dimanche 29 janvier 2023

Baudelaire sur un mur

Voilà,
en Octobre dernier dans le quartier de la Butte-aux-cailles, paradis des muralistes, où je me suis souvent attardé à la recherche de bonnes surprises, j'ai remarqué celui-ci assez récent légendé par un extrait de poème de Charles Baudelaire qui dit en substance ceci
 
je verrai les printemps les étés les automnes
et quand viendra l'hiver aux neiges monotones
je fermerai partout portières et volets
pour bâtir dans la nuit mes féériques palais
 

 
Je crois qu'il est peint sur un mur de l'ancienne école des Télécoms Paris qui va être aménagée en un nouvel "ensemble de logements intermédiaires pour des personnes de classe moyenne" ai-je lu quelque part sur le net, classe qui toutefois, tend à disparaître ces derniers temps dans Paris, et en France d'ici quelques années au train où vont les choses, mais c'est une autre histoire.

jeudi 26 janvier 2023

Divertissement


Voilà 
ici en Occident où la paix est devenue pourtant si fragile, beaucoup se réjouissent au spectacle de blockbusters où il n'est questions que de guerres de conspirations de ravages d'invasions de tentatives plus ou moins abouties d'exterminations. Comme si la réalité ne nous suffisait pas. Comme si se manifestait un désir — jusque là enfoui — qu'il n'y ait plus ni réel ni fiction, plus de vrai ni de faux mais de préférence, entre la nostalgie d'un passé enfui et la terreur d'un avenir qui sera tout sauf radieux, une perpétuelle et brutale hallucination qui tiendrait lieu de divertissement en se substituant à ce monde en passe de disparaître plus ou moins lentement.
Où n'est de joie possible sans que l'idée du désastre ne l'assombrisse, l'hallucination qui nous permet de saisir avec tant d'intensité la sensation d'une agonie ne s’affirmerait-elle pas, dès lors, comme la seule possibilité, dans un même espace, d'un partage collectif voire même d'une extase commune

mercredi 25 janvier 2023

Sous le ciel uniformémént gris

Voilà,
c'était l'année dernière au mois de Janvier. Sous le ciel uniformément gris, je marchais dans le jardin des Tuileries. J'allais retrouver une amie perdue de vue depuis longtemps, afin de visiter en sa compagnie une exposition consacrée à De Kooning, au musée de l'Orangerie. Levant la tête, la possibilité d'une photo géométrique, presque constructiviste s'offrit à mon regard. En même temps émergeait de ma mémoire ce malaise éprouvé dans les allées du jardin des plantes, un autre matin d'hiver, alors que je n'avais que quatorze ans. Une vague de tristesse et d'incompréhension m'avait alors submergé. Le lugubre spectacle des arbres squelettiques dépourvus de feuilles et si absurdement taillés en avait été la cause. 
Un demi-siècle après, la perspective d'un cadre précis, le projet d'une composition froide et rigoureuse, presque abstraite, opposant les courbes de la nature à la férocité sécatrice de l'homme, me préserverait d'un brusque accès de mélancolie. 

dimanche 22 janvier 2023

Nuages et papillons


Voilà,
non loin du rond-point Franklin Roosevelt, sur le trottoir de droite, lorsque l'on remonte les Champs-Élysées en direction de l'Arc de Triomphe, un vaste immeuble dont je ne me souviens plus ce qu'il abritait est actuellement en réfection. Une vaste bâche, très sobrement décorée de papillons en relief, le dissimule. Elle rappelle un peu, par sa blancheur et son élégance, celle que l'on a dressée sur la façade du futur siège de la maison Dior

samedi 21 janvier 2023

Les ombres du passé

 
Voilà, 
il y avait cette étudiante à la fac qui était en section théâtre, assez drôle, assez grande gueule, une brune racée, le type un peu espagnol. Elle avait beaucoup de quincaillerie aux poignets, des boucles d'oreilles des colliers. Elle posait d'ailleurs pour cette photographe très en vogue dans les années 70, Irina Ionesco, qui réalisait des images assez baroques, — un peu kitsch de mon point de vue — peuplées de femmes très fardées, parées de bijoux posant au milieu de décors chargés. Irina Ionesco avait aussi fait poser sa propre fille dès ses quatre dans des photos à caractère sexuel, que ne réprouvait pas la morale de l'époque. Cela suscita une plainte de sa progéniture au début des années 2000, et aboutit, je crois à un procès, mais ça c’est une autre histoire. L’étudiante – ça me revient – avait un nom désuet, vraiment pas en usage l'époque, un nom de ... oui c'est ça Viviane je crois, un nom de fée. Je me demande ce qu'elle est devenue.

