mardi 7 août 2012

Expo Crumb

 

Voilà
aujourd'hui c'était retour vers les sixties. Exposition Crumb, très fournie, documentée avec de nombreuses planches bien sûr et des vieux fanzines de l'époque. Mais aussi, un film tout à fait sidérant sur la famille de Crumb et en particulier ses frères. Où l'on comprend que cet artiste est tout de même un rescapé des névroses familiales.

 


(...)

En fin d'après midi scène assez surprenante rue de l'arrivée : une boutique de pédicure avec des femmes, les pieds dans un aquarium, se faisant en quelque sorte traiter par des poissons, des Garas Rufas qui viennent manger les peaux mortes et vous laissent ensuite paraît-il avec une peau de bébé. On est content de vivre au XXIème siècle pour voir de telles choses.


Sinon, je me demande si je connais personnellement celui ou celle de Zaventem.

lundi 6 août 2012

Il y a 67 ans


Voilà
Soixante sept ans aujourd'hui qu'Hiroshima a été détruite.
Soixante sept ans d'ère nucléaire.
Peu de chose en somme à l'échelle d'une civilisation.
Mais "l'aboutissement" de la pensée occidentale, puisqu'il n'est désormais de possible retour en arrière.
Le Japon quant à lui aura payé au prix fort les conséquences de ce pari prométhéen
en subissant les ravages du nucléaire tant civil que militaire

jeudi 2 août 2012

La parenthèse enchantée

Tutto imane.. una foto sulla spiaggia
Voilà
je montre une autre photo de ma fille. La photo dont je parle ne peux pas la mettre en ligne puisque son visage apparait dessus, et je ne souhaite pas qu'il soit soit exposé à des regards inconnus. Mais c'est précisément à cause de cela, de ce visage régulièrement contemplé depuis quelque jours que j'évoque cette photo. Sa photo. Car non seulement elle en a eu l'initiative mais elle l'a aussi réalisée, décidant du cadre et de l'utilisation du flash en plein jour. Voilà comment cela s'est passé. Elle a pris dans le sac de plage ce petit appareil que j'avais acheté début 2010 afin de ne pas m'encombrer en voyage. Sur le transat elle en a exploré le menu et découvert comment fonctionnait le retardateur que je n'utilise jamais. Elle a demandé si elle pouvait faire une photo oui bien sûr. Elle a posé l'appareil sur la tablette du support de parasol, m'expliquant où je devais me tenir et de quel côté elle viendrait se placer. On en a claqué deux comme ça. Dessus elle est radieuse, solaire son bras passé autour de mon cou. Quant à moi j'ai l'air beaucoup plus jeune que tout à l'heure où je me suis vu dans le miroir de la salle de bains. Peut-être cette maison me vieillit-elle. Mais revenons à la photo. Son sourire illumine tout. Elle regarde franchement l'objectif, toute entière offerte à ce bref instant. On est là contents d'être ensemble sur cette plage où une sono diffuse les tubes du moment c'est peut-être le joyeux "Balda boa" de Gustavo Lima ou "in Aria" rappé par Gué Pequeno ou Biagio Antoniacci chantant "Non vivo più senza te". Elle y est très belle, très intense. L'image de la vie même. C'est pour cela qu'il faut que j'y revienne souvent ces jours-ci. Elle me raconte que ma présence au monde rend au moins quelqu'un heureux et que cela lui donne un sens. J'écris cela de nouveau seul. Et je n'ai pas envie d'être comme cela, ni d'être ici à ce moment précis, mais avec elle encore sur la plage italienne.


