jeudi 15 septembre 2022

Le chérubin de la Bonne-Mère

Voilà,
au pied de Notre-Dame-de-la-Garde qui surplombe Marseille protégée par la Bonne-mère que l'on voit tout en haut du clocher, un petit ange, le doigt posé sur sa bouche, invite les pèlerins et les visiteurs au silence et au respect de ce lieu de prière. Prenant cette photo, il y a quelques jours, j'ai repensé à l'ange musicien de Sintra et à cet autre qui qui pleure dans la cathédrale d'Amiens. La publiant aujourd'hui, elle raconte aussi que j'ai choisi de me taire à propos des morts récentes de célébrités. Bien sûr la reine d'Angleterre, Jean-Luc Godard, William Klein... A quoi bon écrire là-dessus ? Qu'aurais-je à raconter qui n'ait été écrit dans les médias, sur les réseaux sociaux ? Y aller de mon sarcasme ou de mon émoi ? A quoi bon ? Tout au plus puis-je affirmer que je suis capable d’assez bonnes imitations de Godard. 
De toute façon, cela ne va pas cesser. De plus en plus de personnalités ayant, d’une façon ou d’une autre marqué l’histoire au cours des soixante dernières années  prennent ou vont prendre la poudre d'escampette. C'est ainsi, autant s'y résoudre. 

dimanche 11 septembre 2022

Une illusion de Vietnam

 
Voilà, 
il existe à Aix-en-Provence, un restaurant, Dakao situé au centre ville dont le décor, donne l'impression d'une rue vietnamienne et se révèle tout à fait réussi et surprenant. Dans l'une des salles ce très beau portrait a aussi particulièrement retenu mon attention.
 

Dans les mois à venir, gagné peut-être par la nostalgie de ce séjour passé entre Aix et Marseille, ou parce que soudain me paraîtra nécessaire d'écrire quelque chose à propos du Vietnam (un souvenir familial qui sait ?), il est vraisemblable que je publierai d'autre images de cet endroit.
(shared with Monday murals -

mercredi 7 septembre 2022

La Sainte Victoire et Vauvenargues


Voilà,
Non loin d’Aix en Provence, la montagne Sainte Victoire s’élance comme une vague minérale par-dessus les garrigues. A partir des années 1880, Paul Cezanne en a fait son motif principal la représentant sous toutes les lumières possibles. De Cezanne, Picasso a dit qu’il était son seul maître et « notre père à tous » , parlant pour les peintres de sa génération. Est-ce pour cette raison qu’il avait, en 1958 acquis une propriété non loin, à Vauvenargues, ainsi que 1100 hectares sur le flanc nord de la montagne ? On raconte d’ailleurs qu’il s’était réjoui devant son marchand d’art d’avoir « acheté la Sainte-Victoire de Cezanne ». « Mais laquelle ? Il y en a tant… » « L’originale », aurait alors répondu Picasso. 
C’est d’ailleurs dans le parc de son château, aujourd’hui occupé par sa belle-fille Catherine Hutin-Blay qu’il fut inhumé. Sa dernière épouse, Jacqueline Roque qui s’est suicidée en 1986 repose à ses côtés. Le domaine ne se visite pas.
 
 


dimanche 4 septembre 2022

Depuis 1954


Voilà,

Le mouvement Emmaüs constitue, selon Wikipedia, « un ensemble d’associations et groupements de solidarité présents dans 37 pays. La première communauté Emmaüs, d'inspiration initialement chrétienne, a été fondée en 1954 en France par l’abbé Pierre. Les divers groupes Emmaüs actuels, en France et à l'étranger, sont sans attache religieuse et se proposent de lutter contre la pauvreté et l'exclusion, par des moyens divers, adaptés au contexte des pays où ils se trouvent. La majorité d'entre eux exercent une activité économique, souvent basée sur la récupération et le réemploi, mais pas exclusivement. »

À Aix-en-Provence, le local du mouvement, situé dans la vieille ville se reconnaît aisément grâce à cette peinture murale au charme désuet où sont représentés des objets domestiques d’un autre âge.





