dimanche 21 septembre 2025

Mésaventure

Voilà,
cherchant à prolonger l’attitude des premiers graffeurs New-Yorkais des années soixante-dix qui tracèrent de nouvelles formes de sur les carlingues argentés du métro New-Yorkais, nombre d'artistes de rues, continuent aujourd'hui à vivre leurs aventures, picturales à travers les réseaux ferroviaire du monde entier. Théo Clerc est l'un d'entre eux. Malheureusement pour lui, sans doute peu informé du risque encouru — ce qui n'est pas très malin —, il s'est essayé à cette pratique dans un pays peu sensible à ce genre de manifestation artistique et guère enclin à l'encourager. On ne se renseigne jamais assez sur les us et coutumes des contrées que l'on visite. Il a donc été arrêté et emprisonné à Bakou pour y avoir peint un métro le 31 mars 2024. Le 12 septembre 2024, après trois mois de détention provisoire dans des conditions peu reluisantes, il a été condamné à une peine de trois ans de prison alors que ses deux complices néo-zélandais et australiens ont été libérés et condamnés à une amende pour la même action. Très relayé, médiatiquement l'affaire mobilise aujourd’hui la presse qui évoque "une prise d’otage diplomatique". Le Ministère des Affaires étrangères français dénonce un traitement arbitraire et ouvertement discriminatoire. Quant à la société civile elle a organisé une pétition en ligne qui  a réuni de nombreuses signatures de soutien. Finalement le détenu a bénéficié de la grâce du Président de l'Azerbaïdjan en mai 2025.
Avant sa libération,le musée du Palais de Tokyo avait convié Julien Calemard est Tami Nabil à réaliser cette peinture murale intitulée "ce n'est qu'un coloriage" afin de rappeler que la place des artistes n’est pas en prison. Elle représente Théo Clerc traversée par un métro imaginaire, fusion des métros rêvés du monde entier et source de ses problèmes actuels. Au-dessus de ces têtes des inserts, suggèrent que le graffiti est, selon les auteurs de la fresque, un jeu "aussi sain qu'enfantin" une amitié, un lien collectif, beaucoup de hasard de chance ou de malchance, de liberté qui mènent parfois en prison.
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lundi 15 septembre 2025

Questions


Voilà,
je me demande y aura-t-il un autre été
paisible et serein et des heures indolentes
ou bien n’est ce plus qu’un rêve déjà fané
qui s’efface dans une amère et morne attente 
 

dimanche 14 septembre 2025

Du travail de pro

 
 
Voilà 
Charlie Kirk. Un fasciste de compétition. Le modèle d’exportation. Antisémite mais favorable au massacre des Palestiniens — On en a de semblables ici aussi en France. Misogyne, suprémaciste, homophobe, climatosceptique, pro-arme, anti-avortement, bref : la totale. 
À l’affiche quotidienne du stand-up trumpiste, colporteur professionnel de fake news, animateur en chef de l’attaque du Capitole. Son CV : la haine comme fond de commerce, la bêtise comme capital symbolique.
Porter une arme à feu selon lui était un droit issu de la volonté de Dieu. Dieu est parfois un foutu galopin avec ceux qui y croient ou professent d'y croire. 
Pour celui qui disait  "En fait, je ne supporte pas le mot empathie. Je pense que l'empathie est un terme New Age, inventé, qui fait beaucoup de mal" une balle dans la gorge. 
Une seule. Du travail de pro. 
Pas d'empathie donc.