E da qui

mercredi 1 août 2012

Hopper en Calabre

Canzone
Voilà
dans la chaleur d'une nuit calabraise, sur cette plage, c'était là
comme un vivant tableau d'Edward Hopper.
Le chanteur, la femme seule.
J'étais content d'avoir emporté mon appareil.

mardi 31 juillet 2012

Un trou dans le temps



Voilà
"Ceci est l'histoire d'un homme marqué par une image d'enfance. La scène qui le troubla par sa violence et dont il ne devait comprendre que beaucoup plus tard sa signification eu lieu sur la grande jetée d'Orly quelques années avant le début de la troisième guerre mondiale" ... "Rien ne distingue les souvenirs des autres moments, ce n'est que plus tard qu'ils se font reconnaître à leurs cicatrices" ("La jetée" un photo roman de Chris Marker). Parce que nous étions précisément à Orly, - lieu qui semblait fascinant au début des années soixante -, j'ai parlé de ce film il y a une semaine à ma fille, lui expliquant que c'était parmi l'un des plus beaux que j'avais vus. J'avais alors dix sept ans, et je me souviens de l'effet de sidération produit par ce montage, ce récit d'un énigmatique futur antérieur autant qu'intérieur, et  par la musique de Trevor Duncan, et aussi de l'impact provoqué par la seule image animée du film. J'y retrouvais bien des angoisses de mes années d'enfance, celles liées à la guerre froide, à la course aux armements nucléaires, à l'affrontement des deux blocs, et aux images de destruction massives qui me hantaient alors.


Mais ce film fit aussi ressurgir d'autres fantômes me racontant autrement une histoire déjà connue de moi seul. Bien des années après, j'y ai de nouveau songé dans les sous-sols de Chaillot, ceux-là même où, est il dit dans le film, les survivants s'établirent. Pourtant c'est par un jour de grand soleil que j'ai découvert ce film, associé aussi au bonheur adolescent d'un premier amour. Le revisionnant je suis stupéfait par ces phrases qui se sont peut-être imprimées en moi à mon insu. "Un trou dans le temps et peut-être y ferions nous passer des vivres, des médicaments, des sources d'énergie"ou bien "la police du camp épiait jusqu'aux rêves". Paradoxalement ce court métrage, quoique composé  de plans fixes et de photogrammmes demeure pour moi l'essence même du cinéma. Quelque chose de trouble et d'énigmatique le parcourt, et conserve un étrange pouvoir même encore aujourd'hui. Son auteur s'en est allé. Il vivait depuis quelques années sous le signe du chat. Guillaume je crois.


dimanche 22 juillet 2012

Parc Floral


Voilà
cet après-midi dans une ambiance estivale (car les beaux jours semblent enfin revenus), Mulatu Astatké a donné un magnifique concert au parc floral de Vincennes. L'ambiance était paisible et le set très tonique avec d'excellents interprètes qui visiblement partageaient leur joie de jouer. J'ai retrouvé là Karine A. que je n'avais pas vue depuis longtemps et j'ai fait bonne figure. C'était aussi sympa qu'inattendu de passer ce morceau d'après-midi en sa compagnie. "Mieux que bien" comme elle a écrit sur facebook. J'ai parfois tendance à oublier que j'ai des amis. On se voit si peu. On se donne des nouvelles par machines interposées. Pourtant ces réseaux, ces messageries sont bien illusoires. Il rendent plus aigu le sentiment de solitude, tout en augmentent l'illusion de la socialité. Mais dans l'espace virtuel, comme disait la bande annonce d'Alien "personne ne t'entend crier". Allez ! "Tomorrow is another day".

samedi 21 juillet 2012

Errance(s)


Voilà
en fait il n'a pas vraiment choisi d'être parmi le public C'est le hasard qui l'a poussé là cette fin d'après midi  Mais cet homme sur scène son chant lui serre la gorge l'écorche de souvenirs   Tant de souvenirs  Puis monte l'angoisse  Trop seul dans la foule Alors il déserte vieil enfant  Mais va doucement marche à petits pas très lents très lents  S'efforce de sourire pourtant  Vieux gamin qui n'en a toujours pas fini de chercher son chemin  Ne sait si ses pas le mènent vers rien ou l'attirent vers pire  Chagrins d'un autre âge  Sensations de naufrage  Ne voit plus bien maintenant  Yeux sombres  Fatigué marche comme une ombre  Alors s'enferme au cinéma  Ne voyage plus que comme cela désormais




