vendredi 5 octobre 2012

Café Hafa

Tanger, Café Hafa 1991)
 
Voilà,
ce matin— je ne sais pourquoi — j'ai repensé au café Hafa, et aussi à G. qui était il y a peu de temps là-bas au festival de Jazz et que j'aimerais tant revoir. Je me suis souvenu du chien sur le toit, de l'homme paisiblement assis face au détroit, mais aussi de cette imperceptible langueur d'arrière-saison, quand l'été semble s'attarder sur les terrasses, que le soleil décline à l'horizon et que les effluves de menthe et de kif se mêlent à la douce fraîcheur de la brise marine. (première publication 5/10/2012 à 11:36)


jeudi 4 octobre 2012

Deux Irlandais

Londres 1976
Voilà,
j'ai toujours supposé que ces deux hommes étaient des irlandais. Je n'ai aucune raison objective de penser cela, mais pour moi ils resteront toujours les deux irlandais sur un banc. Je me souviens à l'époque - c'était après le deuxième choc pétrolier - avoir, au cours de ce bref séjour, souvent, juste pour le plaisir de la marche, erré sans but dans la froide grisaille de cette ville sinistrée par la crise et abominablement triste. J'avais alors un vieil appareil photo allemand à visée reflex sur lequel était gravé exa, et en-dessous Ihagee Dresden. J'utilisais un objectif fixe de 50 mm. Linked with the weekend in black and white

mercredi 3 octobre 2012

La mare, l'église

 

 
Voilà,
encore un de ces "lieux poignants" ; c'était autrefois un coin paisible et une possibilité de bonheur, de retrait. Mais là-bas, depuis, l'agriculture intensive a tout sali, et pollué les alentours. Ceci est l'image d'un monde aboli. Il n'a suffi que d'une trentaine d'années. Je me souviens que pendant les vacances, j'allais, adolescent, demander à la propriétaire de la ferme voisine - une très aimable dame -, la lourde clé de l'église presque désaffectée, pour pianoter sur un vieil harmonium à bout de souffle. Et là, dans l'odeur de poussière et de salpêtre je m'essayais solitaire à de sommaires et maladroits accords. Temps suspendu ; s'évanouissaient alors peurs et incertitudes. Et douce était l'illusion d'avoir toujours appartenu à ces murs.
première publication 3/10/2012 à 9:56

lundi 1 octobre 2012

Perspectives


Voilà,
cette nuit je crois que j'ai trouvé de nouvelles pistes à explorer. Peut-être un excès d'optimisme dû à cet état second suggéré par l'insomnie, semi-veille où pas encore tout à fait conscient, mais trop cependant pour retrouver le repos du sommeil, je m'efforce, en dépit de la fatigue, d'optimiser cet état. Comme souvent dans ces circonstances, je vais bidouiller des images sur mon ordinateur, tenter quelques expériences ou simplement mettre de l'ordre dans mes fichiers. De toute façon aujourd'hui était programmé comme un day off. Ce qui ne veut pas dire grand chose dans ma situation. De nouvelles pistes à explorer, comme si j'en avais les moyens... Il est à présent midi, je n'ai rien fait d'autre que me réveiller. Le temps passe trop vite en ce corps devenu très lent. Je tourne mes yeux vers le ciel. Les nuages m'apaisent. 

dimanche 30 septembre 2012

Les Lieux poignants

 

Voilà
je ne sais plus où j'ai entendu parler de ça, dans une émission de radio peut-être, à moins que je n'ai rêvé cette expression. Il était question des "Lieux poignants", ceux qui ne vous lâchent pas et reviennent parfois à la mémoire sans raison particulière. Non qu'au moment où l'on s'y trouvait on eût a révélation que la vie était d'une stupéfiante densité — ce qui peut arriver bien sûr — mais, souvent sans charme particulier, d'une grande banalité et en apparence totalement dénués de sens, leur souvenir s'immisce néanmoins dans certains moments d'ennui, au détour d'une phrase ou sur un chemin d'habitude cent fois refait. Je crois que c'est une des raisons (mais peut-être aussi à cause de cette boîte en fer blanc dans la bibliothèque familiale où s'entassaient des photos évoquant des lieux et des périodes d'un monde où je n'étais pas même une possibilité) une des raisons donc, pour lesquelles m'est venu le goût de la photographie. Certains clichés disent juste ceci : au lieu même de cette insignifiance —qui peut-être émergera plus tard par intermittence— quelque chose est en train d'advenir pour moi. Autant le fixer, le transformer en image, afin qu'il n'encombre pas la mémoire. (Shared with the weekend in black and white - Rain'sTADD  -

