mercredi 14 mars 2012

La pénible errance des âmes abandonnées


Voilà
Que sur le chemin qu'emprunte leur vie un faux pas les fasse choir, et sur le pont de l'infranchissable rivière, les uns derrière les autres, les voilà qui se bousculent.
A chacun son karma.
Où sont maintenant les âmes dispersées, les périsprits égarés ? Peut-être cachés le long des buissonnants talus, réfugiés à l'amont des sources, au bas des nuages... Peut-être sur les étendues d'herbes ou dans les bosquets, esseulés, sur ce pont-là, dans cette auberge-ci ; ou bien sous la protection des temples et des pagodes ou tournant en rond entre marché et rivière ou encore errant sans but sur le champ désert, dans des lieux parsemés de tumulus, dans les terrains couverts de bambous et de roseaux.
Automne après automne, mille souffrances les accablent. Le ventre vide, grelottant dans le vent glacial comme la feuille desséchée, ils s'exposent ainsi depuis des siècles. Leur sommeil gémit sous la terre et se nourrit de rosée. Le coq a-t-il chanté qu'il leur faut aussitôt se cacher. Et quand le soleil à disparu, hébétés il tentent d'apparaître, et de se mêler au désordre de la multitude, portant les petits, guidant les vieux. Oh, âmes! si vous êtes sensibles, venez  trouver asile en notre sollicitude. (D'après Nguyen Du).  

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