dimanche 14 janvier 2024

Mallette

 
Voilà,
en janvier de l'année dernière, la boutique Louis Vuitton sur les Champs-Elysées s’était littéralement transformée. Une métamorphose haute en couleurs réalisée par l’artiste japonaise Yayoi Kusama. En 2021 j'avais photographié la bâche spectaculaire qui recouvrait  l'immeuble situé entre le 103 et le 111 de l'avenue où se trouvait autrefois le siège social de la banque HSBC. On annonçait que la marque Christan Dior installerait à son tour le sien dans ce prestigieux immeuble  — un bail ayant été sur signé sur le cet ensemble (propriété de la famille royale qatarie) avec le groupe LVMH dont fait partie la maison Dior
 

 
Finalement la bâche précédente a été remplacée par une structure de bois et d’aluminium  donnant l’illusion d’un édifice en forme de mallette géante ornée du monogramme de la célèbre marque de luxe. Selon les rumeurs, ce bâtiment de 22 000 m² serait finalement destiné à abriter le tout premier Hôtel  de luxe Louis Vuitton. 
Quoi qu'il en soit le trompe-l'œil est très réussi.

vendredi 12 janvier 2024

Voir ce que ça donne


 
Voilà, 
j'ai dans la tête une petite usine à brasser du désir, à recycler des déchets de mémoire, qui ne sont pas tout à fait des souvenirs, à transformer des traumas plus ou moins décomposés, en surfaces colorées. Que veulent elles signifier ces surfaces ? Est-ce qu'elle veulent même signifier quelque chose ? Peu importe au fond. S'il y a du sens à ça, il tient moins à l'interprétation qu'à l'expérimentation. Je réalise ça pour m'oublier. Dans cette expérience, je me livre tout entier à un processus de dépersonnalisation, comme ça je ne pense pas, je me laisse guider par lui et j'exaspère certaines procédures pour voir ce que ça donne. Voir ce que ça donne. C'est ça la nature de l'expérimentation. Les idées sont là, mais on ne les voit pas, ce sont des images non formées. Sentir que ça veut paraître et voir la forme que ça prend. Les formes elles sont comme ça, elles exigent de s'arracher au néant. Mais mon désir, c'est — paradoxalement — de tenter de figer leur fugacité de me tenir au lieu à peine discernable de leur apparition, et que ces formes soient comme un grand minuit où "n'importe quoi déteint sur n'importe quoi (où) les contradictoires nouent dans l'ombre des pactes occultes (...) où absence et présence sont l'une de l'autre indiscernables" comme l'écrivait Jankélévitch.
Mais ce matin, en me réveillant, je me suis demandé si ce que je tentais de réaliser,  était perceptible par les autres. Personne ne voit la même chose. Personne ne perçoit, d'un point de vue chromatique, la même échelle de nuances et de contrastes. Je me suis souvenu du test d'Ishihara si problématique pour moi, sans parler du test de Farnsworth que je viens de refaire (en me concentrant bien et avec moult corrections en cours de route) qui suggère que je suis protanope et deuteranope, c'est à dire vraiment daltonien.

jeudi 11 janvier 2024

Chantier

 

Voilà,
sur ces ruines, à compter de 2028 — mais vraisemblablement plus tard — s'élèvera l'Hopital de Saint-Ouen, fruit de la fusion des hôpitaux Bichat et Beaujon. Comme l'écrivait Emeline Cazi, en Juillet 22 dans le journal "Le Monde"  "Ce projet fait écho à de nombreux autres de même nature menés en France qui reposent sur la promesse de locaux flambant neufs, d’équipements "innovants",  et de performances accrues en échange d’une réduction des capacités d'accueil et des durées de séjour. On parle de 30% de lits en moins.
Souvent, les mêmes cabinets de conseil ont utilisé les mêmes formules mathématiques pour proposer les mêmes solutions, notamment celle de la médecine ambulatoire et de la coopération accrue avec la médecine de ville. Or, en Seine-Saint-Denis la densité médicale par habitant compte parmi les plus faibles de France", et la démographie — c'est bien connu les riches font des affaires, les pauvres font des enfants — ne cesse d'augmenter. C'est ainsi : le néolibéralisme dépouille tout ce qui relève du bien public pour en faire un marché. Mais il est des lieux où la loi du marché ne prend pas. Ou plus exactement prend un autre nom — celui de trafic. On verra bien ce que nos experts feront de cette réalité-là. De toute façon, pour le moment de nombreux recours ont été déposés pour que ce projet soit reconsidéré.  L'état doit l'ajourner en raison d'une irrégularité de procédure : le dossier de l’enquête publique ne comportait pas le rapport de contre-expertise et l’avis émis par le commissaire général à l’investissement (tout deux datant de 2016) sur l’évaluation socio-économique du volet hospitalier du projet. Or, cette absence a nui à l’information complète du public. En conséquence, en Octobre 2023 la cour d’appel a donné six mois à l’État pour organiser une nouvelle consultation de la population, portant sur un dossier d’enquête publique comprenant l’ensemble des documents requis.

