lundi 16 septembre 2024

Au-delà de tout récit




Voilà,
toujours pas trouvé d'autre moyen pour libérer mon esprit de l'emprise de la réalité. Pour conjurer l'effroi qu'elle peut parfois susciter. Il me faut faire émerger cela, ces formes. Voyager dans leurs nuances, leurs surfaces changeantes. Chercher la douceur au-delà de tout récit, de tout paysage.

dimanche 15 septembre 2024

Pêle-mêle avec dessin d 'enfant

 
Voilà,
la défaite de l'Occident est vraiment consommée dans la mesure où 48% de la population des États-Unis envisage d'accorder une fois encore ses suffrages à un type dont, durant la crise du covid, on a pu constater la bêtise crasse, et qui prétend dans un débat présidentiel que des immigrés haïtiens mangent les animaux domestiques. En Argentine, le président Milei, qui ne s'est jamais marié et n'a pas d'enfants, a décrit son chien mort Conan comme son ami le plus proche et son confident et prétend être en relation télépathique avec lui. 
Donc on a encore de la marge chez les gringos.
 
*
 

Je me sens de plus en plus en plus impuissant à écrire quoi que ce soit sur le monde où je vis. Il est tellement sordide le monde, de façon générale. Cela n'a aucune utilité. Aucun sens. À quoi bon s'insurger, maugréer. Je serais amené à répéter ce que j'ai déjà écrit. C'est pour cela qu'il m'arrive de plus en plus souvent de republier des vieux posts ou de surligner des liens avec des publications passées, écrites il y a bien des années. Il faudrait juste pouvoir en rire. Mais ça serait forcément de l'humour noir. Ça ne passe pas bien sur les réseaux, l'humour noir, le second degré, l'ironie. Et puis il n'est pas certain que j'aie beaucoup d'humour en ce moment. Enfin pour écrire. Je suis plus drôle à regarder qu'à lire.
 
*
 

 
C'est à cela que je ressemble en ce moment. Mon état intérieur. Effaré. Soulagé depuis quelques temps mais pas rassuré pour autant. Conscient d'avoir échappé à un grand malheur. Il y a un peu moins d'un an, je redoutais de perdre ma fille. La mort est passée près. C'est, après un long et pénible traitement une rescapée désormais. Une miraculée peut-être. Pour ma part je suis encore sonné. Ce n'est pas le lieu pour en parler. Ce n'est en fait le lieu nulle part je crois.
Tout déconne dans ce monde, mais elle est vivante. Je peux la voir, la serrer dans mes bras, l'entendre, passer du temps avec elle, la faire rire, sourire. La laisser vivre. S'éloigner à nouveau et reprendre sa liberté. Je l'admire secrètement pour la façon dont elle a traversé cette épreuve. Je ne sais pas comment ça l'a changée. Je n'ose pas lui demander. Peur d'être intrusif. Peut-être que ça ne me regarde pas.
Je dois garder pour moi les inquiétudes. Essayer de revivre. Je n'y parviens pas bien. Me laisse glisser. Je ne peux pas chasser le vieux moi, sceptique sarcastique désabusé. J'ai vu des comportement de merde durant cette période. Quand on a un enfant malade, des gens que l'on croyait fiables peuvent se révéler dénués d'empathie. Certains même très minables. Chacun ses problèmes n'est-ce pas. Il y a eu quelques bonnes surprises tout de même. Et les vieux amis.
Parce que les circonstances l'exigeaient, moi qui ne suis pas très optimiste j'ai espéré. Et mon espoir a été exaucé. Je ne crois pas en Dieu, en la providence. Je ne peux que dire "merci la science". Merci la chance dans cette adversité. Merci le système de santé français pourtant si menacé. Merci les médecins, les infirmiers et infirmières qui ont pris ma fille en charge. 
Je devrais sourire à la vie. M'émerveiller. Mais je suis cassé. Quelque chose en moi s'est cassé. J'avance dans un perpétuel étourdissement. Je n’ai plus de repères. je sens bien que je devrais penser autrement, changer ma grille de lecture. Mais je ne sais quoi mettre à la place. Je suis épuisé. Je me traîne.

*
 

cependant je regarde toujours les murs. L'autre jour passant devant un "jardin maternel" rue du Moulinet dans le treizième arrondissement, j’ai été intéressé par cette reproduction en mosaïque de dessins d'enfants. Évidemment j'ai cherché ce qu'est  un jardin maternel car je n'avais jamais entendu ni lu cette expression. La spécificité du jardin maternel est d’accueillir en priorité des enfants de 2 à 3 ans n’ayant jamais bénéficié d’un lieu d’accueil collectif avant leur 2 ans comme une crèche par exemple. Il s’agit d’un lieu de socialisation avant l’entrée à l’école maternelle. Ce qu'on appelait autrefois un jardin d'enfants. Je me suis souvenu des dessins de ma fille, et de celui-ci que j'aime particulièrement.
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mercredi 11 septembre 2024

