mercredi 5 octobre 2016

Dépouilles


Voilà
ce que Jean-Paul Sartre écrivait au début des années cinquante après avoir visité la crypte des Capucins de Rome : "Ces moines conservent les dépouilles humaines pour faire durer le plaisir ; ils retiennent l'homme de devenir chose pour pouvoir le traiter comme une chose, ils arrachent les ossements à leur destinée minérale pour pouvoir les asservir à la caricature d'un ordre humain ; on les exhume en grande pompe pour en faire du matériau de construction. Les religieux jugeaient la beauté diabolique quand elle venait du siècle ; il se transforment en esthètes quand il s'agit de préférer tout, même le beau, à leur prochain ; ils décorent la chapelle avec de l'homme comme les gardiens de Buchenwald faisaient des abat-jour en peau humaine". Le lieu, insolite constitue un genre artistique unique d'une certaine façon, une sorte de kitsch funéraire. Ce qui est troublant dans la remarque de Sartre, c'est l'inversion chronologique, la revisitation et la critique du passé à la lumière d'événement récents. Comme s'il y avait une relation de cause à effet entre les deux événements. Les mettre d'ailleurs sur le même plan, paraît a l'heure présente assez faible. Comme quoi les conditions historiques, les circonstances déterminent aussi notre façon, sinon de penser, du moins de ressentir.

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