(...)

J'ai consulté mon vieux répertoire de l'époque, — celui-là je ne le jette pas— dans lequel j'écrivais à la plume calligraphique les noms les adresses et les numéros de téléphone, et où parfois Agnès en rajoutait d'autres de son étrange et enfantine écriture, oui Viviane P. qui habitait rue Amelot, j'ai retrouvé son nom de famille... 
D'autres visages de cette époque ressurgissent confusément. il y a aussi tous ces noms, qui me rappellent des circonstances, des raisons d'avoir été inscrits, des moments précis, mais qui ne renvoient plus à aucun visage. 
Oui, certes  je rencontrais des gens qui me laissaient leur numéro de téléphone, mais souvent je ne donnais pas suite, j'étais trop introverti, les gens me faisaient peur (encore aujourd'hui, mais avec l'âge je dissimule mieux mon inconfort en société).
Je me suis souvenu de ce passage de Louis-Ferdinand Céline, dans "Voyage au bout de la nuit", "Dans l'obscurité il continuait à me parler pendant que je remontais dans mon passé avec le ton de sa voix comme un appel devant les portes des années et puis des mois et des mes jours pour me demander où j'avais bien pu le rencontrer cet être là. Mais je ne trouvai rien. On ne me répondait pas. On peut se perdre en allant à tâtons parmi les formes révolues, c'est effrayant ce qu'on en a des choses et des gens qui ne bougent plus dans son passé. Les vivants qu'on égare dans les cryptes du temps dorment si bien avec les morts qu'une même ombre les confond déjà.
On ne sait plus qui réveiller en vieillissant, les vivants ou les morts"  

jeudi 19 janvier 2023

Pas un pas de plus

 
Voilà, 
Il ne fera pas un pas de plus. Il ne cherchera pas à fuir son bourreau. Il se tient face à lui, déterminé. Il n'enlèvera pas les mains de son dos lorsqu'on le lui demandera. Il attend. Simplement. Sans rien laisser deviner de sa peur.  Il se rappelle ces moments lointains où tout semblait si clair. Le monde alors était à ses pieds. Il ny aura bientôt plus rien à saisir. Pas même les clés serrées dans son poing fermé, inutiles, à présent. Ce qu'il reste de portes n'ouvre plus désormais que sur du vent, des cendres, des fantômes.
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dimanche 15 janvier 2023

Pois et poupée

Voilà,
le bâtiment qui se dresse à l'angle de l'avenue Georges V et des Champs-Elysées, abrite le magasin Louis Vuitton. Une poupée géante représentant Yayoï Kusama chevauche l''immeuble depuis quelques jours. La façade de l’entreprise de luxe qui entretient avec elle un fructueux partenariat commencé il y a plus de dix ans déjà, est constellée de pois de couleurs, caractéristiques du travail de la plasticienne japonaise. Celle-ci a imaginé pour cette nouvelle année une collection de 400 pièces intitulée « Creating Infinity », composée d’éléments de maroquinerie, de parfum, d’accessoires…

samedi 14 janvier 2023

Une maladie me vidait de ma propre substance

 

 
Voilà,
je réalisais que, dans une réalité périphérique sûrement constituée d’un plus grand nombre de variables et de dimensions que celle-ci, dont ce rêve constituait en quelque sorte une chambre d'écho, j'étais atteint d’une maladie qui me vidait de ma propre substance. Quelque chose creusait mon corps par endroits. Une de mes fesses n'était plus qu'une gigantesque escarre purulente et sanguinolente. J'avais été en certaines surfaces, creusé, raclé. 
Des bouts de chair avaient disparu. Je n'étais plus que plaies vives. Étrangement, je ne souffrais pas. Cherchant à atteindre des parties de mon corps qui n'étaient pas des membres, (car de ceux ci j'avais encore l'usage) je m'apercevais qu'elles manquaient. Soudain l'angoisse d'avoir — sans que je n'en ai de souvenir —  en quelque sorte été mangé par une force inconnue, se transforma en douleur me ramenant à cette-réalité-ci. Une odeur d'ananas flottait dans l'air

vendredi 13 janvier 2023

Une épave

 
 
Voilà,
je scanne des vieilles pellicules. Je remonte le temps. Cette photo doit dater du début des années quatre-vingts. Je m’étais alors acheté un minolta un peu conséquent avec une partie de l’argent gagné sur le spectacle « Prométhée porte-feu » monté par André Engel pour le festival de Nancy. En ce temps là, il m’arrivait encore de passer de temps à autre chez mes géniteurs qui habitaient dans le Sud-Ouest. Au bord du sentier menant de leur maison à la rivière, il y avait cette épave d'une voiture construite avant la deuxième guerre mondiale. Elle est longtemps restée abandonnée là. Au début des années quatre-vingt-dix il en restait encore des traces. Au bout d’un moment les ferrailleurs ont fini par la désosser complètement.