J'aime / je n'aime pas (17)

 
 
 
Voilà,
J'aime la couleur verte que prend l'eau après qu'on ait fait chauffer des fonds d'artichauts
 
je n'aime pas les brushing des femmes dans les films des années 80. Par exemple la vedette féminine de "Terminator". Quand tu revois le film longtemps après, sa coupe c'est vraiment un truc abominable
 
j'aime réaliser une nouvelle recette de cuisine
 
je n'aime pas devoir faire dégivrer le congélateur
 
j'aime arracher les feuilles mortes des géraniums
 
je n'aime pas quand tout à coup le ciel devient très gris et que l'orage menace
 
j'aime entendre par hasard Stéphane Grappelli et Django Reinhardt et le hot club de France
 
je n'aime pas que des gens toussent dans les lieux public sans mettre leur main devant la bouche
 
j'aime regarder les abeilles et les bourdons butiner les fleurs de mon balcon
 
je n'aime pas que les filles disent "ça me casse les couilles", c'est aussi absurde qu'inélégant
 
 
je n'aime pas l’usage de plus en plus répandu de ces néologismes comme "auteurice" ou "spectateurice" pour désigner en un seul mot le genre. Peut-être que je  n’aime pas le mélange des genres parce que je suis trop vieux
 
j'aime le Gambetta, ce sirop de figue qu'on ne trouve qu'en Provence et que je ne bois plus que lorsque je me trouve au festival d'Avignon. Autrefois quand je passais mes vacances dans le sud, j'en ramenais systématiquement après chaque été.
 
je n'aime pas ouvrir le réseau social bleu et apprendre la mort d'une connaissance perdue de vue depuis longtemps.
 
j'aime sortir dans la rue, et imaginer que j'ai le visage de ma fille, que je suis elle en train de sourire
 
je n'aime pas cette tristesse que j'éprouve lorsque je parviens à la fin d'un bon livre. les allemands ont un mot pour cela : "Buchendschmerz". Les allemands peuvent avoir un mot pour tout.
 
j'aime écrire des listes
 
je n'aime pas que ces gens qui se prétendaient mes "ami(e)s", qui étaient aux abonnés absents quand ils me savaient en grande détresse et qui me rappellent aujourd'hui au téléphone comme si rien ne s'était passé.
 
j'aime l’ambiance des Lounge d'hôtels haut de gamme avec des pianistes jouant des vieux standards de Jazz

je n'aime pas cette bande annonce de la tranche du matin de France Culture "des artistes, des experts des intellectuels" qui exhale tellement l'entre-soi
 
j'aime entendre jean-Pierre Rampal jouer Mozart à la flûte, c'est réconfortant
 
je n'aime pas les W.C dont la porte s’ouvre sur l’intérieur et où l’on n’a pas suffisamment de place entre le mur et la porte
 
j'aime les tableaux de Victor Brauner. ce qui est étrange c'est que je me souviens que je les aime uniquement quand je les vois
 
je n'aime pas le ton de cette présentatrice d'une émission scientifique sur France Culture qui pose ses questions comme si elle vous susurrait des propos obscènes
 
j'aime absolument toute l’œuvre de Jean-Jacques Sempé, sa douce ironie, son regard tendre poétique et généreux 
 
je n'aime pas la plupart des film réalisés par John Casavettes, pourtant appréciés par nombre de gens intelligents et recommandables. Ils m'ennuient presque aussi souvent qu'ils m'agacent par leur complaisance.
 
j'aime le paysage paisible sur cette photo prise en Dordogne

je n'aime pas que les gens appellent au téléphone sans laisser de message, ou qui laissent juste un "rappelle moi" sans donner d'explication
 
j'aime le pain au petit épeautre doré fabriqué par Fabrice Guilbaud dont la boulangerie se trouve 25 rue du colonel du Halgouët à Renac et que l'on trouve aussi à la halle du marché de Redon. C'est le pain le plus étonnant qu'il m'ait été donné de goûter. Cela tient à la qualité de sa farine, peut-être au four qu'il utilise, et plus vraisemblablement à un incomparable talent de boulanger.

je n'aime pas l'argument de certains artistes prétentieux qui pondent une grosse merde sans intérêt mais tentent de vous convaincre que c'est bon parce qu'ils ont beaucoup travaillé.
 
j'aime bien être surpris par une saveur ancienne qui me rappelle un bon moment de ma vie. Par exemple, celle du "Thé des Moines" et cette époque du début des années 90 
 
je n'aime pas que les gens mangent du pop corn ans les cinémas. Cette coutume importée des États-Unis est une des formes les plus obscènes de la société de consommation. Cette incitation à se baffrer de junk food devant un écran est une des formes les plus grotesques de l'aliénation. Heureusement en France, il reste encore des "cinémas d'art et d'essai" où l'on ne vend rien à manger
 
j'aime le fait qu'un nouveau fromager ouvre boutique à deux pas de chez moi
 

mardi 10 septembre 2024

Cérémonie

 