mercredi 10 janvier 2024

Une seconde avant



Voilà,  
je voudrais que les silhouettes se tiennent à la lisière de l'indéterminé. Presque effacées. Que la figure se dilue dans le motif et demeure à peine perceptible. Retenir l'image une seconde avant le regard, puis qu'elle se perde aussitôt. Dans le vent, dans l'éclat vorace de la lumière, dans le sommeil du papillon.

dimanche 7 janvier 2024

Trois sauteurs

 
Voilà,     
en Juin 2022, du côté de la rue des Rigoles dans le vingtième arrondissement (sûrement étais-je allé déjeuner chez mon copain Olivier), j'ai aperçu ces trois "jumpers" que j'ai trouvés plutôt insolites. L'image aurait sans doute été plus réussie si la poubelle s'était trouvée sous le personnage du milieu. Mais j'avais sans doute mieux à faire que de la déplacer. C'était l'époque où l'on craignait que l'été ne soit très chaud et en effet il le fut. A toutes ces choses si préoccupantes alors et qui le demeurent toujours, d'autres inquiétudes plus intimes se sont depuis, rajoutées. J'avance sans beaucoup de repères dans une réalité sur laquelle j'ai de moins en moins de prise. Je ne comprends rien au monde. Très peu aux gens. Il y a eu de grandes déceptions ces derniers mois. J'ai vu ceux et celles qui se gaussent de mots. Heureusement j'ai aussi pu être étonné par la sollicitude parfois inattendue de quelques autres.
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samedi 6 janvier 2024

Exclu du spectacle

 
Voilà,
"on lui a découpé dans le derrière de la tête un morceau de crâne affectant la forme d'un segment. Avec le soleil, le monde entier regarde à l'intérieur. Cela le rend nerveux, le distrait de son travail et il se fâche de devoir, lui précisément, être exclu du spectacle" Kafka in Journal 9 Janvier 1920

vendredi 5 janvier 2024

A la surface



Voilà,
le pur plaisir de la géométrie, de l'occupation du cadre permet d'échapper au tumulte de la réalité autant qu'à l'hystérie de de l'interprétation. Demeurer à la surface sensible des choses,  et s'en tenir au hasardeux miracle des formes, à la surprise du quotidien. 
C'était à Avignon, en juillet dernier. Le mois du genou douloureux. Un mois lacanien en quelque sorte, pour peu qu’on aime les calembours. (Désolé pour les non-francophones que cette phrase laissera parfaitement de marbre).

mercredi 3 janvier 2024

Commencer l'année


Voilà,
je continue avec ces compositions abstraites qui échappent à l'anecdote. Les fabriquer me soulage le temps de leur conception. Je ne pense à rien d'autre qu'aux problèmes techniques qu'elles soulèvent. Je souhaite seulement que s'en dégage une impression de douceur.
Se remettre au travail. Ne pas sombrer, même si écrire devient parfois douloureux, et pénible la tenue de ce blog. Malgré tout, il me relie — peut-être de façon bien illusoire — encore au monde extérieur. Même si les actes semblent dépourvus de sens, et que mon corps éreinté par le chagrin et l'inquiétude suscitée par l'épreuve que ma fille traverse, paraît se déglinguer. 
Se réjouir aussi de découvrir et d'entendre à l’émission du matin sur France musique Amitai et Pene Paiti deux frères Samoans, chanteurs d’opéra et ténors l'un et l'autre. L’un d’eux ne cesse de rire quand il parle respirant une joie insolite. Ils racontent que dans leur jeunesse, ils ont accédé à la musique classique au Pays de Galles où ils ont étudié, en intégrant la chorale du collège car c’était la condition nécessaire pour faire partie de l’équipe de rugby de l'établissement. Dans leur famille néanmoins on chantait beaucoup, disent-ils. 
Les entendre atténue sans pour autant le dissiper le malaise du rêve qui a précédé, où il est question  de ma vieille moto que je possédais lorsque Constance est née et que je chevauchais à nouveau en sa compagnie et celle de sa mère, à la façon de ces familles pakistanaises que j'ai aperçues autrefois. 
 