jeudi 12 janvier 2023

Une autre ville

 
 
Voilà,
le nouveau quartier Europe de Lille. Notre époque. Récents immeubles de bureaux aux façades clinquantes. Sont-elles adaptés aux changements climatiques à venir ? La tour d’habitations résidentielle pour catégories socioprofessionnelles supérieures. La grille de protection qui ferme la nuit. Le livreur uber en vélo, parfait représentant du lumpen-prolétariat de ce début de siècle. Les descendants d’esclaves devenus les nôtres. Comme si de rien n’était. Une belle matinée ensoleillée. Un temps froid et sec comme j’aime. Plaisir de marcher dans une autre ville. Pourtant un journaliste russe de la chaîne officielle a déclaré qu’il fallait rayer la France de la carte du monde. Jeff Beck est mort. Une comète s’approche qui sera visible à l’œil nu. La dernière fois qu’elle est passée à proximité, la terre était peuplée de chasseurs cueilleurs.

mardi 10 janvier 2023

Dans le cabinet d'une doctoresse


Voilà, 
dans le cabinet d’une doctoresse ni belle ni moche et sensiblement plus âgée que moi, nous discutions depuis un certain temps. Bien que je fus venu pour une raison médicale, la conversation avait dévié sur le maoïsme et les utopies qui s’y attachaient alors, et dont, me confiait-elle, elle avait encore la nostalgie. Nous nous étions longtemps tenus assis côte à côte, légèrement de biais. Si j’avais remarqué la grande fenêtre d’un seul tenant qui était derrière elle, presque une vitrine, ce ne fut qu’au cours de la conversation que devant le paysage qui soudain m’était apparu, (sans doute avait il été précédemment dissimulé dans le brouillard) paysage où je distinguais un vaste cours d’eau bordé d’une verte forêt et des montagnes au loin, (ce qui me faisait à la fois songer à Ornans, le village de Gustave Courbet et à une région du Québec, où je ne suis pourtant jamais allé) ; devant ce paysage donc je m'étais alors bruyamment extasié, accumulant autant de clichés que de superlatifs, répétant souvent "c't’ incroyable, c't’incroyable" tout en éloignant mon fauteuil vers le fond de la pièce. Non sans une certaine précipitation d'ailleurs, je dois bien l’admettre.

lundi 9 janvier 2023

L' Avenir


 Voilà
Silence des ruines
solitaire un monstre guette
bave sur nos peurs
(Kaoru Tanaka)

(...)
 
et puis tout à coup je me suis souvenu de ça, et particulièrement de ce morceau sur ce disque que j'avais acheté en même temps que le premier album de Madness et le premier des B52's (c'était le jour des premiers albums), à la FNAC du forum des Halles qui venait d'ouvrir depuis peu. Je commençais tout juste à travailler au centre Pompidou... C'était fin 1979 Plus de quarante ans ont passé. Le corps a vieilli, mais il est encore vivant contrairement à celui de Terry Hall, le chanteur des Specials disparu depuis peu et qui ne fera plus le chien. 
Je suis toujours aussi largué, d'une façon différente, bien sûr, mais pas moins déconcertante. D'ailleurs de temps en temps je ne peux m'empêcher de faire le même genre de collages. Je ne sais si c'est le manque d'inspiration ou le besoin de passer un petit bonjour au jeune homme que j'étais alors. D'ailleurs j'ai de nouveau envie de me réfugier dans ma tanière et de n'en point sortir. L'hiver sans doute, pourtant pas très rigoureux pour le moment.

dimanche 8 janvier 2023

Cariatides et trompe-l'œil


Voilà, 
le cinéma "Le Mazarin" à Aix en Provence décline une série de trompe-l'œil, sur sa façade. Au dessus de l'entrée, ainsi que pour l'encadrement des affiches. Mais le plus remarquable tient à ses fausses cariatides représentant l'une Hitchcock (que je trouve très drôle) et l'autre Orson Welles, je crois.
 