Trump le sauveur autoproclamé de la nation, ce concentré de bêtise, de méchanceté, d'arrogance, d'infatuation, d'ignorance, de brutalité, de racisme, de corruption, de mensonge, d'incompétence qui, au mépris du droit américain a décidé de saper un a un tous les principes fondateurs de son pays avec la complicité des élus républicains du Sénat et de la chambre des représentants, Trump donc jaillit sur les ondes.
Kirk mort
Trump furieux. 
Pathos en cascade, lamentation réglée, hymne à la victime qu’on hisse en martyr. Les caméras tournent, la machine pleure. Trump lyrique (enfin, dans la mesure de ses moyens). Trump en mode oratorio apocalyptique : "la gauche radicale assassine nos héros". Ben voyons. C’est toujours elle, la main invisible, l’ennemie de la liberté — leur liberté, plus exactement : celle de pouvoir massacrer sans entrave, arrêter de façon arbitraire au seul motif d'un faciès pas trop blanc. Étonnant tout de même : Trump est nettement moins lyrique quand Melissa Hortman, représentante d’État est abattue avec son mari dans leur maison. Quand John Hoffman, sénateur est troué de balles aux côtés de sa femme. 
Moins lyrique pour ce qui concerne les morts à l’école, aussi — enfants et professeurs. Litanie américaine du carnage. 309 fusillades de masse en un an, pour la plupart d’entre elles perpétrées par des blancs. Plus de 300 morts depuis le début de l’année. Mais pas d’allocution pour ça. Trop banal, trop quotidien, trop peu rentable en émotion nationale. 
Ce qui mérite une parole, c’est le corps d’extrême-droite tombé. Ce qui ne vaut rien, c’est le sang des démocrates, c’est l’abattoir scolaire. Les États-Unis du Spectacle trient leurs cadavres : les bons pour l’écran, les autres pour la fosse commune de l’oubli. Et tout le monde continue — on pleure sur commande, on oublie sur consigne. Le pouvoir s’exerce même dans le chuintement du silence 
 Silence présidentiel. Silence comme politique, silence comme choix.
 La hiérarchie des morts, c’est sacré.
 
Le scénario est connu. Hitler a eu des son Reichstag. Trump a la balle dans la gorge de Kirk. Prétexte prêt-à-porter. Sacraliser le cadavre. Poursuivre le projet : déchaîner la Garde nationale dans les villes démocrates. Liquider l’opposition au nom de la Pureté Américaine. Recycler le crime en mythe, la peur en régime, la haine en politique. 
Pendant ce temps : le scandale pédophile colle aux basques de l'orange canker. La faillite économique est patente. La popularité fuit par tous les trous. Mais peu importe : un martyr ça occupe l’écran, ça fait de l'audimat. Un martyr ça détourne. Un martyr ça donne des forces aux fascistes. Les républicains pointent du doigt leurs ennemis habituels — la gauche radicale, les trans, les démocrates, les immigrés. C’était écrit d’avance, comme une pièce qu’ils jouent les yeux fermés. Et tout un appareil de propagande s’empresse de transformer la gorge perforée en drame national. Drapeaux en berne.

Seulement voilà : le récit s’écroule

la grand-mère du tueur — Debbie Robinson — parle. On se retrouve dans un sitcom façon Dallas. Mais là ça s'appellerait "Utah" "Toute la famille est républicaine, pro-Trump. Je ne connais pas de démocrate" , dit-elle.
Le discours vacille.
Le suspect : vingt-deux ans, blanc, mormon, Utah. Pas un infiltré, pas un "autre". Il aimait jouer à Halo un jeu de sci-fi populaire et à "call of duty". Il aimait la chasse. 
L’un des leurs. Et les balles ? Gravées de slogans, non pas antifas mais références à l’univers groyper. Cette tendance animée par Nick Fuentes, un autre leader de la jeunesse d’extrême droite qui juge Kirk trop tiède, trop compromis, pas assez pur pour "America First". Une photo de Tyler Robinson publiée sur Facebook suggère qu'il s'intéressait aux mèmes Groyper.
Ainsi, Kirk, s'il n'est pas tombé sous les balles d’un conservatisme plus extrême que le sien, aura trouvé le feu d'un type aussi taré que lui.
Trump, Trump Jr, les influenceurs MAGA criaient hier à la guerre civile. Aujourd’hui, silence. La réalité est moins commode. Car le tireur n’est pas trans, pas démocrate, pas migrant. C’est un jeune homme blanc, instable, né et armé aux États-Unis. Le problème est intérieur. Le problème est républicain. Le problème est américain.
c'est en regardant, il y a bien des années le documentaire "into the abyss" de  Werner Herzog, que j'ai réalisé que ce pays était foutu pour bien longtemps. On y trouve ce qui caractérise cette société : le culte de la violence et la bigoterie. Le gun et la bible. Et sous couvert de religion l’indigence morale et la misère intellectuelle. La vision du film "America" de Claus Drexel était aussi édifiante à sa façon. 
Cet événement qui secoue les États-Unis exprime une fois encore la folie de cette nation en pleine débâcle, fondamentalement malsaine, et obsédée fascinée gangrenée par le Mal. 
Les vieux hippies américains doivent broyer du noir. 
Ici au jardin du Luxembourg le ciel est gris.
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vendredi 12 septembre 2025

