du "Rock'roll Circus", l’établissement qu’il dirigeait alors, et que le corps avait ensuite été transporté par deux personnes qui accompagnaient le chanteur — vraisemblablement des acolytes du dealeur Jean de Breteuil. Au début des années 1970, ce dernier écoulait des stupéfiants dans le milieu de l'industrie du spectacle et vendait de l'héroïne aux musiciens de rock anglais et américains faisant étape à Paris. C'est lui qui à la même époque approvisionnait aussi Keith Richards, un bon client, quand il vivait à Villefranche-sur-mer, villa Nellcôte, où fut enregistré l'album "Exile on main street".

vendredi 2 juillet 2021

Trois grâces



Voilà,
dans l’histoire, chaque fois qu’il y a eu une déstabilisation des écosystèmes, des perturbations dans les comportements des populations s'en sont suivies, faisant la part belle à la récrimination et à la violence. La période de relative stabilité écosystémique et de stabilité sociale qu’on a connues ces trente dernières années en occident, malgré l’accroissement des écarts entre riches et pauvres et les ravages de l’ultralibéralisme est en train de s’achever. Le Covid-19 n’est pas simplement une épidémie, c’est aussi le symptôme d’une déstabilisation en cours. Cet événement a aussi agi comme un révélateur. Il n’y aura pas d’après, mais plutôt un rappel permanent de la fragilité et du caractère non durable du système dans lequel on vit. Il n'y aura plus de retour aux normes précédant cette crise sanitaire, d’une part du fait que c’est une crise mondiale, mais aussi parce que ces normes se sont révélées inadaptées . On a pu assister à ce qu'il se passe dès lors qu'on a affaire à un phénomène qui change d’échelle. Les dommages changent aussi d’échelle, et nos gestions par les techniques s’effondrent. Bien sûr on a très vite trouvé des vaccins. Mais comme il est impossible de vacciner tout le monde, pour enrayer la propagation et les mutation de ce virus, la principale façon de réagir tient à nos comportements. Réduire les interactions sociales, gestes barrières, masques, et d'autres confinements locaux, comme c'est le cas de nouveau dans certains pays.  Et puis d'autres crises s'annoncent désormais, qui risquent d'être bien plus brutales, en raison du désordre climatique dont les effets longtemps supposés se font d'ores et déjà de plus en plus concrets. Il y a fort à parier que les libertés individuelles vont considérablement en pâtir au profit des nécessités collectives. 
Alors, cette image prise il y a quelques jours, paraît comme celle d'un répit, ou qui sait, témoigne peut-être de la fin d'une époque. Celle d’une certaine insouciance, ou plus exactement d’une forme d’aveuglement, entretenus depuis des années, par le capital et les médias (seulement soucieux de nous encourager à consommer) et aussi d'inconscience dont nous commençons ces temps-ci à payer le prix.

jeudi 1 juillet 2021

Pont Alexandre III

Voilà,
de nouveau les terrasses où les prix ont considérablement augmenté, les promenades sans masques sur les quais. Difficile néanmoins d'être détendu, quand une possible quatrième vague est annoncée pour la rentrée, et que se multiplient les possibilités de clusters avec les stades de l'eurofoot, les rassemblements des prochains festivals en France, les concentrations estivales. L'économie se délabre. Des chantiers et des productions restent en friche faute de matière premières disponibles. La population s'abstient de voter, parce qu'elle ne croit plus à la possibilité d'être dignement représentée. Et puis les nouvelles du monde. Tu te réveilles et entends à la radio qu'il a fait 49° au nord de Vancouver dont le nom évoque une belle chanson d'autrefois.  Tu furètes sur le réseau, tu te renseignes. Il est question  d'un « dôme de chaleur » dû aux hautes pressions qui emprisonnent l’air chaud stationnant au-dessus de la Colombie-Britannique. La ville a invité les habitants à se réfugier dans les bibliothèques publiques, car elle est sous-équipée en air conditionné puisque c'est une région ordinairement tempérée. On constate en outre que les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, en raison des concentrations de gaz à effet de serre entraînent non seulement une hausse des températures mondiales mais qu'elles commencent aussi plus tôt et se terminent plus tard, augmentant les dangers pour la santé humaine et les coûts pour les systèmes de santé. Il est aussi question du retour de la sécheresse, après un bref hiatus, qui exacerbe les températures, en causant plus d’évaporation sur les sols moins humides. En 2020, à l’approche de l’été, 27 % de l’Ouest américain  (9 Etats) était considéré en état de sécheresse. Cette année, c’est 76 % de la région, dont 47 % en état d’aridité sévère ou extrême ; 58 millions de personnes sont affectées. On savait que tout cela finirait par arriver, on pensait juste que ce serait un peu plus tard. Je ne parle pas de ce qui menace l'Europe. j'en ai tant parlé déjà. 
Désormais, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) estime que dépasser +1,5°C pourrait déjà entraîner «progressivement, des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles». Pénurie d'eau, exode, malnutrition, extinction d'espèces... La vie sur Terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement transformée par le dérèglement climatique quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans, voire plus tôt, alerte un projet de rapport des experts climat de l'Onu obtenu par l'AFP. 
Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l'humanité qui en dépend vont s'accélérer et devenir douloureusement palpables bien avant 2050. « La vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes», note le résumé technique de 137 pages. «L'humanité ne le peut pas». Donc on y est. Difficile d'être léger, et futile en ayant conscience de tout ça