Voilà
assise nue sur le bureau Laure Sauvignier tente de rassembler ses pensées. De quelle manière a-t-elle a posé ce matin le verre d'eau sur l'évier ? Elle a oublié. S'en trouve contrariée.
Un peu plus tôt, à l'étage, alors qu’elle était allongée sur le plancher crasseux de la chambre bleue, lui étaient parvenus depuis le vestibule de la vieille demeure familiale, les plaisanteries et les rires gras, des convives, des frères et des cousins. Éméchés pour la plupart, ils tenaient en gloussant leurs chaussures à la main. Immobile, s'efforçant de respirer lentement elle s’était rappelé ces mots doux et les promesses qu'on lui avait fait un jour en caressant ses chevilles. Elle sortait à peine de l'enfance, alors. J'aurais du me marier sans faire la difficile plutôt que de rêver de grand large avait-elle songé dans une longue expiration. Tant d'attentes contrariées et d'abîme retenus entre ces murs où flotte un parfum de violette. 
Une fois n'est pas coutume, elle ne sera pas tout à fait prête pour la cérémonie. Déjà quelqu’un chuchote derrière la porte.
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dimanche 8 septembre 2024

La fête est finie

 
Voilà 
en passant par la rue des Archives, il y a quelques jours m’est apparue cette façade d'un bar gay du marais. C'est très "camp" comme on dit aux U.S.A. Comme l'a été d'ailleurs à bien des égards la cérémonie d'ouverture des Jeux.

 
La fête est à présent bel et bien finie, maintenant que s’achèvent aussi les Jeux Paralympiques. Il n'y aura plus cette liesse et cette ferveur pour dissimuler la misérable réalité politique et intellectuelle de ce pays et le fait qu'en dépit des apparences, la société française est travaillée par des forces obscures qui ne tolèrent pas les valeurs d'humanisme véhiculées par les jeux. Il faut se rappeler que des plaintes pour "menaces de mort" ont tout de même été déposées par Thomas Jolly, Thierry Reboul,  Alexandre Billard et Maud Le Pladec, la chorégraphe de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. La directrice des danses de l’évènement, aurait reçu "plusieurs messages haineux", menaçant son intégrité ainsi que le bon déroulement et la sécurité des cérémonies des Jeux olympiques sur son adresse mail personnelle ainsi que sur son compte Instagram.


Plusieurs courriels injurieux et haineux ont été adressés au directeur artistique Thomas Jolly et à Thierry Reboul, directeur exécutif des cérémonies de Paris 2024. Ces messages, reprenant un verset du Coran, indiquaient que le "châtiment d’Allah s’abattra sur les organisateurs à Saint-Denis", mais d'autres étaient le fait d'extrémistes de droite et de fondamentalistes catholiques, ayant vu une allusion à la cène du Christ, quand il ne s'agissait que d'un banquet de l'Olympe. On ne peut pas non plus exclure l'hypothèse de trolls alimentés par des comptes russes. Alexandre Billard, le directeur général adjoint de l’agence événementielle Ubi Bene, a lui aussi reçu des menaces, ainsi que certains acteurs de la cérémonie, comme la DJ Barbara Buch. 
Il est paradoxal que ce pays ait offert une telle image d'ouverture et de tolérance, quand c'est le parti d'extrême-droite qui désormais dicte sa loi au président, et que 30% de la population se reconnaît dans ses propositions.

mercredi 4 septembre 2024

Sagesse

  

Voilà,
"Ne pas tenter de comprendre ; ne pas analyser… se voir soi-même comme on voit  la nature ; contempler ses émotions comme on contemple un  paysage  — c'est cela la sagesse." Pessoa in "Le Livre de l'Intranquillité" 252
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lundi 2 septembre 2024

