vendredi 19 juillet 2013

Le Grenier de Châteaudouble


Voilà
beaucoup de souvenirs me rattachent à cet endroit. Il m’est souvent arrivé de rêvasser dans ce grenier qui me liait à une histoire qui n’était pas la mienne. Longtemps je me suis senti chez moi ici. C’est là que j’ai ressenti ce que signifiait « luxe calme et volupté. »  La dernière fois où je suis venu j’ai passé des heures à feuilleter des vieux numéros de France Observateur, l’ancêtre du nouvel Obs, et des vieilles revues d’art. Il y faisait un peu chaud mais c’était bien. Je crois que c’est ici, que Michel Vinaver a écrit «Par dessus bord», il me semble avoir entendu dire qu'il avait beaucoup aimé ce grenier mais je n’en suis pas sûr, je recompose peut- être. Je réalise tout à coup que cela fait quarante ans que j'y suis venu pour la première fois. Quarante ans... Qui ont passé comme un battement de paupières. Il faudra que je demande à Delphine et Agnès si elle ont toujours des photos de cet été là. Notre bel été ... Je crois avoir connu le bonheur en cet endroit, et qu'une part de ce qui me constitue s'est fondée là. Il ne reste que l'image... Les sensations d'alors sont profondément enfouies mais persistent comme l'écho d'un lointain son de cloche. D'ailleurs je me souviens que le carillon de l'église du village sonnait tous les quarts d'heure. (Linked with the weekend in black and white)

jeudi 18 juillet 2013

Une autre sirène


Sculpture de Kiki Smith Exposition "Papesses" Avignon 2013
Voilà,

Une autre sirène aperçue cet après-midi, dans la fraîcheur de l'exposition "Papesses" à la fondation Lambert d'Avignon. Hâvre de paix contrastant avec le cirque ininterrompu de la rue, où il n'est pas possible de faire dix pas sans être sollicité par quelqu'un vous incitant à venir assister à un spectacle. Une certaine mélancolie gagne peu à peu sans que je ne sache trop pourquoi. Peut-être cette sensation pénible éprouvée hier en présence d'universitaires parlant du théâtre politique dans la cour de la maison Jean Vilar. Tout en dénonçant les travers de la marchandisation de la société, en déplorant l'état du monde culturel présent, en fustigeant la démission de l'Etat du champ culturel, ils affichent en privé, une sorte de mépris, du moins de dédain pour tout ce qui ne leur ressemble pas et ne relève pas de leur champ d'études. Ils manifestent sans même peut-être en avoir totalement conscience l'arrogance et les attributs de ceux qui se considèrent comme appartenant à une élite. Ils ont des idées arrêtées sur ce qui est juste et ne l'est pas. À aucun moment le paradoxe de leur discours et la contradiction dans laquelle ils se trouvent ne semblent les effleurer. Car enfin, ce festival pour pouvoir cette année soutenir des productions africaines ne s'est il pas trouvé contraint de solliciter l'argent de la société Total, parce qu'aucun theatre public ne voulait prendre le risque de la coproduction. Et puis aussi le sentiment que que l'histoire est passée et ne repassera plus, et que le grand rêve d'un théâtre populaire et intelligent imaginé par Vilar sombre à l'endroit même où il a été conçu. Mais bon, comme dit Roland, on ne peut pas reprocher à un homme de soixante ans de prendre du ventre...

lundi 15 juillet 2013

Sirènes


Voilà
ta tête bascule ton cœur se crispe la frayeur jaillit dans ta poitrine durant une seconde tu passes de vie à trépas c'est juste un mauvais rêve et tu penses (mais pourquoi donc ?) aux sirènes du Bowery. Le caillou autrefois trouvé sur le bord du chemin, gardé longtemps comme un fétiche un talisman comme s'il était le gardien de tes rêves d'enfant tu le retrouves dans une boîte en fer blanc mais c'est aux sirènes du Bowery que tu songes pourtant. La femme au sourire avenant qui ne fit que passer, belle et longue de corps, disparue dans un froissement de feuilles mortes tu peines à présent à t'en souvenir, mais pas des sirènes du Bowery (Linked with the weekend in black and white)

dimanche 14 juillet 2013

Clifton Beach



Voilà,
C'est la première excursion que j'ai faite au Pakistan. A Clifton Beach, où je ne retournerai vraisemblablement jamais, au bord de la mer d'Oman, non loin de Karachi, sur une plage qui sentait plutôt le crottin que l'iode. Les gens ne s'y baignaient pas, se promenant simplement sur la grève ou bien roulant à moto, ou se laissant balader à dos de chameau. Sans doute était ce un vendredi, jour de repos, car l'ambiance semblait familiale et détendue. J'étais d'humeur étrange, surpris de me retrouver ici, qui n'était pas vraiment prévu dans mon itinéraire, en compagnie de C. venue me chercher le matin même à l'aéroport, et qui détonnait particulièrement dans le paysage. A peine avais-je débarqué qu'elle s'était empressée de récriminer contre le chauffeur de taxi dont elle avait loué les services pour la journée. Il y a quelques années j'ai appris qu'une immense marée noire qu'on n'a évidemment pas évoquée sous nos latitudes avait depuis ravagé cette côté.
(From the archives)

