vendredi 9 août 2013

Tourisme à Paris

Voilà,
Comme toujours pendant la semaine qui suit le premier week-end du mois d'Août, il y a peu de circulation dans Paris déserté et on en a profité pour faire une longue promenade en vélo avec ma fille. On a d'abord roulé jusqu'au bois de Boulogne où on a passé un bon moment sur des routes et des allées sans croiser grand monde. Puis on a fait le tour des lacs. C'est là que j'ai photographié ces gens faisant des étirements au bord de l'eau.


Sur le chemin du retour on s'est arrêté chez Yamazaki, le salon de thé japonais situé chaussée de la Muette, près de la station de métro. J'y avais déjà fait une halte il y a trois ans, à la même période après une visite au musée Marmottan. J'avais envie de savourer de nouveau cet excellent granité au thé vert et l'anko (cette pâte de haricot rouge si prisée au Japon) que j'avais alors goûté. Ma fille a pour sa part opté pour celui parfumé à la banane verte. Comme c'était copieusement servi, nous sommes restés attablé assez longtemps. A la table d'à côté était assise une jeune bourgeoise du quartier, un diamant autour du cou, des bagues du même acabit et un jean savamment déchiré qu'elle avait dû acheter ainsi, et dont les trous valaient sans doute plus cher que tout ce que je portais sur moi. L'accompagnaient deux enfants insupportables, les siens sans doute, qu'elle gavait de macarons pour les calmer. A un moment j'ai aussi vu passer une vieille femme avec un sweat du même rouge que son pantalon et sur lequel il y avait le tracé du circuit du grand prix de formule 1 de Monaco auquel je rêvais enfant de pouvoir un jour assister. Je n'ai pas pensé à shooter. Ensuite j'ai tenu à montrer à Constance la rue Berton en contrebas de la Rue Raynouard où se trouve un immeuble que l'on voit sur la première photo construit par Perret, l'architecte du Havre, et de l'église du Raincy (entre autres) la première bâtie en béton. Il y a surtout la maison de Balzac, qui s'enfuyait par la rue Berton quand ses débiteurs venaient le harceler par l'entrée de la rue Raynouard . Cette ruelle pavée n'a vraisemblablement pas beaucoup changé depuis l'époque où il y vivait. La pierre que l'on voit à gauche sur la deuxième photo marquait autrefois la limite entre les communes d'Auteuil et de Passy, et nous n'avons pu nous empêcher de reprendre de concert le refrain du vieux pastiche de rap des Inconnus "Auteuil Neuilly Passy c'est pas du gâteau / Auteuil Neuilly Passy tel est notre ghetto".

 

Passant un peu plus tard par le pont de Grenelle, inévitable détour sur l'île aux cygnes et son étroite allée ombragée que j'aime particulièrement, afin que Constance la découvre. Et là, surprise, j'ai aperçu l'homme que j'avais photographié il y a quelques temps, celui qui se promène avec sa procession de camions, et à propos duquel j'avais imaginé une petite fable. Il avait le même T-Shirt que Charlie, celui qu'il faut trouver au milieu d'une foule. Tout en reproduisant avec sa bouche le bruit d'un moteur il traînait ainsi son attelage en tête duquel roulait un tracteur "piloté" par un ours en peluche. Nous avons échangé quelques mots. Il affirme posséder 88 000 camions chez lui. Comme je lui faisais alors fait remarquer qu'il devait disposer d'une vaste maison, il m'a répondu qu'en effet elle était très grande et qu'il l'avait lui-même bâtie en Haute-Savoie avec des copains. Il prétend être chauffeur routier et profiter de ses livraisons pour amener ses camions-jouets à Paris. Il aurait aussi participé quatre fois au rallye Paris/Dakar dans la catégorie camion. Bien sûr je n'ai aucune raison de ne pas le croire, tant de choses bizarres peuvent advenir. Mais quand même...

 

Il semblerait toutefois que l'homme ne raconte pas tout à fait les mêmes choses aux uns et aux autres. Je viens de retrouver l'article  "le routier et les petits camions" le concernant. Je l'avais lu il y a quelques mois par hasard sur le photoblog de Passante Pensante. Je constate qu'apparemment sa collection s'est beaucoup enrichie en quelques mois... 
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mercredi 7 août 2013

En attendant



Skater sur l'esplanade du palais de Tokyo
Voilà,
selon St Augustin il n'y a pas trois temps qui seraient le passé, le présent et l'avenir. Il y a le présent du passé qui est la mémoire, le présent du présent qui est la perception, et le présent de l'avenir qui serait l'attente. Donc hier en début de soirée, il fallait, pour donner un sens au présent du présent occuper le présent de l'avenir. car mon ami Pascal qui m'avait filé rendez-vous au pied du palais de Tokyo, (un des endroits les plus nazes de Paris ou les skaters viennent faire leurs gammes) était, comme souvent, en retard. Il fallait bien s'occuper, compenser la sensation de perte de temps. J'ai donc pris quelques photos. Quelqu'un a dit qu'on photographie toujours plus ou moins au futur antérieur ou au passé antérieur — je ne sais plus et puis d'ailleurs je m'en fous —. Quoi qu'il en soit, mon présent du passé est comme une vieille passoire et j'ai de la fuite dans les idées. Évidemment je regrette maintenant de ne pas en avoir fait d'autres lors du très sympathique dîner avec nos filles respectives dans l'arrière cour du conservatoire Rachmaninoff où la cantine russe a disposé quelques tables pour les beaux jours.