 *
 
 
 
Je repense à cette journée d'hier, où malgré la pluie parfois, et le vent, ma fille et moi avons marché dans le quartier, parce qu'elle en avait très envie, besoin sans doute. Nous en avons profité pour faire un saut au musée Bourdelle, dont elle ne se souvenait pas, bien que nous l'ayons visité ensemble lorsqu'elle était petite. Elle m'a fait part de son indécision et de ses soucis pour choisir sa filière pour sa dernière année d'école d'ingénieur, l'année prochaine, me demandant quelques conseils.

*
Sinon en voyant la publication de Muriel Modely, sur facebook, il est question d’un poète Gorguine Valourgeorgis qu'elle est en train de lire. Elle a photographié des pages. Sur l'une est écrit :
"dans la nuit noire     un couloir ouvre     la peau de la mer     pour en extraire des organes     la cicatrice sera interne". Je décide de me livrer à la même expérience que l'année dernière sensiblement à la même époque, en promptant le poème afin d'obtenir une image générée artificiellement. J'obtiens ces deux résultats.
 
 

Je n'ai fait aucune autre proposition que le poème. je n'ai pas défini de choix esthétique, et ne me suis livré à aucune retouche. Évidemment on bascule dans un graphisme "heroïc fantasy" qui est dominant sur la toile. 
Mais on peut constater que les progrès en un an sont considérables.
Et l'air de rien voilà presque une matinée de passée.
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dimanche 31 décembre 2023

vendredi 29 décembre 2023

Insomnies encore

Voilà,
combattre les insomnies
laisser venir les formes apparaître les visages
les questionner les travestir les maquiller
abandonner au silence ce qui lèvres closes gémit au dedans
et quand l'étau du chagrin enserre le corps tout entier
à défaut de ciel où prendre son envol 
rêver d'une chaude étreinte d'une caresse apaisante
 

jeudi 28 décembre 2023

Au lendemain de Noël

Voilà,
au lendemain de Noël vers midi je me suis retrouvé là, dans le vingtième arrondissement rue de Ménilmontant au dessus des voie de l'ancienne petite ceinture, dont j'ai déjà parlé autrefois, qui était une voie ferrée circulant autour de Paris. C'était une journée douce pour la saison, un peu grise. J'étais invité à manger chez A.de C, mais le caviste local était fermé et j'ai un peu galéré pour trouver du vin. Finalement, je me suis rabattu sur des pâtisseries orientales. Je me suis arrêté pour prendre cette photo, saisi par l'émouvante banalité de ce point de vue. Peut-être parce que j'y voyais là l'image même de l'abandon, de la désaffection, que je ne pouvais traduire en mots, et que je m'identifiais à ce qui s'offrait à mon regard. Mais tout de même, dans la nuit j'avais trouvé de nouvelles idées que j'avais commencé d'expérimenter et, dans toute cette confusion, ceci compensait en partie cela.

dimanche 24 décembre 2023

vendredi 22 décembre 2023

Leaders


Voilà
j'ai déjà évoqué mon goût pour les affiches lacérées, pour tout ce qui relève de la trace, du déchet, pour ce qui s'altère se dégrade et menace de disparaître. Pour ces accidents graphiques que peut nous offrir la réalité, pour ces choses ténues qui apparaissent parfois, et m'émeuvent à un point que je ne m'explique pas. Il arrive oui, qu'une fêlure dans un mur ou de la rouille sur une benne rappellent la précarité de notre condition, et que tout comme ce que nous fabriquons nous aussi sommes aussi appelés à disparaître. 
Cela illustre aussi la façon dont notre cerveau fonctionne
Il y a souvent une dimension accidentelle dans la photo. Soit, on se retrouve ici ou là par hasard, et quelque chose que l'on désire retenir, sans trop savoir exactement pourquoi, passe dans le regard. Soit on s'attarde et l'on guette pour saisir l'heureux hasard qui peut ne pas advenir. En retenant ces menus détails, à défaut d'agir sur le monde, on l'honore cependant. C'est la solution médiane entre l'agir et la contemplation.
Ces deux photos ont été prises sur des murs d'Alger en 1983. Je ne me souviens plus qui était la personne sur la photo de gauche. Un politicien local sans doute. Sur celle de droite, c'est l'ancien président Chadli Bendjedid

jeudi 21 décembre 2023

Sigy-le-Châtel

 
Voilà,
ce jour de printemps, il y avait eu cette vague inquiétude éprouvée quand on est encore au soleil et qu’on voit l’averse approcher. Dans ce paisible paysage de Bourgogne qui aurait pu paraître immuable, les oiseaux pourtant étaient moins nombreux à chanter. Et c’était comme si ces vieilles pierres survivaient encore dans un monde où la possibilité de croire semble chaque jour vouée à disparaître un peu plus. Mais la lumière, la lumière quand même, il y avait cette lumière.