jeudi 27 septembre 2012

Ciel

 
Voilà
hier fin d'après midi sur Paris
rainbow à l'est et ce ciel vers l'ouest presque jaune 
si surprenant 
entre deux ondées

mercredi 26 septembre 2012

Père et enfant


Voilà
il y avait ce geste universel, empreint d'une grande tendresse : attentif, précautionneux, un père accompagne et guide son fils dans ses premiers pas. De ces deux corps délicatement liés en un temps partagé qui n'appartient qu'à eux, il y a le miracle de tous les commencements. Se tenir debout, marcher. Cette conquête si merveilleuse à éprouver, cette sensation de puissance qui en résulte, nous lie à nos origines, à notre animalité première, à nos lointains ancêtres de la préhistoire qui après bien des efforts peut-être, se sont aperçus qu'ils pouvaient enfin se dresser. C'est ce geste là qui nous fonde et de toutes les autres espèces, nous distingue comme la plus inventive, mais aussi la plus cruelle la plus rusée et la plus prédatrice. Mais cela c'est une autre affaire. Vingt ans ont passé depuis cette image où la douceur des corps contraste avec l'agressive monumentalité du lieu qui cependant les protège et exalte ce qui donne un sens à leur existence. L'homme et l'enfant sur les marches de la grande mosquée d'Islamabad, que sont-ils aujourd'hui devenus, dans les soubresauts d'une époque confuse et, sous ces latitudes, particulièrement sanglante et agitée ? (Linked with the weekend in black and white)

mardi 25 septembre 2012

le dernier rivage


Voilà
elle envoie des photos de jardins florissants, évoque l'odeur des frezias qui persistera jusqu'à Noël. Elle écrit depuis les antipodes, au Sud-Ouest de la Terre et se réjouit du printemps qui commence en cet ultime rivage, Ici la grisaille gagne peu à peu. Et la morosité, sur ce vieux continent exténué par les crises. L'été est vraiment fini. Il aimerait tant, comme elle, demeurer à l'écart, ailleurs, au soleil, oublieux des convulsions de ce monde dont imperceptiblement il prend peu à peu congé. 

samedi 22 septembre 2012

Inhabituel



Voilà
quelque chose de tout à fait surprenant (jamais encore vu dans les parages) aperçu tout à l'heure. Pourquoi avaient-ils choisi de s'installer là, en fin d'après-midi, sur ce trottoir étroit, dans cette rue peu large et très passante, alors qu'il y a une place non loin, et même un petit square ? J'étais pressé, je n'ai pas eu le temps de m'attarder. Une photo prise à la sauvette. (première publication 22/09/2012 à 22:05)

vendredi 21 septembre 2012

Déjà l'automne


Voilà
l'été radieux dans le printemps de la vie
un battement de paupière et tout s'évanouit
joies éphémères châteaux de sable
déjà l'automne

 

 

mercredi 19 septembre 2012

Sérendipité

  
  
Voilà,
encore un effet de la sérendipité, - cela m'arrive assez fréquemment ces derniers temps - ; cherchant  certains dessins dans une armoire, j'ai retrouvé quelques fascicules confectionnés pendant la seconde moitié des années quatre-vingts. L'un s'intitule "Les écrits clandestins" (sous-titré les brouillons d'un graphomane), pages pleines de "signifiant sans signifié" comme aurait dit Roland Barthes, et l'autre "Les montreurs de Change" (référence aux "diseurs de change" évoqués en quelques très émouvantes pages du magnifique livre de Ian Watson "L'enchâssement").  Ce sont des graphies et des dessins réalisés voici bien des années pendant les longues répétitions d'un spectacle où le metteur en scène nous infligeait des heures de discussions vaseuses passées à couper les cheveux en quatre et à nous livrer à des activités que la morale réprouve sur toutes sortes de diptères que nous pouvions non seulement connaître mais aussi imaginer. Bref c'était du théâtre expérimental, stérile et cependant boursouflé de prétention. Alors la main dessinait pour offrir des vacances à la pensée de sorte que ce temps ne fût pas tout à fait gâché.
 