 Shared with monday murals - happy tuesday

jeudi 1 septembre 2022

Le Mal qui vient


Voilà,
c'est la fin de l'été, mais pas n'importe quel été. Ce qui nous gagne n'est pas juste cette légère mélancolie liée à la fin des vacances. C'est aussi l'inquiétude face au monde qui vient, toujours plus incertain, plus menaçant. Les faits sont sans équivoque. On a atteint un point de non-retour. On ne se débarrassera pas des déchets nucléaires, de la radioactivité, des pollutions chimiques. On ne pourra pas grand chose contre la multiplication de phénomènes naturels extrêmes. C'en est fini de l'illusion de tout maîtriser. 
Et puis la démence de dirigeants va-t-en-guerre, ivres de conquêtes et de destructions et dévorés par leur désir de puissance me rappelle ce qu'écrit Pierre-Henri Castel dans "Le Mal qui vient", ouvrage déjà évoqué dans une publication précédente mais qui n'a pas, hélas, suscité de réaction malgré ou peut-être à cause des graves questions qui y sont abordées. "Plus la fin sera certaine donc proche, plus la dernière jouissance qui nous restera sera la jouissance du mal. Plus proche sera la fin et plus passionnément l'humanité trouvera les sources d'excitation nécessaires à vivre dans des actions excessives, atroces, démentes. Mettez en effet ceci en balance : s'assurer, en cherchant le moindre mal, les moyens toujours plus précaires de retarder la fin, ou assumer la volupté cruelle de les arracher à autrui, quitte à précipiter pour tous un destin de toute façon inévitable ? Les vices les pires (la cruauté venant tout de suite à l'esprit) ne seraient plus dès lors, les effets collatéraux du désespoir universel. Pour les derniers hommes ces vices seraient les derniers moteurs affectifs (...) Car les gens n'auraient peu à peu plus rien à considérer que leur mort en tant qu'individu pris un à un. Ceux ou celles à qui se réduira alors l'humanité (non plus collectivement, mais par composition) pourraient donc parfaitement s'avérer tous (en fait chacun) suicidaires.
C'est pourquoi il faut avoir peur, très peur des temps d'avant la fin des temps. Nullement d'une peur métaphysique face à l'idée insupportable du crépuscule de l'espèce humaine, mais à cause des événements parfaitement concrets et tous terribles qui pourraient s'enchaîner et qui s'enchaîneront sans doute sous la forme d'une spirale omni-englobante du Mal. Ceux qui ne voudront pas la rejoindre, en effet, et même la rejoindre en hâte, s'en trouveront plus vite encore victimes, ils serviront d'exemple aux scrupuleux et aux hésitants. En sorte que, si l'on y réfléchit bien, l'idée de l'inéluctabilité de la fin, tel un germe catastrophique infectant toutes les anticipations, constitue déjà le commencement réel du processus d'annihilation — dès aujourd'hui." 
Il suffit d'écouter les déclarations des grands tyrans de ce siècle, ou de se souvenir de leurs actes, pour constater que d'une certaine façon on y est déjà.
Est-ce vraiment là le monde que nous allons laisser à Keith Richards  
Alors haut les cœurs ! 

mercredi 31 août 2022

Laisser tomber


Voilà,
je voulais écrire un billet sur le mode de celui que j'ai rédigé le mois dernier qui se serait intitulé "un mois d'Août sur la terre". Mais à quoi bon tout ça aujourd'hui ? J'ai préféré laisser tomber. Personne ne veut s'entendre rappeler ce genre de truc. La plupart des gens préfèrent qu'on leur donne, au mieux, des motifs d'espérer, au pire, qu'ont les distraie, qu'on les anesthésie, qu'on leur promette du bon temps, qu'on ajoute un peu de couleur dans le quotidien. "Faisons comme si ça n'existait pas, et peut-être que rien n'arrivera". Et puis un jour c'est ta maison qui brûle, ton puits qui est asséché.
Je le publierai peut-être plus tard, si je suis encore de ce monde, à contretemps, en décembre ou en février, ou en mars ou à la Saint Glinglin, histoire de voir tout ce qu'on aura oublié dans les mois qui viennent, car, comme on dit, une nouvelle chasse l'autre.
 
C'est donc la rentrée. La fin des grilles d'été sur les radios. De nouveau, les habituels animateurs avec leur vulgarité, leurs certitudes de gens bien en place, leur connerie assumée. Heureusement, il reste encore la matinale de France Musique, sobre, élégante, où le présentateur n'est pas démangé par le prurit de l'autosatisfaction ni accablé d'egomanie aigüe comme son voisin de France Culture.
 
Sinon, comme tous les ans, les opposants politiques, les syndicalistes, sont remontés. "On va voir ce qu'on va voir, on ne laissera rien passer. La rentrée sera chaude". Enfin non ça ils ne le disent plus, ça ne serait pas du meilleur effet, vu ces derniers temps de canicule. 
Chacun joue son rôle. C'est toujours plus ou moins le même casting. Même les gilets jaunes font désormais partie du décor. Ils vont reprendre leurs manifestations hebdomadaires à ce qu'il paraît. A chaque fois, c'est la même rengaine. 
Cet été j'ai rencontré une amie que j'ai connue autrefois chercheuse, et qui s'investit à présent dans la lutte politique. Elle m'a un peu raconté comment ça se passait dans le syndicat où elle est minoritaire, et ça m'a déprimé. Toujours les mêmes histoires de pouvoir, de luttes internes, de fractionnisme, de divergences sur les moyens d'action. Ça m'a rajeuni. C'était déjà pareil il y a cinquante ans. Elle prend ça très à cœur. Grand bien lui fasse. Elle n'est sûrement pas au bout de ses peines.
 
Je pense au Liban, au marasme dans lequel, depuis des années se trouvent ses habitants. Face à la corruption généralisée et l'incompétence des gouvernants, il y a eu des colères,  des révoltes collectives il y a deux ans. Et puis c'est retombé. Les gens n'y croient plus, ils sont épuisés. L'humain a une grande capacité d'encaissement. Une grande disposition à la servitude aussi. Les deux tiers de l'humanité sous-vivent dans des conditions insupportables (je ne sais pas pourquoi on s'acharne à dire survivre). 
 
