mercredi 11 septembre 2024

J'aime / je n'aime pas (17)

 
 
 
Voilà,
J'aime la couleur verte que prend l'eau après qu'on ait fait chauffer des fonds d'artichauts
 
je n'aime pas les brushing des femmes dans les films des années 80. Par exemple la vedette féminine de "Terminator". Quand tu revois le film longtemps après, sa coupe c'est vraiment un truc abominable
 
j'aime réaliser une nouvelle recette de cuisine
 
je n'aime pas devoir faire dégivrer le congélateur
 
j'aime arracher les feuilles mortes des géraniums
 
je n'aime pas quand tout à coup le ciel devient très gris et que l'orage menace
 
j'aime entendre par hasard Stéphane Grappelli et Django Reinhardt et le hot club de France
 
je n'aime pas que des gens toussent dans les lieux public sans mettre leur main devant la bouche
 
j'aime regarder les abeilles et les bourdons butiner les fleurs de mon balcon
 
je n'aime pas que les filles disent "ça me casse les couilles", c'est aussi absurde qu'inélégant
 
 
je n'aime pas l’usage de plus en plus répandu de ces néologismes comme "auteurice" ou "spectateurice" pour désigner en un seul mot le genre. Peut-être que je  n’aime pas le mélange des genres parce que je suis trop vieux
 
j'aime le Gambetta, ce sirop de figue qu'on ne trouve qu'en Provence et que je ne bois plus que lorsque je me trouve au festival d'Avignon. Autrefois quand je passais mes vacances dans le sud, j'en ramenais systématiquement après chaque été.
 
je n'aime pas ouvrir le réseau social bleu et apprendre la mort d'une connaissance perdue de vue depuis longtemps.
 
j'aime sortir dans la rue, et imaginer que j'ai le visage de ma fille, que je suis elle en train de sourire
 
je n'aime pas cette tristesse que j'éprouve lorsque je parviens à la fin d'un bon livre. les allemands ont un mot pour cela : "Buchendschmerz". Les allemands peuvent avoir un mot pour tout.
 
j'aime écrire des listes
 
je n'aime pas que ces gens qui se prétendaient mes "ami(e)s", qui étaient aux abonnés absents quand ils me savaient en grande détresse et qui me rappellent aujourd'hui au téléphone comme si rien ne s'était passé.
 
j'aime l’ambiance des Lounge d'hôtels haut de gamme avec des pianistes jouant des vieux standards de Jazz

je n'aime pas cette bande annonce de la tranche du matin de France Culture "des artistes, des experts des intellectuels" qui exhale tellement l'entre-soi
 
j'aime entendre jean-Pierre Rampal jouer Mozart à la flûte, c'est réconfortant
 
je n'aime pas les W.C dont la porte s’ouvre sur l’intérieur et où l’on n’a pas suffisamment de place entre le mur et la porte
 
j'aime les tableaux de Victor Brauner. ce qui est étrange c'est que je me souviens que je les aime uniquement quand je les vois
 
je n'aime pas le ton de cette présentatrice d'une émission scientifique sur France Culture qui pose ses questions comme si elle vous susurrait des propos obscènes
 
j'aime absolument toute l’œuvre de Jean-Jacques Sempé, sa douce ironie, son regard tendre poétique et généreux 
 
je n'aime pas la plupart des film réalisés par John Casavettes, pourtant appréciés par nombre de gens intelligents et recommandables. Ils m'ennuient presque aussi souvent qu'ils m'agacent par leur complaisance.
 
j'aime le paysage paisible sur cette photo prise en Dordogne

je n'aime pas que les gens appellent au téléphone sans laisser de message, ou qui laissent juste un "rappelle moi" sans donner d'explication
 
j'aime le pain au petit épeautre doré fabriqué par Fabrice Guilbaud dont la boulangerie se trouve 25 rue du colonel du Halgouët à Renac et que l'on trouve aussi à la halle du marché de Redon. C'est le pain le plus étonnant qu'il m'ait été donné de goûter. Cela tient à la qualité de sa farine, peut-être au four qu'il utilise, et plus vraisemblablement à un incomparable talent de boulanger.

je n'aime pas l'argument de certains artistes prétentieux qui pondent une grosse merde sans intérêt mais tentent de vous convaincre que c'est bon parce qu'ils ont beaucoup travaillé.
 
j'aime bien être surpris par une saveur ancienne qui me rappelle un bon moment de ma vie. Par exemple, celle du "Thé des Moines" et cette époque du début des années 90 
 
je n'aime pas que les gens mangent du pop corn ans les cinémas. Cette coutume importée des États-Unis est une des formes les plus obscènes de la société de consommation. Cette incitation à se baffrer de junk food devant un écran est une des formes les plus grotesques de l'aliénation. Heureusement en France, il reste encore des "cinémas d'art et d'essai" où l'on ne vend rien à manger
 
j'aime le fait qu'un nouveau fromager ouvre boutique à deux pas de chez moi
 

mardi 10 septembre 2024

Cérémonie

 