lundi 18 décembre 2023

The sleeping Chapter




 
Voilà,
le temps avait paru comme suspendu sous les voûtes de la Conciergerie. Avec "The Sleeping Chapter", troisième chapitre d'Outremonde Théo Mercier, mêlant ses deux activités, de sculpteur et de metteur en scène, plongeait le public dans les profondeurs des songes, au cœur de la nuit et du rêve. Tandis que veillaient des chiens d'argile, des crabes en bois sculpté se déployaient autour d’un paysage de lits de sable baignant dans une installation sonore et lumineuse.
 
 
 
  
Conçues à partir de sable et d’eau, les sculptures s'exhibaient sous la forme de fragments d’architecture, dont la couleur accordée à la pierre du palais de la Cité dialoguait ainsi avec ses voûtes séculaires. Ainsi invité à déambuler entre une cinquantaine d’œuvres fascinantes aux détails on ne peut plus réalistes, le public pouvait à loisir déambuler parmi des lits tout juste défaits, des oreillers moelleux ou des chiens veilleurs. Le tout étant pensé et créé in situ, avec du sable issu de carrières locales, d'ailleurs restitué une fois l’exposition terminée. En poursuivant sa réflexion artistique autour de l’histoire et du temps, Théo Mercier nous conviait aussi à explorer le monde infini des rêves.
Je m'y étais rendu en décembre dernier, le jour de la finale de la coupe du monde de football, après avoir participé à une répétition d'Apnée. C'est fut l'une des plus belles expositions vues l'année dernière.
C'était il y a tout juste un an. 

samedi 16 décembre 2023

Ontologie du Devenir



       