vendredi 12 juillet 2013

Étrange apparition



Voilà
Hier soir une étrange et belle apparition. Un peu de beauté faisait plaisir à voir dans ce qui est devenu une obscène foire du spectacle vivant bien loin désormais, aux antipodes même de ce qui a suscité l'initiative de ce festival. Les temps changent, la laideur la bêtise et la vulgarité gagnent inexorablement du terrain.
Shared with  sunday postcards

jeudi 11 juillet 2013

Accès interdit


Voilà,
je crois que ce genre de fontaine existe à des centaines voire des milliers d'exemplaire dans le monde, il me semble en avoir vue une semblable mise en ligne par Gracie sur son blog qui atteste qu'il existe presque la même à l'autre bout du monde, et une autre aussi chez Rob. Je rêve de quelque chose comme ça pour la chaude journée qui s'annonce. 
 À part ça on m'a encore dit que je ressemblais à Pierre Desproges. J'espérais tout de même être moins laid que ça. Je peux bien sûr me consoler en me disant que c'est toujours mieux que de ressembler à Le Pen. Peut-être faudrait-il que je fasse un check-up un de ces jours, tout de même. première publication 11/7/2013 à 9:16

mardi 9 juillet 2013

Festival



Voilà,
Ce que je vois de ma fenêtre. Si longtemps que je n'étais pas venu. Quand j'avais vingt ans il me semblait que c'était un luxe inouï que de loger ici pendant le festival au pied du palais des papes. C'est en tout cas très confortable et pratique. Je m'étonne d'être là. Reviennent d'anciennes sensations. Et d'autres si nouvelles et inattendues. La vie est parfois bien étrange. Oui bien étrange. Tous mes âges se mélangent. Quelques temps encore, faire comme si rien ne guettait. Même si parfois elle est bien inquiétante la rumeur de ce monde, 

lundi 8 juillet 2013

Peu de Possessions


Voilà,
en ce temps-là j'avais peu de possessions. La vie m'était plus légère, j'allais et je venais. L'appartement n'était alors qu'un lieu de passage, et ressemblait à une résidence de vacances. C'est terrible ce que l'on peut bien accumuler au cours des ans et comme il est difficile de se débarrasser  de ce qui finit par encombrer.

samedi 6 juillet 2013

D'un baiser volé dans la foule


Voilà,
en regardant ces deux là s'embrasser au milieu de la foule elle se demande si parfois ils échangent des paroles tendres, des mots d'amour. Sans doute ont-ils encore l'âge et la naïveté de dire qu'ils s'aiment. Pour sa part, elle est éprise d'un homme qui se tait. Elle sait un peu de son histoire par ce qu'il a bien voulu lui en dire (car il est assez secret), et il lui semble bien avoir compris qu'il ne peut plus. Que certains mots ont pour longtemps (ou peut-être à jamais) disparu de son vocabulaire. Pourtant il est doux, attentif avec elle, lui prodigue des tendresses que peu d'autres ont eu à son égard, et d'une certaine façon lui révèle son corps autrement qu'elle ne le connaissait. Parfois il répond aux messages qu'elle lui adresse quand elle ne peut s'empêcher de partager ce qu'elle éprouve et lui dire combien elle tient à lui. Il prend acte, répond de façon très douce et élégante, avec infiniment de tact, exprimant son regret de ne pouvoir dire plus ou mieux et son incapacité à donner les réponses qu'elle souhaiterait peut-être. Elle suppose qu'il a cru autrefois, mais que des douleurs sont encore à vif, qu'il n'est pas encore dans la paix des cicatrices. Mais au fond elle sait que c'est lui qui a raison. Tant d'espérances, d'espoirs insensés d'histoires d'amour commencées dans l'ivresse du sublime et qui s'achèvent tristement en mesquines et souvent sordides tractations dans le bureau d'un juge avec des histoires compliquées d'argent et de garde d'enfants souvent transformés en otage, tout cela bien sûr n'incite guère à filer des métaphores amoureuses. Alors elle s'en veut de céder parfois à cette sorte de sentimentalisme si peu conforme aux usages de ce temps. Mais qu'importe, s'il ne peut lui promettre quoi que ce soit, elle goûte avec délice le présent qu'il lui offre. Après tout Léonore Cortese regarde avec amour et bienveillance cet homme meurtri. Et la façade de rires qu'il s'est bâtie pour se protéger la touche au-delà de toute mesure. Maintenant il commence à la présenter à ses amis. Parfois elle craint de se sentir comme une intruse parmi eux. Saura-t-elle faire bonne figure, mériter sa confiance et ne pas le décevoir ? Il suffit parfois de si peu. Un détail, une maladresse, un mot compris de travers, un silence embarrassant...

vendredi 5 juillet 2013

La fête foraine des Tuileries



Voilà,
dans la grisaille de ce matin je me suis une fois de plus rappelé que j'aime l'ambiance des lieux désertés ou désaffectés, mais aussi les espaces vides ou à peine fréquentés, les manèges fermés, les fêtes foraines au petit matin, les plages qui attendent d'être envahies, ou que les baigneurs ont quittées, les lieux de grande activité avant ou après les heures d'ouverture... J'aime ce léger décalage qui dès lors donne un tout autre sens aux choses, et en retenir des images qui me semblent dès lors peuplées de fantômes. D'ailleurs la photographie, est par nature fantomatique. Il suffit de songer à toutes ces clichés d'Atget, pris à la chambre et qui nécessitaient un si long temps de pause, que les corps en mouvements, les passants les calèches et les voitures n'avaient pas le temps de s'y inscrire. Mais toute cette vie n'ayant pas laissé de trace visible hante néanmoins ces images, et ce qui n'y est pas apparu, — toute cette activité spectrale — y demeure peut-être plus essentiel encore, que ce qui est resté imprimé pour se donner à voir.