Voilà
assise nue sur le bureau Laure Sauvignier tente de rassembler ses pensées. De quelle manière a-t-elle a posé ce matin le verre d'eau sur l'évier ? Elle a oublié. S'en trouve contrariée.
Un peu plus tôt, à l'étage, alors qu’elle était allongée sur le plancher crasseux de la chambre bleue, lui étaient parvenus depuis le vestibule de la vieille demeure familiale, les plaisanteries et les rires gras, des convives, des frères et des cousins. Éméchés pour la plupart, ils tenaient en gloussant leurs chaussures à la main. Immobile, s'efforçant de respirer lentement elle s’était rappelé ces mots doux et les promesses qu'on lui avait fait un jour en caressant ses chevilles. Elle sortait à peine de l'enfance, alors. J'aurais du me marier sans faire la difficile plutôt que de rêver de grand large avait-elle songé dans une longue expiration. Tant d'attentes contrariées et d'abîme retenus entre ces murs où flotte un parfum de violette. 
Une fois n'est pas coutume, elle ne sera pas tout à fait prête pour la cérémonie. Déjà quelqu’un chuchote derrière la porte.
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dimanche 8 septembre 2024

La fête est finie

 
Voilà 
en passant par la rue des Archives, il y a quelques jours m’est apparue cette façade d'un bar gay du marais. C'est très "camp" comme on dit aux U.S.A. Comme l'a été d'ailleurs à bien des égards la cérémonie d'ouverture des Jeux.

 
La fête est à présent bel et bien finie, maintenant que s’achèvent aussi les Jeux Paralympiques. Il n'y aura plus cette liesse et cette ferveur pour dissimuler la misérable réalité politique et intellectuelle de ce pays et le fait qu'en dépit des apparences, la société française est travaillée par des forces obscures qui ne tolèrent pas les valeurs d'humanisme véhiculées par les jeux. Il faut se rappeler que des plaintes pour "menaces de mort" ont tout de même été déposées par Thomas Jolly, Thierry Reboul,  Alexandre Billard et Maud Le Pladec, la chorégraphe de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. La directrice des danses de l’évènement, aurait reçu "plusieurs messages haineux", menaçant son intégrité ainsi que le bon déroulement et la sécurité des cérémonies des Jeux olympiques sur son adresse mail personnelle ainsi que sur son compte Instagram.


Plusieurs courriels injurieux et haineux ont été adressés au directeur artistique Thomas Jolly et à Thierry Reboul, directeur exécutif des cérémonies de Paris 2024. Ces messages, reprenant un verset du Coran, indiquaient que le "châtiment d’Allah s’abattra sur les organisateurs à Saint-Denis", mais d'autres étaient le fait d'extrémistes de droite et de fondamentalistes catholiques, ayant vu une allusion à la cène du Christ, quand il ne s'agissait que d'un banquet de l'Olympe. On ne peut pas non plus exclure l'hypothèse de trolls alimentés par des comptes russes. Alexandre Billard, le directeur général adjoint de l’agence événementielle Ubi Bene, a lui aussi reçu des menaces, ainsi que certains acteurs de la cérémonie, comme la DJ Barbara Buch. 
Il est paradoxal que ce pays ait offert une telle image d'ouverture et de tolérance, quand c'est le parti d'extrême-droite qui désormais dicte sa loi au président, et que 30% de la population se reconnaît dans ses propositions.

mercredi 4 septembre 2024

Sagesse

  

Voilà,
"Ne pas tenter de comprendre ; ne pas analyser… se voir soi-même comme on voit  la nature ; contempler ses émotions comme on contemple un  paysage  — c'est cela la sagesse." Pessoa in "Le Livre de l'Intranquillité" 252
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lundi 2 septembre 2024

Un Bigot


Voilà,
un jour j'ai écrit cela que je n'ai pas immédiatement publié.
ils m'emmerdent les bigots. Qu'ils soient catholiques juifs ou musulmans hindouistes ou quoi que ce soit d'autre. Ceux qui sortent leur chapelets dans le train, les vieilles avec leur rosaire où celui-là qui psalmodiait son coran dans le tram, l'œil rivé sur un smartphone ou défilaient ses sourates et murmurant suffisamment fort ses versets pour que je l'entende. C'était au mois de Septembre 2015, à Saint Denis alors que je travaillais à un projet qui n'a jamais vu le jour. Je me traînais une putain de déprime parce que je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait à cause d'un certain "je préfèrerais ne pas". Deux mois plus tard, au nom d'une religion dont le texte qui la fonde porte en lui les germes d'une pensée totalitaire, eurent lieu les attentats de Paris et Saint-Denis. Et tant d'autres dans bien des pays. Depuis j'en ai revu pas mal de ces crétins décérébrés, qui psalmodient le matin dans les trains de banlieue. Ce sont eux qui méprisent les femmes, haïssent les homosexuels, les athées, les livres, la culture, la joie et tout ce qui de façon générale ne leur ressemble pas. Ils rêvent de vierges au paradis. Il faut vivre à côté de ça, de cette bêtise fanatique il faut côtoyer cette violence, qui peut s'abattre sur vous n'importe quand, comme à Orlando, comme à Nice, à Saint-Etienne du Rouvray où un prêtre a été égorgé, comme dans n'importe quel aéroport, n'importe quelle gare, sur n'importe quelle terrasse de café, dans un concert d'enfants comme à Manchester, dans un supermarché de la campagne française. Il faut supporter cette insondable bêtise tous les jours. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà maintenant, les extrémistes catholiques qui s'y remettent. Ils sont aussi cons, aussi bornés, aussi méchants et frustrés. Dans ma jeunesse, j'avais pensé qu'on en avait fini avec ces niaiseries de religion, avec ces fables absurdes et toutes ces conneries d'histoires ã dormir debout. Que ce n'étaient plus que de vagues excentricités. Je pense toujours que la religion est une question intime, et que toutes ces bondieuseries exhibées ne sont souvent que des tartufferies, et que les religions en tant que systèmes pour gouverner les hommes, l'usage de la religion à des fins politiques n'est qu'une grosse saloperie, une gigantesque entreprise de crétinisation quelque soit le dogme, qui souvent mène à l'obscurantisme puisque la plupart du temps la religion s'oppose au savoir. On le voit avec l'Islam aujourd'hui, avec le fondamentalisme chrétien américain et son dogme créationniste, voilà on en est encore là. On explore les planètes du système solaire, on en découvre d'autres à des milliers d'années-lumière, on fait des progrès incroyable en biologie, on fabrique de l'intelligence artificielle, mais cependant la connerie naturelle tient bon, ne recule pas, prend chaque fois de nouvelles formes. Sur cette planète agonisante pour laquelle à plutôt brève échéance on établit d'apocalyptiques pronostics, il y aura toujours des fanatiques religieux pour proclamer le jugement de Dieu qui, au nom de leurs idoles respectives s'égorgeront se massacreront avec un enthousiasme délirant, au lieu de se préoccuper des vrais problèmes . Enfin bon voilà c'est dit. 