C'est comme ça

 

Voilà,
je suis moins effrayé par la perspective de la mort que par celle de laisser derrière moi tant de choses inachevées ou inaccomplies. Ma mort, en un sens, je peux l’imaginer comme un long sommeil serti dans une nuit plus douce que celles, si souvent agitées, où, en proie à d'obsédantes pensées peuplées de prémonitions, je me retourne avec angoisse, en sueur dans mes draps. Mais l’inaccompli, l’inachevé, ce n’est pas une nuit. C'est comme un bruissement obstiné qui continuerait de résonner alors même que je ne serais plus capable d'entendre les bruits du monde. 
Bien sûr, il y a ces images à peine entrevues, ces dessins ces esquisses tremblantes dans mon esprit, pareilles à des silhouettes fugitives que l’on distingue, le soir, derrière une vitre embuée. Elles se sont évanouies avant même que j'aie pu tracer leur contour. Ces visions, si souvent différées, portent déjà le poids d’un adieu prématuré. Elles me reprochent d’avoir laissé s’éteindre leur éclat sans jamais leur donner la chance d’un corps, d’un trait, d’un cadre. Mais il y a aussi les idées qui n'ont jamais été creusées. Je les évoque, et les imagine aussitôt  comme ces fleurs qui se languissent dans l'obscurité des profondeurs marines. Je finis ma vie avec parfois par le regret de ces pages de ces phrases que je n’ai pas écrites, par paresse par manque de rigueur ou d'assurance.
Mais plus encore que ces œuvres absentes, c’est le désordre concret, celui des choses accumulées et jamais triées, qui m’apparaît comme une seconde mort plus triviale et plus effrayante que l'approche de mon propre effacement. Une inquiétude sournoise et délétère me saisit quand j'y songe. Car il y a ces papiers jaunis empilés dans des boîtes qui n'ont pas été ouvertes depuis des années, les carnets où ne subsistent que quelques phrases hâtives, pareilles à des racines privées de leur plante, et puis ces menus objets qui chacun contiennent, pour moi seul, la mémoire d’un instant : une enveloppe froissée, un billet d'avion, une clef dont la serrure n’existe plus, des vieilles cartes de visites, de téléphone. Je crains que, livrés aux mains étrangères qui viendront après moi, ces restes ne soient perçus uniquement comme le rebut d’une vie maladroitement amassée, et que personne ne devine la chaleur du secret ou l’éclat fugitif de l’émotion qu’ils protégeaient. Ces choses jamais jetées, recèlent des secrets ni grands ni dramatiques, mais elles relèvent de cette embarrassante pudeur, voisine de la honte que nous mettons à ne pas tout montrer de nous-mêmes, à garder pour nous ces petites traces muettes que nous n’avons pas voulu livrer, comme si nous pressentions qu’elles ne prendraient tout leur sens que dans l’ombre. Laisser cela derrière moi, exposer au regard nu des autres ce que j’avais choisi d’enfouir, livrer mes demi-aveux, mes maladresses, mes repentirs, à une lumière crue et étrangère, toute cette survivance maladroite, ce prolongement involontaire de moi-même, m'embarrasse. Et pourtant, je n'ose encore me résoudre à les jeter.