Plus seul que seul dans la salle surchauffée  Content tout de même qu'on dépense tant d'argent rien que pour lui  D'un certain point de vue bien à l'abri tranquille peinard  Probabilité quasi nulle qu'un dingo vienne massacrer une foule ici  Ou alors c'est qu'on lui en voudrait personnellement il serait l'humanité à lui tout seul  La bonne blague ah la bonne blague  Du temps passe  Des récits s'enchevêtrent dans des images  Le transportent vers un ailleurs poétique  Lui font un temps oublier ce qui le tourmente  Puis sortir faut bien finir par sortir de "la nuit d'en face"  De nouveau la rue même rue si souvent remontée autrefois téléphone à l'oreille  Remontée en parlant pour murmurer des mots tendres à celle qu'il avait laissée dans un lit qu'il n'aurait jamais du quitter  Si peu de nuits avec elle  Mais il y avait l'enfant qu'il voulait retrouver au matin  Si loin tout ça pourtant blessure toujours suppure  Elle sous d'autres cieux l'a oublié  Mais l'enfant jeune enfant chaque jour lui dit son bonheur d'être près de lui alors pourquoi geindre


Et puis soudain vision étrange vision de cette voiture de sport très old fashion avec ce panneau de circulation dépassant de l'habitacle
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vendredi 20 juillet 2012

Les démons


Voilà
jamais il n'a autant craint ses démons, les perspectives qu'ils lui suggèrent, les images qu'ils convoquent, les abîmes où ils voudraient le précipiter. Parfois il redoute de ne pas être capable de résister. Il s'efforce de chasser toutes ces histoires de corde dont on lui a tant parlé ces dernières semaines, tous ces terrifiants récits de détresse, ou bien de passages à l'acte stupides et irréfléchis qui depuis le hantent. Il s'inquiète de ce hideux visage que prend à présent la solitude, pourtant si souvent son alliée autrefois. Tenir, tenir, ce n'est rien qu'une mauvaise passe. Ne pas lever les yeux dans la cage d'escalier. Chasser l'image. Juste penser à l'enfant. Son sourire si plein de gratitude. Son regard lumineux comme une offrande. Toute cette tendresse. Et ce geste délicat qui appelle un baiser. Cela et rien d'autre.

jeudi 19 juillet 2012

Déménagement


Voilà
depuis le 2 mai "La Hune" n'est plus sur le Bd St Germain entre "Le Flore" et "Les deux magots". Elle s'est installée à la place de la Boutique Dior, à l'endroit où se trouvait autrefois la librairie "Le divan". Bon c'est comme ça les choses changent... Cela aurait pu être bien pire : qu'une autre librairie disparaisse du quartier par exemple, comme en 2006 la librairie Actualités rue Dauphine où je trainais souvent dans mon adolescence. Je me souviens de Pierre Scias, le tôlier, qui à l'époque avait un casque de cheveux frisés à la Angéla Davies, et un accent du sud très prononcé. Écoutant de la bonne musique alors que quelque encens répandait ses effluves de santal ou de patchouli, il bouquinait derrière son bureau, surveillant d'un œil vague le client susceptible de faucher un bouquin. C'est là que j'avais acheté "Le traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem et aussi le poster  qui reproduisait solarisé sur fond jaune un portrait de John Lennon réalisé par Richard Avedon pour une couverture du magazine "Look". Il y avait aussi de nombreux comics de la presse underground importés des Etats-Unis. La librairie a survécu un an à sa mort soudaine et puis a fini par disparaître. Je ne repasse jamais rue Dauphine sans un léger pincement au cœur.

dimanche 15 juillet 2012

Fanfare Electronique au Parc Georges Brassens

 


