Voilà,
"Vivre
du rêve et pour le rêve, en démontant l’univers et en le recomposant,
discrètement, selon le flux et le reflux, des instants où nous rêvons.
Faire cela, tout en étant bien conscient, parfaitement conscient, de la
totale inutilité de cette activité.
Ignorer la vie avec tout son corps,
se couper de la réalité avec tous ses sens, Renoncer à l’amour, avec
toute son âme. Emplir de sable vain, les vases que nous portons à la
fontaine, les vider, puis les remplir à nouveau, le tout avec la plus
extrême futilité.
Tisser des guirlandes pour, sitôt, achevées, les défaire entièrement, minutieusement.
Prendre nos couleurs et les mélanger sur la palette, sans avoir devant nous, la moindre toile à peindre." Fernando Pessoa, Livre de l'Intranquillité, 41
Tisser des guirlandes pour, sitôt, achevées, les défaire entièrement, minutieusement.
Prendre nos couleurs et les mélanger sur la palette, sans avoir devant nous, la moindre toile à peindre." Fernando Pessoa, Livre de l'Intranquillité, 41

Cet extrait définit parfaitement le voyageur immobile qu’était Pessoa.
RépondreSupprimerPourquoi chercher un sens réel à nos vies si en rêve tout est possible?
J’aime beaucoup ta seconde création.
A haunting meditation on the exquisite futility of existence: creating, dreaming, and uncreating, even when we know there is no final purpose to any of it.
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