mardi 9 septembre 2025

Sans savoir si je dors

Voilà,
"Je ne dors pas. J'entre-existe.
Des vestiges flottent dans ma conscience. Je sens peser en moi le sommeil, sans que mon inconscience me pèse… Je ne suis pas. Le vent… Je m’éveille et je redors, et je n’ai pas encore dormi. Paysage de sonorité, aiguë et troubles, au-delà duquel je ne me connais pas. Je savoure, précautionneusement, la possibilité que je sois en train de dormir. En effet, je dors, mais sans savoir si je dors. Il y a toujours, dans ce que je crois être le sommeil, un son de fin de tout, de vent dans la nuit, et si j’écoute mieux, le bruit de mes poumons et de mon cœur."
Fernando Pessoa in Le Livre de l'Intranquillité -281 
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lundi 8 septembre 2025

Cabane


Voilà,
en passant il y a peu, dans cette rue voisine, j'ai remarqué, à l'abri dans un recoin, au pied d'un arbre, cette improbable cabane que je n'avais jamais aperçue auparavant. Cet astucieux dispositif de planches, de treillages, recouvert d'une bâche bleue, avait sûrement été assemblé au cours de l'été, quand les vacances vident le quartier de la plupart des habitants. 
Un bref instant je n'ai pu m’empêcher d’y voir une sorte d’idéal perdu. Je me suis pris à admirer cette construction. Je me suis rappelé ces après-midi d’enfance, quand je griffonnais des plans de cabanes imaginaires sur le coin de mes cahiers d’écolier — toujours trop ambitieux pour mes misérables compétences en la matière et le peu d’outils dont je disposais —. Le vieux marteau rouillé dont mon géniteur m'avait fait cadeau, les quelques clous qui se tordaient à peine enfoncés. Tout ce que j'étais, avec ce maigre outillage, parvenu à bâtir avait été un assemblage tremblant, un misérable tipi de branchages et de planches disposés contre un vieux mur de pierres disjointes. À peine cela tenait-il.  
Alors devant cette construction de fortune, ingénieuse et presque élégante, la honte m'a saisi. L'ombre d'une enfance jalouse s'est mêlée à la conscience vaguement coupable de l'adulte. J’aurais aimé en avoir une semblable, pour m’y cacher, enfant, loin des tensions du foyer familial et de la stupide discipline militaire à laquelle je devais me plier. C'était tellement mesquin d'envier ce qu'un autre, dans le dénuement, avait été en mesure de réaliser.  J'en étais donc toujours à rêver d'un refuge qui m'aurait offert, enfant, la possibilité de disparaître du monde. Comme si j'avais encore besoin d'un abri contre les grandes personnes. Comme si je n'avais jamais grandi.
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samedi 6 septembre 2025

Ou ce qui reste de singe en moi

 
Voilà,
depuis deux trois ans je vais au cinéma comme on se drogue. C’est la façon la moins toxique que j’ai trouvée de m’absenter de ma vie. Le spectateur que je suis adopte alors la position du rêveur qui se laisse traverser par des histoires. Cela me permet de tenir mes angoisses à distance. Pas toujours, mais la plupart du temps. Pendant ce temps là je ne parle pas, je n’écris pas, je n'ai pas de tentation morbide ni de prétention à produire de la pensée. Je vois des corps des paysages, je m'abandonne à ce transport si particulier. Je suis seul avec moi-même, parmi d'autres solitudes. Et pendant ce temps là, au moins, je n'essaye pas de paraître intellectuellement — et ce blog malheureusement participe en partie de cette pathétique tentation  — pertinent à l'attention des autres. Chacun ses failles narcissiques. Ce n’était pourtant pas le projet initial quand j'ai commencé. Je ne sais pas quand ça m’a pris exactement, cette tendance à commenter bien au delà des images. Au moment de Fukushima peut-être. Faudrait que je regarde.
En fait je suis un gros paresseux. Sans doute parce que je me suis toujours senti en porte-à-faux, autant avec les choses qu'avec les gens. Pour cette raison j'ai préféré éviter de trop sociabiliser.  C'est ce qui m'a amené à réaliser des collages des photos et bricoler des textes. Si j'avais été à l'aise dans la vie je ne me serais jamais engagé dans cette voie. 
En tout cas mon travail graphique est ce qui me ressemble le plus.  
J’aurais pu me contenter de simplement publier des images. Mais je ne pouvais m’empêcher d’y associer des mots. C’est stupide. Ça me bouffe tellement de temps. 
Je fais en outre l'acteur depuis longtemps parce que ça aussi me fait du bien. Et puis sans doute que je n'ai jamais eu envie d'abandonner l'enfant que j'ai été. Essayer de vivre comme dans une cour de récréation, alors que le monde est ce qu'il est (et j'ai compris assez tôt un certains nombre de trucs à ce sujet), c'est une façon comme une autre de sauver sa peau.
A moins que ce soit ce qui reste de singe en moi qui m'ait amené là.
D'ailleurs au passage, si tout se passe comme prévu, je remets ça pendant deux mois deux fois par semaine. 