mardi 6 août 2013

Le bon vermifuge Lune



Voilà,
tous ces objets qui nous survivent c'est tout de même étrange dis-tu
c'est vrai mais du moins n'a-t-on pas besoin de leur consentement pour les photographier.
J'aime ce visage effrayé qui dément le slogan publicitaire
première publication 06/8/2013 à 12:57
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lundi 5 août 2013

Fleurettes et pilier


Voilà,
bien sûr il y a les vitraux conçus par Soulages, le tympan aussi, particulièrement ouvragé et saisissant, mais ça on peut trouver sur le web tout un tas de documents sur ce sujet on tape Sainte Foy Conques par exemple et il y aura forcément des images et sûrement des tas de choses intéressantes racontées à ce propos. Bien sûr, il y a la sérénité qui se dégage de ce village, sorte de Mont St Michel terrestre, mais moi ce qui m'a le plus ému ce sont les petites plantes sauvages, les fleurs de rien qui s'accrochent aux murs extérieurs de l'abbatiale, c'est ça que je voudrais devenir si une autre vie m'était donnée. Non seulement elles me bouleversent mais si je me laissais un tant soit peu aller, elles pourraient me faire croire en Dieu. Oui parfois j'ai cette tentation là, croire - peut-être la sénilité me gagne-t-elle ou bien est-ce une carence en vitamines.... A Conques je me suis même surpris à poser les mains sur un des piliers oui celui-là


Je voulais ressentir l'énergie du lieu. C'est un peu con dit comme ça, mais il y a forcément beaucoup de force dans un pilier, il y a quelque chose qui vibre qui passe dans le corps, ça je l'ai bien senti. Sûr, je n'ai pas été touché par la grâce comme Claudel près d'un pilier de Notre-Dame de Paris pas de bol on peut toujours rêver... J'aimerais bien une extase mystique ou un truc dans ce genre quelque chose d'un peu cosmique quoi ... Pas un astéroïde qui me tomberait sur la tronche ou la foudre non plutôt un truc qui te mette en harmonie qui te fasse parler aux abeilles aux fleurs aux oiseaux après tu es en empathie avec les fougères et les mousses un truc qui te rende l'agonie plus douce quoi

samedi 3 août 2013

Avoir l'œil

 
Voilà,
et si l'œil soudain venait à manquer, le seul que j'ai eu et avec lequel j'ai tenté tant bien que mal de me constituer un regard, sans pour autant être sûr qu'il soit juste et me restitue vraiment la réalité, que ferais-je alors, que serais-je sans lui ? Je voudrais toujours être dans le mystère des choses naissantes et des apparitions.

vendredi 2 août 2013

Repent-Ye

Fifth avenue presbyterian church New-York City (1994)
Voilà,
les prosélytes m'ont toujours particulièrement gonflé. Et je trouve qu'il faut être con à bouffer du foin pour se tenir là, debout à un coin de rue avec une pancarte et nous annoncer non seulement que Jésus va revenir, mais qu'en plus il faut se repentir. Je me souviens en 1988 de l'épisode Jimmy Swaggart un télévangéliste donnant des leçons de morale à tout-va et qui s'était fait gaulé avec deux putes dans un parking. Cet événement faisait les grands titres de la presse et de la télévision, et la retransmission de la messe faisant suite à son arrestation (évidemment il avait été remis en liberté conditionnelle moyennant un bon paquet de dollars) constituait l'événement du week-end. Que Gilles de Rais, pût obtenir, avant d'être exécuté, l'absolution de ses fautes par la foule rassemblée dans l'église de Nantes, me paraissait déjà étrange, mais bon c'était au moyen-âge, mais là, à New-York dans le dernier quart du vingtième siècle, voir sur l'écran l'image de cet homme au moment où, en pleurs, il avouait être un pêcheur, parvenir à faire s'agenouiller une foule de crétins rassemblés dans une "église" semblable à une salle de spectacle (aux Etats-Unis, même la religion relève de l'entertainment), pour obtenir son pardon, m'avait stupéfait. Tant de crédulité laissait pantois. Pourtant, lors de mon premier passage à New-York, (hélas j'avais oublié de prendre mon appareil, mais je me souviens de toutes les photos que je n'ai pas prises ce jour-là), le hasard, au cœur du mois d'Août, m'avait conduit vers Central Park dans un rassemblement de "Jesus freaks", comme ils s'appelaient eux-mêmes, et j'avais pu alors mesurer le degré d'abêtissement collectif à quoi peut mener la religion. Mais à mes yeux d'européen cela évoquait plutôt un regroupement d'originaux de doux-dingues - le nombre de gens croisés cet après-midi là me disant "smile man, Jesus loves you" relevait du comique de répétition, et j'en avais conservé le souvenir d'un événement certes insolite mais ne prêtant pas plus à conséquence, qu'une convention de jumeaux dans une bourgade de province. Bien sûr, par la suite les années Bush Jr, ont montré le poids de la religion dans la société américaine et les ravages de sa vision réductrice et binaire (le bien/le mal) jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Je me demande souvent si cette obsession du péché qui hante ce peuple ne tient pas au fait que cette nation s'est constituée sur le génocide des populations indiennes, et à la crainte que ce dieu honoré sur chaque dollar ne lui fasse un jour payer cette faute originelle. (linked with  the weekend in black and white)