Ça me rappelle cette exposition que j'avais vue un été à Avignon.
 Il y a quelques mois, j'avais d'ailleurs entrepris une recherche à ce sujet. J'en avais éprouvé la nécessité  à cause de tous ces gens, des intelllos pour la plupart, qui nous bourraient le mou avec le nouveau monde, le monde de demain, le monde d’après qui serait forcément mieux, parce qu'on serait guéri, qu'on avait trouvé un vaccin sur le point d'être commercialisé, et qu'évidemment, tous les autres problèmes avaient comme par miracle disparu. C'était  vers le mois d'avril 21 je crois. On nous promettait le retour "des jours heureux". En France des gens occupaient des théâtres. Ils souhaitaient que tout recommence comme avant mais en mieux, alors que rien dans les faits ne laissait augurer du "mieux", c’était évident, mais bon "les faits ne pénètrent pas dans le monde de nos croyances".
C'est alors que j'avais repensé à cette installation de photos d’Afrique dans laquelle on déambulait avec un casque diffusant un texte en relation avec chacune des 49 photos. En fait cela avait été présenté en 2013  — je pensais ça plus récent —. Ce spectacle-exposition, ce parcours théâtral et photographique s'intitulait "La porte du non-retour", œuvre de Philippe Ducros un auteur et photographe québécois. En fait cette déambulation m’a beaucoup marqué et je crois que d'une certaine façon elle me hante.  
J'imaginais d'ailleurs que ce serait facile d'en retrouver des traces sur le net. Mais, bien qu'ayant plutôt une bonne mémoire, j'ai eu du mal. D'abord je pensais que cet événement avait eu lieu  à la fondation Lambert, et non rue Violette à l'école d'art. Je me souvenais de séquences vidéo et non de photos. Je pensais que cela ne concernait que le Congo Kinshasa, à cause d'un plan — une photo — de l'hôtel Apocalypse à Kinshasa. Comme quoi, il faut immédiatement noter les choses qui vous importent avant qu'elles ne se déforment dans la pensée.
Il y avait en tout cas cette phrase "La fin du monde n’est pas à la même heure pour tout le monde". L'auteur postulait grosso modo que la fin du monde a déjà commencé et que les Africains en sont en quelque sorte les premiers protagonistes. Ils sont les premières victimes des trafics, de l’absence d’infrastructures, de la pollution, des guerres ultra violentes qui s’y déroulent depuis des années et qui comptent déjà plus de morts que celle de 14-18 en Europe. Je renvoie à cet excellent article qui rend compte du projet de Philippe Ducros. Et je crois qu'il existe aussi un livre avec les textes et peut-être les photos
 
Bref, cette longue digression, pour rappeler combien, lutte ou pas lutte, on aura du mal à se sortir le cul des ronces. Il est probable que nous soyons amenés à encaisser de plus dures périodes sans trop broncher. Nous avons ici, en Occident, pour l'instant, une relative marge de confort eu égard aux standards africains ou de certaines régions d'Orient, du Moyen-Orient ou d'Asie. Rien ne dit que cela va durer. Les sécheresses, les canicules, les baisse de matières premières, les mauvaises récoltes, la guerre et un possible désastre nucléaire à nos portes, l'inflation galopante, la réduction des services publics (santé, éducation culture, recherche) nous font soudain prendre conscience de la précarité de ce confort. Mais il semble que, pour réagir collectivement,  nous ne soyons pas encore dans la conscience collective du seuil critique. Le capitalisme et le néolibéralisme, ont encore assez d'armes puissantes et abrutissantes pour anesthésier les masses, et leur donner l'illusion que la fête peut encore durer. Je souhaite me tromper bien sûr. Après tout, au Royaume-Uni où de nombreuses grèves s'étendent, les leaders syndicalistes prônent la désobéissance civile non violente. Je ne suis pas pour autant certain que cela suffise. 
 
Demain pour changer on parlera un peu moins d'écologie, et un peu plus de morale

dimanche 28 août 2022

Histoire de cages

Voilà,
j'ai beaucoup évoqué cette année le quartier de la Butte aux Cailles dans le 13ème arrondissement de Paris, car c'est l'un des terrains de jeu favoris pour les grapheurs et les peintres muralistes. Je crois que c'est dans la rue Buot, cet été, au cours d'une paisible promenade avec ma fille, que j'ai aperçu celui-ci qui me semble avoir été réalisé par Seth, mais je n'en suis pas non plus tout à fait certain. Je le trouve en tout cas particulièrement espiègle et astucieux. (shared with Monday murals

jeudi 25 août 2022

Ile Seguin

 

Voilà,
situé sur la pointe aval de l'île Seguin à Boulogne-Billancourt où se trouvaient autrefois les anciennes usines Renault, "la Seine musicale", est un ensemble de bâtiments consacré à la musique et conçu par les architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines. Vue de l'extérieur, la salle de concert ressemble à une sorte de vaisseau spatial. J'avais déjà publié, autrefois, une photo qui lui donnait un aspect irréel. J'aime bien cet endroit ; j'y suis venu dans le courant de cet été et j'ai alors remarqué l'édification récente  d'une passerelle encore impraticable, reliant l'île à la rive parisienne où se tient un vaste chantier. Il est prévu que soit mise en service à la fin de cette année, une nouvelle ligne de métro, la 15 dont l'un des terminus se trouvera dans les parages, au pont de Sèvres. 