Quoi qu'il advienne, j'aurais au moins fait quelques rencontres dans cette vie, avec des personnes qui souvent m'auront pris pour un autre. Toutefois quelques unes m'auront vraiment connu et compris, et certaines même m'auront aimé  — du moins je l'espère. En cette matière on n'est jamais sûr de rien.  

vendredi 5 septembre 2025

Chibanis

Voilà,
Chibani vient de l'arabe maghrébin et signifie vieux, vieillard, ancien ou encore "cheveux blancs". Initialement le terme est utilisé pour désigner dans leur propre langue les familles de combattants harkis, émigrées en France au moment de l'indépendance et dont les membres sont parvenus à l'âge de la retraite.
À partir du début du vingt-et-unième siècle, le terme est appliqué à une catégorie de population originaire d'anciennes colonies françaises (majoritairement du Maghreb et dans une moindre mesure Afrique subsaharienne et Extrême-Orient), émigrés en France durant les Trente Glorieuses (1945-1975) sans réussir à se forger une situation stable dans le pays et parvenus à l'âge de la retraite dans des conditions précaires. Par extension, le mot, depuis quelques années qualifie, en langage familier — du moins dans les banlieues et les quartiers populaires à forte densité d'immigrés ou de descendants d'immigrés — n’importe quelle personne âgée. (sources wikipedia)

jeudi 4 septembre 2025

Quai des grands Augustins

Voilà,
je ne me lasse pas des quais de Paris. j'aime m'y promener à toute heure. Là c'était le soir, il n’y a pas si longtemps, un soir d'été. De l'autre côté, on aperçoit la pointe du Vert-Galant sur l'île de la cité où les jeunes ont de tous temps aimé se retrouver.
Juste avant que je ne prenne cette photo, une femme a franchi la passerelle, alors baissée, de la première péniche et, pendant qu'elle disparaissait dans la cabine, j'ai vu a passerelle se relever. J'ai pensé qu'elle allait sûrement passer un moment tranquille et amoureux avec le propriétaire. J'ai aussi songé qu'il fallait avoir sacrément confiance. Au cas où les choses tourneraient mal, la sortie serait difficile. Mais peut-être au fond que c'était elle, la propriétaire. Des idées très stupides, traversent parfois mon esprit. Voici d'ailleurs l'une des dernières, en forme de résolution :
 
des quatrains j'ai décidé comme François Cheng
 d'écrire des quatrains mais en alexandrins
c'est une sorte de sport cérébral c'est bien
après tout vu mon état d'être un peu folingue
 
Bien sûr ce n'est pas aussi élevé mystique et inspiré que ses poèmes. Mais bon, peut-être que ça viendra. Il y a longtemps tout de même que je ne pratique plus ce genre d'exercice. Je ne suis pas Aragon très adroit quant à lui dans l'art de la versification. D'ailleurs il n'y a pas si longtemps je me suis souvenu de  "Je vous salue ma France" que j'avais, en même temps que "Ma Bohème" de Rimbaud, dit par Jean Topart, découvert dans la classe de Monsieur Despons en CM2,  quand la radio d'État diffusait des programmes scolaires. C'était le bon temps de la propagande nationaliste avec des poèmes de la résistance communiste sous l'Occupation. Je me souviens de ces vers qui m'avaient alors vraiment plu, le deuxième surtout, dont je me dis encore aujourd'hui, "ça, c'est bien balancé"