 
 

vendredi 6 janvier 2023

Château de Saumur


Voilà,
cette photo j'ai du la prendre en 1992, je crois. Je l'aime bien parce qu'elle offre un angle tout à fait insolite depuis la falaise crayeuse, avec ce bout du château et le clocher de l'église Saint-Pierre en contrebas dont on aperçoit la flèche polygonale et légèrement vrillée.
C'est une ville où je suis souvent retourné au cours de mon enfance car mon grand-père habitait à proximité. Je n'ai jamais su comment ni pourquoi il avait débarqué là plutôt qu'ailleurs.
Je crois que c'est dans cette ville, en  tous cas dans cette région que je suis allé pour la première fois à l'école maternelle.
Vers douze treize ans un certain été, je me rendais seul en vélo à la piscine locale située sur la rive opposée de la Loire. J’y sautais depuis le plongeoir de cinq mètres et j’en étais très fier.
Je n'ai jamais visité le château je crois (ou alors je ne m'en souviens pas), ni les caves à vins Mercier, où l'on fabriquait du pétillant selon la méthode champenoise. 
La ville est connue pour sa célèbre institution militaire équestre "Le cadre noir", corps de cavaliers d'élite français, instructeurs à l'École nationale d'équitation. La doctrine du Cadre noir, fixée par le général L’Hotte au dix-neuvième siècle, est "le cheval calme, en avant, et droit" .
C'est une ville à laquelle me rattachent beaucoup de souvenirs et à laquelle je repense parfois avec des sentiments mêlés.  

jeudi 5 janvier 2023

Étrangement doux pour la saison

Voilà,
on verra bien si le vieil adage en vogue dans nos campagnes "Noël au balcon, Pâques au tison" se trouvera vérifié d'ici quelques mois. Cette photo a été prise le 31 décembre dernier, à la fin d'une semaine particulièrement douce pour la saison (mais il en était de même ici les trois dernières année à la même époque). Et aujourd'hui encore il fait 13°c. avec un ciel couvert, très gris.
 
 
Sur le grand bassin du jardin des Tuileries, les mouettes semblaient particulièrement paisibles et joyeuses pendant que les touristes assez nombreux cette année profitaient de cette ultime journée de l'année.
 

C'est donc un temps à promenade pour les paresseux de mon espèce. Mais si toutefois il ne pleut pas abondamment dans les semaines qui viennent, la sécheresse risque, dit-on, d'être terrible cet été pour les agriculteurs.

mercredi 4 janvier 2023

Il faudrait être capable...

 
Voilà,
il faudrait être capable de s’en tenir à cette sage résolution d’Henry Miller : « Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas voir de journal, ne pas entendre de radio, ne pas écouter de commérage, s'abandonner absolument, complétement à la paresse, être absolument, complètement indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer. Il n'y a pas plus grande, plus extraordinaire bénédiction que l'absence de journaux, l'absence de nouvelles sur ce que peuvent inventer les humains aux quatre coins du monde pour rendre la vie vivable ou invivable. Si seulement on pouvait éliminer la presse, quel grand pas en avant nous ferions, j'en suis sûr ! La presse engendre le mensonge, la haine, la cupidité, l'envie, la suspicion, la peur, la malice. Qu'avons nous à faire de la vérité, telle que nous la servent les  quotidiens ? Ce qu'il nous faut, c'est la paix, la solitude, le loisir...»   
Cela exige de nos jours, une plus grande détermination encore, une aptitude au renoncement que je n’ai pas. Je redoute, chaque fois que je tente d’adopter cette ligne de conduite, d’être surpris par la violence du Réel comme ce fut le cas il y a huit ans ou encore ce matin de février, l'année dernière. Ce sont des temps où il faut se tenir aux aguets, sur ses gardes. Il faut retrouver les vieux réflexes, mais au fond les ai-je jamais perdus ? Tout cela m'épuise. A défaut de me "retrancher du cocotier de l'espèce", je voudrais être capable de me promener, plus souvent sans songer aux catastrophes qui ne cessent de se répandre sur le monde, juste flâner, et m'attarder parfois sur d'étranges reflets, sur des bouts de réalité insolites, comme ce jour là dans le jardin de la galerie de l'Institut, découvert un peu par hasard, un soir d'Octobre lors d'un vernissage où je m'étais invité.
De toute façon les années passent et je ressasse les mêmes conneries. Il y a trois ans déjà, les choses en étaient, pour ma part, sensiblement au même point. Anamorphose et poids du monde. Besoin de fuite aussi. Mais depuis, il s'en est tout de même passé, des trucs bizarres et un peu inquiétants. Je n'y suis vraiment pour rien.

mardi 3 janvier 2023

Marché de Montreuil

 
 