mercredi 24 août 2022

Le sonnet 66


 
Voilà, 
parfois, je pense au sonnet 66 de Shakespeare
 
Tired with all these, for restful death I cry,
As to behold desert a beggar born,
And needy nothing trimm’d in jollity,
And purest faith unhappily forsworn,
And gilded honour shamefully misplac’d,
And maiden virtue rudely strumpeted,
And right perfection wrongfully disgrac’d,
And strength by limping sway disabled
And art made tongue-tied by authority,
And folly—doctor-like—controlling skill,
And simple truth miscall’d simplicity,
And captive good attending captain ill: 
Tir’d with all these, from these would I be gone, 
Save that, to die, I leave my love alone.
 
Las de tout j’aspire au repos de la mort :
De voir le mérite à l’aumône promis,
Et la vacuité en costume éclatant,
Et la plus pure foi, hélas, répudiée,
Et les honneurs honteusement accordés,
Et la vierge pure vilement prostituée,
Et la perfection à tort vilipendée,
Et la vigueur niée par un pouvoir boiteux,
Et l’art par l’autorité bien muselé,
Et la docte bêtise guidant le talent,
Et la vérité calomniée en sottise,
Et le bien captif du mal qui fait la loi :
 Las de tout ça, je voudrais m’en échapper,
 Sauf qu’à mourir je laisse mon amour seul.

dimanche 21 août 2022

Méditerranée

 
Voilà,
peinte dans le courant des années 80 et située dans la rue Raymond Losserand à proximité de l'entrée du métro Pernety, cette fresque dont je n'ai pas retrouvé l'auteur s'intitule "La méditerranée". On y voit en effet la mer au travers d’arches blanches. En bas un moulin à vent avec ses voiles caractéristiques. En haut, des colonnes grecques évoquant le panthéon ainsi qu’au premier étage une statue grecque qui rappelle la mythologie. On remarque aussi une maison bien colorée, les pieds dans l’eau avec à proximité une barque. 
Une fois de plus, au risque de casser l'ambiance de villégiature qui prévaut encore à la fin de cette troisième semaine d'aout, il est à craindre que cette mer chantée en 1955 par Tino Rossi, dans l'opérette du même nom ne vienne très prochainement à mourir. C'est pourtant une des plus belle région que je connaisse. que ce soit en Grèce, en Corse, en Espagne, en Italie, en Algérie les paysages y sont sublimes. Elle est déjà moribonde paraît-il. Le bassin méditerranéen du fait de la configuration de mer fermée, de sa proximité du Sahara et de sa latitude s'est déjà considérablement réchauffé. Dans deux décennies, la région aura augmenté de 2 °C alors que l’Accord de Paris souhaite que cette limite ne soit pas dépassée avant la fin du siècle. La “Grande Bleue” a déjà vu la température moyenne de ses eaux remonter de 0,4 °C et devrait atteindre les +3,5 °C en 2100. Cet été, en raison de la canicule, l'eau était à 26° en certains endroits de la côte d'Azur. Le réchauffement y est donc 20 % plus rapide que la moyenne mondiale. Et les pays méditerranéens y contribuent fortement puisqu’ils émettent tous les ans 2 milliards de tonnes de CO2, soit 5 % du total mondial.
 
 

 
D'après un rapport du GIEC,  “La Méditerranée est en outre l’une des régions du monde les plus touchées par les déchets marins en raison de l’augmentation de l’utilisation des plastiques, de l’absence de recyclage, des modes de consommation non durable, d’une gestion inadaptée et inefficace des déchets, des fortes pressions du tourisme et du transport maritime, associés à des transports fluviaux importants”.
Bon je m'arrête là parce qui rien que de l'écrire, ça me fout le bourdon. Je me demande vraiment comment font les scientifiques qui au jour le jour travaillent sur toutes ces données concernant l'état de la planète pour ne pas être totalement et définitivement désespérés. Sans doute faut-il s'habituer à vivre dans la catastrophe, et continuer à faire comme avant : s'adapter. Les plus rusés en tireront toujours profit. Ils le font déjà. Ceux qui n'ont pas les moyens s'efforceront de faire comme si ça n'existait pas. Jusqu'à ce qu'ils subissent de plein fouets les effets du désastre en cours.
shared with Monday murals

jeudi 18 août 2022

Marais salant de la chèvrerie


Voilà, 
ça ne tient pas à grand chose, la sensation de bien-être. Juste à la surprise de se retrouver dans un paysage inconnu, de ne pas s'y sentir seul, en dépit de l'extrême austérité du lieu ; à la perspective d'une journée de découverte ; à l'amitié partagée ; aux plaisirs d'enfance retrouvés. C'est aussi que jamais peut-être auparavant je n'ai ressenti avec une telle densité le caractère fragile éphémère et superflu de ma présence au monde. La guerre autant que la rupture des grands équilibres écologiques menacent l’humanité, mais le corps aussi, se déglingue. La vie cependant, exige d'être vécue, même si le moral n'est pas au plus haut. Que le présent s'offre soudain sous un certain angle avec telle lumière et, dans l'air, un parfum particulier, aussitôt ça va mieux. Ça ne dure certes pas, mais c'est un menu plaisir toujours bon à saisir : cette fugitive sensation d'éternité.