Je vous salue, ma France aux yeux de tourterelle,
Jamais trop mon tourment, mon amour jamais trop. 
Ma France, mon ancienne et nouvelle querelle,
 Sol semé de héros, ciel plein de passereaux…

lundi 1 septembre 2025

L’été 2025

 
Voilà, 
C’est déjà la fin des vacances d'été. C’est toujours un peu triste cette période. Cet été là aura été particulier tout de même
 
Cet été une fois de plus, pour la troisième année consécutive j'aurais passé le mois de Juillet à Avignon. Pour moi la boisson de ce festival aura été une mixture à base de jus de citron et de jus de gingembre dont je remplissais ma gourde chaque matin avant de partir. C’était frais rafraîchissant mais sans doute peu compatible avec mon traitement contre l’hypertension J’aurais aussi découvert le Gambetta bitter au café de la place Pasteur et une  blonde de garde, plus verte que blonde à la liqueur de Chartreuse dans un café de la place des Carmes le soir de mon arrivée. 
 
Cet été, rue du Vice Légat j'aurais aussi vu Diogène converser avec une jolie festivalière.


Cet été il y aura eu en France deux longues périodes de canicule intense, une fin juin mi juillet, une autre courant Août et des nouvelles températures extrêmes auront été enregistrées un peu partout en France métropolitaine


Cet été j’aurai assez peu rêvé

 

Cet été j'aurai eu plein de nouvelles douleurs et des symptômes bizarres


Cet été en août j’aurai vu beaucoup de films

 

Cet été j'aurais mis des visages et des voix sur des noms plus ou moins familiers qui désignaient auparavant des inconnus

 

Cet été j'aurai assisté à une messe à Taizé

 

Cet été les États-Unis auront suspendu la livraison de systèmes de défense antiaérienne Patriot, de missiles antichar Hellfire et de munitions à l'Ukraine, officiellement en raison de la diminution des stocks de l’armée américaine


Cet été j’aurais, impuissant, assisté sur les écrans tactiles à la débâclé morale du monde occidental dont je fais partie, et vraisemblablement au début de son effondrement politique et culturel aussi

 

Cet été aux États-Unis, des inondations dans l'état du Texas auront fait plus de 135 morts Si parmi eux il y avait des climatosceptiques trumpistes j'en suis ravi, ça fera quelques cons en moins 

 

Cet été ma cousine aura quitté ce monde ou cette version du monde 

 

Cet été la Russie sera devenue le premier pays à reconnaître officiellement le gouvernement taliban en Afghanistan  

 

Cet été des combattants des Forces démocratiques alliées (FDA), affiliés à l'État islamique, auront tué 66 personnes dans le territoire d'Irumu, en République démocratique du Congo


Cet été beaucoup d'acteurs et d'actrices de théâtre que j'ai croisés dans ma vie auront trépassé.

 

Cet été l'UNESCO aura classé la galerie d'art rupestre du parc national de Murujuga en Australie occidentale comme site du patrimoine mondial et ça c'est plutôt une bonne nouvelle

 

Cet été des tirs auront été échangés à la frontière entre les armées cambodgienne et thaïlandaise faisant douze morts


Cet été des scientifiques se seront inquiétés sans être plus entendus que de coutume de la situation climatique alarmante. leur cri d'alarme répété depuis des années aura pourtant été clair : dépasser les +1,5°C va créer beaucoup, beaucoup de malheurs. Monter au-delà va les augmenter pour chaque dixième de degré en plus.  Avec une sensibilité climatique plus élevée, le franchissement de ce niveau de malheur supplémentaire va advenir assez rapidement.

Il est en outre très peu probable que nous puissions revenir en arrière. Le délabrement que cela entraînera risque donc de durer des siècles. Voilà pourquoi selon eux nous devrions l'éviter à tout prix.

