lundi 18 juin 2012

Dans le bleu du ciel



Voilà
il y a encore soixante-dix ans une telle représentation était inimaginable. Ce que voyait l'œil et enregistrait le cerveau lorsque l'homme tournait son regard vers le ciel demeurait semblable à ce qu'avaient pu, dès qu'ils s'étaient tenus debout, contempler ses plus lointains ancêtres. J'ai déjà évoqué combien je me suis, alors que j'étais enfant, abandonné à la contemplation de ces sillages que traçaient dans l'azur les scintillants avions de ligne à réaction. Cela ancrait en moi l'idée que le futur avait réellement commencé, du moins une certaine idée du futur, telle qu'elle se véhiculait dans la plupart des bandes dessinées et publications pour la jeunesse comme on disait alors. L'apologie des sciences et des techniques y était alors répandue. Mais peut-être cette croyance trouvait elle aussi sa source dans l'un des tout premiers livres que j'ai lus. Il s'appelait "le petit aviateur" un texte de Gilbert Delahaye illustré par Fred et Liliane Funcken qui plus tard conçurent les aventures du "Chevalier blanc" dans le journal de Tintin, et surtout "les belles histoires de l'oncle Paul" dans Spirou. Je l'ai retrouvé il y a quelques années, là-bas au grenier. Depuis, la bibliothèque de ma chambre l'abrite parmi mes livres de chevet. C'est l'histoire d'Alex, un enfant qui pilote des avions. D'abord un avion de tourisme, puis un hélicoptère, un hydravion jaune, un planeur et même un chasseur à réaction ("c'est un météor") qui ne laisse aucune trace derrière lui. Il finira par traverser l'atlantique aux commandes d'un long-courrier à hélices. Tout cela je l'écris, simplement à cause de l'orage et de la pluie battante qui m'ont réveillé, et parce que je réalise que le ciel sur Paris n'est jamais resté bleu plus d'une semaine au cours de ce printemps et que l'insomnie ramène souvenirs et anecdotes. Comme le dit Epikodhov dans "La cerisaie", je ne suis pas du tout d'accord avec ce climat.

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