Voilà,
en Iran, depuis trois mois, chaque jour, au péril de leur vie, des femmes manifestent et s'opposent à la police parce qu'elles ont décidé de se libérer du voile et de réagir aux diverses formes d'oppression qu'exerce à leur encontre un clergé sénile et réactionnaire. C'est aussi une grande partie de la jeunesse de ce pays qui se rebelle contre les mollahs. Ailleurs, en Afghanistan depuis plus d’un an, les talibans interdisent aux filles d’aller à l’école et aux femmes de se rendre à l’Université. Alors je peux bien écrire que ça me casse vraiment les couilles de voir ce genre de choses ici au marché de Montreuil à une demi-heure en métro des Champs-Élysées et de la résidence du Président de la République.
Il y aura certainement, parmi les quelques lecteurs de ce blog, des gens pour s'offusquer de cet article, mais qu'ils sachent que je n'en ai rien à foutre car je déteste la bêtise de la bigoterie qui n'est pas simplement le fait de musulmans traditionalistes, mais aussi des juifs orthodoxes, des popes russes, des catholiques rétrogrades des évangélistes réactionnaires et j'en passe, en fait de tous ces trous-du-cul qui se permettent au nom de la religion de dire comment les autres doivent vivre. Et aussi parce que sous toutes les latitudes ce sont toujours les femmes les premières victimes de ces institutions patriarcales et rétrogrades.
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dimanche 1 janvier 2023

Next year's words

 
Voilà
“For last year's words belong to last year's language. 
And next year's words await another voice. 
And to make an end is to make a beginning." 
T-S Eliot 

vendredi 30 décembre 2022

Mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe (11)

 
Voilà
ça me revient, 
la grand-mère d'Agnès, qui ne brillait pas particulièrement par sa joie de vivre, s'esclaffait à chaque fois qu'elle racontait avoir entendu la chanson de Pierre Vassiliu "Qui c'est celui là ?" 

ça me revient
Celle qui laissait des messages sur le répondeur qui commençaient inévitablement par coucou
 
ça me revient 
les bonzes qui se faisaient brûler vifs pour pour protester contre la guerre du Vietnam
 
ça me revient 
c'est par Philippe Tiry que j'ai entendu parler pour la première fois de "Cafougnette"  qui est un peu à la région Nord-Pas-de-Calais, l'équivalent de Tartarin à Tarascon pour le sud. Créé  en 1896 par Jules Mousseron, poète de langue picarde et mineur de fond, il est le héros d'une soixantaine d'histoires savoureuses. L'acteur Jacques Bonnaffé a mis en scène et joué les textes de Jules Mousseron, Cafougnette et l'défilé compilés sur le disque La Fin du Monde. Le spectacle a en outre été enregistré sur DVD : Cafougnette dernier défilé
 
ça me revient 
l'impossibilité d'écouter la chanson "il n'y a pas d'amour heureux" dans la version de Georges Brassens, tant elle me bouleverse. Il paraît qu'Aragon n'était pas très content de l'adaptation de son poème.
 
ça me revient
l'encyclopédie dessinée Tout l'univers. J'étais un peu jaloux de mon camarade Pascal Loiseleux qui avait toute la série, dans la grande maison de ses parents.
 
ça me revient
les livres magnifiques de l'encyclopédie Time Life. J'en avais un intitulé "L'univers" que je m'étais fait offrir vers mes onze ou douze ans, lorsque j'étais passionné d'astronomie et que j'espérais en faire mon métier. C'est dans ce livre que j'ai appris que l'univers était en expansion et aussi le moyen mnémotechnique pour retenir le type spectral des étoiles, permettant de les classer par température du plus chaud au plus froid, chaque type correspondant à une lettre : "O Be A Fine Girl Kiss Me"
 
ça me revient
ces soirs où il arrivait que nous sortions Agnès et moi au cinéma en compagnie de son père. C'était bien, c'était vraiment bien. Je me souviens particulièrement de la fois où nous étions allés découvrir ensemble, le premier film de Nanni Moretti "Je suis un autarcique" au studio des Ursulines

ça me revient 
Cette fille qui m’avait prête des disques brésiliens et fait découvrir Beth Carvalho, Angela Roro et qui s’est suicidée quelques années plus tard à Salvador de Bahia qu'elle n'avait cessé de me vanter comme un paradis
 
ça me revient
Les chansons pour les petites oreilles d’Elise Caron, que je faisais écouter à ma fille quand elle était petite
 
ça me revient 
Un jour j’ai reçu de la part de Mimi Flamand une carte postale avec le portrait de Bono au verso de laquelle elle avait écrit que je lui ressemblais

ça me revient
Alain Cuny déclamant au pied d’un chêne dans le parc d’une propriété à Lapleau avec une emphase grotesque des poèmes d’Henri Michaux
 
ça me revient
le portail d'AOL qui était très coloré

ça me revient, lorsque la serie "Twin Peaks" est sortie en France à la télévision, il n’y avait alors ni replay ni podcast, je bloquais mes soirées et mettais systématiquement le répondeur pour ne pas être dérangé 
 