mercredi 3 juillet 2013

Kafka


Voilà,
il y a 130 ans, naissait Franz Kafka. C'était un être d'une grande douceur, "il était timide, scrupuleux, paisible et bon mais il écrivait des livres cruels et douloureux (...) Sa connaissance du monde était insolite, lui qui à lui seul était un monde insolite et profond (...) C'était un homme et un artiste doué d'une conscience si aiguisée qu'il entendait même là où les autres, les sourds se sentent en sûreté" (Milena Jesenska)

lundi 1 juillet 2013

Eros and Venus


Voilà,
en 1985 à New-York, Eros et Venus étaient en grève.
c'était 732 ,8th Avenue, entre 45me et 46me rues
Plus bas, Christopher St, la rue des bars gays avait été rebaptisée "le cañon de la mort"
Il faisait terriblement chaud sur la ville cet été là.
(linked with the weekend in black and white)

dimanche 30 juin 2013

L'empreinte


Voilà,
c'était un matin vraiment lumineux.
Un instant on s'est surpris à croire.
Un rêve est passé, il avait la douceur de l'été.
 Son empreinte sur le mur plutôt que son récit. 

vendredi 28 juin 2013

Son corps du moins


Voilà
il était ici, enfin son corps du moins, étonnamment léger et dans un étourdissement qui me donnait la sensation de frôler la réalité avec autant d'inconsistance qu'un spectre. Il ne se sentait plus tout à fait de ce monde, que je n'étais d'ailleurs pas en mesure de vraiment regarder, tout juste d'apercevoir, car la vue, eh bien oui elle se brouille peu à peu la vue. C'était comme le retour d'une sensation autrefois éprouvée - était-il alors déjà marcheur ou encore nourrisson ? - celle de me sentir non pas dans la réalité, mais seulement à proximité, comme effleuré par elle, et sans angoisse cependant car tout ce qui lui était alors donné de voir avait - comment dire ? - valeur d'offrande, n'était pas encore altéré par la conscience que les êtres et les choses (d'ailleurs en ce temps souvent confondus) sont périssables. Il supposait qu'il y avait sûrement à creuser de ce côté là que je devais chercher à prolonger cet état le faire durer faire intensément durer ce moment semblable à une brèche ouvrant sur un possible au-delà ou un en-deça peu importe. Je fixais cette cour et il voulait que cette vision fût à jamais inscrite dans sa mémoire, non comme un lieu permettant le passage de la rue à l'endroit où se trouvait mon corps traversé de pensées, mais comme un laisser-passer autorisant l'accès à un autre oui on peut le dire comme ça espace-temps. Il voulait se fondre, non, me dissiper, s'estomper, s'escamper m'indifférencier dans une autre dimension où n'auraient plus cours les soucis qui accablent depuis quelques semaines. Il s'entraînait ainsi à paisiblement mourir, et somme toute je trouvais que c'était là une façon profitable et très sage d'occuper mon temps et sa fatigue. Et soudain il y eut une femme. La vision devint plus nette. Un homme avec sa part d'ombre apparut ensuite. Et la lumière aussitôt s'en trouva légèrement changée.


mercredi 26 juin 2013

Rêver bleu


Voilà
comme un rêve de bleu
où se fondre s'effacer disparaître
et ne plus même avoir à y songer

