samedi 14 novembre 2015

L'Effroi, de nouveau



Voilà,
parfois certaines personnes me reprochent d'être sombre, trop souvent inquiet, me disent, avec une pointe d'ironie, que cela doit être difficile de vivre ainsi, toujours plus ou moins en mode guerre. Comme si j'y pouvais quelque chose, comme si je ne portais pas cela depuis longtemps en moi. Je l'ai déjà évoqué ici ou là, cette angoisse. Je l'éprouve souvent dans les transports, où d'effrayantes visions s'insinuent entre la réalité et moi. Ce n'est pas simplement la lecture précoce de Cioran qui me rend pessimiste, ça a commencé avec l'enfance. La guerre a toujours été là. Dans les faits, puis ensuite dans les propos qui se tenaient en famille, très vite je l'ai intériorisée. L'angoisse est revenue lors des attentats de la rue de Rennes et du RER à Saint Michel fin des années 80, début 90. Je pense aujourd'hui à tous ces gens fauchés par surprise, au hasard qui sont morts, ceux qui survivent dans la douleur et qui ont soudain découvert l'horreur, celle que subissent ou ont subi quotidiennement pendant des années les Syriens, les Irakiens, les Libyens, les Afghans, les Israéliens et les Palestiniens les Libanais, celle qui fut le lot des Algériens dans les années 90, et qui désormais risque de gagner l'Europe. Petit à petit nous nous faisons à cette idée. On aura beau se voiler la face, la guerre est là, sur notre sol aussi. Notre nation et nos gouvernants l'ont déclarée à plusieurs pays sans que les citoyens n'aient été consultés à ce sujet. Et tout jusqu'à présent s'est passé comme si nous n'étions pas au courant, comme si ça n'existait pas. Eh bien voilà, maintenant c'est clair. Comme le dit si bien Eric Chevillard "Nous nous disposions à mourir du cancer comme tout le monde, d'autres issues se font jour".  Aujourd'hui nous ne sommes même pas en mesure de défendre notre territoire. Il est probable que d'autres actions semblables vont se reproduire. Ça sera la loterie. L'affiche d'un film qui devrait sortir la semaine prochaine, racontant l'histoire de jihadistes français, est d'ailleurs d'une triste actualité.  

6 commentaires:

  1. On est KO, sonné, sous le choc après la nuit d'horreur que l'on vient de vivre. Quel effroi.
    La date de sortie du film qui était prévue pour le 18 novembre est reportée à une date ultérieure. C'est ce que je viens de lire dans la presse.

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  2. l'effroi .... froid dans le dos parce que c'est là qu'ils frappent !
    je crois que nous sommes tous sombres depuis la nuit dernière

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  3. Les populations connaissent l'horreur, les décideurs savent comment elle a été créée et pourquoi...

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  4. Comme après Atocha, d'abord incrédulité et effroi.
    Au fond on sait que ça peut arriver, "les spécialistes" de tous bords nous le serinent, mais...

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