Un Bigot


Voilà,
un jour j'ai écrit cela que je n'ai pas immédiatement publié.
ils m'emmerdent les bigots. Qu'ils soient catholiques juifs ou musulmans hindouistes ou quoi que ce soit d'autre. Ceux qui sortent leur chapelets dans le train, les vieilles avec leur rosaire où celui-là qui psalmodiait son coran dans le tram, l'œil rivé sur un smartphone ou défilaient ses sourates et murmurant suffisamment fort ses versets pour que je l'entende. C'était au mois de Septembre 2015, à Saint Denis alors que je travaillais à un projet qui n'a jamais vu le jour. Je me traînais une putain de déprime parce que je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait à cause d'un certain "je préfèrerais ne pas". Deux mois plus tard, au nom d'une religion dont le texte qui la fonde porte en lui les germes d'une pensée totalitaire, eurent lieu les attentats de Paris et Saint-Denis. Et tant d'autres dans bien des pays. Depuis j'en ai revu pas mal de ces crétins décérébrés, qui psalmodient le matin dans les trains de banlieue. Ce sont eux qui méprisent les femmes, haïssent les homosexuels, les athées, les livres, la culture, la joie et tout ce qui de façon générale ne leur ressemble pas. Ils rêvent de vierges au paradis. Il faut vivre à côté de ça, de cette bêtise fanatique il faut côtoyer cette violence, qui peut s'abattre sur vous n'importe quand, comme à Orlando, comme à Nice, à Saint-Etienne du Rouvray où un prêtre a été égorgé, comme dans n'importe quel aéroport, n'importe quelle gare, sur n'importe quelle terrasse de café, dans un concert d'enfants comme à Manchester, dans un supermarché de la campagne française. Il faut supporter cette insondable bêtise tous les jours. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà maintenant, les extrémistes catholiques qui s'y remettent. Ils sont aussi cons, aussi bornés, aussi méchants et frustrés. Dans ma jeunesse, j'avais pensé qu'on en avait fini avec ces niaiseries de religion, avec ces fables absurdes et toutes ces conneries d'histoires ã dormir debout. Que ce n'étaient plus que de vagues excentricités. Je pense toujours que la religion est une question intime, et que toutes ces bondieuseries exhibées ne sont souvent que des tartufferies, et que les religions en tant que systèmes pour gouverner les hommes, l'usage de la religion à des fins politiques n'est qu'une grosse saloperie, une gigantesque entreprise de crétinisation quelque soit le dogme, qui souvent mène à l'obscurantisme puisque la plupart du temps la religion s'oppose au savoir. On le voit avec l'Islam aujourd'hui, avec le fondamentalisme chrétien américain et son dogme créationniste, voilà on en est encore là. On explore les planètes du système solaire, on en découvre d'autres à des milliers d'années-lumière, on fait des progrès incroyable en biologie, on fabrique de l'intelligence artificielle, mais cependant la connerie naturelle tient bon, ne recule pas, prend chaque fois de nouvelles formes. Sur cette planète agonisante pour laquelle à plutôt brève échéance on établit d'apocalyptiques pronostics, il y aura toujours des fanatiques religieux pour proclamer le jugement de Dieu qui, au nom de leurs idoles respectives s'égorgeront se massacreront avec un enthousiasme délirant, au lieu de se préoccuper des vrais problèmes . Enfin bon voilà c'est dit. 

mercredi 28 août 2024

Choses bizarres

 

Voilà, 
parfois sur ton smartphone tu vois des choses bizarres. Tu as du mal à y croire. C'est un gag ou une vraie proposition ? Alors tu gouguelises pour vérifier. Bah oui, ça existe. Vraiment. Ce n'est pas une plaisanterie. Un journal de droite propose réellement une application pour simuler des coalitions à l'assemblée nationale. Et là tu te dis que tu es passé pour de bon dans une autre dimension.
Ce matin, tu t'es réveillé, très perturbé, parce que tu étais convaincu que cette grande île entre le Danemark et le Groenland où tu passais des heures exquises, à pédaler sur des pistes cyclables merveilleuses, existait en réalité. Tu avais mis du temps à sortir de ce rêve où elle te semblait familière, terriblement présente. Comme si tu avais passé ton enfance là-bas. Mais là ce soir tu vas t'endormir dans un monde encore plus absurde que celui dans lequel tu t'es réveillé. Cependant tout y est effroyablement concret. Et en particulier, la bêtise. 
Tu songes qu'il y a sans aucun doute quelque chose qui déconne. Et tu n'y es pour rien. Toi de ton côté, au jour le jour, tu essaies d'être le plus cohérent possible. Mais le président de ton pays lui ne l'est pas. Il est en roue libre, hors sol. Bien que désavoué dans les sondages et dans les urnes — je raconte ça pour mes quelques lecteurs étrangers,  pour qu'ils se rendent compte un peu — il veut être à la fois président, premier ministre et chef de parti. S'il pouvait dissoudre les électeurs il le ferait. Depuis le résultat des législatives il ne cesse d'attendre de tergiverser. Deux mois que le gouvernement précédent, gère les affaires courantes.  Bon comme ça la ministre des Sports aura au moins pu assister aux jeux olympiques. C'est qu'on a découvert qu'il y a des trous dans la constitution. L'intérim d'un gouvernement n'est pas prévu. La notion d'affaires courantes est floue. Les constitutionnalistes s'en donnent à cœur joie. A la radio, la télévision ça piapiate à tout crin. C'est là que tu comprends que le droit c'est tordu. 
Mais le président préside, il monarchise même. Il continue de prendre son temps. Il ne nomme toujours pas de premier ministre, et refuse ce qu'on lui propose. Il justifie ses décisions présentes par la nécessité d'une "stabilité institutionnelle". C'est pourtant lui qui, il y a trois mois, sans consultation, dans la hâte, a semé le bordel et l'instabilité en précipitant des élections. Son obsession, pour le moment c'est de disloquer la gauche. C'est pour cela vraisemblablement qu'il a anticipé les législatives avec le succès que l'on sait (son parti a beaucoup moins de sièges et personne ne veut vraiment s'allier à lui). Et maintenant le voilà comme un daltonien dyslexique devant un Rubik's cube. Bref c'est l'impasse.
Ces conneries donnent juste envie de se couper de tout et d'aller se mettre au vert.
 

