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samedi 24 août 2024

Choses lues et nouvelles du monde


 
Voilà
ce ne sont que des faits uniquement des faits. Je suis tout de même parvenu à trouver quelques bonnes nouvelles. C'est donc dans ce monde que nous vivons ? Ce monde où toutes ces choses adviennent, où apparaissent et persistent tant de problèmes. C'est dans le déni de tout cela que nous persistons, juste parce que nous ne pouvons nous résoudre à changer notre mode de vie. Nous ne le pouvons décidément pas. Nous en sommes tout simplement incapables. Nous voulons jouir désespérément de ce qui est encore disponible et tant pis pour les générations futures. Nous bricolons dans l'irrémédiable. Je ne me rebelle plus, je suis trop vieux, je ne suis même plus en colère. Je suis accablé. A quoi cela sert il de nommer les choses ? Même les scientifiques sont désespérés du peu d'écho que suscitent leurs avertissements. Ils songent à passer à d'autres modes d'actions. Ici le Ministre de l'intérieur considère que les manifestations écologistes sont des actes de terrorisme. Pourtant personne n'a encore exécuté un lobbyiste d'une entreprise de pesticides auprès de la commission européenne que je sache. 
la pollution et l'exploitation des ressources naturelles par l'humanité continuent de pousser la Terre au-delà de ses capacités de résilience : six seuils écologiques sont désormais dépassés et deux autres sont en passe de l'être, avertit l'actualisation de l'étude de référence sur le concept des neuf "limites planétaires". 
 
En France, 3.500 volontaires ont élevé des blobs chez eux et suivi un protocole précis pour aider la recherche sur le changement climatique. Les premiers résultats sont éloquents mais pas réjouissants.
 
Un outil d'I.A. permet de diagnostiquer des cancers d'origine inconnue, ça c'est bien
 
des scientifiques chinois (il faut s’intéresser au scientifiques chinois, car on n’hésite pas à leur octroyer beaucoup d’argent) sont parvenus à cet exploit de concevoir une machine capable de mouvoir les objets sans les toucher grâce à l’action de champs électromagnétiques. Une trouvaille qui nous vient tout droit du travail d’une équipe de l’Université de technologie de défense du pays. Les scientifiques ont développé cette machine en s’appuyant sur la puissance des ondes électriques, ondes qui composent donc les champs magnétiques. 

Les microplastiques sont partout, dans tous les environnements du globe. De cette triste réalité, les scientifiques ont voulu tirer profit, en les utilisant comme marqueur temporel pour dater les séries géologiques et notamment le début de l’Anthropocène. Mais le problème est que ces minuscules particules semblent avoir la capacité de migrer à travers des couches géologiques plus anciennes. 
 
Énergies fossiles, biomasse, métaux et autres matériaux : en cinquante ans, la consommation mondiale de ressources naturelles a triplé.
 
On parvient petit à petit à obtenir de la photosynthèse artificielle, un processus qui vise à reproduire le processus naturel de la photosynthèse, dans lequel les plantes et d'autres organismes convertissent la lumière du soleil, l'eau et le dioxyde de carbone en molécules riches en énergie. Cette technologie offre la possibilité de produire des carburants durables et renouvelables en utilisant des ressources abondantes telles que la lumière du soleil et l'eau.
 
En trente ans, le taux d’obésité dans le monde a quadruplé chez les enfants et les adolescents. C’est le résultat inquiétant d’une vaste étude publiée le 29 février dans la revue médicale britannique The Lancet en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé 
 
Samedi 16 mars 2024 dans la matinée, le système d’alerte municipal de la ville de Rio de Janeiro a annoncé une température ressentie de 62,3°C à Guaratiba, un quartier populaire situé dans la zone ouest où la barre des 60°C avait déjà été franchie la veille. Il s’agit là d’un nouveau record depuis que ce type de mesure a commencé en 2014
 
Sierra Solter dans une étude, parue en fin d'année dernière et approuvée par un comité de lecture explique comment les déchets spatiaux générés par les satellites à but commercial pourraient compromettre la magnétosphère.
 
Selon Eliezer Yudkowsky, un chercheur en intelligence artificielle l'AI pourrait éradiquer l'espèce humaine en seulement deux ans.
 
La fièvre continue. Alors que la planète vient de connaître son mois de mars le plus chaud jamais relevé, tous les continents ont, selon le Washington post, enregistré des températures historiques. Le mercure s’est affolé en Europe, mais aussi en Asie, en Amérique centrale et en Afrique de l’Ouest.
 
Le ministre de la défense allemand, a, jeudi 4 Avril, présenté des mesures qui, selon lui, doivent permettre à l’armée allemande d’être préparée de façon optimale aux situations les plus graves, qu’il s’agisse de défense ou de guerre
 
Aux alentours du 10 mars 2024, des pluies diluviennes ont inondé Dubaï City. Il est tombé en trois jours l'équivalent de 18 mois de pluie. De semblables inondations étaient arrivées en Novembre 2023. Il est à noter que c'est un pays qui pratique l"ensemencement des nuages avec du chlorure de sodium et investit dans cette technologie.
 
les vagues de chaleur marines ont fait entrer de nombreux récifs de la planète dans une zone létale. Lundi 15 avril, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a ainsi confirmé que la Terre connaît un nouvel événement mondial de blanchissement des coraux
 
D’après nos calculs, l’Iran aurait dépensé environ 49 millions de dollars pour son attaque contre le territoire israélien. C’est sept fois moins que les 345 millions dépensés par Israël, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Jordanie pour abattre les drones et missiles lancés par Téhéran. 
 
Des pluies diluviennes se sont encore abattues sur Dubaï, inondant complètement les pistes de l’aéroport international et forçant les compagnies à détourner les vols à l’arrivée le mardi 16 avril. Ce sont 119 mm de pluie qui en 24 heures se sont déversés à l’aéroport de Dubaï. C’est 1,5 fois plus que ce qu’il tombe en un an. Deux autres pays du Golfe, Bahreïn et Oman où 18 personnes ont péri, ont également subi de fortes inondations.
 
