jeudi 30 juin 2011

Un courrier


Voilà
ce qu'il m'est donné de lire : "Le peu de force qu'il me reste, je le dilapide sur le ténébreux chemin de mes terreurs et de mes doutes. Dans le chaos d'images et de signes qui déchirent mes nuits privées de sommeil je cherche encore la petite lumière d'une étoile qui danse. Je crois parfois l'entrevoir qui dispense sa lueur pâle et lointaine sur le terne horizon à quoi ma vie s'est réduite. Car il faut bien croire n'est-ce pas ? Il le faut bien, même si souvent "demain" n'a guère plus de consistance qu'un mirage. Croire un tant soit peu pour qu'il me soit permis d'espérer. Amitié".
Je referme son courrier, j'appelle Sébastien Landal, il ne répond pas. Bien sûr, il est capable de longs silences, de retraites soudaines, de voyages improvisés. Mais là je m'inquiète. C'est comme un message dans une bouteille qu'on jette à la mer. Sa santé décline, et la souffrance qu'il s'efforce de cacher mobilise parfois si intensément sa pensée qu'elle entrave jusqu'à la moindre possibilité d'action. Je redoute à présent ses fuites craignant qu'elles ne se transforment en égarements. La nécessaire solitude qu'il s'impose, il est désormais moins sûr qu'il soit tout à fait en mesure d'y faire face. L'altérité que je peux lui offrir, n'est pas à la hauteur de son désir. Il a d'autres exigences auxquelles je ne peux répondre. Mais cependant, il est clair pour m'adresser un tel message, qu'il attend quelque chose de moi. Mais quoi ? Et pourquoi est-il donc toujours sur messagerie ? Son compagnon secret, comme il a coutume de dire, ne lui est peut-être plus d'aucun secours.

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