Voilà
on a profité de l'éclaircie en fin d'après-midi et du fait que peut-être il ne pleuvrait pas pour aller en vélo jusqu'au Parc Georges Brassens avec Constance. Michel m'avait donné rendez-vous là-bas, parce qu'il y avait la fanfare électronique mobile, un truc qui s'appelle le Méta-Orchestre. Les musiciens vêtus d'une combinaison noire (rappel sans doute du costume de concertiste et de la tenue de travail du technicien du son) se baladent par paire, trainant un charriot avec les données informatiques et le système d'amplification des hauts-parleurs qu'ils portent sur eux grâce à un harnachement - plutôt lourd et malcommode aux dires des musiciens -. Ils tiennent aussi à la main un joystick qui leur permet de répondre aux indications du chef qui les dirige par micro et qu'ils entendent au moyen d'écouteurs. C'est amusant, ingénieux, bien que la  musique ne soit pas très exaltante tout de même. Mais bon, on est content de vivre au XXI ème siècle rien que pour voir ça, d'autant qu'en cette fin d'après-midi le soleil est revenu et rien que ça c'est déjà une bonne nouvelle.

samedi 14 juillet 2012

14 Juillet 83 (3)

Voilà
finalement à force d'obstination et de ténacité la dame avec la robe à fleurs est enfin parvenue à ses fins. Elle peut enfin jouir désormais d'une vue imprenable sur la soldatesque qui marche au pas. Mais gare toutefois aux courants d'air ainsi qu'aux garnements...




jeudi 12 juillet 2012

Marcella Barcelo au travail


Voilà,
ce matin m'est revenue en mémoire l'image de cette jeune artiste de dix-neuf ans, Marcella Barcelo particulièrement talentueuse exposée Rue Guénégaud dans le sixième arrondissement en avril dernier. Une chambre avait été recréée au fond de cette vaste galerie afin qu'elle puisse y travailler paisiblement. Elle avait accepté que je la photographie. On est dans le "cliché" (semble-t-il ouvertement assumé par l'artiste) de la jeune fille de bonne famille à son ouvrage de peinture. Tous les accessoires du luxe bourgeois bohème sont rassemblés dans le cadre. Fille d'un des plus grands peintres catalans contemporains elle bénéficie d'un capital social et symbolique qui favorise bien évidemment son introduction précoce sur le marché de l'art. Mais dans cette pose, et dans le code vestimentaire j'y trouvais aussi quelque chose d'émouvant qui me rappelait un souvenir : Agnès, dessinant autrefois dans sa chambre. J'avais alors pensé à la chance qui était la sienne de grandir dans un environnement favorisant toutes ses dispositions créatrices. Il n'y a pas de hasard, l'accès à l'art, la culture  -  je ne parle pas de la consommation - mais de la pratique artistique et à sa compréhension - du moins en occident - est avant tout une affaire de classe sociale. Hier au détour d'une conversation F. dont j'apprécie le talent d'acteur et la vivacité d'esprit, et qui a été de la grande aventure de la décentralisation avec Chéreau, Vincent dès le lycée Louis le Grand, glisse au détour de la conversation "j'ai alors demandé à ma cousine Edmonde Charles Roux", et aussitôt ce détail opère comme un marqueur : je viens de là, je suis de cette classe là, la classe dominante, celle qui tient son savoir et aussi sa capacité de transgression de l'Argent et des codes du pouvoir. J'ai, dans mes jeunes années, frayé un temps dans ces eaux-là, celles de la bourgeoisie éclairée. Je sais tout ce que j'en ai retiré et de quoi ça m'a sauvé. Mais je n'oublie pas d'où je viens et ce qui me sépare d'eux. C'est une affaire de corps, de maintien d'attitude et qui est la marque même du pouvoir. D'instinct les uns et les autres nous reconnaissons nous comme antagonistes. Mais il y a une catégorie de bourgeois que j'aime, ceux qui conscients de leur héritage sont capables de partage de bienfaits et de dons et de soutien aux artistes. Pour ma part, reclus et solitaire, je me sens plutôt une fraternité obscure avec tous ces bidouilleurs qui s'obstinent à créer coûte que coûte afin d'échapper à leur condition. Et même si j'use de moyens plus sophistiqués ma démarche est la même. Je suis à ma façon un adepte de l'art brut et parfois je pratique l'art pauvre digital.

