mardi 17 octobre 2017

Tenter de savoir


Voilà,
"Écrire, c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait, si on écrivait" disait Marguerite Duras. S'agit-il pour moi de tenter de savoir ce que je dessinerais si je dessinais, lorsque je fabrique une image ? Quoiqu'il en soit, la douleur m'a réveillé au milieu de la nuit, et je ressemblais à cela. Ma tête, ma mâchoire, mes dents ma gorge me faisaient horriblement souffrir. J'avais envie de crier et peur de vomir. J'ai alors songé dans un état de confusion, qu'il me fallait ne pas perdre de temps et continuer d'écrire, de dessiner, aboutir un certain nombre de projets, parce que peut-être cette douleur plus tard ne ferait qu'empirer au point de rendre toute entreprise impossible. Le souvenir de Deleuze, qui s'est défenestré du fait d'une intenable souffrance, m'a traversé. Et puis celui de Chamfort aussi qui écrivait "Jouis et fais jouir sans faire de mal, ni à toi ni à personne, voilà je crois toute la morale". Jouir, faire jouir, travailler. Ai-je encore assez de forces, assez de temps ? Au petit matin, la radio annonce que le parc des centrales nucléaires françaises est dans un état de vétusté et de dégradation alarmant. Bon, ça relativise. Une chose est sûre, la journée va être difficile.

4 commentaires:

  1. À te lire on imaginerait que tu es très souvent au bord du précipice; je veux penser que tu n'oublies pas de jouir comme dit Chamfort... Note que les maux (j'allais écrire les mots) de dents sont infernaux, interminables, désespérants.
    Relativise, allège amigo!

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    1. oui c'est en effet là où je me tiens. Non loin du bord de la falaise. Mais l'érosion gagne, la falaise s'effrite. Le précipice en quelque sorte s'approche. Et je suis cloué sur place

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  2. That actually could be a good title: "On the precipice"

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  3. Je trouve l'image assez terrifiante. Elle représente bien l'intense douleur, mêlée à l'angoisse...

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