dimanche 10 janvier 2016

Ce qui tient les gens


Voilà,
ce qui tient les gens, je veux dire ceux qui ont quand même la sensation que ça ne tourne pas rond, c'est sans doute cette croyance qu'un miracle va malgré tout advenir et changer le cours des choses. On avance vers la nuit en espérant que le jour sans cesse va durer. On ne parvient pas à concevoir que la prospérité, le rayonnement intellectuel, le savoir l'innovation, la jeunesse et l'audace, ne sont plus de mise dans ce pays. Plus aucune aptitude à la révolte à l'insurrection. Une population de petits propriétaires enchaînés à leurs crédits, une foule d'esclaves aliénés par le flux continu d'informations de jeux et d'injonctions diverses dont les écrans nous abreuvent jusqu'à l'écœurement. Cela occupe ainsi notre temps et notre cerveau et nous donne l'illusion d'être dans l'action, de participer au monde simplement parce que nous tapotons des écrans tactiles. On s'accroche à l'illusion d'un monde meilleur pendant que l'Europe politique se suicide en se soumettant à la loi des multinationales et des banques, pendant que les réacteurs de Fukushima continuent de disséminer leur poison..., pendant que des fous des fanatiques religieux massacrent tout ce qui ne leur ressemble pas et détruisent ce qui reste d'antiques civilisations où leur dieu n'existait pas encore, pendant que les grands trusts industriels saccagent des forêts des sols des sous-sols, polluent des fleuves des océans, les vident de leur biodiversité, pendant que la bêtise et la mesquinerie s'installent peu à peu au pouvoir dans certaines de nos régions, pendant que les pauvres s'appauvrissent encore plus, que la misère essaie de trouver le sommeil dans les rues en grelottant  etc... etc... La liste si longue de ce qui ne va pas en devient presque banale et lassante.
Pourtant parfois on veut se persuader qu'ici on peut encore espérer, à cause d'un paysage que l'on croit pérenne, d'une lumière singulière, de la forme des nuages qui nous donne l'illusion que la beauté des choses constitue un refuge contre le spectre de l'adversité. On les regarde au ciel passer les nuages, on les voit se faire et se défaire comme de furtifs poèmes qui un instant prennent forme pour aussitôt se perdre en un songe sans consistance. On est seul on ne fait qu'un avec la nature, et c'est une illusoire sensation d'éternité qui nous étreint dans ces moments là. 

1 commentaire:

  1. Les sursauts, lorsqu'ils se produisent, ont toujours lieu au moment où on s'y attend le moins...

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