mardi 24 janvier 2017

Deux Histoires


Voilà,
pourquoi avoir la tentation d'écrire là-dessus, de se répandre là-dessus, comme si cela devait avoir de l'intérêt pour d'autres que moi, comme si même cela devait avoir de l'intérêt pour moi, comme si cette affaire avait quelque chose d'exceptionnel, comme si cela devait compter comme un événement public. Non ce qui compte c'est cette histoire rapportée par Badinter. Il a seize ans c'est la guerre, il roule à vélo sur une route en possession de faux papiers d'identité. Un soldat allemand l'arrête, lui demande sa carte, la regarde, le dévisage longuement, appelle un autre soldat lui montre la carte, puis sort de sa veste une photo et la montre à Badinter. C'est la photo d'un jeune homme, le fils du soldat, en uniforme des jeunesses hitlériennes, qui ressemble terriblement à Badinter. Le soldat voit dans le visage de Badinter, celui de son fils. Badinter voit dans le visage du soldat, celui de la mort. Le soldat finit par lui rendre ses papiers et le laisse partir. Cette anecdote en dit long sur l'absurdité des choses. De même que cette parabole.
- Maître je veux mourir
- Mourir n'est pas une solution
- Alors il me faut vivre ?
- Vivre n'est pas une solution
- Alors Maître quelle est la solution ?
- Mais qui t'a dit qu'il y avait une solution ?

3 commentaires:

  1. J'adore cet autoportrait .
    Et quelle est la première histoire ? Celle qui n'est pas racontée ?

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  2. Oui, l'absurdité de la vie vécue en face...
    Moi aussi j'aime beaucoup ce portrait.
    Un besito Kwarkito.


















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