Par exemple du côté du Parc Naturel Régional de Brière, l'un des plus anciens parcs régionaux français. Situé à quelques kilomètres de l'Océan Atlantique, au cœur de la presqu'île de Guérande,  réputée pour ses marais-salants, il s'étend sur 56 500 hectares. C’est un territoire sauvage et protégé dont les marais constituent une zone humide parmi les plus riches d'Europe sur le plan de la biodiversité. On y fabrique aussi du pain à la farine de petit épeautre doré. Depuis que j'en ai mangé j'ai envie d'y goûter à nouveau. Je n'en ai pas encore trouvé à Paris. C'est aussi difficile que d'y dégotter une majorité de gouvernement à l'assemblée nationale.
Mais tu ne bougeras probablement pas. Tu le sais. Trop fatigué. Tu vas continuer à regarder le monde depuis mon lit.

dimanche 25 août 2024

Chiffonnée

Voilà,
peu avant l'ouverture des Jeux Olympiques — comme tout cela semble déjà loin — j'avais aperçu sur l’île de la Cité ce gigantesque trompe-l'œil destiné à dissimuler la façade de cet immeuble en cours de restauration. Il était en effet dans le champ des cameras de la cérémonie d'ouverture. En fait, ce fut toute la période des compétitions,  – joyeuse, détendue, bon enfant – qui s'est avérée un trompe-l’œil. Paris, a vécu durant la période des Jeux une sorte de pause : les transports publics étaient fluides, nos visiteurs charmants, heureux, radieux. Même les parisiens se mirent au diapason de cette bienveillante courtoisie. 
Maintenant c'est la rentrée. Les programme de radios reprennent leur grille annuelle. Les nouvelles voix et les émissions entendues pendant l'été disparaissent dès demain. La récréation est finie. En ville la circulation se fait plus dense. Mais surtout c'est la rentrée politique. 
Nous vivons depuis un mois et demi sans gouvernement. La Nation est confrontée à une crise de régime sans précédent depuis que la constitution de la cinquième République régit les institutions. L'ambiance risque donc d'être fort différente pendant les jeux paralympiques.
L'exercice du pouvoir a, en sept ans, fragilisé un homme à l'orgueil démesuré et au psychisme peu adapté à la fonction qu'il occupe. Nous ne sommes vraisemblablement pas au bout de nos (mauvaises) surprises. Mieux vaut s’en amuser.
Même la Joconde en paraît un peu chiffonnée. 

 

samedi 24 août 2024

Choses lues et nouvelles du monde


 
Voilà
ce ne sont que des faits uniquement des faits. Je suis tout de même parvenu à trouver quelques bonnes nouvelles. C'est donc dans ce monde que nous vivons ? Ce monde où toutes ces choses adviennent, où apparaissent et persistent tant de problèmes. C'est dans le déni de tout cela que nous persistons, juste parce que nous ne pouvons nous résoudre à changer notre mode de vie. Nous ne le pouvons décidément pas. Nous en sommes tout simplement incapables. Nous voulons jouir désespérément de ce qui est encore disponible et tant pis pour les générations futures. Nous bricolons dans l'irrémédiable. Je ne me rebelle plus, je suis trop vieux, je ne suis même plus en colère. Je suis accablé. A quoi cela sert il de nommer les choses ? Même les scientifiques sont désespérés du peu d'écho que suscitent leurs avertissements. Ils songent à passer à d'autres modes d'actions. Ici le Ministre de l'intérieur considère que les manifestations écologistes sont des actes de terrorisme. Pourtant personne n'a encore exécuté un lobbyiste d'une entreprise de pesticides auprès de la commission européenne que je sache. 
la pollution et l'exploitation des ressources naturelles par l'humanité continuent de pousser la Terre au-delà de ses capacités de résilience : six seuils écologiques sont désormais dépassés et deux autres sont en passe de l'être, avertit l'actualisation de l'étude de référence sur le concept des neuf "limites planétaires". 
 
En France, 3.500 volontaires ont élevé des blobs chez eux et suivi un protocole précis pour aider la recherche sur le changement climatique. Les premiers résultats sont éloquents mais pas réjouissants.
 
