lundi 25 mars 2013

Le monde s'effondre

Voilà,
cette nuit en parcourant les nouvelles, j'ai appris la récente disparition de Chinua Achebe dont j'avais, il y a quatre ans, grâce à mes camarades africains Paulin Tadié et Mary qui travaillaient sur le "Projet Conrad", découvert le si puissant livre "Le monde s'effondre" ("Things fall apart"). Grace à Etienne aussi, tellement passionné d'Afrique et si érudit concernant l'histoire de ce continent. Il dirige en ce moment l'Alliance française de Bangui, et vu la situation sur place sans doute ne va-t-il pas tarder à être rapatrié d'ici peu. Je ne peux m'empêcher d'associer ce bouquin à cette période étrange où je croulais sous le travail, à ce moment de confusion dans ma vie, à tous ces événements intimes (disparitions deuils pertes) qui sont alors survenus. Qu'ai je fait depuis en quatre ans ? Peu et beaucoup me semble-t-il.  Je suis beaucoup allé à la cinémathèque. J'ai fait des photos. Quoique branché sur un réseau social, je me suis quand même petit à petit désocialisé. Mais bon je me suis efforcé d'écrire, plus précisément de donner publiquement à lire ce qui pouvait me traverser. Je me suis contraint à ce blog - en dépit de la crainte d'être jugé - pour m'ouvir un peu sur le monde, mais aussi pour réaliser qu'il n'y avait peut-être pas lieu de tant s'angoisser sur cet acte-là. Que je pouvais le faire. Tant pis si ça m'échappait. C'est toujours ça.... Cela m'a permis de belles découvertes. Mais maintenant il faut que je remettre le nez à la fenêtre. La vie intérieure c'est bien, mais on peut y moisir. J'ai retrouvé cette photo de ma table de travail prises lors de ces longues séances de discussions dramaturgiques où l'on passait de Brecht à l'Afrique. C'est aussi un monde en moi qui s'écroulait mais je ne le savais pas encore.

1 commentaire:

  1. Nous pouvons mettre le nez à la fenêtre si le coeur nous en dit, nous confiner itou. D'autres font l'un et l'autre de façon inconséquente et, sots que nous sommes, nous croyons un temps à leur force qui n'est que faiblesse, à leurs affirmations qui ne sont que bouées du Titanic. Je vous suis assez pour dire "vous" et pour dire "nous", chaque pronom à sa place. Et, pour résumer à "nous" et pour vous donner courage, je suis sûr que certaines gens sensibles de tous continents sont en fait les mieux lotis et ne passent pas sur Terre pour rien. Mais pour remonter dans votre propos, il est triste que je n'ose pas emmener mes enfants dans une Afrique (du Nord quant à moi) que j'ai un peu connue. Merci - au nom des autres aussi, je me hasarde, je ne pense pas vraiment qu'ils dénieront - pour cette immense onde d'art, de régulière honnêteté dans l'art, de bienfait que vous dispensez. Rien, rien ne vous enlèvera ça - que vous croyiez vous enfermer ou croyiez sortir, et pardon pour ce propos intrusif de quelqu'un à qui vous faites du bien.

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