 
première publication 19/9/2012 à 10:31

lundi 17 septembre 2012

Dormir pour oublier (9)


Voilà
ce matin, entendu à la radio, extraite de journaux portugais, une revue de presse effroyablement pertinente, avec en particulier ce féroce éditorial du journal lisboète Publico qui fait froid dans le dos, mais renvoie d'ores et déjà à une réalité déjà tristement quotidienne dans ce pays où je vis, alors même qu'il ne subit pas encore les injonctions que la Troïka réserve déjà à la Grèce et au Portugal. Merci à Thomas Cluzel d'avoir diffusé ce texte. 

dimanche 16 septembre 2012

Touriste

Voilà,
hier j'ai fait le touriste dans ma ville. Je suis allé au Louvre voir les installations de Wim Delvoye. De très belles pièces comme celle exposée sous la pyramide.


Présentées dans la reconstitution des appartements de Napoléon III, d'autres plutôt kitsch. Amusantes cependant : ainsi ces pneus sculptés de motifs gothiques


Évidemment l'émotion est d'une toute autre nature avec les aquarelles d'Eugène Isabey que je ne connaissais pas. Ces paysages de Normandie et de Bretagne sont très émouvants. La technique est totalement aboutie, la palette subtile et nuancée, le dessin d'une incroyable précision. Mais au-delà du savoir faire, un petit quelque chose d'indéfinissable fait la différence. Une lumière saisissante. Ces dessins sont d'autant plus touchants qu'ils rappellent une réalité oubliée (je pense à ces images de maisons de pêcheurs au pied des falaises à Dieppe)

 
  
Par contre je suis passé à côté de l'exposition de dessins de Richter dont j'ignorais la programmation. Ensuite j'ai flâné dans les salles françaises et revu les tableaux d'Hubert Robert dont j'ai photographié quelques détails.


Découvert au passage un charmant tableau de Boucher, qui était à l'origine un dessus de porte, un autre de Pierre Patel, peintre que j'ai déjà évoqué précédemment,  ainsi qu'une toile de Joseph Vernet (le matin : les baigneuses)

Pierre Patel - Paysage composé avec ruines antiques (1647)

François Boucher - Le moulin (1751)

Joseph Vernet - Le matin : les baigneuses (1772)
 
Et puis bien sûr Poussin, Lorrain... Hallucinante puissance de suggestion de ces improbables paysages. Envie de se fondre, disparaître dans ces évocations bucoliques où tout est à sa place, harmonieux, équilibré. Recomposant la nature sur un mode paradisiaque, ces utopies témoignent d'un temps où le monde n'est pas fini comme aujourd'hui. On est dans le fantasme de domestication de la nature. L'humanité n'a pas encore perdu cette part d'innocence de merveilleux qui semble avoir disparu au fur et mesure du développement de l'industrialisation. Bien sûr, ces temps étaient difficiles, il y avait en Europe des famines, des pandémies, des guerres. On ne vivait pas vieux. Mais on honorait la nature. On souhaitait s'en accommoder, se marier à elle, comme au temps de l'Eden. Trois siècles ont suffi pour l'asservir et la souiller.

Bref, il faisait bon se perdre au Louvre. Quand je suis sorti la température m'a semblé très douce, et la lumière encore franche, l'air agréable. Une belle fin d'après midi quand décline l'été, que les ombres s'allongent. Il y avait de la nonchalance dans l'air, en dépit de cette période tourmentée où l'actualité donne peu de motifs de se réjouir. J'ai regardé les touristes se photographiant devant la pyramide sur des plots aménagés qui semblent destinés à cet usage. C'est un motif qui me plaît, celui du photographe et de son objet. Il y en a quelques exemples dans ce blog. Je n'ai pas résisté.