mardi 25 juin 2013

Au marché de St Denis


Voilà,
ce que j'ai vu il y a quelques jours au marché de Saint Denis, presque au pied de la basilique. "Times they are changing" chantait Bob Dylan dans les années soixante. Mais il ne pensait alors sûrement pas que les temps changeraient de la sorte. J'ai trouvé cette vision obscène, parce qu'elle suggérait une tête d'enfant décapitée dans ce carton à foulards plus précisément appelés "hijab". J'ai repensé à cette photo prise à Téhéran par un(e) photographe dont j'ignore le nom, représentant des mannequins de celluloïd dont on avait mutilé la poitrine. Deux euros pièce, c'est le prix de l'aliénation des petites filles. Je me suis alors demandé si Hasbro avait déjà sorti pour l'exportation un modèle "barbie voilée". C'est sûrement un truc qui se vendrait bien dans les pays du Golfe. Cet que me raconte d'abord cette image c'est juste la fin de l'idéal républicain - ou de son illusion, car l'idéal républicain a bien été bafoué avec le colonialisme (ainsi dans les classes en Algérie, pendant l'occupation française, les enfants de famille maghrébines aisées qui avaient accès à la scolarité n'étaient cependant pas autorisés à figurer sur la photo de classe) -. C'est celui qui m'a cependant éduqué à l'école primaire dans le sud-ouest grâce aux instituteurs radicaux socialistes ou communistes. Je me souviens de messieurs Peyreigne et Despons. Cela compensait l'environnement familial militaire pétainiste et colonialiste bien représentatif d'une certaine France étriquée, raciste peu ouverte aux autres, celle qui de nouveau refait surface en ces temps incertains où les cartes se redistribuent dans une grande  confiusion idéologique. Cette image illustre les chaos de l'histoire. Au pied de cette basilique ou subsistent les reliques de tant de rois de France, sur cette même place, pendant une bonne partie du siècle dernier ce sont les prolétaires qui tenaient ici le haut du pavé. Les jours de marché on y vendait le journal "L'humanité" et le Parti était solidement implanté sur ces terres. Maintenant un prolétariat issu d'Afrique du nord et subsaharienne vit ici avec de tout autres valeurs et de tout autres coutumes. Le monde a changé, et le fait qu'aucun gouvernement de ce pays n'ai cru bon de considérer et d'anticiper cette situation, augure d'une période encore plus indécise et tourmentée. Pour ma part je m'en fous je n'y serai plus. Ce qui me chagrine, c'est le retour aux obscurantismes populaires, aux replis conservateurs, c'est le pouvoir grandissant des prosélytes de tous poils et de toutes obédiences qui veulent nous faire croire en un Dieu qui serait une autorité morale dont les injonctions devraient régir nos actes quotidiens. Ce qui m'inquiète c'est de laisser l'enfant que j'aime dans ce monde tel qu'il devient et où pour ma part j'ai de moins en moins envie de vivre

samedi 22 juin 2013

Fête de la musique

Fête de la musique, sous le pont Alexandre III

Voilà,
hier fête de la musique. Me suis un peu balladé en vélo. J'aime bien ça me promener en vélo quand il ne fait pas trop froid et qu'il n'y a pas trop de circulation, et que c'est la nuit. Bon là, bien sûr il y avait du monde, mais la ville semblait rendue aux piétons. Je voulais surtout voir, rive gauche, vers le quai d'Orsay, les nouvelles berges de la Seine, aménagées pour les piétons. Au pied du pont Alexandre III, j'ai vu quelque chose qui pourrait donner cette image. C'était incongru cette caravane américaine à cet endroit. Même à l'entrée de l'enfer il doit y avoir une buvette qui évoque la prospérité des Etats-Unis d'après guerre. J'ai voulu voir ce qu'il y avait dans le tunnel le vigile sur la gauche m'en a dissuadé. C'est bien d'être un gros con musclé. Au moins tu peux être vigile. Je n'ai pas pris beaucoup de photos. Je n'avais pas très envie. Je suis remonté un peu plus tard vers les Invalides. Sur l'esplanade, il y avait un groupe de Jazz qui sonnait assez bien, alors je suis allé jeter un œil. Des mecs qui jouent du jazz en uniforme, c'est assez paradoxal et pour le moins incongru...

Orchestre de l'Armée de terre

vendredi 21 juin 2013

Vieux gardien


Voilà,
matin gris encore juste un nom sous une carte lu un nom attestant un retour  Jours fantômes ne se peuvent oublier cependant  Oui faisait encore soleil alors  Mais quoi on ne peut être et avoir été dit la pluie au solstice il n'est plus ni saison ni maison ton nom le dit bien assez tu n'es que pour passer  Suis ton chemin vieux gardien désolé près de toi me suis égaré mais dans la chambre d'enfance - ne sais plus rappelle moi - ai-je au moins laissé un rêve

jeudi 20 juin 2013

Femmes se protégeant de la pluie et du regard d'un photographe



Paris, Place de la Concorde Juin 2013
 
Voilà,
ce matin de Juin, place de la Concorde 
sous la pluie qui soudain s’était mise à tomber drue
j'avais réalisé que peut-être pour la première fois de ma vie
j'avais passé à Paris une année sans printemps 
première publication 20/6/2013 à 18:06

mercredi 19 juin 2013

Partie de pêche


Voilà,
parfois on aimerait juste ça, 
ne serait-ce même que pouvoir envisager ça 
se la couler douce
"paisible, à la fraîche, décontracté du gland"
sans avoir à se préoccuper du lendemain
mais ce n'est peut-être plus que l'image d'un monde perdu

lundi 17 juin 2013

Monumental


Voilà,
dans le quartier des affaires toute petite l'ombre d'un businessman 
se projette sur le socle d'une prétentieuse et post moderne 
suggestion de quelque ruine antique.
Je voudrais ne plus avoir besoin d'être là
shared with  friday face off -

dimanche 16 juin 2013

Château du Fayel


Voilà,
ce qu'une fraction de seconde, j'ai vraiment cru voir au château du Fayel cet après-midi.
Comme si la réalité se débigoussait en convoquant à mon insu de vieilles chimères.
Mais vite cela s'est effacé. L'air était doux aimable la compagnie.