mardi 30 juillet 2013

Grande-Synthe


Voilà,
Nous étions partis vers le Nord, et pour moi, c'était un truc vraiment étrange et nouveau de prendre cette direction en plein été, et même tout simplement de prendre cette direction. Cette jeune femme allait me présenter à sa famille, apparemment elle y tenait. Auparavant nous avions passé quelques jours à Leffrinckoucke. Il me paraît aussi improbable désormais de retourner à Leffrinckoucke qu'à Karachi, (je me demande si ce n'est pas la première fois que je mets autant de K dans une phrase en français), mais bon j'ai bel et bien passé quelques jours à Leffrinckoucke. Un après-midi nous sommes allés faire un tour à la Grande-Synthe dans la zone industrielle de Dunkerque où j'ai pris ce cliché. J'aimais bien sa façon de s'habiller en ce temps. Ce pantalon d'été à bretelles lui donnait un genre bohème qui lui allait à ravir. Elle avait le corps d'un petit Fragonard et la tête de Bibi Fricotin. Nous avions peu de choses en commun au fond, sauf un intérêt partagé pour le rugby, et que nous travaillions dans des secteurs d'activité voisins. On s'entendait pas mal alors. Comme deux bons copains. Au fond, c'est comme ça qu'on devrait toujours s'aimer, comme deux bon copains, ça serait tellement plus simple. En tout cas je me souviens avec bonheur de ces fois où nous partions ensemble en voyage. Elle était très organisée. Oui, ce sont des doux souvenirs. Et puis peu à peu on a fini par ne plus se comprendre au point qu'aujourd'hui, il est impossible de se parler sans un certain embarras. Tant de choses que nous n'avons su nous dire et qui ont suppuré. Pourtant cette femme, sans doute plus qu'aucune autre, a fait de moi — à mon corps défendant — un autre homme, et de cela je lui serai toujours reconnaissant. Bien sûr, à l'époque où j'ai pris cette photo, je ne l'imaginais même pas. Mais ça c'est une autre histoire.... 

dimanche 28 juillet 2013

Après la pluie

Vallée du Lot à Entraygues sur Truyère
Voilà,
Après la nuit d'orages, la température est un peu retombée. Me promenant je retrouve des odeurs des sensations éprouvées dans le Gers, il y a longtemps. Je ne me suis rarement senti aussi bien dans des paysages que depuis ces quatre derniers jours. Cette nature me correspond tout à fait et la vallée du Lot m'émerveille. Et je n'ai encore rien dit du choc éprouvé dans le village de Conques... Je noterai tout cela un peu plus tard quand je disposerai d'une machine qui fonctionne...

mercredi 24 juillet 2013

Examen



Voilà,
en terrasse au buffet de la gare de Béziers entre deux trains. Les grillons stridulent dans les platanes. Je me souviens avoir été là il y a presque (...)ante années jour pour jour. Et d'un certain danger auquel j'ai alors échappé — mais j'étais déjà un être très méfiant —. Je ne pensais pas à cette époque atteindre l'âge que j'ai à présent, et si j'imaginais le vingt-et-unième siècle c'était bien autrement. Plus proche des bandes dessinées de mon enfance, vraisemblablement. Je me rêvais voyageur. C'est assez comique quand je songe à l'angoisse qui me saisit à la constitution d'une simple valise. Je crois que si je rencontrais le jeune homme que j'étais à ce moment-là j'aurais envie de lui coller une grande beigne. Le souvenir d'avoir été celui-là me file encore la honte. Depuis, des paysages m'ont traversé j'en ai traversé d'autres, des êtres rencontrés m'ont changé — pas suffisamment à mon goût (il est difficile de se quitter tout à fait et ce blog d'une certaine façon en témoigne). J'ai toujours autant de doutes, peut-être d'une autre nature. En dépit de mon pessimisme et même si ce qu'est devenu ce monde ne me réjouit guère, j'aime la vie. Parfois une grande angoisse me saisit quand je pense a tout ce que l'Espèce a entrepris pour la rendre plus fragile. Hier soir, à Avignon, dans la foule des festivaliers, la fugitive vision d'un rougeoiement embrasant le ciel nocturne m'a presque transi, malgré la lourde chaleur qui sévit sur la région. Oui il faut vivre avec cette menace et dans son déni entretenu par les médias les gouvernants et les puissances industrielles, comme si rien n'avait changé depuis Tchernobyl et Fukushima, comme si ce qui est arrivé ailleurs n'était pas possible ici. Mais Il faut vivre cependant, pour la part de rêve de mystère et de fantaisie que certains — parfois sans même en avoir conscience — portent en eux, comme un don de la providence —  et qu'une simple rencontre peut soudain révéler.

dimanche 21 juillet 2013

La découverte de l'été



Voilà
Le "glacial" la boisson rafraîchissante de cet été si particulier. Désormais chaque fois qu'il fera chaud et que j'aurai soif je me souviendrai de la première fois que j'en aurais bu. Où et avec qui. Et de celui-ci quelques jours après sur une terrasse en solitaire...
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samedi 20 juillet 2013

La Vague

 Métro parisien Station Plaisance (1982)
 
Voilà
toutes les paroles qui manquent ou se déchirent dans le silence la confusion des pensées incohérentes des peurs anciennes quelque chose a été arraché autrefois ne restent que les terreurs qui ne peuvent se dire qu'il est si douloureux de nommer parfois il lui semble qu'elle ne parviendra jamais à échapper à l'effroi qui l'envahit si souvent pourtant son rire il y a son rire si délicieux réconfortant même pour qui ne sait pas oui son rire