Accompagné du ministre des armées et du ministre de l’économie, le chef de l’Etat  français Macron a terminé sa visite en Aquitaine d'une usine d'armement en se réjouissant que cette économie de guerre produise de la richesse

Treize ans après le début de la catastrophe nucléaire, Tepco n’a pas encore retiré un seul gramme des 880 tonnes de corium gisant au fond des réacteurs. C’est dire si la tâche est difficile, voire insurmontable dans les délais fixés à 40 ans.  
 
Au Pakistan, le volume des pluies depuis le début d’avril est deux fois plus élevé que d’ordinaire. En quatre jours, ces intempéries ont provoqué la mort d’au moins soixante-cinq personnes, ont annoncé les autorités locales, mercredi 17 avril.
 
Les loups mutants de Tchernobyl développent des traits anticancéreux, 35 ans après la catastrophe nucléaire
 
L'OMS fait part de son " énorme inquiétude" devant "la propagation croissante de la souche H5N1 de la grippe aviaire à de nouvelles espèces, y compris les humains. Début avril, deux personnes ont été testées positives aux Etats-Unis, après l'infection de troupeaux de bovins, notamment au Texas et au Kansas"
 
Les forêts et les sols ont seulement absorbé entre 1,5 milliard et 2,6 milliards de tonnes de CO2 en 2023, loin derrière les 9,5 milliards de 2022, notamment en raison de la sécheresse en Amazonie et du fait des incendies au Canada et en Sibérie.
 
Cette année le jour du dépassement est tombé un jour plus tôt, le premier Août. Cela signifie que le 1er Août l'humanité a consommé la totalité des ressources que la Terre peut générer en une année
 
Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Et comme disait le poète "si j'arrête cette énumération vous pouvez toujours la continuer"

vendredi 12 février 2016

Économie de la Catastrophe


Voilà
On leur dit que s'ils ne consomment pas les fruits et légumes qui ont poussé dans la zone, ils manqueront à leur devoir de solidarité et de civisme. Bien sûr, c'est un peuple qui, par le passé, a montré une certaine propension au suicide collectif ; mais tout de même... Cependant rien n'empêche de penser qu'en de semblables circonstances, de pareilles injonctions pourraient nous être adressées. D'ailleurs cela n'a-t-il pas déjà commencé ? "Puisqu'il y a des terroristes, il est nécessaire d'accepter le paradoxe d'un état d'urgence permanent ; comme l'ennemi n'est identifiable nulle part, alors sans doute est il partout invisible, peut-être même êtes-vous l'ennemi — ou tout le moins son complice sans toutefois le savoir. Alors acceptez dans un premier temps que soient réduites vos libertés ; bientôt nous augmenterons vos contraintes. Il est de votre intérêt de dire oui. Cela dit si vous en éprouvez le besoin vous pouvez encore vous indigner sur les réseaux sociaux, il n'y a aucun mal à se soulager". Cela peut même créer de la marchandise.
D'autre part il semblerait qu'on soit entré dans une économie de la catastrophe. Non de ces catastrophes épisodiques que sont les guerres, mais de la catastrophe comme produit durable générateur de profits à court et moyen terme. Pour faire passer le message — ou mieux pour le brouiller ce qui revient exactement au même — on noie l'information dans des programmes, des applications ou des logiciels de divertissement. Ce qui importe, n'est pas de retenir l'attention du spectateur fixé à son écran, mais de faire en sorte au contraire de créer de la perpétuelle distraction afin qu'il s'accommode du bruit du monde sans quitter son smartphone sa tablette ou son ordinateur. On fait en sorte de gommer toute possibilité de penser autrement les faits, la réalité sociale, l'expérience du monde. Tout fait écran, au sens ou ce que s'y projette est précisément destiné à dissimuler. L'événement advient mais il doit toujours être sans conséquence. Plus précisément sans conséquence critique de trop haute intensité car cela pourrait nuire au fonctionnement de l'économie qui se nourrit de la catastrophe qu'elle génère. J'y pense souvent quand il m'arrive de traverser le paysage urbain encore préservé du Quartier d'Affaires. À chaque fois d'ailleurs il me semble irréel, artificiel, pareil à un décor et dénué de sens. Et toujours je me demande "Est-il possible que ça dure encore longtemps tout ce mensonge ? Est-ce donc vraiment la vie que tout cela qu'on nous propose ?" (Linked with The Weekend in Black and White)