  

samedi 15 septembre 2012

Peut-être un chat


Voilà
sur un mur simplement quelques lignes et quelques courbes 
qu'il aurait bien aimé tracer
shared with tag tuesday

vendredi 14 septembre 2012

Station Denfert


Voilà,
une certaine lassitude à refaire encore les mêmes chemins
hanter des lieux toujours semblables

mardi 11 septembre 2012

Géométrie encore



Voilà,
on rapporte que l'adage "Nul n'entre ici s'il n'est géomètre", aurait été gravé sur le fronton de l'Académie fondée à Athènes par Platon. Pour ce dernier la géométrie pas plus que les autres sciences mathématiques, n'était une fin en soi, mais seulement un préalable destiné à tester et développer la capacité d'abstraction de l'étudiant, c'est-à-dire son aptitude à dépasser le stade des sensations qui nous maintiennent dans l'ordre du visible et du monde matériel pour s'élever jusqu'au pur Intelligible. Et la géométrie, comme le montre l'expérience avec l'esclave dans le Ménon, peut aussi nous faire appréhender des "vérités" que l'on peut dire "transcendantes" puisqu'elles ne sont pas le produit de notre pensée, mais s'imposent à quiconque est doué de réflexion. Ainsi la géométrie nous inciterait-elle à réfléchir sur le fait que de telles vérités transcendantes peuvent aussi — que nous ayons ou pas le moyen de les démontrer — se révéler dans bien d'autres domaines. Pour ma part, je n'ai guère de don pour la géométrie, mais je sais "dans l'ordre du visible" la reconnaître. Qu'elle vienne ainsi à moi, je l'accepte sans déplaisir, mais avec avec une certaine suspicion, toutefois. La beauté et la rigueur de ces lignes rendent suspecte la moindre présence et déplacée toute forme d'humanité.
première publication 11/9/2012 à 11:01

lundi 10 septembre 2012

Un dessin énigmatique


Voilà,
hier l'ai retrouvé en faisant des rangements. Je l'avais complètement oublié celui-là. Il me plaît, il me plaît vraiment. Il est indiscutable. Nous en faisions beaucoup ensemble vers 2004, 2005. Peut-être encore vers 2006, au début... Car ensuite 2006, fut l'année d'un grand désordre dans ma vie... En général je faisais le fond, avec des pastels secs, et ma fille dessinait les personnages et les motifs. A moins que j'aie recopié l'un de ses dessins en le coloriant ensuite. Enfin, ce qui est certain c'est que je n'y suis pas pour grand chose, juste un travail d'exécution et d'interprétation. L'inspiration n'est pas la mienne. C'est précisément à cette époque, la regardant faire, que je suis enfin parvenu à m'intéresser au travail de Cy Twombly, à y trouver de l'intérêt et à en reconnaître la valeur. Être capable de libérer son esprit pour se retrouver dans l'enfance de l'art ne va pas de soi.
première publication 10/9/2012 à 6:30

dimanche 9 septembre 2012

Sillages encore


     

Voilà
hier matin les nuages au-dessus de Paris étaient uniquement dus aux sillages laissés par les avions. Des empreintes de voyages en quelque sorte. Les traces toujours recommencées du vieux rêve d'Icare devenu réalité se dissipaient, générant ces contours de plus en plus imprécis, cet effet vaporeux ce léger sfumato si cher à Vinci. Ainsi donc, en ce siècle où l'Homme s'obstine à apposer sa signature partout où il le peut, le ciel même se réduit à une forme d'artifice. Et dans cette fugitive beauté il y avait le rappel à la fois effrayant et vertigineux de la première des anomalies atmosphériques suscitées par l'homme, celle d'un nuage en forme de champignon. Intensément alors j'ai désiré être ailleurs, une île peut-être, à moins qu'il ne se fut agi d'un temps autre où demeurer dans l'énigmatique félicité d'une existence paisible et suspendue à quelque chose qui la déborderait infiniment.