mardi 10 juillet 2012

Heureux qui comme Argos n'a pas voyagé


Voilà
en écoutant les œuvres pour piano de Debussy (mais cela pourrait m'arriver avec d'autres compositeurs) je souhaiterais par moment n'écouter et n'aimer que cela. Ce serait tellement plus reposant que la curiosité où je m'éparpille et que je ne parviens à assouvir, ou plus précisément qui m'envahit et qu'il m'est impossible de repousser. Je songeais à cela aussi, l'autre jour à l'exposition Richter qui m'a touché par bien des aspects et intrigué par la variété des styles. Il m'arrivait d'être assez peu intéressé par certaines périodes de son travail et même un peu agacé me demandant si ce n'était pas là le symptôme d'une certaine superficialité. Pourtant à bien y réfléchir j'imagine que cette attitude doit être aussi inconfortable que nécessaire. Je comprends l'inquiétude de l'artiste ou de l'être humain qui, saisi par la lassitude de lui-même, décide de passer carrément à autre chose. Finalement la position d'un Soulages est peut-être plus confortable ou plutôt dénote-t-elle une forme de sagesse d'accomplissement. Elle se rapproche de la méditation puisque l'existence se circonscrit à un seul geste artistique dont la répétition  peut paraître une tentative de toucher à l'essentiel, alors que celle de Richter serait une forme de divertissement, peut-être de fuite pour échapper à un ennui ontologique. Enfin c'est là, juste une hypothèse, une interprétation...

lundi 9 juillet 2012

Boulevard Montparnasse une autre Macha



 
Voilà
cette jeune fille, ou cette jeune femme je ne sais pas trop, aperçue en 2012 sur le Boulevard du Montparnasse lors de la Gay Pride, je ne voulais pas la perdre, perdre sa présence, le souvenir de son intense présence qui, une fraction de seconde, a éveillé quelque chose d'enfoui et d'inexplicable. Je l'ai vue d'abord comme une figure de l'époque, un signe, une énigme et soudain elle m'a offert ce regard, cette expression, contre son gré peut-être, mais elle ne m'a pas insulté, ne m'a pas chassé. Je lui suis reconnaissant pour cet instant, ce regard et ce visage qui m'émeuvent sans raison, ou au-delà de toute raison, qui suggèrent à la fois une grande détermination et une vague détresse. Dans la première photo, tout de cette silhouette me plaît et m'intrigue. Voilà pourquoi je la cadre. Qui est elle ? quelle âge a-t-elle ? Il me semble qu'elle porte un appareil photo en bandoulière, j'imagine qu'elle est peut-être artiste et aussitôt elle me semble moins étrangère. Au moment de la photographier je la pense adolescente. Je n'en suis pas si sûr à présent. Peut-être alors me suis-je souvenu de ce jeune homme tout de noir vêtu qui se fardait les yeux au khol et portait en pendentif une vertèbre humaine ramassée dans un cimetière abandonné. Celui qui lisait Nerval, Baudelaire, Lautréamont, mais aussi Jean-Pierre Duprey et les poètes du manifeste électrique aux paupières de jupe, qui aimait les dessins spirites de Victor Hugo et avait des velléités d'artiste et des idées sombres. Sur la deuxième photo je découvre son visage, avec ce mélange de défi et de désarroi. Quelque chose qui me semble très mélancolique. Je songe à présent à Barbara, au "Mal de vivre", à Macha dans "La mouette" de Tchekhov, oui c'est elle aujourd'hui Macha "je m'habille en noir parce que je porte le deuil de ma vie". J'aime cette photo, et cette fille que je ne connais pas, je voudrais qu'elle soit heureuse, qu'elle aille au bout de ses rêves et qu'elle trouve un jour les bonnes chaussures pour, d'un pas léger, voyager de par le monde.
première publication 9/7/2012 à 11:59

dimanche 8 juillet 2012

Noires encore

  
  


