mercredi 11 janvier 2017

Échapper aux mots

Machine désirante
Voilà,
une semaine passée à visiter des expositions m'a redonné envie de travailler la matière des images. Un moment déjà que je ne m'étais livré à cet exercice. L'insomnie de cette nuit a été propice à quelques expérimentations. Des frayeurs me visitent parfois vers trois quatre heures du matin, alors il faut que je m'occupe pour ne pas y songer. J'ai besoin d'échapper aux mots, au langage auquel se heurte la pensée. Je ne peux nommer avec une précision suffisante tout ce qui me traverse à ces heures. Incapable de structurer en un récit cohérent ce que j'éprouve et qui somme toute pourrait tenir en ces deux vers de Racine
 Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne
De quel côté sortir ? D'où vient que je frissonne ?
Donc afin que ces heures durant lesquelles rien de ce qui touche aux mots ne peut ni me secourir ni me soulager, ne soient pas totalement stériles, j'agence je transforme je condense je mixe je sature des photos plus ou moins anciennes. Je procède par découpages et recoupements. Mon attention ne se concentre que sur ça. Je suis libre, je peux divaguer. D'ailleurs ces jours-ci, non seulement je suis incapable d'écrire, mais tenir une conversation m'épuise. Je n'ai pas envie de parler d'expliquer de justifier de me heurter aux phrases de développer un raisonnement. L'être parlant que je suis me semble faux, à côté de la plaque. Même si les images me vouent à une solitude plus grande encore, au moins ont elles l'avantage d'éviter tout malentendu. Et puis elles me donnent l'impression, peut-être illusoire d'une plus grande adéquation à ce que je crois être et ressentir. Elles témoignent plus justement de l´incertitude où je me tiens ainsi que du silencieux tumulte qui parfois m'agite et souvent m'épuise quand se fait attendre une réponse qui jamais ne vient.

3 commentaires:

  1. Curieux d'écrire un texte qui exprime si bien ton incapacité d'écrire!;-))

    L'image reflète fort bien ce "silencieux tumulte" ...

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  2. On cherche, on cherche, on désespère de chercher toujours jusqu'à ce point où il devient évident que c'est l'attente qui nous comble.
    Merci d'être passé, cela me permet de découvrir un bel endroit.

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