vendredi 17 janvier 2020

Comme si de rien n'était



Voilà,
Il est difficile de marcher d'un pas léger. Il faudrait pouvoir faire abstraction du monde tel qu'il va, ou plus justement tel qu'il ne va pas. Impossible d'écouter une radio, de lire les actualités sur le net sans tomber sur des nouvelles alarmantes. Oh pas seulement les bruits de bottes au Moyen-Orient ou la prolifération des populismes, l'écart sans cesse grandissant entre les riches et les classes moyennes en voie de paupérisation dans les pays occidentaux ou encore les désastres écologiques disséminés sur la planète et j'en passe. Je sais bien qu'en être affecté ou pas ne change rien à la marche du monde. Que la vie n'en continue pas moins pour autant. Cela fait tant d'années que cela déconne. Une nouvelle chasse l'autre, un massacre succède à un carnage, on s'en émeut et puis on oublie. Les saisons rythment les catastrophes auxquelles on finit par s'habituer. Il y a la saison des naufrages de migrants en Méditerranée, celle des ouragans aux Caraïbes, des incendies estivaux dans chacun des hémisphères. De temps à autre une éruption volcanique ou une nouvelle pandémie fait événement et rompt le cycle prévisible des calamités. Ce qui est étrange ce que cela ne mobilise ni les peuples ni les politiques. C'est comme si on n'avait décidé qu'il n'y a pas d'alternative aux désastres en cours et que de toute façon les choses se règleront d'elles-mêmes. 
Donc je marche encore dans les rues de cette ville, je fais des photos, quelquefois. Mais, ces jours-ci, cette sensation d'Absurde, et d'Inéluctable me hante plus que d'habitude. Je fais comme si de rien n'était, mais le cœur n'y est pas vraiment. J'ai toujours la tête un peu ailleurs. Par exemple, quand je me suis attardé devant cette vitrine, c'est à l'Australie que je pensais. Oubliés les inondations de l'année dernières, les troupeaux noyés, les crocodiles dans les rues...
Les tragiques événements survenus là-bas ces dernières semaines donnent beaucoup à réfléchir. Comme le fait fait remarquer sur sa chaîne Youtube un dénommé Vincent que je cite largement ici à l'attention de mes correspondants non francophones, ce pays, l'un des plus riches de la planète (premier exportateur mondial de charbon, deuxième exportateur de gaz) doté d'un système de démocratie représentative s'est trouvé,  — d'ailleurs peu de temps après que ses représentants aient saboté les négociations de la COP 25 au nom d'intérêts économiques —  confronté à une catastrophe climatique d’une ampleur phénoménale provoquée et aggravée par le réchauffement climatique.
La réaction de ses dirigeants donne une idée de la manière dont la civilisation thermo-industrielle va dans les décennies qui viennent, se comporter face aux catastrophes qui en raison du désordre climatique ne manqueront pas de survenir et de proliférer, se manifestant sous des formes variées, que l'on peut d'ores et déjà observer : ouragans de plus en plus vastes, tempêtes surpuissantes, incendies gigantesques, inondations, phénoménales avec une infinité de dommages collatéraux dont chaque jour nous révèle l'ampleur insoupçonnée.

 Confronté au ravage de son écosystème, le pays, premier exportateur de charbon, ne modifie en rien le cours de sa production. Business as usual. On est à la fois dans le déni, l'impuissance, due en particulier à une absence totale d'investissement dans la prévision du risque, et à l'aveuglement résumé par cette remarque de Proust "les faits ne pénètrent pas le monde de nos croyances".  Autrement dit, plusieurs milliers d’animaux sauvages meurent, des espèces disparaissent à tout jamais parce qu'elles ne vivent que dans certains écosystèmes de l'Australie, et que se passe-t-il ?  le coût de ce désastre n'est évalué qu’à partir des pertes liées au tourisme. On ne  compte que les pertes du bétail et pas celles des animaux sauvages. Un gouvernement qui comptabilise en ces termes fait forcément fausse route.
Si on ce trompe dans la manière dont on évalue une situation, on se trompe évidemment dans les solutions qu'on va y apporter. C'est le diagnostic qui suggère le remède.
Ainsi lorsque les feux de brousse se sont rapprochées de Sydney, la ville a alloué 620 000 $ australiens à la lutte contre les incendies. Mais dans le même temps elle avait déjà déboursé 6,5 millions de dollars australiens pour l'organisation du feu d’artifice du Nouvel An. C'est ce qui s'appelle avoir le sens des priorités.
Il faut prendre la mesure de ce qui s'est passé. Les incendies Australiens se sont avérés si puissants qu’ils ont généré leur propre microclimat, leur propres orages, foudre, vents violents qui créent de nouveaux incendies. L’incendie  a créé de nouveaux incendies. C'est ce que les pompiers appellent un impossible opérationnel
Comme pour Fukushima (mais qui s'émeut, qui pense à Fukushima aujourd'hui, à part ses victimes collatérales et ceux qui tentent de circonscrire ses ravages) une fois de plus l’Humanité a vu un pays pourtant riche, incapable de faire face à une catastrophe qui va se répéter en raison des choix économiques des cent dernières années. Pire encore, elle a pu constater l'indifférence des dirigeants de ce pays face à la situation avec un premier ministre parti se bronzer à Hawaï qui n'est revenu que sous la pression de l'Opinion publique.
On a bien évidemment vu alors se multiplier, pour conjurer désespoir, le beau hashtag "pray for Australia", et les foules s'en remettre à une hypothétique puissance divine pour corriger les conséquences des choix économiques et politiques. Mais plutôt que de prier n'aurait il pas mieux valu écouter les scientifiques qui disent depuis des années que les feux de brousse sont  aggravée par le réchauffement climatique lui même causé par les émissions de CO2 liées aux activités humaines ? 
Si on les avait écoutés, l’Australie n’aurait pas augmenté ses émissions de cO2 de 46% depuis les années 90. Le vice-premier ministre a balayé cet argument avec morgue et mépris en déclarant que ceux qui faisaient le lien entre incendies et réchauffement climatique étaient des tarés de centre ville.  
Tous ces gouvernants détruisent leur propre pays pour répondre aux exigences des oligarchies financières et  servir les intérêts des groupes industriels soutenus par la presse de Murdoch. Et peu importent les "angry summers"
Le rendement agricole de l'Australie a été divisé par deux en 2019 en cause des cycles de sécheresse suivi d'inondations qui ravagent les sols. Il faut aussi ajouter à ce propos que ce pays est précurseur dans le domaine de la privatisation de l'eau. Le prix de l'eau ayant atteint des sommets avec cette canicule et ces incendies, les agriculteurs ne peuvent pas arroser comme il veulent leurs terres donc ils achètent le minimum d'eau. donc ce processus va aller croissant. Pour la première fois depuis 10 ans l'Australie importe des céréales. Mais le premier ministre a déclaré, à propos de la transition écologique "nous n'allons pas nous engager dans des objectifs irresponsables, destructeurs d'emploi et nuisibles à l'économie". L'emploi donc, avant l'autosuffisance alimentaire. Ils mangent quoi les employés ?
Et en même temps l'emploi c'est le business. Une petite comparaison d'ailleurs. Les feux actuellement en Australie c'est 350 millions de tonnes de CO2.  Les exportations annuelles de gaz et de charbon de l'Australie c'est 1200 millions de tonnes de CO2 émis dans l'atmosphère 
Ainsi lorsque l'économie fonctionne parfaitement bien, elle détruit toujours plus l'équilibre climatique que précisément  les catastrophes climatiques qui en découlent.
Faut-il en conclure que pour maintenir le statu quo il n'hésitent pas à détruire le monde ?
Quoiqu'il en soit ils ne savent pas réparer (comme à Fukushima).
Seulement détruire. Détruire toujours plus. 
Que des dromadaires sauvages, en quête d'eau s'approchent des habitations, la seule solution trouvée c'est d'en abattre 10 000 à l'aide de snipers depuis des hélicos.
Aujourd'hui les chameaux demain les humains.
C'est évident c'est comme ça que ça se passera.
C'est déjà la même logique qui est à l'œuvre en Méditerrannée avec les migrants qui fuient la misère.
On ne les tue pas encore, on les laisse juste se noyer.  
Une société qui ne sait pas répondre ou répond tellement mal, est une société en échec..
Le pire c'est qu'il est vraisemblable que de leur point de vue la catastrophe est bien gérée.  Il n'y a pas trop de pertes humaines, la pénurie alimentaire est évitée par les importations. Il n' y a pas vraiment de désordre, on peut maintenir le feu d'artifice et buter les dromadaires gênants, le secteur de l'économie qui est le plus important pour ce gouvernement n'est pas impacté, l'économie du charbon prospère. Et tant pis si dans dix ans des milliers de gens seront atteints de troubles respiratoires.
Combien de temps ce déni va-t-il durer ? Le coût est trop grand. On voudrait croire que ce coût pourrait bouleverser nos prétentions de toute puissance et nous rendre humble face à la nature.
Est ce que la croyance tes hommes dans l'ingéniosité la créativité le développement technologique pour faire face au dérèglement climatique s'effondre au regard des piètres résultats qui sont obtenus ? Non pas du tout.
La mentalité générale, est de penser qu'à un moment la situation sera tellement critique, qu'une prise de conscience s'opèrera. Mais on est déjà au seuil critique. Cependant comme on peut encore aller au restaurant, prendre l'avion, se chauffer, que nos habitudes ne sont pas encore bouleversées, que la catastrophe est toujours pour l'autre, on continue de procrastiner. Sauf évidemment, ceux qui ont tout perdu.
Ceux qui détiennent aujourd'hui le pouvoir pour défendre leurs intérêts et qui sont incapables de trouver des solutions au présent, ne lâcheront rien et s'accrocheront à leurs prébendes. Les pays riches érigent des murs pour refouler au loin les cohortes de miséreux. Et dans leurs frontières, ils s'efforcent de mater toute contestation. Ils maintiennent une partie des populations dans un servage consumériste, dressant les classes moyennes contre les plus pauvres  (celui qui gagne un million dit à celui qui gagne mille, que tous les problèmes sont dûs à ceux qui gagnent cent et ça marche).  Mais bon, à quoi sert il de ressasser tout ça, cela fait si longtemps que l'on sait... Peut-être y-a-t-il un tropisme destructeur  et suicidaire inhérent à la nature humaine... (Linked with weekend reflection)