vendredi 19 juillet 2013

Le Grenier de Châteaudouble


Voilà
beaucoup de souvenirs me rattachent à cet endroit. Il m’est souvent arrivé de rêvasser dans ce grenier qui me liait à une histoire qui n’était pas la mienne. Longtemps je me suis senti chez moi ici. C’est là que j’ai ressenti ce que signifiait « luxe calme et volupté. »  La dernière fois où je suis venu j’ai passé des heures à feuilleter des vieux numéros de France Observateur, l’ancêtre du nouvel Obs, et des vieilles revues d’art. Il y faisait un peu chaud mais c’était bien. Je crois que c’est ici, que Michel Vinaver a écrit «Par dessus bord», il me semble avoir entendu dire qu'il avait beaucoup aimé ce grenier mais je n’en suis pas sûr, je recompose peut- être. Je réalise tout à coup que cela fait quarante ans que j'y suis venu pour la première fois. Quarante ans... Qui ont passé comme un battement de paupières. Il faudra que je demande à Delphine et Agnès si elle ont toujours des photos de cet été là. Notre bel été ... Je crois avoir connu le bonheur en cet endroit, et qu'une part de ce qui me constitue s'est fondée là. Il ne reste que l'image... Les sensations d'alors sont profondément enfouies mais persistent comme l'écho d'un lointain son de cloche. D'ailleurs je me souviens que le carillon de l'église du village sonnait tous les quarts d'heure. (Linked with the weekend in black and white)

jeudi 18 juillet 2013

Une autre sirène


Sculpture de Kiki Smith Exposition "Papesses" Avignon 2013
Voilà,

Une autre sirène aperçue cet après-midi, dans la fraîcheur de l'exposition "Papesses" à la fondation Lambert d'Avignon. Hâvre de paix contrastant avec le cirque ininterrompu de la rue, où il n'est pas possible de faire dix pas sans être sollicité par quelqu'un vous incitant à venir assister à un spectacle. Une certaine mélancolie gagne peu à peu sans que je ne sache trop pourquoi. Peut-être cette sensation pénible éprouvée hier en présence d'universitaires parlant du théâtre politique dans la cour de la maison Jean Vilar. Tout en dénonçant les travers de la marchandisation de la société, en déplorant l'état du monde culturel présent, en fustigeant la démission de l'Etat du champ culturel, ils affichent en privé, une sorte de mépris, du moins de dédain pour tout ce qui ne leur ressemble pas et ne relève pas de leur champ d'études. Ils manifestent sans même peut-être en avoir totalement conscience l'arrogance et les attributs de ceux qui se considèrent comme appartenant à une élite. Ils ont des idées arrêtées sur ce qui est juste et ne l'est pas. À aucun moment le paradoxe de leur discours et la contradiction dans laquelle ils se trouvent ne semblent les effleurer. Car enfin, ce festival pour pouvoir cette année soutenir des productions africaines ne s'est il pas trouvé contraint de solliciter l'argent de la société Total, parce qu'aucun theatre public ne voulait prendre le risque de la coproduction. Et puis aussi le sentiment que que l'histoire est passée et ne repassera plus, et que le grand rêve d'un théâtre populaire et intelligent imaginé par Vilar sombre à l'endroit même où il a été conçu. Mais bon, comme dit Roland, on ne peut pas reprocher à un homme de soixante ans de prendre du ventre...

lundi 15 juillet 2013

Sirènes


Voilà
ta tête bascule ton cœur se crispe la frayeur jaillit dans ta poitrine durant une seconde tu passes de vie à trépas c'est juste un mauvais rêve et tu penses (mais pourquoi donc ?) aux sirènes du Bowery. Le caillou autrefois trouvé sur le bord du chemin, gardé longtemps comme un fétiche un talisman comme s'il était le gardien de tes rêves d'enfant tu le retrouves dans une boîte en fer blanc mais c'est aux sirènes du Bowery que tu songes pourtant. La femme au sourire avenant qui ne fit que passer, belle et longue de corps, disparue dans un froissement de feuilles mortes tu peines à présent à t'en souvenir, mais pas des sirènes du Bowery (Linked with the weekend in black and white)

dimanche 14 juillet 2013

Clifton Beach



Voilà,
C'est la première excursion que j'ai faite au Pakistan. A Clifton Beach, où je ne retournerai vraisemblablement jamais, au bord de la mer d'Oman, non loin de Karachi, sur une plage qui sentait plutôt le crottin que l'iode. Les gens ne s'y baignaient pas, se promenant simplement sur la grève ou bien roulant à moto, ou se laissant balader à dos de chameau. Sans doute était ce un vendredi, jour de repos, car l'ambiance semblait familiale et détendue. J'étais d'humeur étrange, surpris de me retrouver ici, qui n'était pas vraiment prévu dans mon itinéraire, en compagnie de C. venue me chercher le matin même à l'aéroport, et qui détonnait particulièrement dans le paysage. A peine avais-je débarqué qu'elle s'était empressée de récriminer contre le chauffeur de taxi dont elle avait loué les services pour la journée. Il y a quelques années j'ai appris qu'une immense marée noire qu'on n'a évidemment pas évoquée sous nos latitudes avait depuis ravagé cette côté.
(From the archives)

vendredi 12 juillet 2013

Étrange apparition



Voilà
Hier soir une étrange et belle apparition. Un peu de beauté faisait plaisir à voir dans ce qui est devenu une obscène foire du spectacle vivant bien loin désormais, aux antipodes même de ce qui a suscité l'initiative de ce festival. Les temps changent, la laideur la bêtise et la vulgarité gagnent inexorablement du terrain.
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jeudi 11 juillet 2013