vendredi 14 juin 2013

Clé de sol


Voilà,
il y avait eu cette rencontre fortuite offerte à mon regard, mais ce que j'avais alors en tête c'était surtout l'odeur du gazon fraîchement coupé que j'avais tout juste senti en passant à proximité du jardin de l'église Notre-dame-des-champs. Une fois de plus je m'étais senti transporté vers de lointains souvenirs d'enfance, en d'autres lieux d'autres temps et j'avais alors songé que cet arôme et les images qu'il convoquait m'étaient un des plus précieux cadeaux de l'existence, puisque ma vie semblait alors se condenser dans cette unique sensation (Linked with Signs2- sunday postcards - art journal journey - )

mercredi 12 juin 2013

Autrefois la blanche


Voilà,
sans doute les regrets viendraient-ils plus tard. Mais les motifs de contrariété s'étaient accumulés ces derniers temps. Céder ne serait-ce qu'à l'idée même de cheminer plus longtemps sous ces latitudes paraissait en l'occurrence dépourvu de sens. D'autres nécessités s'imposaient. Prévalait avant tout l'envie de fuir, d'échapper à tout ça, à cette sensation de déliquescence et de résignation que ce pays inspirait et plus particulièrement cette ville qui en maints endroits, malgré sa décrépitude, témoignait encore d'un charme passé. Quelque chose ne s'était pas transmis. Comment aurait-il pu en être autrement ? Des gens étaient venus avaient aimé cette terre mais pas les indigènes qui s'y trouvaient depuis des générations. C'était aussi simple que ça. Il y avait eu bien des promesses et beaucoup de mensonges, mais pas d'amour. Juste une vague condescendance paternaliste teintée de mépris. Pas eu d'amour, et la déception s'était muée en ressentiment. L'histoire continuait de peser de tout son poids. Plus lourde toujours plus lourde, pour les générations venues après, ne leur laissant en partage que la honte et le malentendu. Inéluctablement, pour elles aussi, tôt ou tard, il y aurait un tribut dont s'acquitter.
 première publication 12/6/2013 à 00:46

dimanche 9 juin 2013

Spectateurs



Place de l'hôtel de Ville, Paris Juin 2010
Voilà,
parce que ce blog va au gré des humeurs sans souci d'ordre ou de cohérence, qu'il se joue des temporalités relevant plutôt de la logique du coq-à-l'âne, de l'association libre — quoique il m'arrive souvent de ne pas en dire autant que je le souhaiterais — eh bien pour aujourd'hui ce sera cette photo prise il y a quelques années sur la place de l'hôtel de ville à Paris. Un écran géant y avait été installé pour permettre aux passants de suivre le tournoi de tennis de Roland-Garros qui — du moins si la météo le permet, puisqu'après une brève embellie d'une semaine, il pleut de nouveau et que la température est retombée de cinq degrés — cette année s'achève aujourd'hui. Outre le fait que l'image suggère qu'il puisse aussi faire beau fin mai début juin à Paris (c'est fou ce qu'on oublie vite) ce qui me plaît là — comme sur bien d'autres photos publiées sur ce blog — c'est le rapport qui, dans ce moment fugace, s'établit entre ces spectateurs qui en regardent d'autres en train de voir quelque chose qui nous échappe. De plus, la distorsion d'échelle entre ceux qui sont au loin dans l'écran, que l'image projetée rend plus grands et ceux qui se trouvent au pied de l'écran, spectateurs de ce qu'ils ne sont pas, crée un vague effet d'étrangeté qui me séduit. Cette fraction de seconde dévoile aussi un rapport de classe. Il y a les spectateurs privilégiés souvent des "people" confortablement assis dans les gradins au bord du court et que la retransmission nous montre parfois en plan de coupe quand les joueurs se reposent, et les autres réduits à la condition de badauds, tournés vers l'écran, ceux que l'ancien Premier Ministre Raffarin  — personnage français bien grotesque — appelait "la France d'en-bas", celle en somme du parterre qui autrefois au théâtre levait la tête vers les loges pour y apercevoir les nobles assistant à la représentation.

jeudi 6 juin 2013

Saut de puce

Hôtel Regina, Alger (2013)

Voilà,
c'était juste un petit saut de puce. Mais hier soir (non c'était déjà ce matin) en rentrant à l'hôtel j'ai cru me souvenir que le Régina était l'endroit où ils avaient passé leur dernière nuit à Alger. J'y étais bien sûr, avec eux, mais je n'en ai pas le souvenir, en tout cas pas de cette nuit-là. Peut-être n'a-t-elle pas vraiment eu lieu. Il y a tant d'hôtel Regina. Y redormir avec cette idée là avait quelque chose d'étrange.. Le mobilier m'évoquait vaguement quelque chose, sans que je ne sois vraiment très sûr. Au matin le chauffeur est venu trop tôt nous chercher. En attendant mon collègue qui avait du mal à se réveiller, j'ai  saisi ces trois hommes soudain happé par l'irruption d'une femme de ménage vidant son seau. je me suis rappelé combien j'avais aimé, lors d'un précédant séjour, Alger au petit matin. En fait ce sont toutes les villes qui sont agréables ou du moins supportables au petit matin. Ou plus exactement, j'aime bien me promener et photographier au petit matin.