(...)

Sans doute étais-je aussi traversé hier par un grand désir de géométrie et d'abstraction, puisque dans la soirée, en un lieu où je passe tout de même assez régulièrement, j'ai pour la première fois remarqué ce détail qui a retenu mon attention, et l'envie bien sûr m'est venue de réaliser une image néo-constructiviste.

samedi 8 septembre 2012

Dérive


Voilà
... perspectives floues et enchâssées... Bizarre sensation que la pensée n'appréhende plus rien. Fugitives mais sans consistance passent les idées. Comme de lointains et légers nuages disséminés dans le ciel. Se forment aussitôt se défont disparaissent dans l'azur. Un peu étourdi, le corps, entre hébétude et sidération, se déplace mais avec des manières de spectre déjà et c'est un long chemin. On bouge encore, donc on bouge. Espace poreux ici n'est plus vraiment là. De l'hésitation on a fait sa demeure. On se cherche un pays qui ne soit ombre ni fumée ni rumeur. Le même geste dix fois refait, on s'interroge une fraction de seconde sur sa propre présence mais aussitôt s'évanouit la question. Et c'est une brume qui enveloppe et happe tout à la fois. Impression de mollement chavirer de glisser puis tomber dans un trou de mémoire. A quoi voulait on se prendre déjà ? La réalité vieux lacet qui se dénoue. Tout épuise. Effarement. Tantôt ça semble s'éloigner, tantôt se brouille et s'éparpille. Plus rien que souffle tremblement passage en d'infimes et vertigineux néants. Entre les éléments du monde - de plus en plus saugrenus d'ailleurs - et le passé le lien vieux chanvre usé s'effiloche. Friable et trompeuse apparence. S'effrite à mesure que l'on croit s’incruster dans les interstices du temps. Alors faire avec. Ou plutôt sans. Suivre le peu d’intuition qui subsiste. Écouter le corps et les sens. Tenir. S'agripper. Mais quoi ? Tout se derobe. Champ dévasté. Lande étrangère. Zone. Rebut. Ban. Confusion. Bas bruit. Bouche bée. Savate. Gouffremot. Mouche cousue.

vendredi 7 septembre 2012

Saturation


Voilà
depuis quelques mois j'ai tendance à saturer les couleurs de mes photos afin de les rendre plus denses et plus rugueuses au regard. Deutéranopie et protanopie en sont peut-être la cause, je ne sais pas. Quoiqu'il en soit j'ai besoin de contraste, de relief. Ça ne peut pas être autrement. Du moins, ces temps-ci. Mes paysages quotidiens me semblent tellement ternes. Je me rappelle ce saisissement la première fois où j'ai vu la lumière de la Méditerranée. Vision soudain acérée comme le tranchant d'un silex. Lumière qui peut étourdir aveugler et faire d'un homme ordinaire égaré sur une plage un meurtrier. (linked with monday murals)

jeudi 6 septembre 2012

Sommeil déchiré


Voilà
  sur le chemin ténébreux où il dédale à grand peine
dressées comme des potences 
se découpent soudain les oppressantes silhouettes 
d'une horde de questions demeurées sans réponse
 