Un outil d'I.A. permet de diagnostiquer des cancers d'origine inconnue, ça c'est bien
 
des scientifiques chinois (il faut s’intéresser au scientifiques chinois, car on n’hésite pas à leur octroyer beaucoup d’argent) sont parvenus à cet exploit de concevoir une machine capable de mouvoir les objets sans les toucher grâce à l’action de champs électromagnétiques. Une trouvaille qui nous vient tout droit du travail d’une équipe de l’Université de technologie de défense du pays. Les scientifiques ont développé cette machine en s’appuyant sur la puissance des ondes électriques, ondes qui composent donc les champs magnétiques. 

Les microplastiques sont partout, dans tous les environnements du globe. De cette triste réalité, les scientifiques ont voulu tirer profit, en les utilisant comme marqueur temporel pour dater les séries géologiques et notamment le début de l’Anthropocène. Mais le problème est que ces minuscules particules semblent avoir la capacité de migrer à travers des couches géologiques plus anciennes. 
 
Énergies fossiles, biomasse, métaux et autres matériaux : en cinquante ans, la consommation mondiale de ressources naturelles a triplé.
 
On parvient petit à petit à obtenir de la photosynthèse artificielle, un processus qui vise à reproduire le processus naturel de la photosynthèse, dans lequel les plantes et d'autres organismes convertissent la lumière du soleil, l'eau et le dioxyde de carbone en molécules riches en énergie. Cette technologie offre la possibilité de produire des carburants durables et renouvelables en utilisant des ressources abondantes telles que la lumière du soleil et l'eau.
 
En trente ans, le taux d’obésité dans le monde a quadruplé chez les enfants et les adolescents. C’est le résultat inquiétant d’une vaste étude publiée le 29 février dans la revue médicale britannique The Lancet en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé 
 
Samedi 16 mars 2024 dans la matinée, le système d’alerte municipal de la ville de Rio de Janeiro a annoncé une température ressentie de 62,3°C à Guaratiba, un quartier populaire situé dans la zone ouest où la barre des 60°C avait déjà été franchie la veille. Il s’agit là d’un nouveau record depuis que ce type de mesure a commencé en 2014
 
Sierra Solter dans une étude, parue en fin d'année dernière et approuvée par un comité de lecture explique comment les déchets spatiaux générés par les satellites à but commercial pourraient compromettre la magnétosphère.
 
Selon Eliezer Yudkowsky, un chercheur en intelligence artificielle l'AI pourrait éradiquer l'espèce humaine en seulement deux ans.
 
La fièvre continue. Alors que la planète vient de connaître son mois de mars le plus chaud jamais relevé, tous les continents ont, selon le Washington post, enregistré des températures historiques. Le mercure s’est affolé en Europe, mais aussi en Asie, en Amérique centrale et en Afrique de l’Ouest.
 
Le ministre de la défense allemand, a, jeudi 4 Avril, présenté des mesures qui, selon lui, doivent permettre à l’armée allemande d’être préparée de façon optimale aux situations les plus graves, qu’il s’agisse de défense ou de guerre
 
Aux alentours du 10 mars 2024, des pluies diluviennes ont inondé Dubaï City. Il est tombé en trois jours l'équivalent de 18 mois de pluie. De semblables inondations étaient arrivées en Novembre 2023. Il est à noter que c'est un pays qui pratique l"ensemencement des nuages avec du chlorure de sodium et investit dans cette technologie.
 
les vagues de chaleur marines ont fait entrer de nombreux récifs de la planète dans une zone létale. Lundi 15 avril, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a ainsi confirmé que la Terre connaît un nouvel événement mondial de blanchissement des coraux
 
D’après nos calculs, l’Iran aurait dépensé environ 49 millions de dollars pour son attaque contre le territoire israélien. C’est sept fois moins que les 345 millions dépensés par Israël, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Jordanie pour abattre les drones et missiles lancés par Téhéran. 
 
Des pluies diluviennes se sont encore abattues sur Dubaï, inondant complètement les pistes de l’aéroport international et forçant les compagnies à détourner les vols à l’arrivée le mardi 16 avril. Ce sont 119 mm de pluie qui en 24 heures se sont déversés à l’aéroport de Dubaï. C’est 1,5 fois plus que ce qu’il tombe en un an. Deux autres pays du Golfe, Bahreïn et Oman où 18 personnes ont péri, ont également subi de fortes inondations.
 
Accompagné du ministre des armées et du ministre de l’économie, le chef de l’Etat  français Macron a terminé sa visite en Aquitaine d'une usine d'armement en se réjouissant que cette économie de guerre produise de la richesse

Treize ans après le début de la catastrophe nucléaire, Tepco n’a pas encore retiré un seul gramme des 880 tonnes de corium gisant au fond des réacteurs. C’est dire si la tâche est difficile, voire insurmontable dans les délais fixés à 40 ans.  
 
Au Pakistan, le volume des pluies depuis le début d’avril est deux fois plus élevé que d’ordinaire. En quatre jours, ces intempéries ont provoqué la mort d’au moins soixante-cinq personnes, ont annoncé les autorités locales, mercredi 17 avril.
 