Aéroport Houari Boumedienne (2013)

Et puis plus tard, cette photo volée à l'aéroport. Encore un homme sur un banc. J'étais quand même content de rentrer. J'ai tant à faire ici. En pénétrant dans l'appartement je me suis aperçu combien il était négligé. Autrefois je rangeais avant de partir pour me faire le plaisir de retrouver quelque chose d'apaisant à mon retour. Bref c'est une autre histoire. Quoiqu'il en soit je reparlerai de mon saut de puce., il y a d'autres images....

mardi 4 juin 2013

Allée Pierre Loti



Voilà,
beaucoup d'images hier, d'impressions de sensations. Je suis allé rendre visite à Astrid. Elle autrefois si joyeuse, si enthousiaste, si généreuse, cherchant toujours à créer du lien, elle est là maintenant sur sa petite chaise roulante. Elle s'efforce de sourire, mais c'est si difficile. Elle va quitter Paris, s'éloigner de son ignoble mari qui ne pense qu'au fric et l'a déjà tant spoliée. il essaie à présent de la séparer de son fils. C'est tellement injuste... J'ai repensé à d'autres histoires qui m'ont été racontées récemment. Pourquoi arrive-t-il si souvent que des hommes et des femmes qui ont vraiment cru s'aimer deviennent si féroces l'un envers l'autre ? Les hommes surtout ? Un peu maussade, je suis ensuite allé faire un tour au Champ de Mars. Il faisait soleil, mais le fond de l'air était tout de même bien frais. Je me suis souvenu du pique-nique l'année dernière (c'était sensiblement à la même époque) avec Coralie, Sneza et son mari, Adeline, et Sylvie qui se demandait ce que je pouvais bien faire là et comment je connaissais tous ces gens, alors que je passais là par hasard et que je les avais retrouvés.... Le manège se trouve Allée Pierre Loti. L'homme qui le tient le fait tourner à la force de ses bras au moyen d'une manivelle. J'ai eu la tentation de faire une photo un peu vintage, sepia, et puis non... Oui un autre manège. Ensuite je me suis remonté en vélib' vers Montparnasse. Boulevard des Invalides, j'ai fait une photo que je mettrai en ligne plus tard, une photo rude. Plus tard. Oui. Je pourrais prendre les choses un peu plus légèrement quand même. Bon il faut que je fasse ma valise. j'attends toujours le dernier moment.

lundi 3 juin 2013

Stéatopyge ou Callipyge ?


Voilà,
c'était difficile de faire comme si ça n'était pas là, de détourner son attention, "rien qu'à les voir ça fait quèqu'chose" comme disaient les Frères Jacques. Quoiqu'il en soit elles semblaient parfaitement assumées.  Et puis on ne peut pas toujours photographier des mains en train de tenir des téléphones ou bien des mains accrochées à la barre, il faut bien réaliser que les mains ont elles aussi des rêves de voyages de secrètes envies de destination, des désirs de vacances.

vendredi 31 mai 2013

Joli mois de Mai


Voilà,
traiter ces intempéries par le mépris m'a-t-il été suggéré.
Oui mais quand même.
Parfois on en vient à envisager 

mercredi 29 mai 2013

L'homme immobile de la station Pernety

 

Voilà,
hier par jeu, au moment ou S. me fait remarquer que nous sommes arrivés à la station où nous avons coutume de descendre, je propose de continuer jusqu'à la suivante qui peut aussi bien après tout faire l'affaire. Heureux hasard. En bout de quai, il y a eu cet homme qui marchant s'est aussitôt immobilisé et a ouvert son journal. Il est ainsi resté longtemps sans bouger à déchiffrer "L'équipe" et j'ai pour ma part, pu le photographier à loisir sans qu'il ne s'en rende compte. En fait je voulais juste shooter les grands à-plats de couleurs sur l'affichage de métro, mais je n'avais pas assez de distance. Chose curieuse, juste avant il y avait eu les deux vieux amoureux, fatigués et accidentés, tendrement serrés l'un contre l'autre, (la femme n'arrêtant pas de caresser la main de l'homme), mais j'étais trop loin d'eux, et je n'ai pas eu le courage ni l'envie de les prendre en photo. Et puis j'avais déjà dans l'après-midi, volé l'image d'un homme au visage émouvant qui assis dans la rame était coiffé d'une belle casquette de marine, plutôt incongrue dans ce contexte.

lundi 27 mai 2013

Salle Palerme



Voilà,
un point de vue sur la tour EDF depuis la tour Atlantique.
A cet étage, toutes les alles ont des noms de villes du Sud de l'Europe
 Palerme, Barcelone etc,
bref de quoi rêver

dimanche 26 mai 2013

De l'influence du climat sur les états psychiques



Voilà,
Paris 12° centigrades, pas vraiment un temps de saison 
aujourd'hui puissante régression et rêves d'enfance aussi. 
Ah si une une riche connaissance pouvait un jour m'inviter au grand Prix de Monaco

