Voilà,
autour,
tout est à sa place. Le décor tient. Les rues, les gens qui passent, les images parfois énigmatiques sur les murs. Il
regarde, il s'attarde peut même encore sourire. Mais quelque chose en
lui s’est absenté. L’idée du lendemain peut-être. Le corps continue de faire son travail, sans grande conviction, la
tête aussi, mais de plus en plus difficilement. Les mots n'accèdent plus aussi aisément à la pensée. Parfois ils affleurent et s'effacent aussitôt. Ne se
laissent pas retrouver. Durant une bonne partie de l'après midi, il y avait ce mot sur le bout de la langue. Un nom de métier ayant à voir avec les
assurances. En vain. Et puis il est revenu comme ça, en début de soirée
alors qu'il n'y pensait plus. "Actuaire". Au moins sait-il encore ce
que cela signifie. Cela survient de plus en plus souvent. Est ce que ce sont les années ? Un traumatisme précis ? Il fait peu d'efforts, mais tout l'épuise. Et il y a cet ennui. Un ennui calme, sans raison, sans plainte. Il est là, c’est tout. Quelque chose s'est achevé à son insu, pense-t-il, mais quand ? Y-a-t-il un nom à donner à cela ? Pourtant, la peur du dimanche soir ne le quitte toujours pas, une ritournelle, dans son crâne et ne se laisse pas oublier. On dit qu'il va neiger cette nuit.
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