mardi 10 novembre 2015

Cauchemar climatisé


Voilà
le cauchemar climatisé dont parlait Henry Miller. Impersonnelle et rigoureuse géométrie des lignes, implacable ordonnancement de produits alignés sur leurs étagères. Un écran affiche des slogans publicitaires mensongers invitant à consommer des marchandises sûrement frelatées. Y défile aussi à intervalles réguliers le cours des bourses occidentales sans cesse réactualisé. Parfois un œil inquisiteur y apparaît. Au petit matin dans le hall de cet immeuble de bureaux du quartier d'affaires, c'est la perte de se substance de l'individu qui apparaît là."Certaines époques disent qu'elles n'ont rien à faire de l'homme, qu'il faut l'utiliser comme des briques ou du ciment, qu'il faut construire à partir de lui et non pour lui" (Ossip Mandelstam). Tout à coup je me fais l'effet d'un fantôme.

2 commentaires:

  1. Il nous reste encore, heureusement, les courbes du corps humain...

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  2. Ma première impression c'est que cela fait °clinique°, sûrement parce que c'est assez impersonnel. Et parfois me trouver dans un lieu impersonnel me fait du bien car j'oublie un peu ce qui m'est personnel et à des moments certains pénibles.

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