mardi 4 septembre 2012

Vie de château

Château de Neuville à Gambais

Voilà
hier juste pour un jour dans la peau d'un autre la vie de château

lundi 3 septembre 2012

Rentrée, la bonne blague

Graffiti, Paris 2012
Voilà
donc c'est la rentrée. Finie la "trêve estivale" (car tout se passe en France comme si l'actualité dépendait des vacances des journalistes). La radio nous le dit à chaque fois en Septembre. Cela va être encore plus difficile que l'année dernière. Quel scoop ! A part ça, ce matin au réveil, je me suis aperçu du terrible pouvoir de certains suicidés. Ceux qui partent sans explication. Sur un coup de tête. Pas forcément lucides. Qui laissent démunis face aux questions leurs proches peu à peu hantés par la vague culpabilité de ne pas avoir envisagé la possibilité d'un tel geste. Ils en viennent à se reprocher leur manque de vigilance, et se torturent secrètement de ne pas avoir été là ce jour où il y avait une raison précise à ce fatal égarement. Enfin je parle de quelqu'un que j'ai peu fréquenté. Que j'ai rencontré toujours un peu ivre. Mais l'alcool en société lui faisait une facade de rire. Sans doute avait il le désespoir chevillé au corps. Deux vernissages, un repas, une rencontre un jour que je passais à la galerie, pas plus. Deux mois qu'il est parti. Juste avant l'été. Je ne rentrerai pas dans les détails cette histoire ne m'appartient pas. Mais cette disparition m'a néanmoins choqué. Fréquemment, sur le net, je vois des traces de lui. C'est la vie moderne. Sa sœur fait son deuil sur un réseau social. Pour soulager sa douleur elle partage des poèmes, des citations, des photos de famille, des pensées qui la traversent, et aussi des travaux de son frère. Je la comprends. Et cet homme que je connaissais peu devient presque familier. Au point qu'il m'arrive parfois d'y songer la journée ou la nuit d'en rêver. Comme disait Matthieu Galey "le mort tire le rideau, le suicidé claque la porte"

dimanche 2 septembre 2012

Heroes

Paris, Gay Pride Juin 2012

Voilà 
Batman et Wonder woman croisés en Juin 2012. 
Je me demande s'ils avaient coutume de passer leurs vacances ensemble.
Et si oui, où ?
J'aimerais bien savoir ce qu'ils sont devenus
première  publication 2/9/2012 à 15:23

samedi 1 septembre 2012

Déjà Septembre donc



Voilà,
hier c'était "blue moon" c'est à dire la deuxième pleine lune du mois. cela se reproduit tous les deux ans et demie. Que serais je devenu d'ici là ? Sinon l'été tire à sa fin. Plus que quelques semaines encore pour déguster la délicieuse tomate zebra découverte l'année dernière et dont le goût citronné me réjouit tant. Sinon, j'ai aussi trouvé ceci qui permet de songer encore aux saveurs de l'été : "Dans la composition de la salade niçoise jugée authentique par le cercle de la Capelina d'Or, figurent tomates œufs durs anchois salés, thon, cébettes (sorte d'oignons) olives noires de Nice, et Basilic. En saison, à ce plat, il convient aussi d'ajouter, févettes et artichauts violets crus, cœur de céleri et du petit poivron vert allongé. Mais surtout au préalable, on frotte la plat avec une gousse d'ail. L'assaisonnement se compose essentiellement d'huile d'olive et de sel (le poivre et quelques gouttes de vinaigre sont tolérés. les puristes ne mettent pas de salade mais acceptent la mesclun." Bon c'est l'heure d'aller au marché.

jeudi 30 août 2012

Un Cadavre


Voilà,
c'est étrange tout de même ces éloges posthumes ces larmes versées sur la dépouille encore chaude de Jean-Luc Delarue. Pourtant parmi les pleureuses d'aujourd'hui, beaucoup dans le marigot audiovisuel se sont en un temps pas si lointain, secrètement réjouis de sa chute. Vivant, il ne me semblait pas respectable. En quoi le serait il plus aujourd'hui ? La mort de fait délivre-t-elle un visa pour la rédemption ? La souffrance atroce qui a vraisemblablement du accompagner les derniers mois de sa maladie confère-t-elle soudainement une grandeur qui manquait au vivant ? A moins - c'est peut-être une information qui m'a échappé - qu'en reversant par exemple le montant de ses droits à quelque œuvre de bienfaisance, cette étoile médiatique à l'allure de gendre modèle qui dépensait des fortunes pour sa coke (mais c'était de la bonne) se soit vers la fin de sa vie racheté (j'emploie ce mot à dessein car aujourd'hui tout se marchande) une conduite, une conscience. Donc ce type a prospéré dans l'exhibition obscène de la misère humaine avec son casting d'accidentés de la vie, suscitant auprès du public de ses talk-shows dont il était à la fois producteur et présentateur, une compassion cheap assaisonnée de bons sentiments qui faisaient aussi les bons audimats. Et maintenant le voilà devenu un bienfaiteur un moraliste un Socrate moderne qui aurait accouché les âmes de ses invités pour les purger de leurs turpitudes, alors qu'il n'était en fait qu'un vulgaire pornographe de la pensée, pervers et manipulateur. Avec des histoires présentées comme des informations il a fait son beurre en flattant les plus bas instincts et transformant le téléspectateur crédule et aliéné en voyeur d'un répugnant divertissement où l'illusion d'une possibilité d'expression (ça se discute") ou de liberté ("C'est mon choix") lui semblaient offertes. Et c'est un des principaux agents de cette imposture que, maintenant qu'il n'est plus de ce monde, l'on considère dans la presse, sur les écrans avec une commisération complice. Je suis plutôt ordinairement un gentil garçon ami des fleurs et des nuages, mais là très peu pour moi. Je trouve ça vraiment gerbant. Je laisse ça à d'autres pigeons. 