mercredi 27 juillet 2022

Un mois de juillet sur la terre

 

Voilà,

Le nord-est de l’Inde, une région isolée, a été frappé par de fortes précipitations, qui ont causé des glissements de terrain et des inondations ces dernières semaines. Deux jours après que l'un d'entre eux ait emporté un camp de construction ferroviaire dans l’Etat du Manipur, le bilan ne cesse de s’alourdir. Le gouvernement local et l’armée ont annoncé samedi 2 juillet que vingt-cinq personnes avaient été tuées dans la catastrophe, et que près de quarante autres étaient toujours disparues. Il est à noter qu'au début de l’année, au moins dix personnes ont péri dans de telles catastrophes naturelles à la suite de pluies d’une violence inhabituelle dans plusieurs parties de l’Inde.

Un énorme bloc s'est détaché, le dimanche 3 Juillet du glacier de la Marmolada dans les alpes du nord de l'Italie faisant au moins six morts et huit blessés. Selon le rapports GIEC sur l'évolution du du climat paru en mars dernier, la fonte des glaces et des neiges est l'une des dix menaces majeures causées par le dérèglement climatique, perturbant les écosystèmes et menaçant certaines infrastructures

Le géant de l’agroalimentaire Nestlé a tenté de bloquer un étiquetage contre la malbouffe au Mexique, affirme l’organisation non gouvernementale suisse Public Eye Dans un rapport publié vendredi 1er juillet. Elle lève le voile, copies d’échanges de courriels à l’appui, sur le lobbying mené, fin 2019, par le fleuron helvétique dans un pays où sept Mexicains sur dix sont en surpoids ou obèses.

Des milliers d’habitants de Sydney ont été appelés, lundi 4 juillet 2022 à évacuer leurs foyers, au troisième jour de pluies torrentielles, les rivières en crue ayant submergé des pans entiers de terrain et des torrents d’eau s’étant échappés du principal barrage de la plus grande métropole d’Australie.

En Italie toujours très peu d'eau depuis Noël. Un désastre pour le grenier à blé, à maïs et à riz de l'Italie. Le Pô semble à bout de souffle, même lorsque l’on s’enfonce dans le delta, plus à l’est, en direction de l’embouchure, où pourtant le vert des champs est encore de rigueur. Mais l’aspect est trompeur, car, depuis plusieurs années, un mal inquiétant ronge les terres à bas bruit, particulièrement amplifié en cette année de sécheresse : celui du « biseau salé », une remontée de la mer Adriatique dans le lit du Pô, qui a pour conséquence l’invasion des sols par de l’eau saumâtre, sous l’effet des marées. En ce début juillet, ce « biseau » est remonté plus de 30 kilomètres dans les terres, un triste record. Durant le mois de juin, le débit du fleuve est passé sous les 200 mètres cubes par seconde. Il était de plus de 320 mètres cubes par seconde en 2006, lors de la dernière sécheresse. En s’approchant de l’embouchure, il suffit de jeter un bâton dans l’eau pour prendre la mesure de cette anomalie, celle d’un fleuve dont le courant a été inversé. La mer semble avoir pris possession du grand fleuve fatigué, et c’est tout un écosystème qui est menacé par le sel."