jeudi 11 août 2022

Sunset Lovers

 

Voilà,
il reste ces menus émerveillements, ces soirs d’été où quelque chose demeure en suspension. On est là, ébloui, interdit devant tant de beauté qui, un temps, chasse l’appréhension qui nous étreint. On fait comme si de rien n’était. Le monde brûle. Et l’on n’arrive pas à y croire. 

jeudi 4 août 2022

Crow

Voilà,
à ce moment là, j'ai compris que je n'avais pas perdu ma journée. Quelques jours auparavant j'avais vu le film "Uccellacci e uccellini" de Pier Paolo Pasolini, où un corbeau joue un grand rôle, et sans doute cette vision y faisait-elle écho. J'étais heureux de voir ça, comme je le suis à présent de le partager. Ma tristesse s'est alors évanouie. J'étais encore vivant, en mesure de marcher, de regarder, de saisir quelque chose hors de mon quotidien. J'étais concentré sur cet instant que je voulais retenir et qui me paraissait comme un cadeau de la providence. On dit que les corbeaux sont très intelligents. Celui-ci en tout cas paraissait bien méditatif. Peut-être songeait-il à l'abolition des privilèges proclamée un 4 Août 1789 à Paris, dont il ne reste pas grand chose aujourd'hui, et qui au fond n'eut guère d'influence sur le destin des corvidés. De quel fantôme était il la vigie ?

mercredi 3 août 2022

Puisque c'est sans espoir


Voilà, 
le monde est le meilleur endroit pour vivre puisqu'il n'y en a pas d'autre
Mais bien y vivre, sereinement, voilà qui me semble désormais peu probable. Il faut s'y résigner. Mon constat se fonde sur des arguments pertinents. Il n'est pas un jour où je ne tombe sur quelque article qui dévoile un pan de réalité plus ou moins inquiétant. Je recommande à mes lecteurs francophones cet article signé Alastair Crooke et je renvoie à ce lien les anglophones qui seraient intéressés. J'écris cela, alors que la télévision diffuse un documentaire sur un incident nucléaire à la base américaine de Damascus en Septembre 1980 qui concernait un missile Titan 2. Nos destins ne tiennent à rien. Sans qu'on n'en sache grand chose, des centaines d'accidents nucléaires sont en outre advenus. Le film se termine d'ailleurs ainsi "les armes nucléaires sont des machines, et un jour ou l'autre les machines finissent par se détraquer." Comme mon aspirateur. Bon. Nous sommes assis sur une poudrière en train de cloper et de jouer avec des allumettes. 
A quoi bon s'en faire puisque c'est sans espoir. 
La nuit dernière j'ai rêvé que Poutine balançait une bombe atomique de faible puissance sur Paris le 6 août pour fêter l'anniversaire d'Hiroshima et aussi parce qu'il trouvait Macron stupide et prétentieux. Il expliquait ensuite que de toute façon comme la ville était dépeuplée parce que les français sont des gros paresseux qui ne travaillent jamais l'été, le nombre de victimes était dérisoire. Je me suis réveillé au milieu de la nuit, soulagé que tout soit à sa place, mais je n'ai pas pu me rendormir. J'ai écouté de la musique électronique un peu planante sur deezer et regardé ensuite des photos faites récemment. J'ai repensé à cette journée de suspension la semaine dernière où je me suis longuement promené, à pied, à vélo, oubliant les soucis pour découvrir ma ville en touriste, et à cette halte au chalet des îles du bois de Boulogne qui était assez désert comme toujours à cette époque. Cela avait été une belle journée, même si au cours de mon excursion, j'avais regretté ma solitude et de ne pas avoir de complice avec qui partager mes étonnements.

dimanche 31 juillet 2022

Par hasard

 
 
Voilà,
un soir de juin, c'était le dernier samedi du mois, alors que je trainais entre République et la rue Jean-Pierre Timbaud, dans le dixième arrondissement, avant de me rendre dans un atelier  d'artiste où une connaissance perdue de vue depuis longtemps — mais qui cependant m'avait invité par mail – allait se donner en spectacle pour raconter une histoire qui lui tenait à cœur depuis longtemps, j'ai aperçu, par hasard, ce mural, qui avait des faux airs d'un tableau de Kandinsky dans sa période constructiviste.
shared with monday murals

