mardi 1 mai 2018

Confusions


Voilà,
s'apercevoir de la fréquence grandissante de fautes d'inattention, agace et inquiète tout à la fois. Auparavant si soucieux de grammaire et d'orthographe, je laisse de plus en plus souvent passer des erreurs que je n'aurais pas commises autrefois. Ces petits signes attestent d'une détérioration de ma capacité cérébrale. En outre j'ai du mal à construire un raisonnement, à formuler une pensée structurée. Mes rêves sont chaotiques. Ce matin je me suis réveillé avec la sensation d'avoir passé une partie de la nuit à tenter de recomposer un espace qui ne cessait de se transformer et de se dérober à la fois. Tout se passe comme si le sentiment d'être au monde se dissipait peu à peu. Je vois le réel, je le perçois (il m'arrive de me cogner aux meubles). Je m'accroche aux petites choses. Au parfum du basilic dans son pot, à la lumière du matin qui inonde le salon. A la musique que j'écoute de plus en plus. Je ne supporte plus d'entendre des conversations dans le poste. Ni ma propre voix. Sauf à interpréter les textes des autres. Heureusement il y a les œuvres qui peuplent le monde. Ainsi ai-je vu pour la première fois "All what heaven allows" de Douglas Sirk, et aussi ce film de Loïc Paillard, dont les interprètes sont tous formidables et qui raconte avec beaucoup de délicatesse une jolie histoire. Cela s'appelle "Les étoiles restantes" 

6 commentaires:

  1. Ces petits signes n’attestent aucunement d’une détérioration de vos capacités cérébrales. Nos modes de communication ont changé. Ils sont plus rapides, plus réactifs, beaucoup plus soumis à l’immédiateté. De fait, l’attention que nous portions autrefois aux détails s’en trouve nécessairement affectée. Au-delà de ça, il faut prendre en compte une certaine forme de contamination, car nous sommes également affectés par les fautes de syntaxe ou d’orthographe des autres. Le Net n’est pas la meilleure école d’écriture, cela se saurait ! Enfin, pour ce qui a trait au raisonnement, à la pensée structurée, ils s’étiolent dès lors qu’ils ne sont plus sursollicités. Déjà lorsque l’on quitte l’Université, on n’est plus aussi performant intellectuellement qu’on l’était dans cet environnement exigeant. Alors j’imagine aisément ce qu’il en est, dès que l’on quitte le milieu professionnel. Pour autant, il ne s’agit pas d’une détérioration des capacités cérébrales mais, plus vraisemblablement, d’une « paresse » qui s’installe, dès lors que les obligations sont derrière-soi.

    Ne vous retirez pas du monde aussi vite. Vous aurez bien le temps d’expérimenter d’autres modes d’existence lorsque vous serez passé de l’autre côté (car rien ne s’arrête). Et continuez de vous accrocher aux petites choses, car l’essentiel se manifeste dans les choses ordinaires, rarement dans l’extraordinaire. Le parfum du basilic, la lumière du matin, la musique, c’est là qu’est l’essentiel. Ces petites choses, comme vous dites, sont la manifestation d’un acte d’amour qu’on appelle la Vie. Cet amour ne se limite pas aux échanges humains : il est le cadeau renouvelé de la lumière du matin qui inonde votre salon, il se tient dans le présent que vous fait le basilic de son parfum, il se tient dans une cantate de Bach (liste non exhaustive). A côté de cela, les fautes d’orthographe ou de grammaire, les récompenses et la reconnaissance, la thésaurisation des biens matériels et tout ce que nous appelons, à tort, « réussir sa vie », c’est « peanuts ».

    Cordialement

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    1. merci pour ces quelques mots que je veux croire d'encouragement ou de réconfort. Pour ce qui est des autres modes d'existence et de l'autre côté, j'ai plutôt des doutes. même si je veux bien me réincarner en bescherelle. Cordialement

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  2. Kwarkito the comment above was beautifully succinct. I could not have said it better. For myself it's the small joys, a good book etc. that make me the happiest. Keep your spirits up mon ami ✨

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  3. Sirk's work (an odd combination to say aloud)did not reach me when it came out. I need to take the time to see these again. And you need to smile. Rules are meant to be broken.

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  4. Il y a des moments où la parole des autres nous nourrit, nous occupe tant que notre esprit s'éloigne des coins de table ou des pluriels que nous heurtons. Ces "distractions" passagères sont en fait des moments féconds (c'est ce que je me dis en tout cas pour me/te consoler)

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