Voilà
je m'interroge sur cette obstination à vouloir produire des images. Sans doute me relient elles au monde réel, même si nombre d'entre elles en réfutent la représentation. Sans doute compensent elles mon inaptitude à formuler une pensée structurée conforme à ma perception du monde et mon incapacité à transcrire la complexité que je perçois ou ressens. Comme le confesse Rousseau dans une de ses rêveries "C'est à la promenade au milieu des roches et des bois, c'est la nuit de mon lit et durant les insomnies que j'écris dans mon cerveau, si je veux écrire de suite ce qui vient je ne sais ni commencer ni finir". Voilà pourquoi je fabrique des images. Trop souvent les mots se dérobent.
première publication 8/07/2012 à 00:00)

samedi 7 juillet 2012

Matin gris


Voilà
je comprends mieux pourquoi les anglais ne cessent de parler du temps qu'il fait ... Si rare le soleil... Donc un temps à trier ou tirer des photos chez soi... faire le ménage... les comptes... bricoler.... essayer de résorber le chaos... se débarrasser de choses inutiles sans pour autant se débarrasser de soi-même (il est une petite personne qui ne le comprendrait pas et en souffrirait), ou bien un temps pour dormir voilà juste dormir simplement dormir continuer ce lent combat contre la fatigue qui ne lâche pas son emprise et commence dès le matin... Comment faire pour trouver un peu de légèreté, d'insouciance...

(...)


Finalement, après avoir travaillé sur quelques photos prises à la Gay Pride que mon chemin avait par hasard croisée la semaine dernière, et aussi après avoir dormi une partie de l'après-midi (tant pis pour le rangement et si cet appartement continue à demeurer un atelier plus qu'une habitation où je ne reçois plus personne), j'ai opté pour la cinémathèque, espérant que les nombreuses et violentes averses des heures précédentes ne se reproduiraient plus. Je suis arrivé vers sept heures à Bercy, un peu en avance donc, car ma séance était à  la demi et j'ai traversé le parc vers la Seine, attiré par les notes joyeuses d'une fanfare.



je suis resté un moment à ce qui semble-t-il était un concours. l'ambiance semblait joyeuse et détendue en dépit du temps incertain. ensuite j'ai rejoint la salle de projection pour voir "Nine to nine" un très mauvais film de Edgar G.Ullmer, une rareté assez kitsch truffée d'inexactitudes et d'approximations (l'action se passe à montréal mais les policiers ont des coiffes de bobbies anglais, les acteurs parlent avec des accents tous plus improbables les uns que les autres). Je me suis aperçu que la moyenne d'âge de la salle était assez élevée et que la plupart des spectateurs étaient laids. Comme je n'étais pas rasé et vêtu en dépit du bon sens avec mon imper à la Colombo et mon vieux jean acheté à Nice en 1996 dont je n'arrive pas à me débarrasser et que je recommence à porter, je me suis dis que je ne déparais pas dans l'assistance. Ensuite je suis allé rejoindre chez Christelle, Blandine et Dominique que je n'avais pas vus depuis longtemps. Constance était encore réveillée et jouait avec son copain Henri venu dormir dans sa chambre. Soirée sympa... Pourtant je suis rentré un peu maussade et légèrement ivre. La solitude m'accable, mais elle est si nécessaire au regard de ce que j'ai à boucler qui n'a peut-être d'importance que pour moi, mais dont j'ai toutefois un impérieux besoin. (Linked with skywatch friday)

vendredi 6 juillet 2012

Pas même vingt et un grammes


Voilà
juste ça, juste ce coin de fraîcheur et les senteurs du figuier, le crépitement des grillons, juste ce moment d'absence, le léger accablement de la chaleur, ce doux moment de vacuité d'égarement d'abandon, la vie rendue légère et insignifiante, pas même vingt et un grammes... il suffirait de juste ça. (Linked with the weekend in black and white)