mercredi 28 août 2024

Choses bizarres

 

Voilà, 
parfois sur ton smartphone tu vois des choses bizarres. Tu as du mal à y croire. C'est un gag ou une vraie proposition ? Alors tu gouguelises pour vérifier. Bah oui, ça existe. Vraiment. Ce n'est pas une plaisanterie. Un journal de droite propose réellement une application pour simuler des coalitions à l'assemblée nationale. Et là tu te dis que tu es passé pour de bon dans une autre dimension.
Ce matin, tu t'es réveillé, très perturbé, parce que tu étais convaincu que cette grande île entre le Danemark et le Groenland où tu passais des heures exquises, à pédaler sur des pistes cyclables merveilleuses, existait en réalité. Tu avais mis du temps à sortir de ce rêve où elle te semblait familière, terriblement présente. Comme si tu avais passé ton enfance là-bas. Mais là ce soir tu vas t'endormir dans un monde encore plus absurde que celui dans lequel tu t'es réveillé. Cependant tout y est effroyablement concret. Et en particulier, la bêtise. 
Tu songes qu'il y a sans aucun doute quelque chose qui déconne. Et tu n'y es pour rien. Toi de ton côté, au jour le jour, tu essaies d'être le plus cohérent possible. Mais le président de ton pays lui ne l'est pas. Il est en roue libre, hors sol. Bien que désavoué dans les sondages et dans les urnes — je raconte ça pour mes quelques lecteurs étrangers,  pour qu'ils se rendent compte un peu — il veut être à la fois président, premier ministre et chef de parti. S'il pouvait dissoudre les électeurs il le ferait. Depuis le résultat des législatives il ne cesse d'attendre de tergiverser. Deux mois que le gouvernement précédent, gère les affaires courantes.  Bon comme ça la ministre des Sports aura au moins pu assister aux jeux olympiques. C'est qu'on a découvert qu'il y a des trous dans la constitution. L'intérim d'un gouvernement n'est pas prévu. La notion d'affaires courantes est floue. Les constitutionnalistes s'en donnent à cœur joie. A la radio, la télévision ça piapiate à tout crin. C'est là que tu comprends que le droit c'est tordu. 
Mais le président préside, il monarchise même. Il continue de prendre son temps. Il ne nomme toujours pas de premier ministre, et refuse ce qu'on lui propose. Il justifie ses décisions présentes par la nécessité d'une "stabilité institutionnelle". C'est pourtant lui qui, il y a trois mois, sans consultation, dans la hâte, a semé le bordel et l'instabilité en précipitant des élections. Son obsession, pour le moment c'est de disloquer la gauche. C'est pour cela vraisemblablement qu'il a anticipé les législatives avec le succès que l'on sait (son parti a beaucoup moins de sièges et personne ne veut vraiment s'allier à lui). Et maintenant le voilà comme un daltonien dyslexique devant un Rubik's cube. Bref c'est l'impasse.
Ces conneries donnent juste envie de se couper de tout et d'aller se mettre au vert.
 

Par exemple du côté du Parc Naturel Régional de Brière, l'un des plus anciens parcs régionaux français. Situé à quelques kilomètres de l'Océan Atlantique, au cœur de la presqu'île de Guérande,  réputée pour ses marais-salants, il s'étend sur 56 500 hectares. C’est un territoire sauvage et protégé dont les marais constituent une zone humide parmi les plus riches d'Europe sur le plan de la biodiversité. On y fabrique aussi du pain à la farine de petit épeautre doré. Depuis que j'en ai mangé j'ai envie d'y goûter à nouveau. Je n'en ai pas encore trouvé à Paris. C'est aussi difficile que d'y dégotter une majorité de gouvernement à l'assemblée nationale.
Mais tu ne bougeras probablement pas. Tu le sais. Trop fatigué. Tu vas continuer à regarder le monde depuis mon lit.