samedi 25 mai 2013

Délires suburbains


Voilà
dans le train de banlieue, assis à ma gauche de l'autre côté de la travée, un passager parle tout seul par intermittence. Quand à la station suivante monte un type qui lui aussi se met à soliloquer, un peu plus fort cependant, que le voyageur assis à mes cotés, la situation me paraît tout à coup digne d'intérêt. Resté debout le nouvel entrant manifeste un certain état de tension. Le cheveux rare, l'œil charbonneux, le maxillaire crispé, il semble halluciné. Peut-être sous drogue. Il y a tant de nouveaux trucs en circulation ces derniers temps qui rendent à moitié dingue. D'ailleurs entre ses dents il n'hésite pas affirmer qu'il parle tout seul, le revendique même, mais on ne sait si c'est parce qu'il s'est inventé en lui-même son propre contradicteur, ou si c'est pour nous informer qu'il est tout à fait conscient de son état. Cette incursion semble contrarier mon voisin, qui timidement, chaque fois que l'autre fait une courte pause, se hasarde toutefois à murmurer par-devers lui quelques phrases. Mais c'est pour se taire aussitôt que l'autre recommence. Il n'y a pas que de la contrariété sur son visage. Difficile de dissimuler l'inquiétude tant le discours structuré quoique obsessionnel du nouvel entrant s'apparente à une sorte de réquisitoire permanent contre lui-même. Il en ressort que celui-ci a relu trente fois des feuillets qu'il a écrits et qui selon lui auraient du être plus longs, parce qu'il a justement pris trop de temps à les lire. Mais il grommelle qu'il aurait du passer trente fois plus de temps a les rédiger parce qu'il trouve que c'est nul que ça ne vaut rien. Plusieurs fois il répète qu'il n'écrira de toute façon pas son livre parce que c'est cela n'a aucune valeur, mais que malgré tout, "il le lira dans le bois de Vincennes à son copain pour lui raconter des bons mots". "Ouais parce qu'il y a des bon mots" assène-t-il plusieurs fois de suite d'un ton saccadé. Il déclare aussi que ce livre raté qu'il n'aboutira pas est "la condition de sa haine", mais qu'il continuera cependant à lire trente fois d'affilée ses feuillets même si c'est nul et raté. L'homme à ma gauche semble à présent terrorisé par les récriminations permanentes du nouvel entrant. Pour ma part je ne suis pas trop fâché de devoir enfin quitter ce wagon. Dans l'immense débâcle de ce monde, j'ai déjà tant de mal à m'accommoder de  mon propre chaos, que je peux me dispenser de devoir subir les bouffées délirantes de parfaits inconnus.  

vendredi 24 mai 2013

Couloir


Voilà,
un bien étrange hôtel tout de même 
Quelque chose de vaguement Lynchéen

jeudi 23 mai 2013

Histoire de temps


Voilà,
Pas juste une histoire de temps qu'il fait ou qu'il ne fait pas 
mais aussi une affaire de temps qui reste et s'amenuise irrévocablement 
de temps passé de temps perdu 
de temps qu'on ne trouve pas 
qu'on ne cherche plus 
qu'on n'a pas su prendre 
pas su comprendre 
eh oui

mardi 21 mai 2013

Dans la vitre du café désert


Voilà,
chaque fois que je passe devant ce café désert (c'est souvent tôt le matin et je n'ai pas trop l'occasion de m'attarder) je suis toujours aussi déconcerté par le jeu des reflets dans la vitre convexe où les silhouettes anamorphosées des passants évoquent des Giacometti. Il y a aussi ce lointain extérieur qui se découpe au fond dans un carré presque parfait dans lequel parfois des gens descendant un escalier s'inscrivent furtivement. Et c'est une troublante sensation d'irréalité que suscite alors l'agencement de ces différents plans juxtaposés, comme si ce jeu de reflets offrait une possibilité d'accéder à un monde parallèle où il serait loisible de s'oublier, du moins pour un temps, et de la sorte échapper à la morne perspective d'une journée bien trop prévisible. (shared with weekend reflections

lundi 20 mai 2013

Deux figures joyeuses sous un ciel bleu


Voilà,
ce dessin de ma fille réalisé quand elle avait cinq ans.
Un peu de gaieté de couleur et de mouvement pour alléger cette journée froide et grise
shared with  sunday postcards

dimanche 19 mai 2013

Quelle est cette langueur etc.


Voilà,
Mai ressemble à un long Novembre, Hier, dans une autre maison, cette vision à travers le vasistas. On parle beaucoup de ça en ce moment, à Paris. Du temps qu'il fait et surtout de celui qu'il ne fait pas. Quand donc reviendra-t-il le soleil ? Est ce que les beaux jours vont finir par s'installer ? Toute cette grisaille et cette fraîcheur ont quelque chose d'épuisant et rendent morose.