ça me revient
le spectacle "Ubu à l'Opéra" monté part Georges Wilson, au Théâtre de l'Est parisien, rue Malte-brun, avec le chanteur Dave dans le rôle de Bougrelas qui était, irrésistiblement drôle
 
ça me revient
Les britanniques qui ont le goût de la compétition on inventé la "carbuncle cup" qui récompense la réalisation architecturale la plus laide inaugurée dans l'année. Pour 2015 ce fut sans surprise l'immeuble situé 20, Fenchurch Street surnommé "le talkie-walkie" qui a gagné. En faisant une recherche, je constate que cette tradition a pris fin en 2018
 
ça me revient
celui qui, beaucoup plus jeune que moi, juste après la tuerie de Charlie-Hebdo, et sans doute pour me témoigner son soutien, me dit au téléphone "Bon Charlie c'était pas trop ma culture mais je pense à toi". Quinze journalistes tués, est-ce que tu crois qu'il n'y avait pas autre chose à dire ? Était-ce bien là qu'une affaire de "culture"
 
ça me revient
ces deux jeunes gens à la sortie de "l'image manquante", ce film de Rithy Panh où il utilise des figurines d'argile et des images d'archive, Rithy Panh pour témoigner des atrocités commises par les Khmers rouges au Cambodge entre 1975 et 1979, "oui moi tu vois les figurines j'adhère pas trop". C'était pourtant des élèves de Louis-le-grand...

ça me revient
Agnès aimait beaucoup le duo des chats attribué à Rossini (mais d'aucuns prétendent que c'est un certain Robert Lucas de Pearsall qui l'aurait composé comme une boutade pour se moquer de Rossini)
 
ça me revient
Frank Zappa, en 1984 lors d'une conférence de presse, alors qu'une ses œuvres (the Perfect Stranger) allait être jouée par l'Ensemble Intercontemporain sous la direction de Pierre Boulez dans un programme uniquement composé de compositeurs américains (Ives, Ruggles et Eliott Carter), à la question d'une journaliste qui lui demandait ce qu'il avait de commun avec ses illustres ainés, répondit "le passeport et que lui aussi, tout comme Ives, avait eu besoin toute sa vie d'exercer une profession pour pouvoir composer" 

ça me revient,
ah oui, bonne année,
 
ça me revient mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe

jeudi 29 décembre 2022

Place Saint-Sulpice enneigée

Voilà,
il y a très longtemps, à travers la vitre du bus, j'ai pris cette photo de la place Saint-Sulpice sous la neige. Floue, pas terriblement cadrée, elle se révèle sur le plan technique pleine de défauts. Je ne me souviens même pas de l'état dans lequel je me trouvais lorsque je l'ai réalisée. Il n'y a donc aucun attachement sentimental, aucune Einstellung. Et pourtant elle me plaît. De mon point de vue, je la trouve réussie. Elle me charme (il faut parfois savoir faire preuve d'autosatisfaction). 
Quoique prise à la fin du vingtième siècle et sans doute aussi à cause de la silhouette en premier plan, elle donne l'impression d'une époque plus lointaine en même temps qu'elle suscite une sensation d'incertitude, de vague, comme la trace fugace d'un songe à peine entrevu. C’est ainsi, j’aime les ombres, les silhouettes les reflets, tout ce qui a tendance à déréaliser. Et je veux aussi croire que parmi les images photographiques certaines fractions de secondes, dérobées à cette réalité-ci peuvent suggérer l’existence d’un inframonde ou constituer de secrètes voies d’accès vers des réalités pas vraiment parallèles mais plutôt subrepticement divergentes et ouvrant sur d’autres possibles.

mardi 27 décembre 2022

Balade

Voilà, 
cet après-midi, avec ma fille, nous sommes allés faire une longue promenade dans le parc du Château de Versailles, où je devrais aller plus souvent car ce n'est pas si loin de chez moi avec la gare Montparnasse à proximité. Nous avons poussé jusqu'au Petit Trianon (à l’écart de la foule et que je préfère de loin au château) où se trouve le hameau de la Reine. Il ne faisait pas trop froid, l'air était sec et vif, la lumière magnifique, une belle lumière d'hiver avec nos ombres très longues au sol. J'ai réalisé que j'y allais toujours en hiver (peut-être y suis-je retourné une fois au printemps, mais je ne sais plus quelle année c'était) et qu'il faudrait y retourner aux beaux jours. J'étais heureux en compagnie de ma fille avec laquelle je me sens tellement bien, et dont la présence me stimule et me tient en éveil. Ce fut un moment de bonheur et de douceur partagés. Ça s'est décidé comme ça, après le déjeuner. Elle aurait bien voulu qu'on aille ensemble à la patinoire, mais cela n'aurait pas été très raisonnable. Je ne suis pas d'une agilité farouche sur des patins, et je dois bien prendre en compte mes limites. 
J'étais heureux de lui faire découvrir cette partie du domaine qu'elle ne connaissait pas. on s'est rappelé que la fois où elle avait visité le château avec sa classe, j'étais accompagnateur, et qu'elle avait alors des béquilles à cause d'une entorse à la cheville. Nous étions aussi venus assister à des reprises aux écuries royales siège de l'académie équestre de Versailles dirigée par  Bartabas. Un printemps nous étions aussi venus tous les trois avec sa mère au potager royal, mais c'était à un moment difficile de notre relation, et ce n'est pas vraiment un heureux souvenir. 
Ce soir nous avons mangé ensemble, et puis regardé un film idiot et drôle à la télévision. Une vraie journée de vacances, en somme, insouciante et futile...