mardi 29 juin 2021

Le Boudoir


 
Voilà,
et même si ta vision se brouille tu reconnais le boudoir. Captifs sous la vacillante lumière des candélabres, les objets tremblent et frémissent de tant d'histoires étouffées entre ces murs. Puis, ce vide soudain qui se répand en deçà de ton regard. Ce parfum entêtant qu’il te semble reconnaître, qui te hante depuis tant d'années. Ces gestes précis, ces regards intenses et jamais oubliés, les voilà qui te traversent dans le clair désordre d'un songe. Tu te tiens au secret des lisières et crois entendre dans ton dos le murmure d'une voix familière. Ton rêve chavire tel une barque trop chargée. Un poudroiement d'étincelles tu ne sais si tu te noies ou t'éparpilles. Tu t'étouffes, puis un cri t'arrache à ce bord du monde. Dressée contre la muraille de la nuit, la lourde armoire de la chambre prend des airs de potence. Et la douleur est là, bien rugueuse. Tu voudrais que tout recommence, ne serait-ce que quelques jours, quelques semaines. Les étonnements, les approximations, les surprises de la découverte, le vertige des premières étreintes. Mais l'herbe est bien trop épaisse qui pousse sur le passé. Des lustres que ta jeunesse t'a quitté. En bas, dans la cuisine la vieille Westminster carillonne. Les heures cognent. L'aube d’un jour blafard maintenant te frôle. Es tu rêveur encore ou bien déjà fantôme ? (Linked with my corner of the world

dimanche 27 juin 2021

D'étranges têtes

Voilà,
rue des cascades encore, on peut apercevoir parmi de nombreuses fresques murales, celle-ci, de Bojan Nicolic, dont j'avais remarqué il y a quelques mois, une autre création sur le mur d'une maison à Malakoff. Elle tranche sur la plupart des réalisations de ce genre, par sa radicalité, et une sauvagerie dans le dessin qui rappelle des œuvres d'art brut. linked with monday mural

vendredi 25 juin 2021

Climat

Voilà
"Le climat n’est pas l’ensemble des gaz qui enveloppent  le globe terrestre. Il est l’essence de la fluidité cosmique, le visage le plus profond de notre monde, celui qui le révèle comme l’infini mélange de toutes les choses, présentes, passées, et futures. Le climat est le nom et la structure métaphysique du mélange. Afin qu’il y ait du climat, tous les éléments à l’intérieur d’un espace doivent être à la fois mélangés et reconnaissables, unis non par la substance, la forme, la contiguïté, mais par une même « atmosphère ». Si le monde est un, il ne l’est pas parce qu’il n’y aurait qu’une substance ou une morphologie universelle. Au niveau climatique tout ce qui est et a été constitue un monde. Un climat est l’être de l’unité cosmique. Dans tout climat, la relation entre contenu et contenant est constamment réversible : ce qui est lieu devient contenu, ce qui est contenu devient lieu. Le milieu se fait sujet et le sujet milieu. Toute climat présuppose cette inversion topologique constante" Emmanuele Coccia in "La vie des plantes"

lundi 21 juin 2021

Aimez vous Brahms ?