mercredi 29 août 2012

Se changer en nuée


Voilà
cela suffit, cette forme projetée. D'où vient-elle peu m'importe. Pour un moment me suffit. Ombre lumière sur le mur. Pourquoi autre chose, pourquoi autre part. Tous les voyages tous les ailleurs ramassés dans une fugitive apparition. Saisir l'image. Se fondre s'abandonner dans la contemplation de ces irisations. S'y fondre s'y retirer s'y oublier comme autrefois quand on était toute chose que le corps pouvait voir entendre sentir ou respirer. Quand on ne faisait qu'un avec le monde, absent à l'idée même de menace. Quand on était la feuille frémissante sous le vent, le souffle d'air frais, le chant des grillons, le nuage qui se dissipe le parfum soudain évanoui. Quand c'était là le seul langage pour un temps encore affranchi de la tyrannie du sens et de l'obscène nécessité des mots. Mon mantra dans ma rétine, puisse un état sans mesure à présent me changer en nuée.

mardi 28 août 2012

Fétiche (une petite sculpture de Gérard Tiry)


Voilà
une petite sculpture en céramique modelée et émaillée par Gérard Tiry, l'oncle d'Agnès, et donc le frère de Philippe. Voyant l'intérêt que je lui portais, il me l'a offerte un jour (je ne sais plus si c'est en 86 la dernière fois que je suis venu en vacances à Châteaudouble. ou en 92, lorsque j'ai passé quelques jours avec Delphine et Didier qui s'y étaient installés). J'y tiens beaucoup parce que c'est la seule chose que je possède de Gérard, avec son livre aussi "Approche de l'événement", et celui qu'il a écrit sur Châteaudouble avec une dédicace, bien à l'abri dans ma bibliothèque de chevet, ainsi que quelques photos, les dernières étant celles de cette escapade dans le Mercantour en 86. Gérard est une des personnes les plus étonnantes que j'ai rencontrées, un des esprits les plus curieux, libre d'attaches, assoiffé de connaissances, voyageur, bâtisseur essayiste potier deltaplaniste navigateur... Sa maison du belvédère à Châteaudouble est à elle seule une œuvre d'art. Donc cette sculpture est là près de mon lit comme un fétiche. Et puis sa couleur me rappelle ces années ou Gérard partageait avec Guy Michelat un four à céramique. Souvent l'été il y avait, en fin d'après-midi, une sorte de cérémonial. On se réunissait devant le four pour assister à la sortie des pièces (assiettes, bols, saladiers) qui avaient cuit dans l'après midi. Il y avait toujours une part d'incertitude et de surprise relative à la couleur des émaux  et tout cela donnait lieu à de longs commentaires, ponctués d'exclamations d'interrogations, de supputations sur le caractère imprévisible de la cuisson... Ainsi avancions-nous doucement vers l'heure de l'apéritif où la conversation déviait alors vers d'autres sujets. Mais immanquablement dans la soirée, nous retournions voir les pièces que Gérard et Guy avait fabriquées.

Gérard Tiry  dans un des cabanons qu'il a rebâtis (1986)

Publications les plus consultėes cette année