Le 10 juillet Reuters annonce qu’un feu de forêt hors de contrôle depuis trois jours dans le parc national de Yosemite, dans l’est de la Californie, menace désormais ses séquoias géants. Les pompiers préparent le « Grizzly Giant », l’arbre le plus spectaculaire du parc américain, à l’approche des flammes en l’arrosant. Et tous les autres feux dont je n'ai pas eu connaissance qui rugissent en ce moment même ravageant le peu de végétation que nous avons laissée à la terre...  Que dire de l'impact sur le bilan carbone causé par toutes ces fumées dans un premier temps, et la destruction de la végétation ensuite ? Et je ne parle pas des animaux

C’était en 2020 en Australie. Des méga-feux ravageaient l’équivalent de la surface du Danemark provoquant des nuages "cracheurs de feu". Aujourd’hui, c’est l’Europe du sud qui est dévorée par les flammes. En France, en Gironde, plus de  20 000 hectares de forêts ont brûlé. La situation n’est toujours pas résolue alors que les pompiers affrontent ces incendies depuis le 12 juillet.  A la fin de ce mois si les feux sont enfin fixés, ils ne sont toujours pas éteints

En seulement 8 ans, en France, les principaux opérateurs publics nationaux dont la mission est l’adaptation au changement climatique ont quasiment tous subi des réductions d’effectifs. -20 % pour Météo France, -16% pour les Agences de l’eau, -12 % pour l’Institut national de l’information géographique et forestière… Or, selon l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) aujourd’hui la France n’est pas assez bien armée pour s’adapter aux canicules, incendies, inondations. Il faudrait que l’État investisse au moins 2,3 milliards d’euros par an pour rattraper son retard. Manque d’avions, failles matérielles à répétition, mauvaises conditions de travail… La capacité à lutter contre les futurs incendies est loin d’être assurée, alertent les pilotes de bombardiers d’eau.

Le 26 Juillet on entend dire que des dizaines d’incendies ravagent la Grèce. L’un fait rage sur l’île de Lesbos, un autre dans le parc national de Dadiá, un « poumon vert » qui abrite les derniers vautours moines des Balkans.

Ce même jour les ministres de l’Énergie des 27 États membres de l’Union européenne se sont engagés à réduire leur consommation de gaz de 15 % au cours des huit prochains mois, lors d’une réunion extraordinaire, mardi 26 juillet. Un mécanisme d’alerte est également prévu. S’il est enclenché, cet objectif de réduction de la demande en gaz deviendra obligatoire. Cette décision est intervenue quelques heures après l’annonce d’une nouvelle réduction des livraisons de gaz russe à l’Europe par Gazprom. Après cet été funeste on nous promet un hiver pénible. 

Jamais un mois de Juillet n'a été aussi sec sur l'ensemble du territoire français depuis les relevés météos.

Des pluies diluviennes se sont abattues sur le Qatar au cœur de la saison sèche causant des inondations et de multiples dégâts

 

Ainsi va le monde on cherche des bonnes nouvelles, significatives qui donneraient des motifs d’espérer. Je songe à cette photo de Roland Penrose prise en 1937 à Mougins, où l'on voit Eluard, Nusch sa femme, Adrienne Fidelin, Man Ray, Lee Miller, pique-niquer paisibles, dans la plus grande décontraction. Il y a déjà la guerre civile en Espagne, la contagion ne va pas tarder à gagner l'Europe, ils doivent bien s'en douter. Mais ils s'efforcent d'être un peu futiles quand même. Est-ce plus facile pour eux parce qu'ils sont moins informés que nous ne le sommes ? Peu importe au fond... Mais impossible de ne pas y penser par les temps qui courent. D'ailleurs moi aussi je me livre à quelque futilités. Je baguenaude sur les quais et dans les parcs, je prends quelques photos. Un certain air de Count Basie chanté par les double-six, trotte dans ma tête et semble de circonstance. Juillet à Paris cette année c'est ça aussi, je veux dire, cette photo de bord de Seine. Tout semble si normal en apparence. Je voudrais bien y croire. Mais je n'ai pas l'esprit tranquille. La douleur pour le monde, ce que l'allemand nomme Weltschmerz, ne me quitte pas. Et j'aimerais ressentir cette étreinte rassurante, que le gallois appelle Cwtch que l'on pourrait traduire par "un câlin qui crée un endroit sûr".

shared with Paris in July - wednesday around the world - my corner of the world - pictorial tuesday