Voilà,
je ne connais pas très bien la musique classique. Je veux dire que je n'ai pas baigné là-dedans. J'y suis venu peu à peu il y a longtemps grâce à un amour de jeunesse et à ses parents. Je me souviens que la première fois où j'ai assisté à un concert de musique classique c'était dans l'église de Châteaudouble, le quatuor Andrée Colson. J'avais été particulièrement transporté et ému par un adagio de Guillaume Lekeu.
 Mais ça reste toujours un peu opaque pour moi. Je ne pratique pas la musique, je ne lis pas beaucoup les notes. Je sais vaguement faire la différence entre une version et une autre, sans trop pouvoir justifier mes préférences. De toute façon j'évite d'en parler de peur que mon inculture se dévoile. C'est un peu comme les couverts à poissons. C'est là qu'on s'aperçoit qu'on vient de chez les pauvres : quand tout à coup il faut utiliser les couverts à poissons.
Je ne suis pas un spécialiste comme Brice, le frère de la cinéaste Claire Denis, qui, alors que nous étions passé chez lui dans l'après-midi le 10 mai 1981 (un coup de fil de son autre sœur qui travaillait au nouvel Observateur, nous avait d'ailleurs un peu après dix-sept heures donné en avance le résultat de l'élection de Mitterrand), avait fait l'analyse de la cinquième de Mahler en s'adressant surtout (il commençait un peu à m'agacer avec sa science) à Agnès qui était musicienne (elle jouait de la harpe). Il nous avait disséqué avec beaucoup d'enthousiasme, en long en large et en travers, la cinquième de Mahler, et j'avais quand même trouvé ça un peu gonflant, sa science. Aujourd'hui pourtant les émissions sur la musique classique me passionnent, et l'érudition de certains présentateurs m'émerveille.
J'écoute juste France-Musique, parfois des journées entières (surtout le dimanche quand je suis là) et tout à coup c'est comme si la laideur du monde s'effaçait. Je suis alors en terre étrangère. Et les sept semaines de confinement de l'année dernière ont contribué à atténuer mon ignorance en matière de musique classique.
Je regrette de ne pas avoir su transmettre cela à ma fille lorsqu'elle était petite. Pourtant, autrefois, pour l'endormir je lui mettais les partitas de Bach interprétées par Glenn Gould. Quoi qu'il en soit quand j'entends quelque chose qui me plaît je le shazame, (Shazam, c'est vraiment bien c'est une applications réjouissantes et nécessaire). Et souvent je m'aperçois qu'il s'agit de Brahms. Parfois j'arrive un peu à le reconnaître avant, mais je ne suis cependant jamais certain, à l'exception des danses hongroises qui me sont familières, et du sextuor pour violoncelle.
Françoise Sagan, vraiment douée pour les titres (du coup peut-être faudrait-il que je le lise) intitula un de ses roman "Aimez vous Brahms ?". Assurément oui, j'aime Brahms. Et n'oublions pas que, comme le fait remarquer un des piliers de bar chers à Gourio, dans ses Brèves de comptoir "Brahms, sans parler de sa musique, pour pas faire chier, il buvait du vin blanc". Quant à moi, je me repose dans ma bibliothèque, parmi mes fétiches. Ça sera my corner of the world pour un moment

dimanche 20 juin 2021

Leurs Noms

Voilà,
cette semaine j'ai joué dans un théâtre situé juste en face de l'immeuble où, un sinistre jour de janvier 2015, s'est produit le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, perpétré par des fanatiques islamistes. Il y avait là, Cabu, (76 ans) dessinateur, Charb, (47 ans) dessinateur et directeur de la publication, Tignous, (57 ans) dessinateur, Honoré, (73 ans) dessinateur, Wolinski, (80 ans) dessinateur, Bernard Maris, (68 ans) économiste et chroniqueur, Mustapha Ourrad, (60 ans) correcteur, Elsa Cayat, (54 ans) psychanalyste et chroniqueuse, appartenant au journal, mais aussi, Frédéric Boisseau, (42 ans) un responsable des opérations de la société Sodexo chargée de la maintenance dans l'immeuble, qui fut la première personne tuée lors de cet attentat Michel Renaud (69 ans) invité de la rédaction, qui était venu de Clermont-Ferrand pour rendre certains de ses dessins à Cabu, Franck Brinsolaro, (48 ans) le premier policier tué officier du service de la protection — le SDLP — chargé de la protection personnelle de Charb abattu en même temps que lui, Ahmed Merabet, (40 ans) le second policier tué, gardien de la paix du commissariat du onzième arrondissement, blessé puis assassiné sur la voie publique après avoir tenté d’empêcher la fuite des tueurs. Une fresque réalisé par C125, dont j'ai déjà photographié des travaux, ici et aussi là a été réalisée sur l'immeuble où a eu lieu la tuerie. Elle est recouverte d'une plaque de plexiglass pour la protéger des dégradations, car il existe encore à Paris nombre de crétins pour penser que ces victimes méritaient bien leur sort. Sur un autre mur, les anges de Raphaël ont la tête de Cabu et Wolinski et boivent un verre ensemble. J'ignore quel est l'auteur de ce collage. (Linked with Sami's monday murals)

jeudi 17 juin 2021

Fuzeï


Voilà,
Se rappeler un paysage. Songer à tout ce qui nous traverse et qu'on ne peut décemment dire. A de vieilles lectures aussi. Se souvenir que lorsque nous rencontrons quelque chose qui résonne tranquillement dans notre esprit, généralement quelque chose de naturel ou d’élégant, les japonais disent “je me sens fuzei dans ce paysage” ou “cela donne une impression de fuzei.”. Il existe même un photographe nippon qui a consacré toute une série de photos pour illustrer cet état