dimanche 25 décembre 2022

Un agent de police


 Voilà
"C’était de très bonne heure le matin, les rues étaient propres et vides, je m’en allais à la gare. En comparant une pendule avec ma montre, je vis qu’il était déjà beaucoup plus tard que je n’avais cru ; il fallait me dépêcher ; l’effroi que me causa cette découverte me fit hésiter sur mon chemin, je ne m’y connaissais pas encore bien dans cette ville ; il y avait heureusement un agent de police à proximité, je courus vers lui et lui demandai hors d’haleine mon chemin. Il se mit à me sourire et me dit : "C’est de moi que tu veux apprendre ton chemin ? - Oui, lui dis-je, puisque je ne peux pas le trouver tout seul. - Abandonne, abandonne ! " dit-il en se détournant de moi d’un geste large, comme font les gens qui ont envie de rire en toute liberté. "(Franz Kafka) 

vendredi 23 décembre 2022

Encore la Sainte Victoire

Voilà
une perspective que Paul Cézanne n'aura pas connue, avais-je alors songé en déclenchant l'appareil, puisque de son temps ce lac n’existait pas, — le barrage de Bimont n'ayant été construit qu'entre 1946 et 1952 —. Conçu par l'ingénieur Joseph Rigaud pour barrer le lit de la Cause et surtout retenir les eaux captées du Verdon il permet une retenue d'eau situé au nord-ouest de la montagne Sainte-Victoire, sur la route de Vauvenargues, à la hauteur de Saint-Marc-Jaumegarde. 
Tout au long de mon excursion j'étais demeuré fasciné par cet éperon calcaire à la fois proche et lointain, que je ne pouvais m'empêcher de photographier


Parvenu au barrage, je m'étais résolu à continuer ma promenade jusqu'au Tholonet de l'autre côté de la montagne, car dans une cabane située à proximité, des personnes chargées de guider et conseiller les randonneurs m'avaient assuré que le parcours était facile et bien fléché. Mais quand on est daltonien on a parfois du mal à reconnaître les couleurs identifiant les sentiers et il arrive que l'on fasse fausse route. Ce jour là, j'ai donc mis un peu plus de temps que prévu pour arriver à destination, mais, tout de même, en dépit de quelques détours, j'y suis parvenu.

mercredi 21 décembre 2022

Trois phrases

Voilà
comment j'ai procédé. Hier soir je me suis dirigé vers la bibliothèque qui se trouve sous l'escalier et qui est plutôt dévolue à la poésie. Un peu par hasard mon choix s'est porté sur "Lords and the new creatures" de Jim Morrison. J'avais envie de voir comment une Intelligence artificielle pouvait convertir une simple phrase qui ne soit pas descriptive en une image.
J'ai soumis à l'intelligence artificielle trois sentences de cet ouvrage. 
 
La première "the appeal of cinema lies in the fear of death". 
 

 
 
La seconde "Film confers a kind of spurious eternity". 

 
 
La troisième "film spectators are quiet vampires"
 
A chaque fois l'opération n'a pas duré plus d'une minute. J'ai pris ce qui apparaissait, sauf pour la troisième proposition, car la première image sortie était laide et sans intérêt. J''ai accepté la seconde. Je n'ai opéré aucune retouche par photoshop ou autre. J'ai seulement ajouté un cadre. 
J'ai laissé deux jours les images dans un dossier sans les regarder. Sur le coup je les ai trouvées plutôt à mon goût. Insolites, vraiment, surtout les deux premières. 
 