samedi 14 mars 2020

Life can be perfect


Voilà,
mon forsythia a commencé à fleurir le 12 Mars, jours de l'annonce en France des consignes de confinement au motif de ce fameux coronavirus (covid-19 de son petit nom) qui a acquis son statut officiel de pandémie. Donc nous voilà au mieux, réduits à 30 jours de cocooning intensif. C'est certes forcément plus pénible dans les villes que dans les campagnes, mais ce n'est pas non plus le siège de Sarajevo ou d'Alep, ni le Yémen. Pour le moment c'est juste, redoublée par la conscience de notre soudaine vulnérabilité, l'angoisse éprouvée devant ce que nous sommes incapable de rationaliser. 
Ce que met désormais en lumière cette épidémie c'est l'impréparation de nos sociétés pour faire face à l'événement mais aussi l'incohérence de leurs fonctionnements. La politique de flux tendus au nom du profit maximum montre ses limites, et celle de la destruction massive des services publics révèle ses inconvénients. Quand on réduit le nombre de fonctionnaires il ne faut pas s'étonner que cela ne fonctionne pas. Aujourd'hui en France on s'aperçoit par exemple que la restriction du nombre de lits dans les hôpitaux  – 17500 en moins moins au cours des six dernières années – a un impact sérieux sur la gestion de cette crise, de même que la diminution du personnel soignant dans les hôpitaux. Et que dire des chiffres de l'Italie : 70 000 lits fermés en dix ans, réduction de 37 milliards d'euros pour les dépenses du système de santé. Ce n'est pas seulement le coronavirus qui tue, mais surtout l'austérité. D'ailleurs en France des recherches sur ce type de virus avaient été initiées après l'épidémie de SRAS de 2008 en Chine, et puis les pouvoirs publics jugeant que ce n'était plus un sujet d'investigation rentable, puisque l'épidémie ne s'était pas reproduite, ont coupé les crédits.
Les premières victimes de cette crise, autant que les malades, vont être les travailleurs précaires, les petits entrepreneurs, les indépendants, les commerçants et non les grandes entreprises qui ne payent pas d'impôts ni leurs actionnaires qui seront juste un peu moins riches.
Au moins prenons nous conscience de la fragilité du système neolibéral qui régit nos échanges économiques et sociaux. L'injustice qui est au principe même de ce système va en apparaître que plus flagrante. Mais ne nous leurrons pas, les riches, les possédants ne lâcheront rien. Ce sont d'abord, les pauvres qui vont mourir, pas forcément de la maladie, mais de ses effets collatéraux car tout cela provoquera encore plus d’exclusion, de chômage et de détresse.
Nous vivons dans un monde de capitalisme financier où les banques et les fonds d’investissement et de pension font la loi tant que ça rapporte (et sinon exigent des deniers publics pour les sauver), où les Bourses dominent l’économie, où les multinationales ont joué la mise en concurrence de pays qui se mettent, sous leur influence, au dumping social, écologique et fiscal. Un monde et des nations où la dérégulation est devenue la norme, dans le champ de la finance en vertu d'accords dits de libre-échange et de libre investissement qui attribuent de tels pouvoirs aux multinationales que ces dernières peuvent modifier les règles du jeu aux dépens des États.
Dans ce contexte de la mondialisation financière néolibérale, "le coronavirus joue le rôle d’une simple allumette capable de mettre feu à tout un immeuble parce que ce dernier est construit avec des matériaux hautement inflammables, parce que les conduites de gaz sont percées, parce qu’il n’y a pas d’alarme incendie ni de services de pompiers. Bien d’autres allumettes auraient pu et peuvent encore mener à une possible récession liée à un krach boursier" comme le fait remarquer Jean Galdrey dans le quotidien "Reporterre"


Au moins ce virus a-t-il une vertu : celle de nous donner une idée du chaos auquel nous devons nous préparer et qui ne manquera pas, si l'on en croit le diagramme du club de Rome, de survenir désormais à très brève échéance avec plus d'amplitude encore, en raison des désordres sociétaux à venir, combinés au changement climatique global. D'ailleurs ne serait-il pas plus judicieux de considérer cette pandémie comme une première phase du désastre écologique qui nous guette, d'y voir une des premières manifestations de ce fameux effondrement dont on parle tant depuis quelques années. Autant penser d'ores et déjà la catastrophe globale au présent même si, soit dit en passant, de nombreux peuples la vivent depuis longtemps.
En attendant, dans notre vie quotidienne, des choses que l'on croyait immuables sont remises en question. Le cycle des compétitions sportives par exemple. Celui des festivals de musique, de théâtre. Les musées ferment. Les lieux de culte aussi. Les monuments sont interdits à la visite. Tous ces rituels supposés unir des foules dans une même ferveur, une même communion sont annulés. Ainsi cette année, la place Saint-Pierre au Vatican sera probablement déserte à Pâques.
Bien sûr en Europe, il y a quelques incohérences. Les britanniques mus par quelques vieil instinct tribal ou insulaire n'annulent pas le match de Rugby opposant cet après-midi l'Écosse au Pays de Galles. En football Liverpool a accueilli récemment l'équipe de l'Atletico de Madrid et ses supporters. Mal lui en a pris, elle a perdu. Pourvu que la ville n'y ait pas gagné trop de contaminations. En France on maintient les élections municipales (il faut dire que le discours du président sur l'épidémie tenait aussi lieu de discours électoral, le cynisme n'a pas de borne). Les belges par contre ont convenu de fermer les bars et les commerces. Les Espagnols aussi. Sans doute qu'on fera de même d'ici peu. On ferme les frontières à l'intérieur de l'Europe. On chasse les miséreux qui se pressent à nos frontières. Chaque jour apporte son lot de nouvelles alarmistes. Il semblerait que nous vivions une période historique.
On en profitera dans un premier temps pour lire les livres qu'on se promet de lire depuis longtemps, pour regarder des vidéos, écouter du jazz et de la musique classique, découvrir des trucs qu'on ne connaît pas, pour faire du ménage aussi, jeter des vieux papiers, trier des photos, planter des fleurettes, explorer les paysages intérieurs, réparer, rapiécer, bricoler dans la mesure de ses moyens. En essayant de ne tomber malade en aucune façon.
PS. Finalement, in extremis, le match de Rugby a été reporté.
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mardi 17 juin 2025