dimanche 13 juin 2021

Rue des cascades


Voilà, 
il y a quelques temps je suis passé par la rue des cascades. Située dans le XXème arrondissement de Paris, elle a autrefois inspiré un très beau film éponyme de Maurice Delbez, réédité il y a quelques années, et fut aussi un terrain d'exploration de Willy Ronis. Elle a bien sûr considérablement changé comme bien des lieux de Belleville, mais on y trouve de nombreuses peinture murales, et aussi des collages tels que celui-ci, qui raconte quelque chose de notre vie récente (Monday murals)

jeudi 10 juin 2021

Ça c'est Paris

Voilà,
je me suis promené cet après-midi sur les bords de Seine, la température estivale, faisant oublier ce triste mois de mai qui fut le plus froid depuis 2013. J'ai pris cette vue très couleur locale, insouciante, presque intemporelle, conforme aux clichés que l'on se fait de la vie parisienne. Sur les quais, les guinguettes sont ouvertes, les gens prennent des pots, font du sport, se baladent en vélo, déambulent nonchalamment s'étreignent. Une apparente douceur de vivre qui hélas ne parvient pas à me faire oublier le climat politique nauséabond qui règne sur ce pays. (Linked with skywatch friday - Paris in July)

mercredi 9 juin 2021

Choses dont je ne suis pas certain



Voilà,
je ne suis pas certain de voir la Sagrada Familia achevée,
ni de pouvoir de nouveau rentrer dans Notre-Dame de Paris
Je ne suis pas certain d’être un jour capable de retenir le nom du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul (je viens de le recopier)
je ne suis pas certain de contempler une nuit la croix du sud dans l'autre hémisphère
ou de parcourir à nouveau les routes des Landes quand le pollen des genêts jaunit les chemins
je ne suis pas certain de me me retrouver un matin sur la départementale 624 entre Montauriol et le col du Samson
ni de prendre une fois le train qui relie Bastia à Ajaccio
je ne suis pas certain d'être vivant quand les Jeux Olympiques auront lieu à Paris
Je ne suis d'ailleurs pas du tout certain que les Jeux Olympiques de Paris auront lieu
Je ne suis pas certain de voir les champs de tulipes des Pays-Bas au printemps
Je ne suis pas certain que la situation sanitaire redevienne normale de sitôt
Je ne suis certain d'être à nouveau un jour vif et alerte
je ne suis pas certain que l'avenir contienne beaucoup de promesses
Je ne suis pas certain que la joie spinozienne fut un concept opérant dans les camps de concentration mais je peux me tromper
Je ne suis pas certain que beaucoup de gens se lavent souvent le pli qui se trouve derrière nos oreilles à la jonction du crâne
Je ne suis pas certain qu'une intelligence collective se mette au travail
ni qu'une conscience planétaire s'éveille face aux périls écologiques qui nous menacent.
Je ne suis pas certain de revoir apparaître le lac de Sanguinet au bout d'une certaine côte
Je ne suis pas certain que ma fille puisse dans l'avenir exercer un métier à la mesure de ses immense talents en raison de la discrimination sociale
Je ne suis pas certain de voir la nouvelle version de la tour Montparnasse
Je ne suis pas certain que la France soit encore un pays qui ait de l'avenir
Je ne suis pas certain de voir l’Italie, gagner le tournoi des six nations, je crois même que cela n’arrivera pas de sitôt
Je ne suis pas certain de rencontrer un jour une femme qui pratique le yoga tantrique
Je ne suis pas certain d'être capable de partager le peu qu'il me reste avant de devoir partir
Je ne suis pas certain que je perdrai tous les kilos que je souhaite perdre tout en restant en bonne santé
Je ne suis pas certain que je parviendrai à vider mon appartement de tout le superflu qui l'encombre
Je ne suis pas certain de revoir Pornic
Je ne suis pas certain que tous les textes écrits qui brouillonnent encore dans ce blog trouvent leur image et vice-versa
Je ne suis pas certain que beaucoup de gens se rappellent que peu avant l'épidémie de covid un étudiant s'était immolé par le feu à Lyon parce qu'il ne supportait plus la précarité
Je ne suis pas certain d'être capable de coucher mes dernières volontés à temps
Je ne suis pas certain d'être capable de chanter en public "wild is the wind"
Je ne suis pas certain de sauter un jour en parachute
Je ne suis pas certain d'être capable d'écrire l'histoire que je veux raconter
Je ne suis pas certain de lire les livres qui sont dans ma bibliothèque et que je n'ai pas encore ouverts
Je ne suis pas certain qu'un accident nucléaire majeur n'arrive pas en France d'ici cinq ans
Je ne suis pas certain de réaliser tous les projets de collages que j'ai en tête
Je ne suis pas certain de jouer encore dans beaucoup de spectacles,
mais je sais que je suis distribué dans une pièce qui doit se donner prochainement puis à la rentrée paraît-il
 