 

Cet été il y aura eu de gigantesques incendies sur le pourtour méditerranéen, en France dans l'Aude, dans l'Ouest et le Nord Ouest de l'Espagne , et aussi au Portugal


Cet été en Alsace la récolte de Crémant aura commencé le 20 août ce qui constitue un record de précocité 

 

Cet été Israël aura mis en place les bases d'une annexion de la Cisjordanie après avoir affamé et rasé Gaza qu'elle veut désormais occuper. Elle aura continué sa politique d'éradication ethnique sur la bande de Gaza et plusieurs sommités juives en Israël et hors des frontières auront qualifié ces actions de génocide .

 

Cet été on aura constaté grâce au large panorama de la santé pédiatrique outre-Atlantique, dressé par une étude publiée dans le "Journal of the American Medical Association" ("JAMA"),  que l'état de santé des enfants se dégrade rapidement aux Etats-Unis, creusant l’écart avec les pays à haut revenu et que cela présente les traits d’une catastrophe invisible.

 

Cet été j'aurai pour la première fois mangé du foie de lotte 

 

Cet été en Espagne la vague de chaleur du mois d’Août aura été la plus intense jamais enregistrée. Du 8 au 18 août, la péninsule ibérique aura subi la vague de chaleur « la plus intense depuis qu’il existe des relevés d’après son agence météorologique nationale. Avec des températures dépassant par endroit les 40 °C, la vague de chaleur d’août 2025 aura surpassé celle, alors historique, de juillet 2022 avec des températures supérieures de 4,6 °C à celle d’une vague de chaleur considérée comme normale en Espagne.


Cet été plusieurs bains publics auront été aménagés sur les bords de Seine à Paris

 

Cet été Donald Trump aura accentué son emprises sur tous les rouages du pouvoir aux États-Unis sans rencontrer une grande opposition, et continué à constituer sa propre force paramilitaire en vue d’influer sur le fonctionnement des élections de mi-mandat

 

Cet été selon les dernières données de l’Observatoire européen de la sécheresse (EDO), celle-ci aura affecté 51,3% des sols européens, un taux inédit depuis le début des observations, en 2012

 

Cet été on aura décidé que le dioxyde de titane, jugé dangereux comme additif alimentaire pourrait rester autorisé dans les médicaments 


Cet été la Turquie aura enregistré son record de température, avec 50,5 °C relevés à Silopi

 

Cet été un séisme de magnitude 8,8 aura eu lieu près des côtes russes de la péninsule du Kamtchatka


Cet été un épisode extrême de mousson au Pakistan aura fait plus de 400 morts en quelques jours


Cet été des négociations en vue d'un traité international pour enrayer la pollution par les plastiques auront échoué à cause de l’obstruction des pays pétroliers


Cet été vers la fin du mois d'Août l'ONU (mais qui se soucie encore de l'ONU) aura déclaré l'état de famine dans la bande de Gaza


Cet été en France, un streamer sera mort en direct des suites de sévices qu'il subissait plus ou moins volontairement dans des mises en scènes trash qui attiraient de nombreux abonnés


Cet été le tyran Poutine se sera joué du gangster fasciste Trump, et les pauvres ukrainiens auront continué à être les dindons d'une farce sanglante qui dure depuis plus de trois ans


Cet été Tokyo a connu une vague de chaleur exceptionnelle en enregistrant un dixième jour consécutif avec des températures de 35°C ou plus. Ce record, qui n’avait jamais été observé depuis le début des relevés en 1875, témoigne de l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique. Selon l'agence météorologique japonaise (JMA), cette série de températures élevées pourrait prendre fin le 28 août 2025, avec des températures attendues inférieures à 35°

 

Cet été le Danemark a convoqué le chargé d'affaires américain après un reportage de la télévision publique faisant état de "tentatives d'ingérence" au Groenland, a annoncé mercredi la diplomatie danoise. 

 

Ainsi vont les choses (et j'en omets beaucoup) dans le meilleur des mondes possibles et si je les rappelle c'est parce qu'il est plus que vraisemblable que nous les oublierons vite pour la plupart

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