jeudi 28 juillet 2022

Jour du dépassement

 
Voilà, 
Selon Global Footprint Network, cette année, le 28 juillet (soit un jour plus tôt que l'année dernière) marque la date à partir de laquelle l’humanité a consommé (empreinte écologique) l’ensemble des ressources que la Terre peut reconstituer en une année (biocapacité). Autrement dit : pour régénérer ce que l’humanité consomme aujourd’hui, il nous faudrait l’équivalent de “1,75 Terre” en termes de surface. A partir d’aujourd’hui, nous vivrons donc cinq mois dans le rouge en entamant le capital naturel nécessaire au maintien de la vie sur Terre. Mais bon que la fête continue n'est-ce pas ? Y-a-t-il une soirée sur un roof-top pour fêter l'événement, une garden-party végan pour célébrer ce jour ⸮ Quelqu'un aurait-il une invitation à me refiler ⸮ 
Je rappelle au passage que le jour du dépassement pour le strict territoire français est advenu le 5 mai et aussi que, en Juillet 2019, la justice de ce pays a estimé, "eu égard à la persistance des dépassements observés dans la région", que l’État avait commis une faute de nature à engager sa responsabilité face aux pics de pollution de l'air en Ile-de-France en 2016 et 2017. "L'insuffisance des mesures prises les conditions de mise en œuvre de ces mesures ne permettent pas de réduire le plus rapidement possible les valeurs de dioxyde d’azote et de particules fines dans l'air, en méconnaissance des objectifs européens repris par le Code de l'environnement", avait en particulier notifié le tribunal.

mercredi 27 juillet 2022

Un mois de juillet sur la terre

 

Voilà,

Le nord-est de l’Inde, une région isolée, a été frappé par de fortes précipitations, qui ont causé des glissements de terrain et des inondations ces dernières semaines. Deux jours après que l'un d'entre eux ait emporté un camp de construction ferroviaire dans l’Etat du Manipur, le bilan ne cesse de s’alourdir. Le gouvernement local et l’armée ont annoncé samedi 2 juillet que vingt-cinq personnes avaient été tuées dans la catastrophe, et que près de quarante autres étaient toujours disparues. Il est à noter qu'au début de l’année, au moins dix personnes ont péri dans de telles catastrophes naturelles à la suite de pluies d’une violence inhabituelle dans plusieurs parties de l’Inde.

Un énorme bloc s'est détaché, le dimanche 3 Juillet du glacier de la Marmolada dans les alpes du nord de l'Italie faisant au moins six morts et huit blessés. Selon le rapports GIEC sur l'évolution du du climat paru en mars dernier, la fonte des glaces et des neiges est l'une des dix menaces majeures causées par le dérèglement climatique, perturbant les écosystèmes et menaçant certaines infrastructures

Le géant de l’agroalimentaire Nestlé a tenté de bloquer un étiquetage contre la malbouffe au Mexique, affirme l’organisation non gouvernementale suisse Public Eye Dans un rapport publié vendredi 1er juillet. Elle lève le voile, copies d’échanges de courriels à l’appui, sur le lobbying mené, fin 2019, par le fleuron helvétique dans un pays où sept Mexicains sur dix sont en surpoids ou obèses.

Des milliers d’habitants de Sydney ont été appelés, lundi 4 juillet 2022 à évacuer leurs foyers, au troisième jour de pluies torrentielles, les rivières en crue ayant submergé des pans entiers de terrain et des torrents d’eau s’étant échappés du principal barrage de la plus grande métropole d’Australie.

En Italie toujours très peu d'eau depuis Noël. Un désastre pour le grenier à blé, à maïs et à riz de l'Italie. Le Pô semble à bout de souffle, même lorsque l’on s’enfonce dans le delta, plus à l’est, en direction de l’embouchure, où pourtant le vert des champs est encore de rigueur. Mais l’aspect est trompeur, car, depuis plusieurs années, un mal inquiétant ronge les terres à bas bruit, particulièrement amplifié en cette année de sécheresse : celui du « biseau salé », une remontée de la mer Adriatique dans le lit du Pô, qui a pour conséquence l’invasion des sols par de l’eau saumâtre, sous l’effet des marées. En ce début juillet, ce « biseau » est remonté plus de 30 kilomètres dans les terres, un triste record. Durant le mois de juin, le débit du fleuve est passé sous les 200 mètres cubes par seconde. Il était de plus de 320 mètres cubes par seconde en 2006, lors de la dernière sécheresse. En s’approchant de l’embouchure, il suffit de jeter un bâton dans l’eau pour prendre la mesure de cette anomalie, celle d’un fleuve dont le courant a été inversé. La mer semble avoir pris possession du grand fleuve fatigué, et c’est tout un écosystème qui est menacé par le sel."

Le 10 juillet Reuters annonce qu’un feu de forêt hors de contrôle depuis trois jours dans le parc national de Yosemite, dans l’est de la Californie, menace désormais ses séquoias géants. Les pompiers préparent le « Grizzly Giant », l’arbre le plus spectaculaire du parc américain, à l’approche des flammes en l’arrosant. Et tous les autres feux dont je n'ai pas eu connaissance qui rugissent en ce moment même ravageant le peu de végétation que nous avons laissée à la terre...  Que dire de l'impact sur le bilan carbone causé par toutes ces fumées dans un premier temps, et la destruction de la végétation ensuite ? Et je ne parle pas des animaux