lundi 7 juin 2021

Les Barques de Guéthary

Voilà,
je me suis souvenu des barques du port de Guéthary si petit, si improbable, et de cet endroit très particulier qui lui donne des airs de Grèce. M'est revenu en mémoire, un certain été qui n'était pas si doux, mais où j'ai passé quelques jours sur la plage avec ma fille alors âgée de neuf ans. Elle avait voulu que je lui raconte des histoires de chevalier, et comme je n'en connaissais pas, je lui avais raconté celle d'Hamlet. Dans les mois qui suivirent elle était tombée par hasard, à la maison sur la version russe filmée par Grigori Kozintsev (l'apparition du spectre est une magnifique leçon de cinéma, à 20:27 dans le lien). Elle avait absolument tenu à la voir, en dépit de mes avertissements (c'est en noir et blanc, c'est en russe, ça dure trois heures) ; nous l'avions regardé ensemble faisant au début de fréquents arrêts sur image pour que je puisse bien lui expliquer, tous les personnages et leur fonction dans l'histoire. Captivée, elle avait regardé le film de bout en bout, sans doute parce que sa perfection formelle, exerce un irréfragable pouvoir d'attraction. C'est fou comme une simple image peut convoquer de souvenirs. Guéthary et son merveilleux cimetière sur les hauteurs. Ses deux cafés qui se font face, sa baraque à frites où l'on a croisé une fois Lizarazu, le footballeur, champion du monde en 1998 qui vient souvent faire du surf dans le coin. Écrivant cela, émerge, de très loin, je devais avoir sept ou huit ans, les images confuses de la bande dessinée des aventures de Jari, dans le journal de Tintin, qui se passaient au pays basque. Je n'en ai bien évidemment qu'un vague souvenir. Il faudrait que je traîne dans un magasin de bd pour le relire....

dimanche 6 juin 2021

JR à Paris

 
 
Voilà,
ces derniers temps l'artiste JR est très visible à Paris. D'une part il y a ce magnifique trompe-l'œil sur l'esplanade du Trocadero face à la tour Eiffel que j'ai pu prendre en photo, très tôt dimanche dernier, alors qu'une belle journée s'annonçait. Une petite file de gens s'étirait dans la bonne humeur pour prendre la photo, mais vraisemblablement rien de comparable avec la foule qu'il doit y avoir en journée. Et puis il y a cette autre œuvre dans un petit square situé au 186 bd St Germain qui représente un homme en train de faire le mur.


Ce gigantesque collage intitulé "No trespassing" a été réalisé à l'occasion de l’ouverture de l’édition 2021 du Parcours Saint-Germain, un festival d’art contemporain qui invite les artistes à investir le patrimoine historique du quartier éponyme. Cette image incite à l'école buissonnière, invite à la transgression avec humour et un fort pouvoir poétique. (Linked with Monday Mural)

vendredi 4 juin 2021

Prisonniers politiques

 

Voilà,
en Août 2012 sur la plage d'Hendaye, des gens sont passés tenant une longue banderole pour soutenir des militants basques, peut-être des prisonniers politiques, je ne me souviens plus exactement. J'imagine que la petite fille témoin de cette scène a dû être intriguée. De dos comme ça, elle semble saisie dans une sorte de stupéfaction. J'aime cette menue silhouette, sa façon d'être ancrée au sol, la puissance qui s'en dégage. Linked with the weekend in black and white

mardi 1 juin 2021

Lac inférieur

Voilà,
  rêver à d'autres horizons d'autres latitudes
songer à des espaces plus vastes plus sauvages
se laisser envahir par les images d'une enfance inventée
s'imaginer d'autres vies d'autres destins d'autres voyages
chasser le chagrin
 des choses inaccomplies des êtres chers trop tôt partis
 et se consoler dans le murmure du vent
 
Déjà, sous une farandole de nuages
l'éblouissement commence

mercredi 26 mai 2021

Le Mur des Fédérés

Voilà,
ces jours-ci marquent le 150ème anniversaire de la semaine sanglante de la Commune. Comme l'histoire est écrite par les vainqueurs, et qu'aujourd'hui en France la gauche est moribonde, il n'en est guère fait mention ces derniers temps et on ne le commémore plus. Le mur des Fédérés, constitue une partie de l'enceinte du cimetière du Père-Lachaise. Là, 147 fédérés, combattants de la Commune, ont, à la fin du mois de , été fusillés par l'armée versaillaise puis jetés dans une fosse commune ouverte au pied du mur. Depuis lors, ce lieu symbolise la lutte pour la liberté, la nation et les idéaux des communards. Ce bas-relief créé en 1909 par Paul Moreau-Vauthier avec les pierres originales du mur portant encore les impacts de balles surprend par ces nombreuses silhouettes fantomatiques comme moulées dans la pierre. Il se veut cependant un  hommage à toutes les victimes des révolutions. En son centre, une allégorie de la Justice tente d’arrêter les deux clans ennemis. Une citation de Victor Hugo  y proclame aussi "Ce que nous demandons à l’avenir, ce que nous voulons de lui, c’est la justice ce n’est pas la vengeance". L'occasion de rappeler ici cette histoire que les britanniques aiment bien raconter à propos de notre nation : "si les français aiment tant les guerres civiles c'est que ce sont les seules qu'ils sont sûrs de pouvoir gagner". On ne louera jamais assez, l'humour anglais et les vertus de ce peuple qui nous a débarrassé de Napoléon.
(Linked with Monday Murals