dimanche 12 mai 2013

Éric Doye

Eric Doye, et Joop Doren en arrière plan Février 1987
Voilà,
je voudrais arrêter un moment, calmer le jeu, il y a tant d'autres choses à faire et le temps manque, le temps manque de plus en plus, mais il y a une nécessité à dire les noms, ne pas les oublier, c'est à cela que je pensais hier en lisant le très bel article de Hélène Hazéra sur Michel Cressolle journaliste à Libération dans les années 70 et 80, quand elle évoque la terrible maladie de ces années-là et tous ces gens disparus, oui à des visages je pensais à des visages des noms, Eric, c'est à Éric d'abord que j'ai repensé. Éric Doye, qui pour moi était parmi les plus doués des comédiens de sa génération et d'une émouvante singularité. Il possédait un charisme inouï et un style à nul autre pareil. Il avait la grâce. Eric que j'ai trop peu croisé. Nous n'étions pas familiers, ne fréquentions pas les mêmes bandes, ou alors occasionnellement, nous n'avions pas le même mode de vie sans doute. Nous nous retrouvions parfois, à des premières, dans des restaurants de comédiens. Nous avions joués ensemble sur un spectacle, nous nous étions bien entendus, alors cela crée au moins des connivences. En tournée, ils nous avait hébergé, Philippe Faure, Etienne Pommeret et moi dans la maison de ses parents absents. J'ai quelques photos de cet épisode. Celle-ci je l'ai prise dans un restaurant. Nous nous étions balladés dans la région avec la voiture de ses parents et je me rappelle, que lorsqu'il s'était agi de rejoindre le théâtre des treize vents qui nous accueillait, et qui est situé en dehors de Montpellier à Gramont, une file ininterrompue de véhicules occupait la nationale. Il y avait un concert au Zénith de je ne sais quelle vedette de variétés, et nous commencions à flipper à l'idée de ne pas arriver à l'heure pour la représentation (je parle d'une époque sans portables). Tout s'était finalement bien passé, nos partenaires avaient placé nos accessoires, les costumes étaient prêts et la représentation avait été un peu plus rock and roll que d'habitude. De ce passage chez lui, je me souviens de films qu'il avait faits lorsqu'il était plus jeune, de dessins, de photos, toute une production artistique en devenir, dont je me demande ce qu'il reste.  
Plus tard nous avions failli travailler ensemble dans un spectacle en Italie, et puis au dernier moment j'avais eu une autre opportunité et cela ne s'était pas fait. Mais à la reprise à Paris, comme il s'était blessé on m'avait proposé de reprendre le rôle qu'il avait créé. C'était un spectacle de théâtre dansé, dans l'esprit de Pina Bausch comme cela se faisait beaucoup à l'époque, et j'avais repris sa partition en une semaine. J'avais dû me glisser dans ses inventions dans le chemin qu'il avait tracé au cours d'improvisations, et cela avait été une expérience singulière que de se conformer à son imaginaire. Après la première – c'était dans ce restaurant du marais très fréquenté par les comédiens qui s'appelait "Le dos de la baleine"–, en fin de soirée - sans doute étions nous embarrassés l'un et l'autre par la situation -, il était venu me voir, pour me dire "le spectacle m'a plu, et en même temps ça me fait un peu chier j'aurais préféré détester". J'avais répondu que je comprenais tout à fait son point de vue, d'une certaine façon ma place était plus confortable que la sienne. Et il avait ajouté "mais je préfère que ce soit toi plutôt qu'un autre qui l'ait fait". On en était resté là, on avait bu un verre, et on était allés retrouver nos copains respectifs. Plus tard, il était rentré à la Comédie Française, ce qui m'avait étonné car cela ne cadrait pas tout à fait avec sa personnalité. Sans doute avait-il alors besoin de sécurité se sachant malade, ce que j'ignorais et que j'ai appris très tard. Un jour, cela devait être au début des années 90, je l'avais rencontré par hasard, et je lui avait parlé de Mastroïanni jeune, qui je ne sais plus dans quel film m'avait fait penser à lui, sur quelques attitudes. Je lui avais dit tu es beau comme lui et cela l'avait fait gentiment sourire. Tout ça est loin. S'il n'avait pas chopé cette saloperie, je suis sûr qu'il serait devenu une vedette. 

samedi 11 mai 2013

Le dessin de Nour

Voilà,
Je pense à Nour parfois, qui m'avait ainsi représenté, en mai 2010. Je me demande ce qu'elle devient à présent, elle, si vive et si drôle avec ses prunelles noires et qui doit aujourd'hui avoir aux alentours de six ou sept ans je ne sais plus....

vendredi 10 mai 2013

Un violon de fortune



Voilà,
ce matin dans le métro j'ai de nouveau vu le musicien avec son drôle d'instrument et son sac jaune, celui-là même que j'avais aperçu un soir en compagnie de S. alors que nous avions une discussion sur le fait que je n'ose pas trop photographier les gens. Pourtant, intrigué par son étrange crincrin, lui je l'avais quand même pris à la dérobée quelques jours auparavant. Le voyant nous nous étions bien évidemment posés des questions sur son espèce de violon, composé d'un manche et d'un cornet. Aujourd'hui, sur cet objet tout à fait improbable mais qui sonne bien, il a joué avec beaucoup de délicatesse "Besame mucho" et "Mon amant de St Jean", alors je lui ai donné une pièce. J'en ai profité pour lui demander d'où sortait cet instrument. C'est lui qui l'a fabriqué ai-je cru comprendre (son français était aussi rudimentaire qu'approximatif). C'est de la lutherie brute en quelque sorte. Le voyant descendre pour attendre sur le quai la rame suivante, j'ai envié cet homme pour son sens du bricolage et pour son talent d'interprète. En quelques circonstances, où que ce soit, les musiciens seuls sont capables de tutoyer les anges, mais lui, il est tout à fait possible que cela en soit un.

jeudi 9 mai 2013

Jeudi de l'Ascension

Gare Montparnasse 2004
Voilà,
c'est sûr, pour la publication d'aujourd'hui (jeudi de l'Ascension) je n'aurais pas vraiment fait preuve de spontanéité, cette image là est programmée depuis près d'un  mois. Il faut faire les choses au moment où on les pense. Mais tout de même, on ne pourra pas dire qu'elle n'est pas de circonstance. L'ascension donc. Pour Jésus, c'est un peu le commencement de la retraite.

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