C’était en 2020 en Australie. Des méga-feux ravageaient l’équivalent de la surface du Danemark provoquant des nuages "cracheurs de feu". Aujourd’hui, c’est l’Europe du sud qui est dévorée par les flammes. En France, en Gironde, plus de  20 000 hectares de forêts ont brûlé. La situation n’est toujours pas résolue alors que les pompiers affrontent ces incendies depuis le 12 juillet.  A la fin de ce mois si les feux sont enfin fixés, ils ne sont toujours pas éteints

En seulement 8 ans, en France, les principaux opérateurs publics nationaux dont la mission est l’adaptation au changement climatique ont quasiment tous subi des réductions d’effectifs. -20 % pour Météo France, -16% pour les Agences de l’eau, -12 % pour l’Institut national de l’information géographique et forestière… Or, selon l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) aujourd’hui la France n’est pas assez bien armée pour s’adapter aux canicules, incendies, inondations. Il faudrait que l’État investisse au moins 2,3 milliards d’euros par an pour rattraper son retard. Manque d’avions, failles matérielles à répétition, mauvaises conditions de travail… La capacité à lutter contre les futurs incendies est loin d’être assurée, alertent les pilotes de bombardiers d’eau.

Le 26 Juillet on entend dire que des dizaines d’incendies ravagent la Grèce. L’un fait rage sur l’île de Lesbos, un autre dans le parc national de Dadiá, un « poumon vert » qui abrite les derniers vautours moines des Balkans.

Ce même jour les ministres de l’Énergie des 27 États membres de l’Union européenne se sont engagés à réduire leur consommation de gaz de 15 % au cours des huit prochains mois, lors d’une réunion extraordinaire, mardi 26 juillet. Un mécanisme d’alerte est également prévu. S’il est enclenché, cet objectif de réduction de la demande en gaz deviendra obligatoire. Cette décision est intervenue quelques heures après l’annonce d’une nouvelle réduction des livraisons de gaz russe à l’Europe par Gazprom. Après cet été funeste on nous promet un hiver pénible. 

Jamais un mois de Juillet n'a été aussi sec sur l'ensemble du territoire français depuis les relevés météos.

Des pluies diluviennes se sont abattues sur le Qatar au cœur de la saison sèche causant des inondations et de multiples dégâts

 

Ainsi va le monde on cherche des bonnes nouvelles, significatives qui donneraient des motifs d’espérer. Je songe à cette photo de Roland Penrose prise en 1937 à Mougins, où l'on voit Eluard, Nusch sa femme, Adrienne Fidelin, Man Ray, Lee Miller, pique-niquer paisibles, dans la plus grande décontraction. Il y a déjà la guerre civile en Espagne, la contagion ne va pas tarder à gagner l'Europe, ils doivent bien s'en douter. Mais ils s'efforcent d'être un peu futiles quand même. Est-ce plus facile pour eux parce qu'ils sont moins informés que nous ne le sommes ? Peu importe au fond... Mais impossible de ne pas y penser par les temps qui courent. D'ailleurs moi aussi je me livre à quelque futilités. Je baguenaude sur les quais et dans les parcs, je prends quelques photos. Un certain air de Count Basie chanté par les double-six, trotte dans ma tête et semble de circonstance. Juillet à Paris cette année c'est ça aussi, je veux dire, cette photo de bord de Seine. Tout semble si normal en apparence. Je voudrais bien y croire. Mais je n'ai pas l'esprit tranquille. La douleur pour le monde, ce que l'allemand nomme Weltschmerz, ne me quitte pas. Et j'aimerais ressentir cette étreinte rassurante, que le gallois appelle Cwtch que l'on pourrait traduire par "un câlin qui crée un endroit sûr".

shared with Paris in July - wednesday around the world - my corner of the world - pictorial tuesday

dimanche 24 juillet 2022

Attestation


 
Voilà,
j'atteste sur l'honneur n'être en rien responsable, de près ou de loin, de ce fâcheux tic de langage qui, ces derniers temps, se répand de plus en plus et dans toute les sphères de la société, et consistant à essaimer à tort et à travers, au début au milieu et à la fin des phrases l'adverbe voilà. Ou alors, je serais devenu à mon insu, ce qu'on appelle aujourd'hui un influenceur, hypothèse hautement improbable au regard du faible mais toutefois excellent lectorat de ce blog. Quoi qu'il en soit, j'aime bien les graffiti sauvages comme celui-ci.

jeudi 21 juillet 2022

Surprise

Voilà,
je l'avais vu des dizaines de fois auparavant, mais cela ne m'était jamais apparu comme ça, avec cette évidence. Le moment a exigé d'être cadré. Je ne sais pas pourquoi, c'est assez mystérieux. Je ne pensais à rien, je remontais du sous-sol, l'intérieur me semblait à l'extérieur, et j'ai eu envie de faire l'image. (shared with skywatch friday

mardi 19 juillet 2022

Canicule (2)

 
Voilà,
aujourd'hui pour me mettre à l'abri de la chaleur (il faisait 41° à Paris et mon appartement ressemblait à un grille-pain), je suis allé me réfugier dans une salle de cinéma climatisée pour y voir un long et passionnant documentaire consacré à Ennio Morricone.  En sortant, une terrible sensation d'étouffement m'a saisi. Il faisait lourd et l'air était irrespirable, acre et opaque. Comme une odeur de fumée. J'ai appris plus tard, que c'était celle des incendies de Gironde, remontée jusqu'en région parisienne. Des rafales de vent brûlant balayaient les rues. Parvenu à hauteur de cet arbre, non loin de chez moi, la lumière m'a paru belle. Pourtant, une atmosphère de catastrophe se mêlait à la banalité des choses. J'ai pressé le pas.
 