Mais, aussitôt j'ai ressenti une sorte de vertige. Un peu comme lorsqu'on prend une drogue, ou que l'on fait quelque chose de transgressif ou de dangereux pour soi.
Puis une soudaine envie d'aller me coucher, de m'ensevelir dans le sommeil. Étourdi, vacillant, groggy, tel était mon état.
Une terrible et immense tristesse m'a envahi, une grande envie de pleurer aussi. Vous savez, cette boule de chagrin dans la gorge.
J'aurais pourtant du trouver ça formidable, m'enthousiasmer. Me suis senti soudain effroyablement seul. Comme si le programme s’était insinué en moi, m’avait contaminé.
J'aurais voulu être avec quelqu'un qui me comprenne, qui vibre pour les mêmes choses que moi. Qui soit en mesure de me soutenir. J'ai regardé mon salon et il m'a semblé ne pas y être tout à fait.

mardi 20 décembre 2022

Sinon tout va bien ⸮


Voilà,
le 29 Mai 2021 à la centrale électrothermique TET-3 de Norilsk, filiale du géant énergétique Nornikel, situé dans l'arctique russe, un réservoir de gazole s'était, suite à un mouvement du sol dû au réchauffement du permafrost, dépressurisé et avait occasionné une fuite de carburant sur la route et dans les environs. Une voiture s’était enflammée, et avait provoqué un incendie sur 350 m2. Le réservoir s’était alors vidé de 21 000 tonnes de gazole, qui s'étaient déversées dans la rivière Ambarnaïa, et son affluent, le Daldykan. Les experts avaient par la suite estimé que les conséquences de l’avarie auraient un impact écologique sur la région pendant de nombreuses années et que si l'on parvenait à bien nettoyer la région la revégétalisation des sols nécessiterait beaucoup de temps. C'était juste une catastrophe écologique en temps de paix Cela semble évidemment bien loin. C'est une nouvelle ensevelie dans le flot d'informations qui lui ont succédé, enfouie, oubliée, tout comme sont déjà oubliées (sauf par ceux qui furent directement concernés),  le dôme de chaleur ayant causé des centaines de morts au Canada et dans l'ouest des Etats-Unis durant l'été 21, les inondations en Allemagne et en Belgique qui ont fait 200 victimes, la tempête Ida sur la côte est des USA, la tempête hivernale Uri au Texas, les inondations dans la province du Henan de l'été 21, les inondations en Colombie Britannique, les incendies et les sécheresses de cette année en diverses régions du monde. 
Depuis, une puissance nucléaire a déclenché en Europe une guerre d'agression sanglante et  la plus vaste centrale nucléaire de l'ex-empire soviétique se trouve au centre d'un immense champ de bataille. L'hiver offre une sorte de répit, ou plus précisément impose une accalmie qui — au mieux, mais rien n'est moins sûr — s'achèvera au printemps prochain. D'ores et déjà Poutine, a révélé, il y a deux jours, que son armée prendra part à des manœuvres « tactiques » en Biélorussie. Sans plus de détails, ni de lieux, ni de dates. Plus que jamais, comme le disait Bruno Latour "le contraste entre le calme avec lequel nous continuons à vivre tranquillement et ce qui nous arrive est vertigineux". On en est ici, encore à commenter le résultat de la coupe du monde de football, sur le net on rapporte l'histoire de ces argentins qui ont fait l'aller retour Argentine-Quatar pour voir la finale, on nous incite à nous plonger dans la féérie consumériste de Noël. On s'extasie ou l'on dénigre les performances d'Open AI et de chat GPT, on s'efforce de ne pas trop songer aux crimes de la dictature islamique en Iran, aux dérèglements sociaux qui se manifestent un peu partout dans le monde. Chacun s'emploie à ne pas songer au pétard qui va nous exploser tôt ou tard à la gueule, et bricole dans son coin avec les moyens du bord.
Sinon tout va bien  
Pour ma part je vais voir des expositions, je regarde des films avec ma fille ("Some like it hot", qu'elle ne connaissait pas, hier à la cinémathèque), je lis des vrais livres avec des pages en papier, je vais un peu au théâtre, j'entretiens, autant que possible, les liens d'amitié, je m'accommode de la fatigue et des douleurs, j'essaie de prendre du plaisir dans la mesure de mes moyens, je m'obstine à bidouiller des images dans mon coin, (comme celle qui illustre cette publication et qui l'air de rien a requis un nombre non négligeable d'heures durant lesquelles je ne me suis pas senti vieillir), j'évite les gens chiants, je dors beaucoup, j'écoute la radio et beaucoup de musique classique, j'essaie moi aussi de me tenir au courant des dernières trouvailles informatiques, et je tâche de ne pas oublier, comme le disait Philippe K.Dick que la réalité c'est ce qui continue d'exister quand on cesse d'y croire. Ça sera ma contribution du jour à l'esprit de Noël
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