Accès interdit


Voilà,
je crois que ce genre de fontaine existe à des centaines voire des milliers d'exemplaire dans le monde, il me semble en avoir vue une semblable mise en ligne par Gracie sur son blog qui atteste qu'il existe presque la même à l'autre bout du monde, et une autre aussi chez Rob. Je rêve de quelque chose comme ça pour la chaude journée qui s'annonce. 
 À part ça on m'a encore dit que je ressemblais à Pierre Desproges. J'espérais tout de même être moins laid que ça. Je peux bien sûr me consoler en me disant que c'est toujours mieux que de ressembler à Le Pen. Peut-être faudrait-il que je fasse un check-up un de ces jours, tout de même. première publication 11/7/2013 à 9:16

mardi 9 juillet 2013

Festival



Voilà,
Ce que je vois de ma fenêtre. Si longtemps que je n'étais pas venu. Quand j'avais vingt ans il me semblait que c'était un luxe inouï que de loger ici pendant le festival au pied du palais des papes. C'est en tout cas très confortable et pratique. Je m'étonne d'être là. Reviennent d'anciennes sensations. Et d'autres si nouvelles et inattendues. La vie est parfois bien étrange. Oui bien étrange. Tous mes âges se mélangent. Quelques temps encore, faire comme si rien ne guettait. Même si parfois elle est bien inquiétante la rumeur de ce monde, 

lundi 8 juillet 2013

Peu de Possessions


Voilà,
en ce temps-là j'avais peu de possessions. La vie m'était plus légère, j'allais et je venais. L'appartement n'était alors qu'un lieu de passage, et ressemblait à une résidence de vacances. C'est terrible ce que l'on peut bien accumuler au cours des ans et comme il est difficile de se débarrasser  de ce qui finit par encombrer.

samedi 6 juillet 2013

D'un baiser volé dans la foule


Voilà,
en regardant ces deux là s'embrasser au milieu de la foule elle se demande si parfois ils échangent des paroles tendres, des mots d'amour. Sans doute ont-ils encore l'âge et la naïveté de dire qu'ils s'aiment. Pour sa part, elle est éprise d'un homme qui se tait. Elle sait un peu de son histoire par ce qu'il a bien voulu lui en dire (car il est assez secret), et il lui semble bien avoir compris qu'il ne peut plus. Que certains mots ont pour longtemps (ou peut-être à jamais) disparu de son vocabulaire. Pourtant il est doux, attentif avec elle, lui prodigue des tendresses que peu d'autres ont eu à son égard, et d'une certaine façon lui révèle son corps autrement qu'elle ne le connaissait. Parfois il répond aux messages qu'elle lui adresse quand elle ne peut s'empêcher de partager ce qu'elle éprouve et lui dire combien elle tient à lui. Il prend acte, répond de façon très douce et élégante, avec infiniment de tact, exprimant son regret de ne pouvoir dire plus ou mieux et son incapacité à donner les réponses qu'elle souhaiterait peut-être. Elle suppose qu'il a cru autrefois, mais que des douleurs sont encore à vif, qu'il n'est pas encore dans la paix des cicatrices. Mais au fond elle sait que c'est lui qui a raison. Tant d'espérances, d'espoirs insensés d'histoires d'amour commencées dans l'ivresse du sublime et qui s'achèvent tristement en mesquines et souvent sordides tractations dans le bureau d'un juge avec des histoires compliquées d'argent et de garde d'enfants souvent transformés en otage, tout cela bien sûr n'incite guère à filer des métaphores amoureuses. Alors elle s'en veut de céder parfois à cette sorte de sentimentalisme si peu conforme aux usages de ce temps. Mais qu'importe, s'il ne peut lui promettre quoi que ce soit, elle goûte avec délice le présent qu'il lui offre. Après tout Léonore Cortese regarde avec amour et bienveillance cet homme meurtri. Et la façade de rires qu'il s'est bâtie pour se protéger la touche au-delà de toute mesure. Maintenant il commence à la présenter à ses amis. Parfois elle craint de se sentir comme une intruse parmi eux. Saura-t-elle faire bonne figure, mériter sa confiance et ne pas le décevoir ? Il suffit parfois de si peu. Un détail, une maladresse, un mot compris de travers, un silence embarrassant...

vendredi 5 juillet 2013

La fête foraine des Tuileries



Voilà,
dans la grisaille de ce matin je me suis une fois de plus rappelé que j'aime l'ambiance des lieux désertés ou désaffectés, mais aussi les espaces vides ou à peine fréquentés, les manèges fermés, les fêtes foraines au petit matin, les plages qui attendent d'être envahies, ou que les baigneurs ont quittées, les lieux de grande activité avant ou après les heures d'ouverture... J'aime ce léger décalage qui dès lors donne un tout autre sens aux choses, et en retenir des images qui me semblent dès lors peuplées de fantômes. D'ailleurs la photographie, est par nature fantomatique. Il suffit de songer à toutes ces clichés d'Atget, pris à la chambre et qui nécessitaient un si long temps de pause, que les corps en mouvements, les passants les calèches et les voitures n'avaient pas le temps de s'y inscrire. Mais toute cette vie n'ayant pas laissé de trace visible hante néanmoins ces images, et ce qui n'y est pas apparu, — toute cette activité spectrale — y demeure peut-être plus essentiel encore, que ce qui est resté imprimé pour se donner à voir.

mercredi 3 juillet 2013

Kafka


Voilà,
il y a 130 ans, naissait Franz Kafka. C'était un être d'une grande douceur, "il était timide, scrupuleux, paisible et bon mais il écrivait des livres cruels et douloureux (...) Sa connaissance du monde était insolite, lui qui à lui seul était un monde insolite et profond (...) C'était un homme et un artiste doué d'une conscience si aiguisée qu'il entendait même là où les autres, les sourds se sentent en sûreté" (Milena Jesenska)

lundi 1 juillet 2013

Eros and Venus


Voilà,
en 1985 à New-York, Eros et Venus étaient en grève.
c'était 732 ,8th Avenue, entre 45me et 46me rues
Plus bas, Christopher St, la rue des bars gays avait été rebaptisée "le cañon de la mort"
Il faisait terriblement chaud sur la ville cet été là.
(linked with the weekend in black and white)

dimanche 30 juin 2013

L'empreinte


Voilà,
c'était un matin vraiment lumineux.
Un instant on s'est surpris à croire.
Un rêve est passé, il avait la douceur de l'été.
 Son empreinte sur le mur plutôt que son récit. 