dimanche 25 août 2024

Chiffonnée

Voilà,
peu avant l'ouverture des Jeux Olympiques — comme tout cela semble déjà loin — j'avais aperçu sur l’île de la Cité ce gigantesque trompe-l'œil destiné à dissimuler la façade de cet immeuble en cours de restauration. Il était en effet dans le champ des cameras de la cérémonie d'ouverture. En fait, ce fut toute la période des compétitions,  – joyeuse, détendue, bon enfant – qui s'est avérée un trompe-l’œil. Paris, a vécu durant la période des Jeux une sorte de pause : les transports publics étaient fluides, nos visiteurs charmants, heureux, radieux. Même les parisiens se mirent au diapason de cette bienveillante courtoisie. 
Maintenant c'est la rentrée. Les programme de radios reprennent leur grille annuelle. Les nouvelles voix et les émissions entendues pendant l'été disparaissent dès demain. La récréation est finie. En ville la circulation se fait plus dense. Mais surtout c'est la rentrée politique
Nous vivons depuis un mois et demi sans gouvernement. La Nation est confrontée à une crise de régime sans précédent depuis que la constitution de la cinquième République régit les institutions. L'ambiance risque donc d'être fort différente pendant les jeux paralympiques.
L'exercice du pouvoir a, en sept ans, fragilisé un homme à l'orgueil démesuré et au psychisme peu adapté à la fonction qu'il occupe. Nous ne sommes vraisemblablement pas au bout de nos (mauvaises) surprises. Mieux vaut s’en amuser.
Même la Joconde en paraît un peu chiffonnée. 

 

samedi 24 août 2024

Choses lues et nouvelles du monde


 
Voilà
ce ne sont que des faits uniquement des faits. Je suis tout de même parvenu à trouver quelques bonnes nouvelles. C'est donc dans ce monde que nous vivons ? Ce monde où toutes ces choses adviennent, où apparaissent et persistent tant de problèmes. C'est dans le déni de tout cela que nous persistons, juste parce que nous ne pouvons nous résoudre à changer notre mode de vie. Nous ne le pouvons décidément pas. Nous en sommes tout simplement incapables. Nous voulons jouir désespérément de ce qui est encore disponible et tant pis pour les générations futures. Nous bricolons dans l'irrémédiable. Je ne me rebelle plus, je suis trop vieux, je ne suis même plus en colère. Je suis accablé. A quoi cela sert il de nommer les choses ? Même les scientifiques sont désespérés du peu d'écho que suscitent leurs avertissements. Ils songent à passer à d'autres modes d'actions. Ici le Ministre de l'intérieur considère que les manifestations écologistes sont des actes de terrorisme. Pourtant personne n'a encore exécuté un lobbyiste d'une entreprise de pesticides auprès de la commission européenne que je sache. 
la pollution et l'exploitation des ressources naturelles par l'humanité continuent de pousser la Terre au-delà de ses capacités de résilience : six seuils écologiques sont désormais dépassés et deux autres sont en passe de l'être, avertit l'actualisation de l'étude de référence sur le concept des neuf "limites planétaires". 
 
En France, 3.500 volontaires ont élevé des blobs chez eux et suivi un protocole précis pour aider la recherche sur le changement climatique. Les premiers résultats sont éloquents mais pas réjouissants.
 
Un outil d'I.A. permet de diagnostiquer des cancers d'origine inconnue, ça c'est bien
 
des scientifiques chinois (il faut s’intéresser au scientifiques chinois, car on n’hésite pas à leur octroyer beaucoup d’argent) sont parvenus à cet exploit de concevoir une machine capable de mouvoir les objets sans les toucher grâce à l’action de champs électromagnétiques. Une trouvaille qui nous vient tout droit du travail d’une équipe de l’Université de technologie de défense du pays. Les scientifiques ont développé cette machine en s’appuyant sur la puissance des ondes électriques, ondes qui composent donc les champs magnétiques. 

Les microplastiques sont partout, dans tous les environnements du globe. De cette triste réalité, les scientifiques ont voulu tirer profit, en les utilisant comme marqueur temporel pour dater les séries géologiques et notamment le début de l’Anthropocène. Mais le problème est que ces minuscules particules semblent avoir la capacité de migrer à travers des couches géologiques plus anciennes. 
 
Énergies fossiles, biomasse, métaux et autres matériaux : en cinquante ans, la consommation mondiale de ressources naturelles a triplé.
 
On parvient petit à petit à obtenir de la photosynthèse artificielle, un processus qui vise à reproduire le processus naturel de la photosynthèse, dans lequel les plantes et d'autres organismes convertissent la lumière du soleil, l'eau et le dioxyde de carbone en molécules riches en énergie. Cette technologie offre la possibilité de produire des carburants durables et renouvelables en utilisant des ressources abondantes telles que la lumière du soleil et l'eau.
 
En trente ans, le taux d’obésité dans le monde a quadruplé chez les enfants et les adolescents. C’est le résultat inquiétant d’une vaste étude publiée le 29 février dans la revue médicale britannique The Lancet en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé 
 
Samedi 16 mars 2024 dans la matinée, le système d’alerte municipal de la ville de Rio de Janeiro a annoncé une température ressentie de 62,3°C à Guaratiba, un quartier populaire situé dans la zone ouest où la barre des 60°C avait déjà été franchie la veille. Il s’agit là d’un nouveau record depuis que ce type de mesure a commencé en 2014
 
Sierra Solter dans une étude, parue en fin d'année dernière et approuvée par un comité de lecture explique comment les déchets spatiaux générés par les satellites à but commercial pourraient compromettre la magnétosphère.
 