Voilà,
j'ai fait une recherche sur le net pour en savoir un peu plus sur cette notion d'ontologie du devenir que je ne connaissais pas et dont j'ai entendu parler par hasard, je ne sais plus où, à la radio sans doute. Il s'agit d'une tendance de la philosophie qui s'intéresse à la nature du changement et de l'évolution dans le monde. Elle se concentre sur l'idée selon laquelle toutes les choses existent dans un état de devenir constant et que rien n'est jamais vraiment stable ou permanent. "Ce qui vient à l'être doit périr, et ce qui périt ne cesse pas complètement d'être" constitue l'exergue d'une leçon du Collège de France consacrée à ce thème.
L'ontologie du devenir s'oppose à l'ontologie traditionnelle, qui considère que les choses ont une essence stable et permanente. Selon l'ontologie du devenir, toutes les choses sont en constante transformation et évolution, et il n'y a pas de réalité permanente ou objective en dehors de ces processus de changement.
 Alfred North Whitehead (1861-1947), logicien et mathématicien britannique est le principal contributeur de cette conception philosophique. Il a élaboré une une théorie de la réalité connue sous le nom de "processus" ou philosophie du processus. Cette théorie influe dans de nombreuses disciplines : l'écologie, la théologie, l'éducation, la physique, la biologie, l'économie et la psychologie. Avec Bergson qui fut son contemporain, il partage donc l'idée que la réalité est de nature dynamique et en perpétuelle évolution.
Selon Whitehead, la réalité n'est pas constituée de choses permanentes et objectives, mais plutôt de processus de changement continus et interconnectés et d'évolution. Pour lui, toutes les choses qu'il désigne sous le terme d'entités (y compris les êtres vivants, les objets inanimés et même les idées et les concepts), existent dans un état de devenir constant, et il n'y a pas de réalité en dehors de ces processus de changement. Il considère que le monde est un processus perpétuel de création et de transformation où rien ne demeure vraiment stable, qu’il n'existe pas de réalité permanente ou objective en dehors de ces processus.
Whitehead développe la notion de "concrescence" pour expliquer comment les événements passés contribuent à déterminer les événements futurs.  Si dans sa pensée, apparaissent des éléments de déterminisme dans la mesure où il postule que chaque processus est influencé par les processus précédents,  son point de vue diffère de la conception classique du déterminisme mécaniste,  puisqu'il admet également une certaine marge d'indéterminisme ou de créativité. Il introduit même le concept de "principe d'indétermination" dans sa philosophie du processus, reconnaissant que, bien que les processus soient influencés par leur passé, ils ne sont pas entièrement prédéterminés et manifestent également une certaine autonomie créative. Cela induit, que de nouvelles possibilités peuvent émerger à partir de chaque processus.
Whitehead a également soutenu que les choses ne sont pas simplement des collections de parties, mais qu'elles sont plutôt des ensembles de relations et de processus.
Ce qui m'intrigue particulièrement c'est qu'il élabore l'hypothèse d'une cosmologie panpsychiste dans laquelle chaque entité, même la plus infime, possède une certaine forme de conscience et d'expérience. Il nomme cette conscience "préhension". Elle se manifeste et se produit lorsque chaque entité prend en compte les événements qui se produisent à proximité d'elle. Il y ajoute la notion  d'actualité : Whitehead distinguait entre deux types d'entités : les "entités actuelles" et les "entités non actuelles". Les entités actuelles sont celles qui ont une expérience consciente, tandis que les entités non actuelles sont les événements passés et futurs qui influencent les entités actuelles. Chaque entité actuelle préhendrait les entités non actuelles pour former sa propre expérience.
En outre dans cette cosmologie, Whitehead fait intervenir la notion de complexité : la conscience ou la préhension existe à des niveaux différents de complexité. Les entités plus complexes, comme les êtres humains, ont des formes de conscience plus développées que les entités simples, comme les particules subatomiques. Cela signifie que la conscience émerge à mesure que la complexité de l'organisation augmente.
 La cosmologie panpsychiste de Whitehead s'inscrit dans la tradition de la "philosophie de la nature". Elle cherche à réconcilier la science moderne avec une vision du monde dans laquelle la conscience aurait une place importante.
J'ai l'idée confuse qu'il existe un lien ou une passerelle entre "l'idée du monde comme volonté et comme représentation" telle que la définissait Schopenhauer, et l'ontologie du devenir de Whitehead. Je serais jeune et passionné de philosophie, j'explorerais cette hypothèse. J’essaierais  de voir s’il existe u
ne connexion possible dans leur préoccupation commune pour la réalité en tant qu'expérience dynamique plutôt que statique. Les deux philosophes abordent la complexité de l'existence d'une manière unique, mais la relation entre eux pourrait s'articuler autour de thèmes tels que la perception, la causalité et la nature fondamentale de la réalité en mouvement. 

Pour ma part mes capacités intellectuelles ne m'ont jamais permis que d'effleurer les concepts et de donner l'illusion que je n'étais pas totalement stupide. Je ne sais pas si la philosophie de Whitehead pourrait m'être d'un grand secours pour affronter l'état d'instabilité dans lequel je me trouve précisément ces derniers temps. Cela ne manquerait pas de m'occuper l'esprit si j'étais capable de de me concentrer. Cependant, question processus, je m'en tiens pour le moment à celui de mes doigts tressant depuis la surface lisse de l'écran des formes colorées qui pour un temps me permettent encore de tenir à distance les sombres pensées. Je me contente en outre d'adopter une attitude purement "phénoménologique" et de ne pas être tenté par "le démon de l'interprétation".

jeudi 14 décembre 2023

Ciel de Corse






 
Voilà, 
prise durant le mois d'Août 2014 lors d'un séjour en Corse passé en compagnie de ma fille avec de nombreuses autres personnes dont beaucoup d'enfants, cette photo me rappelle des jours heureux. Oui ce fut vraiment une parenthèse enchantée, Ça j'en suis certain. Il y eut même des moments de pure félicité. Mais j'ai quand même voulu vérifier. Savoir si je n'enjolivais pas les choses. Après tout je tenais déjà ce blog, c'est facile. 
Je n'étais certes pas d'un très grand optimisme, mais ça, ce n'est n'est pas nouveau. Il y a presque dix ans, l'état du monde n'était déjà pas bien brillant. Il n'y a d'ailleurs toujours pas de quoi pavoiser. Je suis retombé sur ce post. Il faut bien l'admettre, il y a des lieux vraiment maudits. Même que ça s'appelle Terre Sainte. Et la pire injustice et souvent de naître en tel lieu plutôt qu'en tel autre.
 