vendredi 28 juin 2013

Son corps du moins


Voilà
il était ici, enfin son corps du moins, étonnamment léger et dans un étourdissement qui me donnait la sensation de frôler la réalité avec autant d'inconsistance qu'un spectre. Il ne se sentait plus tout à fait de ce monde, que je n'étais d'ailleurs pas en mesure de vraiment regarder, tout juste d'apercevoir, car la vue, eh bien oui elle se brouille peu à peu la vue. C'était comme le retour d'une sensation autrefois éprouvée - était-il alors déjà marcheur ou encore nourrisson ? - celle de me sentir non pas dans la réalité, mais seulement à proximité, comme effleuré par elle, et sans angoisse cependant car tout ce qui lui était alors donné de voir avait - comment dire ? - valeur d'offrande, n'était pas encore altéré par la conscience que les êtres et les choses (d'ailleurs en ce temps souvent confondus) sont périssables. Il supposait qu'il y avait sûrement à creuser de ce côté là que je devais chercher à prolonger cet état le faire durer faire intensément durer ce moment semblable à une brèche ouvrant sur un possible au-delà ou un en-deça peu importe. Je fixais cette cour et il voulait que cette vision fût à jamais inscrite dans sa mémoire, non comme un lieu permettant le passage de la rue à l'endroit où se trouvait mon corps traversé de pensées, mais comme un laisser-passer autorisant l'accès à un autre oui on peut le dire comme ça espace-temps. Il voulait se fondre, non, me dissiper, s'estomper, s'escamper m'indifférencier dans une autre dimension où n'auraient plus cours les soucis qui accablent depuis quelques semaines. Il s'entraînait ainsi à paisiblement mourir, et somme toute je trouvais que c'était là une façon profitable et très sage d'occuper mon temps et sa fatigue. Et soudain il y eut une femme. La vision devint plus nette. Un homme avec sa part d'ombre apparut ensuite. Et la lumière aussitôt s'en trouva légèrement changée.


mercredi 26 juin 2013

Rêver bleu


Voilà
comme un rêve de bleu
où se fondre s'effacer disparaître
et ne plus même avoir à y songer

mardi 25 juin 2013

Au marché de St Denis


Voilà,
ce que j'ai vu il y a quelques jours au marché de Saint Denis, presque au pied de la basilique. "Times they are changing" chantait Bob Dylan dans les années soixante. Mais il ne pensait alors sûrement pas que les temps changeraient de la sorte. J'ai trouvé cette vision obscène, parce qu'elle suggérait une tête d'enfant décapitée dans ce carton à foulards plus précisément appelés "hijab". J'ai repensé à cette photo prise à Téhéran par un(e) photographe dont j'ignore le nom, représentant des mannequins de celluloïd dont on avait mutilé la poitrine. Deux euros pièce, c'est le prix de l'aliénation des petites filles. Je me suis alors demandé si Hasbro avait déjà sorti pour l'exportation un modèle "barbie voilée". C'est sûrement un truc qui se vendrait bien dans les pays du Golfe. Cet que me raconte d'abord cette image c'est juste la fin de l'idéal républicain - ou de son illusion, car l'idéal républicain a bien été bafoué avec le colonialisme (ainsi dans les classes en Algérie, pendant l'occupation française, les enfants de famille maghrébines aisées qui avaient accès à la scolarité n'étaient cependant pas autorisés à figurer sur la photo de classe) -. C'est celui qui m'a cependant éduqué à l'école primaire dans le sud-ouest grâce aux instituteurs radicaux socialistes ou communistes. Je me souviens de messieurs Peyreigne et Despons. Cela compensait l'environnement familial militaire pétainiste et colonialiste bien représentatif d'une certaine France étriquée, raciste peu ouverte aux autres, celle qui de nouveau refait surface en ces temps incertains où les cartes se redistribuent dans une grande  confiusion idéologique. Cette image illustre les chaos de l'histoire. Au pied de cette basilique ou subsistent les reliques de tant de rois de France, sur cette même place, pendant une bonne partie du siècle dernier ce sont les prolétaires qui tenaient ici le haut du pavé. Les jours de marché on y vendait le journal "L'humanité" et le Parti était solidement implanté sur ces terres. Maintenant un prolétariat issu d'Afrique du nord et subsaharienne vit ici avec de tout autres valeurs et de tout autres coutumes. Le monde a changé, et le fait qu'aucun gouvernement de ce pays n'ai cru bon de considérer et d'anticiper cette situation, augure d'une période encore plus indécise et tourmentée. Pour ma part je m'en fous je n'y serai plus. Ce qui me chagrine, c'est le retour aux obscurantismes populaires, aux replis conservateurs, c'est le pouvoir grandissant des prosélytes de tous poils et de toutes obédiences qui veulent nous faire croire en un Dieu qui serait une autorité morale dont les injonctions devraient régir nos actes quotidiens. Ce qui m'inquiète c'est de laisser l'enfant que j'aime dans ce monde tel qu'il devient et où pour ma part j'ai de moins en moins envie de vivre