Les baleines pissent

 
Voilà,
c'est étrange tout de même cette obstination morbide des chaînes d'infos à vouloir nous vendre l'imminence d'une possible déflagration mondiale comme un spectacle à ne manquer à aucun prix. J'ai déjà — il y a fort longtemps — évoqué l'économie de la catastrophe, mais là c'est assez stupéfiant. 
Et puis il y a tout ce qu'on voit sur les réseaux. 
Par exemple, de brèves séquences nocturnes, prise depuis le Liban, où l'on aperçoit des gens la nuit sur une terrasse, face à la mer observant les missiles iraniens qui tombent sur Haïfa pendant qu'un D.J. s'affaire aux platines, et qu'un saxophoniste l'accompagne en jouant debout sur une table. Et bien sûr tous les convives ont leur putain de smartphone brandi vers le ciel nocturne pourenregister l'événement. 
Ou bien encore, filmés depuis l'Iran, des missile lancés en rafale depuis leur camion. 
Et aussi, des écrans géants disposés sur une place d'une ville du Yémen, pour retransmettre en direct les bombardements iraniens sur Israël, comme s'il s'agissait d'une finale de foot. 
Sur le flux d'images, on voit beaucoup moins de séquences dans les ruines de Gaza en ce moment, mais beaucoup d'arrestations de citoyens américains intimidés par des gros cons masqués en uniforme.
Et puis des drones en veux tu en voilà, des drones russes des drones ukrainiens, des immeubles éventrés par des missiles, des complexes chimiques qui brûlent, des films en infra rouge où explosent des dépôts de munitions. Le tout entrecoupé d'actions spectaculaires de joueurs rugby de l'hémisphère sud, de balades touristiques en Ousbekistan ou dans le Paris insolite, de recettes de cuisine improbables, de séquence caricaturales de Trump, de gens faisant des selfies pleins de sourires avant le décollage d'un boeing d'Air India qui va s'écraser d'ici quelques minutes. Et aussi un prêcheur évangéliste qui, au cours d’un prêche, danse en disant que Jésus fait bouger son corps, et qui plus tard dans sa vie tuera deux élus démocrates, Bref toute l'absurdité de la condition humaine en un montage sans queue ni tête, aléatoire.
Et puis dans tout ce bordel on tombe sur une information dont on ne comprend même pas d'où elle sort. 
Il paraît que chaque jour, une baleine peut rejeter jusqu'à mille litres d'urine. Un acte simple et nécessaire qui a des conséquences profondes sur l'équilibre de l'océan. Ce liquide contient de l'azote, du phosphore et du fer nous dit-on. Des substances précieuses qui servent à fertiliser les eaux de surface où vit le phytoplancton.
Et qu'on te raconte que le phytoplancton n'est pas seulement le premier maillon de la chaîne alimentaire marine. Et qu'on te précise qu'il est également responsable de plus de la moitié de l'oxygène que nous respirons sur Terre. Contrairement à de nombreux autres animaux marins, les baleines  — on apprend des choses tout de même — défèquent et urinent près de la surface. Là où la lumière arrive et où la vie se multiplie. C'est un processus appelé "pompe à baleines", une sorte de pompage écologique qui brouille les nutriments et les distribue dans les zones qui en ont le plus besoin. "Pompe à baleine", quand la réalité te semble juste une grosse pompe à merde
Lorsque les baleines migrent, elles transportent ces nutriments entre les pôles et les régions équatoriales. Ah ça me rend la vie plus légère c'est sûr. Elles créent des couloirs invisibles de fertilité. Des traces liquides invisibles qui nourrissent et soutiennent la vie d'une manière que nous commençons à peine à comprendre. Nous respirons à travers un animal qui pisse en route. Et ce n'est pas un paradoxe. C'est de l'écologie. Youpi vive l'écologie
Bref tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.   

dimanche 4 janvier 2026

Mustn't panic ⸮

 

Voilà 
l’ONU récemment a lancé son alerte la plus grave depuis longtemps : la planète va mal.
C’est touchant.
Mais qui écoute l’ONU ? On la respecte comme une horloge cassée qu'on ne regarde plus mais dont on sait qu'elle a raison deux fois par jour.
Son dernier rapport — l’un des plus complets, donc l’un des plus ignorés — annonce que le changement climatique avance plus vite que nos excuses. Les systèmes naturels fatiguent. Ils ne protestent pas, ils s’épuisent. C’est plus poli.
Les scientifiques parlent de seuils irréversibles. Autrement dit : bientôt, même la mauvaise foi ne suffira plus.
Deux cent quatre-vingt-sept experts, quatre-vingt-deux pays, des milliers de pages… pour conclure que tout va plus vite que prévu. Une information qui, curieusement, ne surprend personne. Le réchauffement accélère, les catastrophes s'amplifient, les écosystèmes perdent patience. Les récifs coralliens meurent avec élégance, le pergélisol fond sans demander l’avis de personne. La planète, elle, ne s’adapte plus : elle encaisse.
À ce rythme, nous irons allègrement vers +3°, peut-être +4°. Un monde plus chaud, mais pas plus chaleureux. L’agriculture hésite, la santé chancelle, l’économie s’inquiète — car elle ne s’émeut que lorsqu’elle tousse. La planète ne se contente plus de se réchauffer : elle se désaccorde.
 L’ONU nous explique que nous sommes entrés en territoire inconnu. C’est vrai : nous avançons avec inconscience dans ce que nous ne comprenons plus. 40 % des terres sont dégradées, les océans s’essoufflent, l’air tue neuf millions de personnes par an. Discrètement, sans faire de vagues.
Quatre crises s’entremêlent : climat, biodiversité, sols, pollution. Une belle équipe. Chacune affaiblit l’autre avec une parfaite solidarité. Quand tout s’écroule en même temps, on appelle cela un système.
Un résumé politique devait accompagner le rapport. Il a été bloqué. Certains pays n’aiment pas les mots "fossiles", "plastiques", "crise", "transformation". Ils préfèrent les termes vagues, comme "croissance", "sécurité," ou "intelligence artificielle".
La science parle. La politique répond  "changeons de sujet".
Les auteurs s’en désolent. Ils sont bien naïfs. Depuis quand la vérité est-elle compatible avec les égoïsmes nationaux et les intérêts économiques à court terme ? Chaque degré compte, dit-on. Certes, certes... Chaque baril aussi.
L’ONU propose malgré tout une transformation profonde : énergie, alimentation, finance, gouvernance… Tout changer, donc. Autant dire : rien. On promet 20 000 milliards de bénéfices futurs si l'on suit ces prescriptions. Trop loin pour être crédible, trop abstrait pour être désirable. À un salut différé l’humanité préfère un désastre immédiat,
On suggère de cesser d’adorer le PIB comme un veau d’or fiévreux. Mauvaise idée : c’est le seul dieu qui accepte les sacrifices humains sans qu'on lui demande d’explication.
Il resterait une fenêtre d’opportunité. Elle se referme. Nous regardons ailleurs. C’est notre manière de méditer.
 Le rapport conclut qu’un autre version de ce monde est encore possible. Mais certains se disent que l'herbe sera plus verte sur Mars où il n'y a que des cailloux.
À en juger par leurs actes, le suicide collectif est le projet qui conserve la faveur de nos dirigeants. Ils sont vieux. Ils veulent que leur no Future soit le nôtre. Ce n’est plus le temps des solutions, mais celui de l’accumulation. Problèmes sur problèmes, conflits sur conflits. Au lieu d'écouter ceux qui cherchent  et suggèrent des solutions L'Humanité par le truchement de ses dirigeants sombre à nouveau dans son vieux tropisme guerrier.  Le droit international, né après le second conflit mondial sert désormais d'ornement dans les discours