Sinon, ici il pleut, même si les températures sont plutôt douces. "La joie de Noël" a envahi les rues. Bientôt on fêtera la naissance d'un sauveur. Car c'est bien ça qu'il doit faire, nous sauver n'est-ce pas ? 

mercredi 13 décembre 2023

Bassoues

 
Voilà, 
c'était l'âge où l'on n'est pas sérieux selon le poète. Durant le mois de juillet, dans la région, l'écimage du maïs de semence constituait un job d'été. Il s'agissait de passer dans les rangées et d'enlever les fleurs mâles de plants de maïs en ôtant la panicule terminale afin de contrôler la pollinisation lors de la production d'hybrides, opération rendue possible par le fait que le maïs, contrairement à d'autres céréales, est une plante monoïque, c'est-à-dire dont les fleurs mâles et femelles sont séparées (tout en étant sur la même plante). Grâce à cette opération, les fleurs femelles (qui donnent les épis)  peuvent être fécondées par les fleurs mâles épargnées. Je crois que ce fut mon premier bulletin de salaire. Chaque dimanche soir avec ma mobylette, je me rendais de Belloc Saint-Clamens où mes parents avaient fait un an auparavant l’acquisition d’une petite maison jusqu’à Riscle près du département des Landes. Je passais par Bassoues,  un petit village moyenâgeux qui me fascinait. Je me disais que peut-être un jour, j'y achèterais une maison, ce que bien-sûr, je n'ai jamais pu faire.

dimanche 10 décembre 2023

Correspondance et mélanges

Voilà, 
j'ai aperçu il y a quelques mois cette peinture murale dans un couloir de correspondance entre le métro et le réseau ferré de la SNCF, gare Saint Lazare vraisemblablement. J'avais complètement oublié cette photo. J’ai la prendre alors que je me rendais au Raincy  empruntant cette ligne E sans cesse en travaux depuis des mois, et si peu accessible le weekend.
 
 
 
 
et puis aussi ça ; quand ? je sais, en décembre 2013 ; où ? au Raincy je suppose ; pourquoi ? je l’ignore. Sans doute que le lieu et le moment m’avaient alors saisi et que j’avais en retour voulu les retenir. A cause de l'ambiance un peu mystérieuse et cinématographique. Une sensation d'étrangeté aussi à me trouver à cette époque de l'année en un tel endroit encore assez peu familier qui allait le devenir pour bien des années.  
 



 Sinon, cette citation retrouvée de Pessoa dans Le livre de l'Intranquillité
"Nous n'aimons jamais vraiment quelqu'un. Nous aimons uniquement l'idée que nous nous faisons de ce quelqu'un. Ce que nous aimons, c'est un concept forgé par nous — et en fin de compte, c'est nous-mêmes. Cela est vrai à tous les degrés de l'amour".
 
 

je suis épuisé
je suis si nombreux dans ma tête que parfois je me cogne à moi-même
je n'en peux plus de cette promiscuité
 

mercredi 6 décembre 2023

Je tiens


Voilà,
les mots je ne les trouve pas
je donne forme à ce qui me hante
comme je le peux
c'est tout ce dont je suis capable
ça m'aide à tenir
puisqu'il faut que je sois là
qu'il est plus que jamais utile que je sois là
 
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mardi 5 décembre 2023

Cimetière de Guéthary

 
 
Voilà,
le cimetière de Guéthary compte parmi les plus charmants de ceux que je connais. Selon le philosophe François Jullien, "le paysage est de l’ici, mais traversé d’au-delà". Sa définition s'oppose à la conception occidentale qui considère le paysage comme la partie d’un pays qui s'offrirait à nous comme un spectacle. Il y a beaucoup d’au-delà en ce lieu ouvert sur le grand large. Les vents et les eaux se mêlent dans l’air qu'on y respire. Cette vue se laisse appréhender comme une construction mentale, en résonance, en "connivence" avec soi. C'est peut-être après tout ce vers quoi veut tendre chaque photo.

vendredi 1 décembre 2023

Criminel et policier

 

Voilà,
"Quand certain policier arrête certain criminel, le criminel ne serait souvent pas moins fondé à demander au policier que le policier au criminel comment il en est arrivé là, si bas. (Marcel Jouhandeau)
 
*
 
 
Aujourd'hui a été annoncée la mort d'Eliott Erwitt, qui avait eu droit à une large rétrospective cette année au musée Maillol. Je me suis souvenu de cette photo que j'avais prise, un peu dans sa manière, en juin dernier lors de cette exposition.

Publications les plus consultėes cette année