Selon Eliezer Yudkowsky, un chercheur en intelligence artificielle l'AI pourrait éradiquer l'espèce humaine en seulement deux ans.
 
La fièvre continue. Alors que la planète vient de connaître son mois de mars le plus chaud jamais relevé, tous les continents ont, selon le Washington post, enregistré des températures historiques. Le mercure s’est affolé en Europe, mais aussi en Asie, en Amérique centrale et en Afrique de l’Ouest.
 
Le ministre de la défense allemand, a, jeudi 4 Avril, présenté des mesures qui, selon lui, doivent permettre à l’armée allemande d’être préparée de façon optimale aux situations les plus graves, qu’il s’agisse de défense ou de guerre
 
Aux alentours du 10 mars 2024, des pluies diluviennes ont inondé Dubaï City. Il est tombé en trois jours l'équivalent de 18 mois de pluie. De semblables inondations étaient arrivées en Novembre 2023. Il est à noter que c'est un pays qui pratique l"ensemencement des nuages avec du chlorure de sodium et investit dans cette technologie.
 
les vagues de chaleur marines ont fait entrer de nombreux récifs de la planète dans une zone létale. Lundi 15 avril, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a ainsi confirmé que la Terre connaît un nouvel événement mondial de blanchissement des coraux
 
D’après nos calculs, l’Iran aurait dépensé environ 49 millions de dollars pour son attaque contre le territoire israélien. C’est sept fois moins que les 345 millions dépensés par Israël, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Jordanie pour abattre les drones et missiles lancés par Téhéran. 
 
Des pluies diluviennes se sont encore abattues sur Dubaï, inondant complètement les pistes de l’aéroport international et forçant les compagnies à détourner les vols à l’arrivée le mardi 16 avril. Ce sont 119 mm de pluie qui en 24 heures se sont déversés à l’aéroport de Dubaï. C’est 1,5 fois plus que ce qu’il tombe en un an. Deux autres pays du Golfe, Bahreïn et Oman où 18 personnes ont péri, ont également subi de fortes inondations.
 
Accompagné du ministre des armées et du ministre de l’économie, le chef de l’Etat  français Macron a terminé sa visite en Aquitaine d'une usine d'armement en se réjouissant que cette économie de guerre produise de la richesse

Treize ans après le début de la catastrophe nucléaire, Tepco n’a pas encore retiré un seul gramme des 880 tonnes de corium gisant au fond des réacteurs. C’est dire si la tâche est difficile, voire insurmontable dans les délais fixés à 40 ans.  
 
Au Pakistan, le volume des pluies depuis le début d’avril est deux fois plus élevé que d’ordinaire. En quatre jours, ces intempéries ont provoqué la mort d’au moins soixante-cinq personnes, ont annoncé les autorités locales, mercredi 17 avril.
 
Les loups mutants de Tchernobyl développent des traits anticancéreux, 35 ans après la catastrophe nucléaire
 
L'OMS fait part de son " énorme inquiétude" devant "la propagation croissante de la souche H5N1 de la grippe aviaire à de nouvelles espèces, y compris les humains. Début avril, deux personnes ont été testées positives aux Etats-Unis, après l'infection de troupeaux de bovins, notamment au Texas et au Kansas"
 
Les forêts et les sols ont seulement absorbé entre 1,5 milliard et 2,6 milliards de tonnes de CO2 en 2023, loin derrière les 9,5 milliards de 2022, notamment en raison de la sécheresse en Amazonie et du fait des incendies au Canada et en Sibérie.
 
Cette année le jour du dépassement est tombé un jour plus tôt, le premier Août. Cela signifie que le 1er Août l'humanité a consommé la totalité des ressources que la Terre peut générer en une année
 
Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Et comme disait le poète "si j'arrête cette énumération vous pouvez toujours la continuer"

jeudi 22 août 2024

En pensant à Madère

 
Voilà,
l'île de Madère est actuellement en proie à de gigantesques incendies. C'est un endroit merveilleux qui possède en son centre une forêt primaire aujourd'hui menacée. J'y ai marché, la tête parfois dans les nuages, et il arrivait qu'entre deux nuées on aperçoive l'océan. Je garde un souvenir émouvant de cette nature. Ce fut un bonheur d'y être. On rapporte qu'au printemps, lorsque l'île est en pleine floraison, c'est stupéfiant de couleurs et de fragrances. J'espère qu'elle ne sera pas trop ravagée.
 
 

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lundi 19 août 2024

Comme un jour d'automne


Voilà,
cette année le 15 Août qui est un jour férié — bien que peu de monde dans ce pays sache encore ce qu'est l'Assomption de la Vierge — tombait un jeudi. Le weekend a donc commencé plus tôt s'étirant jusqu'au 18. En cette période, Paris est souvent quasi désert, mais cette année, c'est encore plus flagrant. Il n'y avait que les touristes. 
J'aime la ville en cette période. La semaine dernière, durant quelques jours, une très grosse canicule s'est abattue  sur la capitale. Et puis vendredi, il a plu toute la journée. Les feuilles séchées sont tombées des arbres et dimanche ressemblait à un jour d'automne mélancolique.