Les loups mutants de Tchernobyl développent des traits anticancéreux, 35 ans après la catastrophe nucléaire
 
L'OMS fait part de son " énorme inquiétude" devant "la propagation croissante de la souche H5N1 de la grippe aviaire à de nouvelles espèces, y compris les humains. Début avril, deux personnes ont été testées positives aux Etats-Unis, après l'infection de troupeaux de bovins, notamment au Texas et au Kansas"
 
Les forêts et les sols ont seulement absorbé entre 1,5 milliard et 2,6 milliards de tonnes de CO2 en 2023, loin derrière les 9,5 milliards de 2022, notamment en raison de la sécheresse en Amazonie et du fait des incendies au Canada et en Sibérie.
 
Cette année le jour du dépassement est tombé un jour plus tôt, le premier Août. Cela signifie que le 1er Août l'humanité a consommé la totalité des ressources que la Terre peut générer en une année
 
Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Et comme disait le poète "si j'arrête cette énumération vous pouvez toujours la continuer"

jeudi 22 août 2024

En pensant à Madère

 
Voilà,
l'île de Madère est actuellement en proie à de gigantesques incendies. C'est un endroit merveilleux qui possède en son centre une forêt primaire aujourd'hui menacée. J'y ai marché, la tête parfois dans les nuages, et il arrivait qu'entre deux nuées on aperçoive l'océan. Je garde un souvenir émouvant de cette nature. Ce fut un bonheur d'y être. On rapporte qu'au printemps, lorsque l'île est en pleine floraison, c'est stupéfiant de couleurs et de fragrances. J'espère qu'elle ne sera pas trop ravagée.
 
 

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lundi 19 août 2024

Comme un jour d'automne


Voilà,
cette année le 15 Août qui est un jour férié — bien que peu de monde dans ce pays sache encore ce qu'est l'Assomption de la Vierge — tombait un jeudi. Le weekend a donc commencé plus tôt s'étirant jusqu'au 18. En cette période, Paris est souvent quasi désert, mais cette année, c'est encore plus flagrant. Il n'y avait que les touristes. 
J'aime la ville en cette période. La semaine dernière, durant quelques jours, une très grosse canicule s'est abattue  sur la capitale. Et puis vendredi, il a plu toute la journée. Les feuilles séchées sont tombées des arbres et dimanche ressemblait à un jour d'automne mélancolique.

 
 
Les bulletins radio et les nouvelles sur les réseaux sociaux ne parlaient que de la mort d'Alain Delon. Je me suis promené un peu l'après-midi. Sur le pont Saint-Louis qui relie les deux îles, l'ambiance était étrange. Mais c'était bon d'être là, vivant, et de goûter la saveur de ce jour paisible. Il ne faut pas délaisser les menus bonheurs. Et tant pis si l'on n'a plus beaucoup de prise sur les choses.

jeudi 15 août 2024

La mer



Voilà 
"La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l’attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l’insuffisance de la réalité à les satisfaire. Ceux-là qui ont besoin de repos avant d’avoir éprouvé encore aucune fatigue, la mer les consolera, les exaltera vaguement. Elle ne porte pas comme la terre les traces des travaux des hommes et de la vie humaine. Rien n’y demeure, rien n’y passe qu’en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui ! De là cette grande pureté de la mer que n’ont pas les choses terrestres. Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie qu’il faut une pioche pour entamer. Le pas d’un enfant sur l’eau y creuse un sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l’eau en sont un moment brisées ; puis tout vestige s’efface, et la mer est redevenue calme comme aux premiers jours du monde. Celui qui est las des chemins de la terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et plus douces, incertaines et désertes. Tout y est plus mystérieux, jusqu’à ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus de la mer, sans maisons et sans ombrages, et qu’y étendent les nuages, ces hameaux célestes, ces vagues ramures.
La mer a le charme des choses qui ne se taisent pas la nuit, qui sont pour notre vie inquiète une permission de dormir, une promesse que tout ne va pas s’anéantir, comme la veilleuse des petits enfants qui se sentent moins seuls quand elle brille. Elle n’est pas séparée du ciel comme la terre, est toujours en harmonie avec ses couleurs, s’émeut de ses nuances les plus délicates. Elle rayonne sous le soleil et chaque soir semble mourir avec lui. Et quand il a disparu, elle continue à le regretter, à conserver un peu de son lumineux souvenir, en face de la terre uniformément sombre. C’est le moment de ses reflets mélancoliques et si doux qu’on sent son cœur se fondre en les regardant. Quand la nuit est presque venue et que le ciel est sombre sur la terre noircie, elle luit encore faiblement, on ne sait par quel mystère, par quelle brillante relique du jour enfouie sous les flots.
Elle rafraîchit notre imagination parce qu’elle ne fait pas penser à la vie des hommes, mais elle réjouit notre âme, parce qu’elle est, comme elle, aspiration infinie et impuissante, élan sans cesse brisé de chutes, plainte éternelle et douce. Elle nous enchante ainsi comme la musique, qui ne porte pas comme le langage la trace des choses, qui ne nous dit rien des hommes, mais qui imite les mouvements de notre âme. Notre cœur en s’élançant avec leurs vagues, en retombant avec elles, oublie ainsi ses propres défaillances, et se console dans une harmonie intime entre sa tristesse et celle de la mer, qui confond sa destinée et celle des choses.Septembre 1892.
Marcel Proust in Les Plaisirs et les Jours