lundi 24 mai 2021

Still waiting


 
Voilà,
depuis janvier 2019, il n'y a plus d'espèce d'escargot endémique sur l'île d'Hawaï. La mairie de Paris sans concertation a fait arracher la glycine centenaire de chez Plumeau sur la butte. En Australie dans la Nouvelle Galle du Sud on a vu, il y a quelques mois des migrations de mygales fuyant des inondations diluviennes. De plus en plus de tableaux lumineux remplacent les affiches en papier dans le métro parisien. Aujourd'hui, en France, réaliser des podcasts est devenu très tendance. Dans ce pays au ministère des finances, alors qu'il y a dix ans ils étaient 12 ne restent désormais, que quatre inspecteurs pour traiter environ 450 dossiers concernant la fraude fiscale évaluée aux environs de 100 milliards par an. Par contre on a embauché 400 agents pour contrôler les chômeurs. Depuis le début de l'année le nombre de morts quotidiens du Covid équivaut à un crash d'avion journalier. Le gouvernement du Japon a décidé de rejeter de l'eau contaminée de Fukushima à la mer. Il y a longtemps pendant quelques semaines je suis sorti avec une femme qui ressemblait un peu à Patrick Juvet. Quand je vois passer de jeunes et ravissantes mères de famille en compagnie de leur fils je ne peux m'empêcher de penser que leur marmot aura un Œdipe forcément chargé. Je ne comprends toujours pas comment utiliser le rasoir pour donner l'illusion d'une barbe de trois jours. Des millions de gens se sont retrouvés à lire un jour un compte-rendu médical où il était question d'opacité en verre dépoli. Un matin, en France, avant le temps des masques et des tests PCR, une femme prénommée Vanessa s'est levée pour participer à une manifestation et on lui a tiré dessus. Une "balle de défense" propulsée à plus de 300 km/h a percuté son visage. Elle a perdu un œil, une partie de l’odorat, du goût. Sa vie a basculé. Et puis ensuite l'épidémie, le confinement. Comment tu fais dans ces cas là pour être heureux ? Des courants d'eau chaude attaquent le glacier Thwaites en Antarctique et menacent sa stabilité. A cause du blocage du canal de Suez et de la pandémie, le Royaume-Uni a un temps été confronté à une pénurie de nains de jardin. Les zombies sont des corps morts qui s'acharnent à vivre, j'en connais. C'est dans le lent désastre qu'il nous faudra malgré tout cultiver la joie. La forêt amazonienne dégage désormais plus de gaz carbonique qu'elle n'en absorbe. John Lennon était un excellent siffleur. Un petit trou du cul prétentieux a depuis sa cambrousse a essayé de me nuire. Des pluies acides ravageront la planète qu'il y aura toujours des cons pour se préoccuper du prochain mercato des stars du football. Une secouriste de la croix rouge a été insultée sur les réseaux sociaux à cause d'une photo où on la voit serrer dans ses bras, pour le réconforter un africain qui vient d'échapper à la mort. Deux bœufs musqués ont été euthanasiés dans un zoo américain en raison du changement climatique. Qui se brosse les dents récure son squelette. Une infection grave, dite du champignon noir, touche les immunodéprimés en Inde. On envisage la possibilité dans un proche avenir d'implants cérébraux pour des orgasmes sur demande. En Californie un séquoia se consume toujours depuis l'année dernière. Un pan de l’inlandsis du Groenland serait sur le point de basculer. La ville de Mexico s'enfonce inexorablement dans le sol. Des responsables de l'US Navy envisagent  de revenir à la navigation au sextant. Des ingénieurs ont inventé un parquet capable de produire de l'électricité grâce à nos pas. L'aéroport de Dubaï utilise des détecteur d'iris. Un drone a exploré un des réacteurs de la centrale de Tchernobyl. On a récemment inventé le néologisme infodémie pour désigner l’inflation d’informations dont nous disposons actuellement.
I push the fact in front of me
Facts lost
Facts are never what they seem to be
Facts cut a hole in us
Facts are useless in emergencies
Facts are simple and facts are straight
Facts are lazy and facts are late
Facts all come with points of view
Facts don't do what I want them to
Facts just twist the truth around
Facts are living turned inside out
Facts are getting the best of them
Facts are nothing on the face of things
Facts don't stain the furniture
Facts go out and slam the door
Facts are written all over your face
Facts continue to change their shape
Still waiting, still waiting, still waiting
Still waiting, still waiting, still waiting
Still waiting, still waiting, still waiting
Still waiting, still waiting, still waiting 
(Talking heads)