 
 
Les bulletins radio et les nouvelles sur les réseaux sociaux ne parlaient que de la mort d'Alain Delon. Je me suis promené un peu l'après-midi. Sur le pont Saint-Louis qui relie les deux îles, l'ambiance était étrange. Mais c'était bon d'être là, vivant, et de goûter la saveur de ce jour paisible. Il ne faut pas délaisser les menus bonheurs. Et tant pis si l'on n'a plus beaucoup de prise sur les choses.

jeudi 15 août 2024

La mer



Voilà 
"La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l’attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l’insuffisance de la réalité à les satisfaire. Ceux-là qui ont besoin de repos avant d’avoir éprouvé encore aucune fatigue, la mer les consolera, les exaltera vaguement. Elle ne porte pas comme la terre les traces des travaux des hommes et de la vie humaine. Rien n’y demeure, rien n’y passe qu’en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui ! De là cette grande pureté de la mer que n’ont pas les choses terrestres. Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie qu’il faut une pioche pour entamer. Le pas d’un enfant sur l’eau y creuse un sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l’eau en sont un moment brisées ; puis tout vestige s’efface, et la mer est redevenue calme comme aux premiers jours du monde. Celui qui est las des chemins de la terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et plus douces, incertaines et désertes. Tout y est plus mystérieux, jusqu’à ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus de la mer, sans maisons et sans ombrages, et qu’y étendent les nuages, ces hameaux célestes, ces vagues ramures.
La mer a le charme des choses qui ne se taisent pas la nuit, qui sont pour notre vie inquiète une permission de dormir, une promesse que tout ne va pas s’anéantir, comme la veilleuse des petits enfants qui se sentent moins seuls quand elle brille. Elle n’est pas séparée du ciel comme la terre, est toujours en harmonie avec ses couleurs, s’émeut de ses nuances les plus délicates. Elle rayonne sous le soleil et chaque soir semble mourir avec lui. Et quand il a disparu, elle continue à le regretter, à conserver un peu de son lumineux souvenir, en face de la terre uniformément sombre. C’est le moment de ses reflets mélancoliques et si doux qu’on sent son cœur se fondre en les regardant. Quand la nuit est presque venue et que le ciel est sombre sur la terre noircie, elle luit encore faiblement, on ne sait par quel mystère, par quelle brillante relique du jour enfouie sous les flots.
Elle rafraîchit notre imagination parce qu’elle ne fait pas penser à la vie des hommes, mais elle réjouit notre âme, parce qu’elle est, comme elle, aspiration infinie et impuissante, élan sans cesse brisé de chutes, plainte éternelle et douce. Elle nous enchante ainsi comme la musique, qui ne porte pas comme le langage la trace des choses, qui ne nous dit rien des hommes, mais qui imite les mouvements de notre âme. Notre cœur en s’élançant avec leurs vagues, en retombant avec elles, oublie ainsi ses propres défaillances, et se console dans une harmonie intime entre sa tristesse et celle de la mer, qui confond sa destinée et celle des choses.Septembre 1892.
Marcel Proust in Les Plaisirs et les Jours

mercredi 7 août 2024

Le parisien peut-être cordial

 
 
Voilà,
on aura fait une importante découverte ces derniers jours : le parisien peut être cordial. Le temps d'une olympiade dans sa ville, il est aussi capable de sourire. Même les garçons de café se révèlent aimables, ce n'est pas peu dire. J'aurais vu ça dans ma vie. Oubliés les préparatifs contraignants, les travaux pour ouvrir de nouvelles pistes cyclables, les caméras de surveillance vidéo, les grilles le long des trottoirs, l'accès sécurisé aux abords de la Seine avant la cérémonie d'ouverture, les années de bashing sur les Jeux. Le parisien se promène sourire aux lèvres, et attend dans les files, comme ici place du Trocadero, sans maugréer. Serait-il devenu apte au bonheur ? 
 

 
C'est au point que la presse étrangère s'en étonne. "La France semble avoir pris des vacances d'elle-même," écrit le New-York Times. Il est à craindre que lorsqu'on lui présentera l'addition ce sera une autre histoire. Le dur retour à la réalité ne va pas tarder. Il est possible que la plupart aient conscience de vivre un répit. On peut s'attendre à un sérieux coup de "blues post games". Et je ne parle là que de Paris. Malgré ses défauts, quoi qu'on dise, ce n'est pas ce qu'il y a de pire. On y vote plutôt moins qu'ailleurs pour le parti d'extrême droite. 
À ce sujet aucun de ses représentants ne s'est d'ailleurs publiquement exprimé ces derniers temps. A vrai dire aucun politique ne s'exprime vraiment. Sauf notre président. Certains exploits de nos compétiteurs lui ont donné l'occasion, lorsqu'il était en public de sauter tel un lapin sous phénédrine. Ou bien – et à chaque fois c’était ridicule intrusif et obscène – il n’a pu s'empêcher d'aller papouiller les vainqueurs ou consoler les vaincus. C'est une manie chez lui : compatir à la déception des sportifs. Il a une âme de manager. Depuis qu'il est au pouvoir il se pense comme le coach de la France. 
Je ne sais pas ce qu'il adviendra dans les prochaines semaines. Il est probable que le top manager tentera une petite entourloupe avant la fin de l'été en nommant un premier ministre sorti de nulle part. Tout le monde sait qu'en l'état actuel la nation est ingouvernable. Aucune majorité de coalition ne semble se dégager. Chacun prétend avoir gagné. Sauf le Rassemblement National, le seul, paradoxalement à avoir parlé de défaite, parce qu'il n'avait pas de majorité relative. En réalité c'est lui le vrai gagnant de la séquence politique de ces deux derniers mois. Il a augmenté son nombre de sièges au parlement européen comme à l’assemblée nationale – ce qui va lui assurer de confortables revenus – il a fait coalition avec une partie de la droite traditionnelle, il est le premier parti de l'hémicycle. La coalition de partis du Nouveau Front populaire qui a grandement contribué à empêcher son accession au pouvoir s'effrite déjà. Trop d'ambitions personnelles. Les appareils politiques ne tiennent pas compte des aspirations de la population qu'ils sont supposés représenter.
 
