jeudi 10 novembre 2011

Histoires de manèges

 
 
Voilà
les manèges aussi, j'aime bien photographier les manèges. Même si une photo de manège en rappelle inévitablement une autre (c'est dans l'histoire de la photographie un motif récurrent, je crois). A chaque fois pour moi, c'est l'enfance qui vient s'insinuer dans l'image, la nostalgie d'un temps aboli, la reviviscence de quelques lointains moments de joie et de mélancolie mêlées, car il fallait bien se résoudre n'est ce pas, à ce qu'il y ait un dernier tour, et que cela s'arrête, cet enchantement de tourner en rond, cet abandon à la jouissance d'un temps circulaire et toujours trop court. Souvent la frustration l'emportait sur le plaisir. Dans la plupart des albums de famille, il y a le sourire, ou la mine sérieuse et concentrée d'un enfant sur un petit cheval une girafe, ou dans un avion, une voiture de pompiers, un carrosse de conte de fées. Et puis vient toujours un moment où la perspective de tourner en rond se révèle moins attrayante et l'on s'éloigne des manèges tout au moins tant qu'on n'y a personne à accompagner... 
 


Certains manèges, ont retenu mon attention. Je me souviens de celui que j'appelle le manège du bout des terres, photographié par une fin d'après midi d'été en Bretagne.
 
 
 
Ou encore de celui de Talmont si émouvant par ce petit matin tiède vraisemblablement au lendemain d'une fête de village... Étais-je alors vraiment là, ou bien renvoyé à une autre période de mon existence, ou au désir d'une vie autre et inaccomplie? Wim Wenders a magnifiquement évoqué cela dans la préface de son livre "Une fois". Parlant de l'appareil photo, il dit que celui ci "voit devant lui son objet et derrière lui la raison pour laquelle cet objet devait être fixé" il dit aussi  - car c'est le même mot qui en allemand définit l'attitude par laquelle quelqu'un s'oriente vers quelque chose, et la façon dont on cadre une image en photographie - que "chaque Einstellung (c'est à dire chaque image) reflète aussi l'Einstellung (attitude) de celui qui a enregistré cette image".  
première publication 10 Novembre 2011

15 commentaires:

  1. Beautiful shot of the carousel. It reminds me of an earlier time.

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  2. I love the first one! Cinematic picture with fantastic mood. Tasty colors.

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  3. Time marches on. The mind trips to memories of childhood when? When we see a tire swing, a greyhound bus, or a carousel. Sometimes it can be a word, a movement of a person, a place. It is like having a rolodex in our brain and where it turns and stops nobody knows. But there is the memory. As quick as it comes the memory disappears and back onto the rolodex it goes until another day, month, year, time.

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  4. They're trying to erase memories here-- Somebody in Texas is suggesting that textbooks use the term "involuntary relocation" in place of slavery. Sorry--- that has nothing to do with Merrie-go-Rounds. Joni Mitchell's "Circle Game" is running through my mind as I look at your images. https://www.youtube.com/watch?v=V9VoLCO-d6U

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  5. Un aimant pour photographes, et enfants.

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  6. ...the amusement ride brights back memories of my childhood, thanks.

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  7. No wonder it is called amusement park :)

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  8. I always had a fond love of carousels as a child and even now as an adult. I blogged about a special one a while ago in Colorado called "The Carousel of Happiness" which has a wonderful story.

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  9. I am somehow surprised that they still exist.

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