dimanche 21 juillet 2019

Cinquante ans après.


Voilà,
c'était donc il y a cinquante je me souviens exactement, de ce que j'ai fait ce jour là. Dans l'après midi je suis allé en vélo à Port-Maguide, au bord du lac de Cazaux, me baigner. J'ai acheté des gâteaux Twist au bar de chez Charlet. J'étais un peu fatigué parce que je m'étais réveillé vers 3h30 du matin pour les voir fouler le sol de la lune. Je crois que je m'inquiétais pour eux. J'espérais qu'ils pourraient repartir sans problème. J'ai somnolé sur la plage au bord du lac en proie à tout un tas de considérations sur l'avenir qui – pensais-je alors – ne manquerait pas d'être exaltant maintenant que l'humanité avait fait un grand bond. J'avais été agacé, par une conversation, non loin, où un jeune homme trouvait que tout cela ne servait à rien, alors que j'étais pour ma part persuadé que cet événement était riche de promesses, et qu'une nouvelle ère s'ouvrait devant nous. Le futur commençait enfin.

la buvette de Port Maguide "Chez Charlet"

Quelques semaines plus tard le poète W.H. Auden, exprimait un avis moins enthousiaste dont j'ai eu connaissance par hasard il y a quelques jours et dont je vous livre la teneur : "Il est naturel que les garçons fêtent leur immense triomphe phallique, une aventure dont les femmes n'auraient pas songé qu'elle en vaille la peine, rendue seulement possible car nous aimons nous réunir en bande et connaître l'heure exacte. Oui notre sexe, en toute honnêteté, acclame son exploit, bien que les raisons qui lui donnèrent la primauté furent sans doute moins que "menschlich". (In "Atterrissage lunaire", Aout 1969).

6 commentaires:

  1. i very much like your memory of this day and i like old photos they always hold a certain mystery in them even when you remember the day exactly, it's like the photos seem to make the memory even more mysterious...

    RépondreSupprimer
  2. Et oui, le phallique à toutes les sauces, sur tous les modes, le phallique expliquant tout et n'importe quoi, le phallique porte-drapeau et culpabilisant à la fois... Bon, bref, plus important, Maguide reste Maguide avec un peu plus de voiture, un peu plus de camping car, le mobile home est devenu le roi des campings et les buvettes ne vendent plus d'eskimos Miko. Sinon, le lac engage toujours autant à la rêverie! ( J'en préfère d'autres plus sauvages et moins fréquentés :) )

    RépondreSupprimer
  3. Auden was a fine poet. But my response is PHHHTTTTTTTTTTT. I am far more concerned that a half century has passed and we all walk around with our noses in our phones. Jeeze, I'm turning into a cranky old guy.

    RépondreSupprimer
  4. Very enjoyable memory! I do remember watching it with a friend and our two babies. The babies weren't impressed at all, but one of them is now an astronomer (not mine). Thank you for the reference to the Auden poem. I looked it up and it's very enjoyable; I never read poetry unless prodded.

    best... mae at maefood.blogspot.com

    RépondreSupprimer
  5. Plaisir de lire tes souvenirs...tu avais peur qu'ils ne puissent pas revenir, moi j'enviais leurs bonds en apesanteur, ce doit être si grisant. Nous n'avions pas la télévision chez nous alors j'étais allée chez un voisin qui avait un fils plus âgé que moi. Je crois que j'aurais aimé qu'un de ces bonds me fasse atterrir sur ses genoux, mais hélas;-))

    Bonne fin de journée.

    RépondreSupprimer
  6. ...I am in the Adirondack Mountains and your black and white looks like a scene from here.

    RépondreSupprimer

N'hésitez pas à laisser un petit message ça fait toujours plaisir