samedi 22 juin 2013

Fête de la musique

Fête de la musique, sous le pont Alexandre III

Voilà,
hier fête de la musique. Me suis un peu balladé en vélo. J'aime bien ça me promener en vélo quand il ne fait pas trop froid et qu'il n'y a pas trop de circulation, et que c'est la nuit. Bon là, bien sûr il y avait du monde, mais la ville semblait rendue aux piétons. Je voulais surtout voir, rive gauche, vers le quai d'Orsay, les nouvelles berges de la Seine, aménagées pour les piétons. Au pied du pont Alexandre III, j'ai vu quelque chose qui pourrait donner cette image. C'était incongru cette caravane américaine à cet endroit. Même à l'entrée de l'enfer il doit y avoir une buvette qui évoque la prospérité des Etats-Unis d'après guerre. J'ai voulu voir ce qu'il y avait dans le tunnel le vigile sur la gauche m'en a dissuadé. C'est bien d'être un gros con musclé. Au moins tu peux être vigile. Je n'ai pas pris beaucoup de photos. Je n'avais pas très envie. Je suis remonté un peu plus tard vers les Invalides. Sur l'esplanade, il y avait un groupe de Jazz qui sonnait assez bien, alors je suis allé jeter un œil. Des mecs qui jouent du jazz en uniforme, c'est assez paradoxal et pour le moins incongru...

Orchestre de l'Armée de terre

vendredi 21 juin 2013

Vieux gardien


Voilà,
matin gris encore juste un nom sous une carte lu un nom attestant un retour  Jours fantômes ne se peuvent oublier cependant  Oui faisait encore soleil alors  Mais quoi on ne peut être et avoir été dit la pluie au solstice il n'est plus ni saison ni maison ton nom le dit bien assez tu n'es que pour passer  Suis ton chemin vieux gardien désolé près de toi me suis égaré mais dans la chambre d'enfance - ne sais plus rappelle moi - ai-je au moins laissé un rêve

jeudi 20 juin 2013

Femmes se protégeant de la pluie et du regard d'un photographe



Paris, Place de la Concorde Juin 2013
 
Voilà,
ce matin de Juin, place de la Concorde 
sous la pluie qui soudain s’était mise à tomber drue
j'avais réalisé que peut-être pour la première fois de ma vie
j'avais passé à Paris une année sans printemps 
première publication 20/6/2013 à 18:06

mercredi 19 juin 2013

Partie de pêche


Voilà,
parfois on aimerait juste ça, 
ne serait-ce même que pouvoir envisager ça 
se la couler douce
"paisible, à la fraîche, décontracté du gland"
sans avoir à se préoccuper du lendemain
mais ce n'est peut-être plus que l'image d'un monde perdu

lundi 17 juin 2013

Monumental


Voilà,
dans le quartier des affaires toute petite l'ombre d'un businessman 
se projette sur le socle d'une prétentieuse et post moderne 
suggestion de quelque ruine antique.
Je voudrais ne plus avoir besoin d'être là
shared with  friday face off -

dimanche 16 juin 2013

Château du Fayel


Voilà,
ce qu'une fraction de seconde, j'ai vraiment cru voir au château du Fayel cet après-midi.
Comme si la réalité se débigoussait en convoquant à mon insu de vieilles chimères.
Mais vite cela s'est effacé. L'air était doux aimable la compagnie.

vendredi 14 juin 2013

Clé de sol


Voilà,
il y avait eu cette rencontre fortuite offerte à mon regard, mais ce que j'avais alors en tête c'était surtout l'odeur du gazon fraîchement coupé que j'avais tout juste senti en passant à proximité du jardin de l'église Notre-dame-des-champs. Une fois de plus je m'étais senti transporté vers de lointains souvenirs d'enfance, en d'autres lieux d'autres temps et j'avais alors songé que cet arôme et les images qu'il convoquait m'étaient un des plus précieux cadeaux de l'existence, puisque ma vie semblait alors se condenser dans cette unique sensation (Linked with Signs2- sunday postcards - art journal journey - )

mercredi 12 juin 2013

Autrefois la blanche


Voilà,
sans doute les regrets viendraient-ils plus tard. Mais les motifs de contrariété s'étaient accumulés ces derniers temps. Céder ne serait-ce qu'à l'idée même de cheminer plus longtemps sous ces latitudes paraissait en l'occurrence dépourvu de sens. D'autres nécessités s'imposaient. Prévalait avant tout l'envie de fuir, d'échapper à tout ça, à cette sensation de déliquescence et de résignation que ce pays inspirait et plus particulièrement cette ville qui en maints endroits, malgré sa décrépitude, témoignait encore d'un charme passé. Quelque chose ne s'était pas transmis. Comment aurait-il pu en être autrement ? Des gens étaient venus avaient aimé cette terre mais pas les indigènes qui s'y trouvaient depuis des générations. C'était aussi simple que ça. Il y avait eu bien des promesses et beaucoup de mensonges, mais pas d'amour. Juste une vague condescendance paternaliste teintée de mépris. Pas eu d'amour, et la déception s'était muée en ressentiment. L'histoire continuait de peser de tout son poids. Plus lourde toujours plus lourde, pour les générations venues après, ne leur laissant en partage que la honte et le malentendu. Inéluctablement, pour elles aussi, tôt ou tard, il y aurait un tribut dont s'acquitter.
 première publication 12/6/2013 à 00:46