samedi 30 juin 2012

Pleins feux


Voilà
hier c'était pleins feux dans la salle et sur la scène du théâtre de la Bastille. La représentation quoique un peu potache mais assurée par de talentueux interprètes, rayonnait de joie et de vitalité. Un beau cadeau de fin de saison. Mais ce qui a le plus retenu mon attention, depuis cet inconfortable banc où j'avais trouvé place, fut tout de même, à l'extrémité d'une mèche de ses cheveux, l'incessant et fascinant mouvement des doigts de la main gauche de ma senestre voisine. Il paraît que cette activité porte le nom enchanteur de tricotilomanie. J'ai ainsi, tout en écoutant les vers de "Bénénice", passé une bonne partie de la soirée à me laisser happer par ce spectacle quasi chorégraphique et finalement assez varié dans sa répétition. J'y ai pris un grand plaisir, assouvissant ainsi ma pulsion scopique, et même ressenti un certain transport - comme on dit chez Racine - car il est notoire que le voyeur est aussi une sorte de voyageur, un voyageur sans âge ah ah je l'aime beaucoup celle là. Je n'ai donc pas résisté à la tentation d'un petit shoot discret avec le smartphone qui est à la photo ce que le carnet de croquis est à la toile. Et j'ai pensé que décidément oui, le pleins feux au spectacle avait du bon.

mardi 26 juin 2012

Nouveau mot je suis content



Voilà
aujourd'hui j'ai appris sur un blog un nouveau mot anglais sophomoric, qui fit son apparition en 1813 et qui n'a pas encore son équivalent en français. Sophomorique qualifierait un mélange de vanité et de prétention à la fois immature et mal informé. Cela peut caractériser, un comportement, (his behavior at the party was sophomoric) une question ou une variété d'humour. Donc pour en avoir le cœur net, j'ai demandé à Clotilde qui touche sa bille en anglais, quelques éclaircissements. Aux USA les sophomores sont des étudiants de deuxième année d'étude (soit en école secondaire soit en université) qui ne sont plus bizuts ou néophytes. Quelqu'un de sophomoric c'est quelqu'un qui se la pète comme un petit cinquième ou un étudiant en année de DEUG. Le substantif sophomore peut aussi être adjectivé  -toujours en américain - pour désigner un deuxième film ou un deuxième disque ou plus généralement une deuxième action. Exemple : "Je la pris d'abord dans la position dite du bateau ivre, puis une sophomore levrette m'amena presque au bord de l'infarctus. Eh oui pensais-je, je suis un enfant du baby-boom, autant dire un vieillard à présent." (Patrick Poivre d'Arvor). A la réflexion il est possible que cette phrase soit un possible "emprunt" de l'auteur à quelque écrivain américain.

lundi 25 juin 2012

La ruche du jardin du Luxembourg


Voilà
ce matin j'ai renoncé à mon plan initial. Trop de monde attendait. Ça sera pour une autre fois. J'ai fait un détour par le Jardin du Luxembourg. Je suis allé sur la pelouse, photographier la ruche. Jamais je ne l'avais vue sous cet angle. J'ai un peu traîné. Longtemps que je n'étais pas venu. Surtout par ce côté. J'ai compris pourquoi je l'évite de plus en plus ce coin du jardin. Trop d'images, trop de souvenirs. Mais pas simplement ça. Déposés dans le paysage qui s'offre, les rêves aussi, et les illusions de l'adolescent que j'étais - quelle horrible période - et puis ses frayeurs, ses incertitudes qui malgré les années non pas tout à fait disparu. Quoi d'autre encore ? Ah oui, le futur tel que je le spéculais qui est le présent d'où j'écris (quoique je ne m'imaginais pas alors vivre aussi longtemps), à la fois si semblable et tellement autre. C'est cela que je vois dans ce simple paysage : des images endormies qui s'animent, les silhouettes fantomatiques des jours oubliés qui hantent encore la conscience et réapparaissent à la faveur d'une réminiscence... Choses abolies, espérances contrariése, bonheurs furtifs .... Et en surimpression, différentes formes prêtées à cette idée de soi qu'on nomme identité, qui ne cessent de se mêler, se croiser, s'enchevêtrer s'éclater se recomposer aux prismes d'un temps diffracté.