dimanche 23 mai 2021

Make art with money

Voilà,
c'est à Moret-sur-Loing, charmante bourgade de l'Ile de France, que le peintre impressionniste Alfred Sisley vint finir ses jours. C'est aussi là que, durant l'été 2019 j'ai aperçu cette petite œuvre murale, tout à fait originale, dont le billet restitue l'échelle. (Linked with monday murals)

samedi 22 mai 2021

Sait-on jamais


Voilà
au cas où, mieux vaut prendre les devants et proposer un choix pertinent. Être prévoyant quoi! même si je ne suis pas particulièrement pressé, les temps sont incertains pour les gens de mon âge on ne cesse de nous le répéter tous les jours à la radio. Et puis on assiste si souvent à des cérémonies ratées. Voilà donc des airs où je me reconnais. Ça sert aussi à ça la musique non ? À décliner d'une certaine manière son identité quand les mots n'y peuvent suffire.

 La sonate en C sharp de Scarlatti par Clara Haskil ah oui sûr
 Saturday Morning  ou bien Poinciana d'Ahmad Jamal ça aussi c'est pas mal
Here there and everywhere par Pat Metheny
My favorite thing joué au piano par George Shearing
 le début de Rosetti Noise de Harold Budd
Houses in motion de Talking Heads  parce que ça m'a fait rêver et danser
le largo du concerto grosso N°5 de Avison, interprétée par l'académie de St Martin in the Fields et dirigée par Sir Neville Marriner 
a rainbow in curved air de Terry Riley
Le poème de Verlaine Écoutez la chanson bien douce adapté par Léo Ferré
 l'aria "Erbarme dich" dans la passion de Saint Matthieu de Bach, mais c'est quand même un peu triste et solennel
l'andante ma moderato du String sextet en B majeur de Brahms
Le salon de Godowski joué par Jorge Bolet
 Le prélude de César Franck
 the unanswered question de Charles Ives, c'est assez class et aussi beau que de circonstance
Sirènes de Debussy
Skokiaan de Louis Armstrong c'est joyeux
L'impromptu pour piano en la bémol majeur opus 90 de Schubert 
Le prélude pour piano opus 18 de César Frank
Sexteto mistico de Heitor Villa-Lobos 
  L'andante du sextuor à corde No 1 en si-bémol majeur, opus 18 de Brahms
L'adagio Assai de Maurice Ravel
l'allegro malinconico de la sonate pour flûte et piano de Poulenc
L'Aquarium de Saint-Saens mais dommage maintenant ça fait un peu trop festival de Cannes
L'orage de Brassens parce que je la chantais à ma fille quand elle était petite
Blue Monk  ou misterioso de Thelonious Monk
  All blues de Miles Davies
Jan founmi de King sunny Ade
The end des Beatles la version dans l'album anthology 3
Big swifty de Frank Zappa
Nuages de Django Reinhardt ça serait de circonstances
La sérénade pour cordes Opus 3 numero 5 attribuée à Haynd mais paraît-il composée par Roman Hoffsetter
et encore tomorrow never knows  des Beatles qui serait de circonstance
le menuet pour quintette à cordes de Boccherini
la sonate au clair de lune de Debussy
la première gnossienne de Satie par Anne Quefellec
Le quatuor à cordes Opus 41 n°2 de Schumann
l'andante du concerto en B mineur op 61 pour violon d'Edward Elgar, mais c'est un peu long
Youkali de Kurt Weil dans la version de Romain Leleu
All white de Soft Machine
"Farewell to Philosophy" de Gavin Bryars
Dujii de Kool & the Gang
 
Bon en même temps tout ça est un peu absurde. Il y a encore tant de morceaux que je pourrais ajouter, et puis c'est une question d'humeur et de moment.

jeudi 20 mai 2021

La Force de l'Habitude


Voilà,
on peut imaginer qu'il leur est souvent arrivé, à ces deux là, de venir se poser sur ce banc pour y lire, à la fois ensemble et séparés. Cette scène, saisie avant la diffusion des vaccins me touche parce que deux temporalités semblent s'y frotter. En effet, elle évoque à la fois un monde ancien — il deviennent rares aujourd'hui, les gens tenant entre leur mains autre chose qu'un smartphone —, en même temps qu'elle nous assigne à l'étrangeté de cette époque nouvelle où les masques chirurgicaux sont devenus les accessoires obligés de notre quotidien. Il y a un an pourtant, les voix officielles affirmaient avec conviction qu'il ne servaient à rien. Passons. Cette proximité entre deux corps au visage à moitié dissimulé montre aussi comment la force de l'habitude que je prête à ce qui me paraît comme un "vieux couple" s'accommode de l'injonction serinée sans cesse depuis des mois, à la radio, à la télévision, de se soumettre aux gestes barrières et à la distanciation sociale.