 
Je ne me réjouis pas de voir ceux qui se gaussaient de mon pessimisme s'effrayer à présent des jours que nous traversons. J’aurais préféré avoir tort. Même les optimistes commencent aujourd'hui à envisager — avec la même candeur qu’ils mettaient hier à l’ignorer — un conflit sous nos latitudes .
Nous vivons déjà dans la catastrophe : environnementale, intellectuelle, politique. Les accidents nucléaires, climatiques, pandémiques ne sont plus des menaces, mais des hypothèses plausibles. La guerre n’est qu’un souci supplémentaire. Une option parmi d’autres dans le chaos ambiant. La barbarie est déjà là : au Moyen-Orient, en Ukraine que le fasciste Poutine tente de détruire, parfois chez nous, ponctuellement, quand le terrorisme s'y exprime. Elle finira par nous atteindre aussi, malgré nos musées, nos bibliothèques, nos cathédrales restaurées et nos philosophes. L’Europe a déjà connu cette musique. Elle avait juste oublié les paroles.
Rien n’arrivera exactement comme prévu. Mais cela viendra. Le retour de l'époque des illuminés...
 Hier, le président des États-Unis a décidé sans consulter son parlement d'une opération militaire au Vénézuela pour destituer le président de ce pays et faire main basse sur la plus grande réserve pétrolière du monde. Demain la Chine s'occupera de Taïwan, et qui sait ce qui peut se tramer d'autre.
Tout cela coïncide avec le début de l’année, ce moment charmant qui relève moins de la raison que de la pensée magique, où l’on échange des vœux. Alors, payons nous encore de cette illusion  Croire que les mots peuvent réparer ce que les actes s'acharnent méthodiquement à détruire.  

mardi 21 août 2018

C'est le monde qui sent la merde ou c'est juste dans mon nez ?


Voilà,
pour se distraire on se prend en photos dans des environnements numériques où l'on se plaît à rêver parmi des images de synthèses peuplées de tournesols de papillons, de fleurs multicolores, et de cascades irréelles. Cela fait de belles images. Mais dans le vrai monde, le réel fracasse. Et les journaux s'alarment, même en Août. C'est qu'il est de plus en plus difficile de dissimuler les faits. 
Températures caniculaires en Europe pendant l'Eté 2018, Feux de forêts gigantesques en Suède, mais aussi en Grèce et en Californie. Dans le Kerala des inondations monstres (évidemment vous aurez peut-être droit à une pub sur une crème dépilatoire avant de voir l'information, parce que le monde est absurde), température anormalement élevée de la mer, dans le nord mais aussi en méditerranée non seulement en surface mais en profondeur. Tout à coup on se préoccupe de cela dans les journaux. On fait des prévisions. Certaines parfois même très catastrophistes.
Pourtant tout cela était prévisible depuis des années, des esprits éclairés avaient donné l'alerte concernant les rapports entre l'économie et la pollution par exemple. Quoiqu'il en soit les scénarios optimistes du futur prévus il y a une dizaine d'années semblent déjà obsolètes et absurdes. Aujourd'hui on a des visions plus sombres.
Et puis, symptomatique, le dramatique écroulement du pont de Gênes, alerte les pouvoirs publics sur la vétusté de nos infrastructures. Tout à coup on ne parle plus que de ça dans les journaux (qui évitent cependant d'évoquer l'état lamentable des installations nucléaires qui elles aussi sont en béton). La grande presse commence à  établir un lien entre capitalisme et dégradation environnementale et fait semblant de découvrir que le capitalisme génère de la catastrophe et s'en nourrit. Mais on ne le dit pas encore trop fort
D'ailleurs au passage une chose amusante et paradoxale : un des livres phares, dans mes cours de sciences économiques s'appelait "Les cinq étapes de la croissance économique" de W.W Rostow. Cinquante ans après j'ai vu qu'un récent ouvrage s'intitulait les Cinq stades de l'Effondrement.
Et puis sinon pour finir un truc trouvé sur le net.


Mais bon, tout n'est pas si noir. Ou plus exactement le noir peut-être source de contemplation esthétique et de joie pure devant la grâce de l'instant et l'étincelle de l'inspiration. Ce qui fait le charme du rugby, c'est qu'avant d'être un sport il est essentiellement un jeu. Regarder jouer les All Blacks constitue pour moi une véritable source d'émotion et d'éphémère réconfort. Samedi dernier Australiens et néozélandais ont offert un magnifique spectacle. J'espère que le match retour samedi prochain sera du même niveau.




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