vendredi 22 juin 2012

Dormir pour oublier (8)

Métropolitain, Juin 2012
Voilà
stratégie contraphobique me dit P.
quand je lui montre la série "dormir pour oublier",  
Possible.... Quoiqu'il en soit je n'arrive pas à m'y faire.


mercredi 20 juin 2012

Très énigmatique

Rue Notre-dame-des-champs Juin 2012

Voilà
je me pose des questions
Code secret ? Mot de passe ? Nonsense ? Private Joke ?

mardi 19 juin 2012

Songeur


Voilà
il y a des journées dont on se passerait bien. Bon je ne raconterai pas en détails, j'aurais l'impression d'endosser une fois de plus une névrose qui ne m'appartient pas. Il y a des effets dont on croit s'être défait et on s'aperçoit qu'on les porte encore, on est incapable de se souvenir qu'on les a remis, on les a c'est tout, c'est bien agaçant, à croire qu'on ne peut pas s'en débarrasser. Il faudrait pouvoir n'envisager les choses ne percevoir les événements qu'avec humour distance avec le style quoi bref à l'anglaise never complain never explain ce qu'on appelle la classe l'élégance... Sûr jusqu'à présent suis loin du compte ah oui ça vraiment loin très loin, mais persévérer quand même s'obstiner... Quoiqu'il en soit l'absurdité de certains événements de certaines vies écrites comme des histoires, laisse songeur... Et j'étais là Bd St Martin abasourdi devant ce message sur l'écran du smartphone. Quand même je trouvais que cela faisait beaucoup en peu de temps... Ce délicieux paysage urbain qui s'offrait à moi m'a semblé l'image adéquate pour illustrer l'état qui était le mien.

lundi 18 juin 2012

Dans le bleu du ciel



Voilà
il y a encore soixante-dix ans une telle représentation était inimaginable. Ce que voyait l'œil et enregistrait le cerveau lorsque l'homme tournait son regard vers le ciel demeurait semblable à ce qu'avaient pu, dès qu'ils s'étaient tenus debout, contempler ses plus lointains ancêtres. J'ai déjà évoqué combien je me suis, alors que j'étais enfant, abandonné à la contemplation de ces sillages que traçaient dans l'azur les scintillants avions de ligne à réaction. Cela ancrait en moi l'idée que le futur avait réellement commencé, du moins une certaine idée du futur, telle qu'elle se véhiculait dans la plupart des bandes dessinées et publications pour la jeunesse comme on disait alors. L'apologie des sciences et des techniques y était alors répandue. Mais peut-être cette croyance trouvait elle aussi sa source dans l'un des tout premiers livres que j'ai lus. Il s'appelait "le petit aviateur" un texte de Gilbert Delahaye illustré par Fred et Liliane Funcken qui plus tard conçurent les aventures du "Chevalier blanc" dans le journal de Tintin, et surtout "les belles histoires de l'oncle Paul" dans Spirou. Je l'ai retrouvé il y a quelques années, là-bas au grenier. Depuis, la bibliothèque de ma chambre l'abrite parmi mes livres de chevet. C'est l'histoire d'Alex, un enfant qui pilote des avions. D'abord un avion de tourisme, puis un hélicoptère, un hydravion jaune, un planeur et même un chasseur à réaction ("c'est un météor") qui ne laisse aucune trace derrière lui. Il finira par traverser l'atlantique aux commandes d'un long-courrier à hélices. Tout cela je l'écris, simplement à cause de l'orage et de la pluie battante qui m'ont réveillé, et parce que je réalise que le ciel sur Paris n'est jamais resté bleu plus d'une semaine au cours de ce printemps et que l'insomnie ramène souvenirs et anecdotes. Comme le dit Epikodhov dans "La cerisaie", je ne suis pas du tout d'accord avec ce climat. (linked with skywatch friday)

Publications les plus consultėes cette année