mardi 18 mai 2021

Entre deux mondes

 

Voilà, 
"La tristesse nous laisse entre deux mondes, ni désespoir ni indifférence, elle est une promenade au bord de la catastrophe, mais avec élégance, comme un enfant qui court le long d'une falaise sans percevoir le danger, les yeux dans la fracture du ciel, le dessin des nuages, la douceur du vent. Elle n'a pas d'épaisseur propre, pas d'écho. Elle délimite un espace intérieur flou, déraisonnable, où l'on reste au bord des larmes avec en même temps un apaisement étrange. La tristesse peut submerger, mais elle apaise aussi ; elle a un pouvoir d'adhérence qui enveloppe le corps dans une sensation cotonneuse d'étrangeté à soi-même, comme un chagrin d'amour dont on aurait subitement perdu le sens, mais pas la nostalgie." écrivait Anne Dufourmantelle, dans "Éloge du risque". Comme je voudrais qu'elle fût encore là. Son intelligence sa sensibilité et sa clairvoyance me manquent. Surtout dans cette période confuse et troublée où bien des repères disparaissent. Sans doute son discernement aurait-il contribué à débrouiller toute cette complexité dans laquelle je me sens comme pris au piège. Je me suis toujours plus ou moins bien sorti de l'adversité jusqu'à présent. Mais tant de choses me pèsent désormais. A commencer par mon propre corps. Je pourrais toutefois en rire, s'il y avait du moins quelqu'un avec qui en plaisanter.

dimanche 16 mai 2021

Où aller maintenant ?

 
Voilà
un poème de Paul Celan
 
"Mais voici que rétrécit le lieu où tu te tiens :
Où aller, maintenant, dénué d’ombre, où aller ?
Monte. À tâtons, monte.
Te voilà plus ténu, plus méconnaissable, plus fin !
Plus fin : un fil
où l’étoile veut glisser et descendre :
pour nager en bas, tout en bas,
où elle se voit scintiller : dans la houle
des mots qui cheminent."
Paul Celan 
 
linked with Monday murals

samedi 15 mai 2021

Comment va le monde Monsieur ?

 
Voilà,
le choc t'a bien tassé quand même, un refrain trottine dans ta tête Chico Buarque d'accord d'accord d'accord, tu flagades en retournant chez toi puis entre cuisine et salon, tu déballes tes courses, ne te souviens plus, c'est lui qui un temps fut ministre de la culture du Brésil ou un autre et tu te demandes pourquoi tu mets les fruits au réfrigérateur, ah penses tu quel con tu ne t'es pas lavé les mains en arrivant, et tu n'as pas encore enlevé ton masque tu ne te sens pas très bien tu voudrais dormir mais redoutes de ne jamais plus te relever si tu t'allonges. Allez un coup de gel hydroalcoolique et ça repart ! Et puis toujours ce froid ces giboulées. Merde on est en mai quand même. Saint Mamert, Saint Pancrace, et Saint Servais, allez vous faire foutre. Tu songes à ce sans-abri aperçu dans la rue sous son parapluie multicolore, vêtu en eskimo qui avait bien l'air de se les peler et ce dialogue dans "Timon d'Athènes" de Shakespeare affleure à ta mémoire :  
— Comment va le monde Monsieur ? 
— Il s'use à mesure qu'il dure Monsieur.

mardi 11 mai 2021

Fête à Saint-Louis-en-L'Isle


Voilà,
ce n'est pas vraiment un village, plutôt un hameau. Là, au cœur du mois d'Août, quelque chose qui pourrait évoquer une fête foraine se réduit à un manège et un stand. D'autres viendront-ils s'ajouter à ceux-ci ? On ne sait pas. On ne fait que passer. Père et fille, on se promène à vélo. Pourtant au mitan de cet après-midi, sous une poisseuse chaleur qu'une brise légère atténue, l’aspect insolite de cette scène me happe et me saisit tout à fois. On s'attarde un moment. Un imperceptible malaise s’insinue peu à peu. Dans cette fantomatique torpeur, ce qui est supposé susciter de la joie induit au contraire une morne mélancolie. Comme ils raccourcissent déjà les beaux jours et comme elles filent vite les années. Dire qu’on le trouvait parfois bien long, ce temps qui vient à manquer tant il se réduit désormais! Ou peut-être qu'on n'a pas voulu se presser, qu'on était un peu trop nonchalant aussi. On verrait plus tard, et plus tard c'est déjà maintenant. À peine s'en est-on aperçu. Elles semblent encore si proches les fois où l'on choisissait le camion de pompiers sur le manège.

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