mercredi 7 août 2024

Le parisien peut-être cordial

 
 
Voilà,
on aura fait une importante découverte ces derniers jours : le parisien peut être cordial. Le temps d'une olympiade dans sa ville, il est aussi capable de sourire. Même les garçons de café se révèlent aimables, ce n'est pas peu dire. J'aurais vu ça dans ma vie. Oubliés les préparatifs contraignants, les travaux pour ouvrir de nouvelles pistes cyclables, les caméras de surveillance vidéo, les grilles le long des trottoirs, l'accès sécurisé aux abords de la Seine avant la cérémonie d'ouverture, les années de bashing sur les Jeux. Le parisien se promène sourire aux lèvres, et attend dans les files, comme ici place du Trocadero, sans maugréer. Serait-il devenu apte au bonheur ? 
 

 
C'est au point que la presse étrangère s'en étonne. "La France semble avoir pris des vacances d'elle-même," écrit le New-York Times. Il est à craindre que lorsqu'on lui présentera l'addition ce sera une autre histoire. Le dur retour à la réalité ne va pas tarder. Il est possible que la plupart aient conscience de vivre un répit. On peut s'attendre à un sérieux coup de "blues post games". Et je ne parle là que de Paris. Malgré ses défauts, quoi qu'on dise, ce n'est pas ce qu'il y a de pire. On y vote plutôt moins qu'ailleurs pour le parti d'extrême droite. 
À ce sujet aucun de ses représentants ne s'est d'ailleurs publiquement exprimé ces derniers temps. A vrai dire aucun politique ne s'exprime vraiment. Sauf notre président. Certains exploits de nos compétiteurs lui ont donné l'occasion, lorsqu'il était en public de sauter tel un lapin sous phénédrine. Ou bien – et à chaque fois c’était ridicule intrusif et obscène – il n’a pu s'empêcher d'aller papouiller les vainqueurs ou consoler les vaincus. C'est une manie chez lui : compatir à la déception des sportifs. Il a une âme de manager. Depuis qu'il est au pouvoir il se pense comme le coach de la France. 
Je ne sais pas ce qu'il adviendra dans les prochaines semaines. Il est probable que le top manager tentera une petite entourloupe avant la fin de l'été en nommant un premier ministre sorti de nulle part. Tout le monde sait qu'en l'état actuel la nation est ingouvernable. Aucune majorité de coalition ne semble se dégager. Chacun prétend avoir gagné. Sauf le Rassemblement National, le seul, paradoxalement à avoir parlé de défaite, parce qu'il n'avait pas de majorité relative. En réalité c'est lui le vrai gagnant de la séquence politique de ces deux derniers mois. Il a augmenté son nombre de sièges au parlement européen comme à l’assemblée nationale – ce qui va lui assurer de confortables revenus – il a fait coalition avec une partie de la droite traditionnelle, il est le premier parti de l'hémicycle. La coalition de partis du Nouveau Front populaire qui a grandement contribué à empêcher son accession au pouvoir s'effrite déjà. Trop d'ambitions personnelles. Les appareils politiques ne tiennent pas compte des aspirations de la population qu'ils sont supposés représenter.
 
 
 
Mais pour le moment on ne veut pas songer à ça. Le populo franchouille avec allégresse et frénésie, bien encouragé en cela par des commentateurs aussi chauvins qu'hystériques. Cela a quelque chose de grotesque souvent, d'un peu effrayant parfois. Il paraît que c'est inévitable. 
Mais pourquoi je parle encore de ça ? 
Ce qui m'importe c'est ça : peu avant que je prenne cette photo de supporters français aux perruques tricolores, une vieille chanson de Léonard Cohen  —"Love calls you by your name"— m'est revenue en tête sans que je ne sache pourquoi. Si longtemps que je ne l'avais entendue. Mais je me souviens très bien de la première fois où elle m'est parvenue. J'avais à peine quinze ans. C'est ainsi : je me déplace dans le monde présent, sans but réel, ni perspective, avec un corps usé, gagné par la nostalgie de ces vieux airs et de certains moments de jeunesse. Je me laisse dériver dans la ville en fête. Je ne suis pas tout à fait tranquille. Je voudrais trouver la paix intérieure.

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