 
 
Mais pour le moment on ne veut pas songer à ça. Le populo franchouille avec allégresse et frénésie, bien encouragé en cela par des commentateurs aussi chauvins qu'hystériques. Cela a quelque chose de grotesque souvent, d'un peu effrayant parfois. Il paraît que c'est inévitable. 
Mais pourquoi je parle encore de ça ? 
Ce qui m'importe c'est ça : peu avant que je prenne cette photo de supporters français aux perruques tricolores, une vieille chanson de Léonard Cohen  —"Love calls you by your name"— m'est revenue en tête sans que je ne sache pourquoi. Si longtemps que je ne l'avais entendue. Mais je me souviens très bien de la première fois où elle m'est parvenue. J'avais à peine quinze ans. C'est ainsi : je me déplace dans le monde présent, sans but réel, ni perspective, avec un corps usé, gagné par la nostalgie de ces vieux airs et de certains moments de jeunesse. Je me laisse dériver dans la ville en fête. Je ne suis pas tout à fait tranquille. Je voudrais trouver la paix intérieure.

dimanche 4 août 2024

Pêle-mêle avec flamme olympique


Voilà,
c'est étrange Paris, en ce moment. Beaucoup d'endroits déserts. Hier, par exemple je suis allé voir une exposition d'Andrès Serrano au musée Maillol et il n'y avait quasiment personne. Par contre dans les quartiers populaires par où passait l'épreuve cycliste, il y avait foule. Comme on ne peut échapper aux écrans dans les cafés, j'ai pu me rendre compte de cette ferveur et de cet enthousiasme joyeux au passage des cyclistes. C'était même assez beau de voir la butte Montmartre transformée de la sorte en circuit. 
 

 

Ce matin, comme je me suis réveillé très tôt, je suis allé faire un tour en vélo dans les rues vides. Je n'ai pas pu m'empêcher de pousser jusqu'à la vasque au jardin des Tuileries où brûle la flamme olympique. Il faisait un peu frais, il n'y avait personne et j'ai pris cette photo. Ensuite, rejoignant la rue de Rivoli j'ai remarqué cette information destinée aux visiteurs étrangers pour le tri sélectif des ordures avec un mauvais jeu de mots et la mascotte des jeux.
 

Plus loin, la façade de l'ancien magasin C&A qui a fermé l'année dernière est, durant les travaux de restauration du bâtiment recouverte d'une bâche. "L'immeuble a vocation à devenir un lieu d'accueil pour une grande mixité d’usages et de nouveaux modes de consommation. Il a été repensé comme un « cœur battant », un rendez-vous incontournable d’expériences multiples — workshop associatif, événements culturels et artistiques — associé à des activités encourageant la créativité, le partage et les rencontres. Il s'agit selon son promoteur,  — le groupe redevco — d'apporter une réponse aux nouveaux usages du retail et aux futurs modes de vie urbains, en tant qu’acteur de centre-ville engagé, concevant des hauts lieux de vie expérienciels, fondés autour d’activités commerciales et mixtes. Le leitmotiv des équipes de Redevco est de créer des lieux d’exception animés et connectés dans lesquels les usagers et les visiteurs auront plaisir à partager et à se retrouver". Si ce n'est pas de la novlangue technico-commerciale de merde, je ne m'y connais pas. Ce que l'on sait d'ores et déjà, c'est qu'un hôtel de luxe va s'y implanter sur deux étages.
 

la bâche a été réalisée par l'artiste Jace, créateur de ces petits personnages appelés "gouzous" qui essaiment un peu partout dans le monde. 
 
*
 
 
Sinon, malgré le ciel voilé, il fait toujours lourd. De chez moi j'entends des sirènes de police et le vrombissement répété des hélicoptères. Le prix sans doute de la sécurité renforcée à l'occasion de cette olympiade. 
 