dimanche 9 juin 2013

Spectateurs



Place de l'hôtel de Ville, Paris Juin 2010
Voilà,
parce que ce blog va au gré des humeurs sans souci d'ordre ou de cohérence, qu'il se joue des temporalités relevant plutôt de la logique du coq-à-l'âne, de l'association libre — quoique il m'arrive souvent de ne pas en dire autant que je le souhaiterais — eh bien pour aujourd'hui ce sera cette photo prise il y a quelques années sur la place de l'hôtel de ville à Paris. Un écran géant y avait été installé pour permettre aux passants de suivre le tournoi de tennis de Roland-Garros qui — du moins si la météo le permet, puisqu'après une brève embellie d'une semaine, il pleut de nouveau et que la température est retombée de cinq degrés — cette année s'achève aujourd'hui. Outre le fait que l'image suggère qu'il puisse aussi faire beau fin mai début juin à Paris (c'est fou ce qu'on oublie vite) ce qui me plaît là — comme sur bien d'autres photos publiées sur ce blog — c'est le rapport qui, dans ce moment fugace, s'établit entre ces spectateurs qui en regardent d'autres en train de voir quelque chose qui nous échappe. De plus, la distorsion d'échelle entre ceux qui sont au loin dans l'écran, que l'image projetée rend plus grands et ceux qui se trouvent au pied de l'écran, spectateurs de ce qu'ils ne sont pas, crée un vague effet d'étrangeté qui me séduit. Cette fraction de seconde dévoile aussi un rapport de classe. Il y a les spectateurs privilégiés souvent des "people" confortablement assis dans les gradins au bord du court et que la retransmission nous montre parfois en plan de coupe quand les joueurs se reposent, et les autres réduits à la condition de badauds, tournés vers l'écran, ceux que l'ancien Premier Ministre Raffarin  — personnage français bien grotesque — appelait "la France d'en-bas", celle en somme du parterre qui autrefois au théâtre levait la tête vers les loges pour y apercevoir les nobles assistant à la représentation.

jeudi 6 juin 2013

Saut de puce

Hôtel Regina, Alger (2013)

Voilà,
c'était juste un petit saut de puce. Mais hier soir (non c'était déjà ce matin) en rentrant à l'hôtel j'ai cru me souvenir que le Régina était l'endroit où ils avaient passé leur dernière nuit à Alger. J'y étais bien sûr, avec eux, mais je n'en ai pas le souvenir, en tout cas pas de cette nuit-là. Peut-être n'a-t-elle pas vraiment eu lieu. Il y a tant d'hôtel Regina. Y redormir avec cette idée là avait quelque chose d'étrange.. Le mobilier m'évoquait vaguement quelque chose, sans que je ne sois vraiment très sûr. Au matin le chauffeur est venu trop tôt nous chercher. En attendant mon collègue qui avait du mal à se réveiller, j'ai  saisi ces trois hommes soudain happé par l'irruption d'une femme de ménage vidant son seau. je me suis rappelé combien j'avais aimé, lors d'un précédant séjour, Alger au petit matin. En fait ce sont toutes les villes qui sont agréables ou du moins supportables au petit matin. Ou plus exactement, j'aime bien me promener et photographier au petit matin.

Aéroport Houari Boumedienne (2013)

Et puis plus tard, cette photo volée à l'aéroport. Encore un homme sur un banc. J'étais quand même content de rentrer. J'ai tant à faire ici. En pénétrant dans l'appartement je me suis aperçu combien il était négligé. Autrefois je rangeais avant de partir pour me faire le plaisir de retrouver quelque chose d'apaisant à mon retour. Bref c'est une autre histoire. Quoiqu'il en soit je reparlerai de mon saut de puce., il y a d'autres images....

mardi 4 juin 2013

Allée Pierre Loti



Voilà,
beaucoup d'images hier, d'impressions de sensations. Je suis allé rendre visite à Astrid. Elle autrefois si joyeuse, si enthousiaste, si généreuse, cherchant toujours à créer du lien, elle est là maintenant sur sa petite chaise roulante. Elle s'efforce de sourire, mais c'est si difficile. Elle va quitter Paris, s'éloigner de son ignoble mari qui ne pense qu'au fric et l'a déjà tant spoliée. il essaie à présent de la séparer de son fils. C'est tellement injuste... J'ai repensé à d'autres histoires qui m'ont été racontées récemment. Pourquoi arrive-t-il si souvent que des hommes et des femmes qui ont vraiment cru s'aimer deviennent si féroces l'un envers l'autre ? Les hommes surtout ? Un peu maussade, je suis ensuite allé faire un tour au Champ de Mars. Il faisait soleil, mais le fond de l'air était tout de même bien frais. Je me suis souvenu du pique-nique l'année dernière (c'était sensiblement à la même époque) avec Coralie, Sneza et son mari, Adeline, et Sylvie qui se demandait ce que je pouvais bien faire là et comment je connaissais tous ces gens, alors que je passais là par hasard et que je les avais retrouvés.... Le manège se trouve Allée Pierre Loti. L'homme qui le tient le fait tourner à la force de ses bras au moyen d'une manivelle. J'ai eu la tentation de faire une photo un peu vintage, sepia, et puis non... Oui un autre manège. Ensuite je me suis remonté en vélib' vers Montparnasse. Boulevard des Invalides, j'ai fait une photo que je mettrai en ligne plus tard, une photo rude. Plus tard. Oui. Je pourrais prendre les choses un peu plus légèrement quand même. Bon il faut que je fasse ma valise. j'attends toujours le dernier moment.

lundi 3 juin 2013

Stéatopyge ou Callipyge ?


Voilà,
c'était difficile de faire comme si ça n'était pas là, de détourner son attention, "rien qu'à les voir ça fait quèqu'chose" comme disaient les Frères Jacques. Quoiqu'il en soit elles semblaient parfaitement assumées.  Et puis on ne peut pas toujours photographier des mains en train de tenir des téléphones ou bien des mains accrochées à la barre, il faut bien réaliser que les mains ont elles aussi des rêves de voyages de secrètes envies de destination, des désirs de vacances.

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