C'est donc à cela que ressemblait le monde, aujourd'hui à 16 heures. 
J'ai repensé à une chanson de ma jeunesse.
 

dimanche 17 juillet 2022

Il faut se méfier des mots

 
Voilà,
comme je me l'étais récemment promis, je suis allé faire une petite excursion dans le vingtième arrondissement, et je suis passé à proximité de cette place où se trouve ce mural très connu et très ancien, réalisé à partir d'une des ardoises de Ben cette célèbre figure du groupe Fluxus, et de l'avant garde française du début des années soixante. A noter que son échoppe dans laquelle il vendait des disques d’occasion rue Tondutti-de-l'Escarène, dont il transforma la façade par l'accumulation se quantité d’objets a été reproduite en fac similé et demeure exposée au musée national d'art moderne du centre Georges Pompidou. Elle fut un lieu de rencontres et d’expositions où se retrouvaient les principaux membres de l’École de Nice : César, Arman, Martial Raysse et bien d'autres. Je n’en dirai pas plus, sinon que Ben a bien raison.

jeudi 14 juillet 2022

Pont de Grenelle

 
Voilà,
il y a quelques jours, par une chaude journée, en revenant de la maison de la radio où j'étais allé enregistrer un voice-over pour une émission scientifique, je suis repassé par le pont de Grenelle. Avant d'accéder à la rive droite où se trouve le quartier Beaugrenelle, autrement appelé Front de Seine, il enjambe l'île aux cygnes au bout de laquelle on peut apercevoir une réplique miniature (mais il en existe une encore plus petite au Jardin du Luxembourg) de la statue de la liberté, érigée à cet endroit en 1889.


Il s'agit d'un quartier résidentiel et commercial, bâti dans les années 1970. Son nom est hérité d'un projet urbain antérieur du début du XIXe siècle. C'est un des rares quartiers de Paris à comporter de nombreux immeubles de grande hauteur : Le quartier de Beaugrenelle se situe sur les quartiers administratifs de Grenelle (au nord-est) et de Javel (au sud-ouest). Bien qu'il soit en rupture avec l'espace urbain hausmannien, j'aime bien ce quartier et sa skyline. Je me souviens qu'au début des années 80, lorsque le gouvernement socialiste a libéré la bande FM l'attribuant aux radios libres, autrefois pirates, l'une d'elles où travaillait mon ami Jean-Jacques avait son studio dans une de ces grandes tours. Dans le film de Wim Wenders "l'Ami américain" (que j'adore)— mais je l'ai déjà raconté — une scène se passe dans ce quartier encore en construction. On y voit Bruno Ganz, dans une chambre d'hôtel et de sa fenêtre il aperçoit une grue en mouvement. On peut aussi remarquer au pied des tours de grands bateaux qui proposent des croisières et redescendent la Seine, jusqu'à son estuaire.



J'aime aussi cette étrange Île aux Cygnes. Longue de 890 mètres elle ne mesure que onze mètres de large. Elle accueille depuis 1878, une promenade publique nommée l'allée des cygnes, bordée de chaque côté par une rangée d'arbres (pour un total de 322, de 61 espèces différentes) et par une série de bancs. D'une superficie d'environ 1,3 hectare, c'est la plus petite des trois îles parisiennes mais est plus longue que l'île Saint-Louis (dont la plus grande diagonale mesure un peu plus de 700 m). J'en reparlerai ultérieurement avec des photos.
 
Et puis comme c'est le 14 Juillet, un petit Georges Brassens de circonstance. J'en fais une petite traduction en anglais : 
In the village, without pretence
I have a bad reputation
Whether I'm working hard or keeping quiet
I look like a nobody
But I'm not doing anyone any harm
By following my little man's path
But good people don't like it when
You follow a different path than them
No, good people don't like it when
You follow another road than them
Everyone bitch about me
Except for the dumb, of course
 
On July 14th
I stay in my warm bed
The music playing in step
It's none of my business
Yet I do no harm to anyone
By not listening to the bugle call
But good people don't like it when
You follow another road than them
No, good people don't like
You follow another road than them
Everyone points at me
except for the armless people, it goes without saying.

when I meet an unlucky thief
chased by a redneck
I stretch out my leg and why keep it shut
the redneck falls on the ground
I'm not doing anyone any harm
By letting the apple thieves run
But the good people don't like it
If you take a different path from them
No, good people don't like
To go any other way than their own
Everyone rushes to me
Except the legless, of course

You don't have to be Jeremiah
To guess what my fate will be
If they find a rope they like
They'll put it around my neck
Yet I do no harm to anyone
By following paths that don't lead to Rome
But the good people don't like it
You follow another road than them
No, good people don't like it when
To follow another road than them
Everyone will come to see me hanged
Except the blind, of course


 

Publications les plus consultėes cette année