 
Je regarde les actualités internationales, Moyen-Orient, Ukraine, cela va de mal en pis. Mais c'est l'été, la plupart regardent ailleurs, s'efforcent de ne pas y penser. Quant à ce pays, on y vit entre parenthèses. Sans gouvernement, sans projet politique. Mais bon, on a des champions. On n'a jamais autant gagné de médailles. La France est paraît-il heureuse de ses représentants. Tant mieux. C'est assez paradoxal dans un pays qui a voté à 30% pour un parti xénophobe quand nombre de ses champions (en particulier l'équipe de judo) viennent des départements et territoires d'outre-mer.
Tout me semble en trompe-l'œil. A moins que la réalité ne soit totalement déformée. Aucune représentation n'a de sens. Je ne sais plus quoi partager comme images.

samedi 3 août 2024

L'enfant russe



Voilà,
un jeune enfant russe, blond pleure à genoux dans le salon d’une résidence de campagne. En cercle autour de lui nous sommes quelques adultes à le regarder. Je reconnais cet enfant car je possède une carte postale soviétique que j’ai achetée quelques années auparavant, sur le marché de Gardhaïa qui le représente en gymnaste. Je constate qu'il n’a guère changé depuis. Cet enfant vient de perdre son frère qui jouait dans la même équipe de football que lui. Une sorte de crise cardiaque l'a terrassé tout à l'heure pendant la partie. J’ai assisté à l’événement alors que je regardais le match du bord de la pelouse. A présent tout le monde l'observe en proie à son chagrin et personne ne le serre dans ses bras. Il faut que je me décide. Il a besoin de mon réconfort et de ma chaleur. 

vendredi 2 août 2024

L'âme humaine

 
 
Voilà,
"l’âme humaine est un asile de fous peuplé de caricatures. Si une âme pouvait se révéler dans toute sa vérité, et si il n’existait pas une pudeur plus profonde que toutes les hontes connues et étiquetées – elle serait, comme on le dit de la vérité, un puits, mais un puits lugubre hanté de bruit vague, peuplé de vies ignobles de viscosités sans vie, larves dépourvues d’être, bave de notre subjectivité". Pessoa "Le livre de l’intranquillité " - 242

jeudi 1 août 2024

Playlist de la glande intégrale


Voilà
ma playlist de la paresse intégrale
sunny afternoon des Kinks
sun king des Beatles 
a sad affair de Peter Skellern
Mo ti mo de King Sunny Ade
crying song de Pink Floyd 
sea sex and sun de Gainsbourg 
Santa Lucia de Tino Rossi 
On the beach de Chris Rea
Couleur Café de Serge Gainsbourg
Easy Skanking  de Bob Marley
Good vibrations des Beach Boys 
The girl from Ipanema de Jao Gilberto & Astrud Gilberto
Cigarette de Jacques Higelin
Poinciana par Ahmad Jamal 
O relogio de Os Mutantes
All blues de Miles Davis
 L'aquarium de Saint-Saens 
Jarabi de Toumani et Sidiki Diabate 
Quiet village de Martin Denny
shadow captain de Crosby Stills & Nash 
Saint tropez Pink Floyd
Besame mucho par joao Gilberto
Ligia Antonio Carlos Jobim
(à suivre, mais toutes les suggestions sont bienvenues)

mercredi 31 juillet 2024

Un projet incertain

 
 
Voilà,
le metteur en scène italien me parle d’un projet qu’il souhaite produire et auquel crois-je comprendre il voudrait m'associer. Il me montre des bouts de charbon qu’il pose sur la table, et dit que ça serait génial de faire un spectacle à partir de ça, de cette matière, et moi je réponds “oui, génial génial enfin tout de même, n’exagérons rien....”. Il m'explique qu'il voudrait réaliser une "pièce géologique" — c'est bien la première fois que j'entends parler de ça — et s'embarque dans des explications très complexes et alambiquées, où il est question d'orogénèse hercynienne et de chaînes varisque. Pendant qu'il me cause je songe à tout autre chose, à ces menus bonheurs qui font le sel de la vie : un fin rideau qu'une légère brise agite quand dehors il fait beau et qu'on entend les enfants piailler dans une cour de récréation. Se laisser dériver sur un matelas pneumatique au bord d'une plage de la Méditerranée ou dans une piscine. Boire à l'ombre d'un platane un "Pacalo" ou un "Gambetta" sur une terrasse en Provence. Écouter le matin sur France-musique les émissions de Denissa Kerschova avec son délicieux accent tchèque qui me ravit. J'essaie toutefois de donner le change et de paraître intéressé, opinant quelquefois du chef. Derrière lui, des machinistes qui ins­tallent un rideau de scène esquissent, sans qu'il ne s'en rende compte, des pas de danse d'une drôlerie et d'une grâce incroyable. Soudain il me dit "à la fin on entendra par un matin pluvieux au cœur d'un été lourd de menaces la voix de Franck Sinatra chanter "What is this thing called love" de Cole Porter. Je suis un peu décontenancé, et je bredouille hésitant "ah oui cela pourrait être très beau et très émouvant". Mais je ne suis pas certain d'être bien convaincant. Depuis octobre dernier on corps me semble totalement désaccordé, en inadéquation avec la réalité. J'ai l'impression de me tenir mal, de parler faux, d'être en permanence à côté de la plaque.

lundi 29 juillet 2024

Je suis encore au lit


 
Voilà,
"une légère indisposition, un accès de vertige, m’ont empêché de me lever. Je suis encore au lit. Mais maintenant je me sens à nouveau frais et dispos. Je viens de sortir du lit. Encore un petit instant de patience ! Cela ne va pas encore aussi bien que je le pensais. Mais je me sens déjà tout à fait bien. Comme ces choses arrivent brusquement ! Hier soir, j’allais parfaitement bien, mes parents le savent. Ou plutôt, déjà hier soir, j’ai eu un petit pressentiment. On aurait dû s’en rendre compte. Pourquoi n’ai-je pas prévenu au magasin ? Mais on imagine toujours qu’on peut venir à bout du mal sans garder la chambre."  Franz Kafka in "La métamorphose"

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